29 août 2009

Dur, dur...

La vallée du Rhône est toujours saturée en ce moment ! Nous avons décalé les heures de départ, évitant le pire, mais nous avons subi les ralentissements tout de même. Dommage qu'il n' y ait pas une liaison plus facile possible. Il reste le train mais se pose le problème de la voiture indispensable à l'arrivée...

Donc, la nuit fut écourtée pour cause de transhumance... Retour aux réalités ce matin, avec un tour de vaches, un tour du courrier reçu pendant les vacances, le rangement de la valise, le rangement de la caisse à outil... Mais même si finalement, ceci est pas mal :

                     salon_de_jardin

Il règne un brin de nostalgie. Les marronniers ont une maladie qui leur fait perdre leurs feuilles plus tôt que la normale... Les restes de la brûlure de quelques heures à près de 40°sont bien visibles pour qui sait lire dame nature. Résultat, il flotte déjà un air d'automne.  J'avoue que cela me manque déjà...

                                   c_te_varoise

Dur, dur...

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27 août 2009

Vie en Beauce au début du XIXè ...

Karine me l'a laissé en souvenir cet été !

                 L181xH281_denizet_cfb03      

Ce n'est pas le genre de livre que l'on trouve habituellement en librairie. On est loin d'une écriture romanesque et pourtant, on se prend de sympathie pour ce paysan inconnu qu'un très lointain descendant exhume de son anonymat. L'historien retrace ici tout le contexte de vie de l'époque à partir des documents historiques. On ne sais pas grand chose du vécu au jour le jour d'Aubin Denizet mais on devine ce qu'a pu être son cadre de vie sociologique. Pas de descriptions ici des techniques de travail, d'emplois du temps journaliers ni même de rendements mais une description détaillée et scrupuleuse des actes économiques, de société ou juridiques des événements de l'époque qui ponctuaient la vie des paysans.

J'avoue avoir appris beaucoup de choses et en avoir retrouvé d'autres... Mes premiers souvenirs remontent à la fin des années 60, au début ici de la révolution verte. En essayant de réfléchir au cadre de vie décrite dans le livre, en comparant avec mes souvenirs, j'ai le sentiment qu'il y a eu beaucoup plus de chemin parcouru entre 1960 et aujourd'hui , qu'entre 1850 et 1960 dans les campagnes. J'ai retrouvé un cadre de vie qui existait encore en 1965 chez beaucoup. L'habitat était plus vaste qu'en 1850, la plupart des bâtiments ont été remodelé pendant les années folles, mais l'eau courante et les WC à l'intérieur sont arrivés vers 197O dans beaucoup de fermes ! L'abandon des "cuisinières" qui servaient tout autant pour la cuisson que pour le chauffage de la maison, date de cette période... Je ne parle pas des engins agricoles et des rendements. La loi qui régit les relations entre bailleurs et preneurs date de 1948, le métayage a décliné à partir de 1960 pour quasi disparaître aujourd'hui.

Aubin n'a pas connu les coopératives ( La première est née dans un département voisin du sien quelques années après sa mort) et syndicats agricoles qui sont apparus à la fin du XIXè mais il est déjà question à son époque de mutuelles d'assurances. Par contre, je suis surpris de la relation à l'argent et du nombre de créances dues à chacun, en particulier aux vétérinaires et médecins , premiers vrais prestataires de services avec les notaires à l'époque... Que de chemin parcouru depuis avec la banque verte avant qu'elle ne sombre dans les bras des sirènes du capitalisme sauvage en passant du statut de mutuelle à celui de société cotée en bourse !

Ces changements, ou plutôt ces bouleversements, me posent question : quelle définition donner au mot paysan ? Et en parallèle, qu'est ce qu'un paysan ? Je suis sûr que les réponses varient beaucoup d'une personne à l'autre... Si on se réfère à un mode de vie, figé pour certains à ce qu'ont vécu leurs grands parents, alors le monde paysan a disparu ! C'est sans doute ce qui crée ce décalage si important entre la société d'aujourd'hui et le vécu des derniers agriculteurs qui ne veulent pas, à de très rares exceptions près, vivre comme leurs aïeux. D'où cette réaction vis à vis de tous ceux qui laissent croire qu'un retour en arrière serait bon pour l' humanité.  Si on se réfère à un mode de vie, de pensée, basé sur un certain nombre de valeurs , ancré à une relation particulière avec la nature sur un pays précis... Alors, il reste des paysans, de plus en plus rares. Dans ce dernier cas, ils ne se reconnaissent pas au béret sur la tête ou à une bouche édentée, ni à un accent particulier pour être authentiques... Ils se reconnaissent dans un certain nombre de valeurs de modestie et de respect de dame nature, de solidarité, de débrouillardise et d'indépendance financière et d'esprit ou l'expérience et l'observation priment pour prendre des décisions "de bon sens", où l'initiative est reine mais dans la prudence et la réflexion... Pour combien de temps dans notre monde hyper financiarisé?

A ma façon de travailler, je suis plus conducteur de chantier ou décideur indépendant que paysan travailleur manuel ! A ma façon de régir face à dame nature, je suis sûrement très proche d'Aubin ... Et quasiment certain qu'il serait proche de ma façon de faire actuelle s' il en avait eu les moyens techniques et financiers... En cela, la lecture d'un tel livre est un formidable miroir pour le paysan d'aujourd'hui, pour mesurer le chemin parcouru...

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25 août 2009

Vacances et Internet

On se dit toujours que l'on aura le temps de tout faire. Mais, plus l'heure du départ approche, plus on a l'impression que le temps s'échappe, file entre les doigts... En me levant, je me suis dit que j'avais le temps de faire, ceci et cela. Puis au fil de la journée, il m'a fallu revoir mes prétentions à la baisse. Je me retrouve alors dans l'obligation de gérer par hiérarchie, de ce qui me semble le plus urgent à ce qui me parait pouvoir être laisser en attente pour le retour. Puis arrive le moment où on a l'impression d'être en retard, celui où on passe en mode course !

Ce dernier départ n'a pas échappé à la règle. Bien que couché tard , le réveil fut aussi tôt que d'habitude... De toute façon, il y a une sorte d'excitation naturelle dans ces cas là qui me fait jaillir du lit... Premier objectif, tout mettre en ordre sur la ferme avant de partir... J'y met un point d'honneur, parfois un peu contestable, et même contesté par la PH familly quelques jours avant la date fatidique : " Mais explique nous l'importance d'avoir terminer d'empiler tes bottes et d'avoir déchaumé avant de partir ? " Pour le travail du sol, j'ai encore des arguments solides. Pour ce qui est des bottes, je dois reconnaître que cela n'a aucune importance, si ce n'est pour être dans la norme du paysan qui ne veut pas que ses collègues puissent dire qu'il se moque de son travail ! Je me suis donc mis la pression... Dernier tour de troupeau assez approfondi, les chèques pour la coop, les passeports des vaches pour le cas où...Et j'ai terminé...

Enfin presque car le corollaire de tout cela me rend agaçant pour mes proches. Je commence donc ma valise seulement une heure avant l'heure H, soit en dernier. Nouveau stress pour tenter de déterminer sa composition au plus juste afin de subvenir à toutes les possibilités météo possibles d'une quinzaine de jours. Agrémenter cette année de la composition d'une caisse à outil conséquente et, elle également, aussi complète que possible. Je termine encore une fois dans les temps. Reste enfin le chargement de la voiture, instants de discussions toujours intenses, l'appréciation initiale des volumes disponibles étant toujours l'objet de différences conséquentes entre une femme et un homme. Ce dernier devant toujours réaliser l'exploit de faire tenir une multitude de choses, qu'à priori il jugeait hors capacités volumétriques du véhicule... La réduction de la taille des valises est comparable aux réformes politiques, on voudrait que les autres fassent un effort que l'on ne peut faire soi-même...

Le dernier quart d'heure est toujours un tournoiement autour de la voiture ressemblant à des abeilles autour d'une ruche... Généralement ponctué de faux départs quand ce ne sont pas de demi tours en catastrophe ! Chacun aillant forcément oublié quelque chose d'essentiel à sa vie quotidienne. Un dernier tour pour débrancher le maximum d'appareils électriques, la livebox  et les ordinateurs...

Rien oublié ? Si, Internet, mais il s'agit d'un oubli volontaire.

 

Valentine nous a mis en garde par mail contre le danger d'une absence de prudence avec les nouvelles technologies ! Telle voiture chargée pour les vacances, repérée sur une aire d'autoroute un jour de départ,  se voit simplement dépossédée de son GPS ! Anodin, sauf qu'en demandant « A la maison » les voleur sont conduits à coup sûr à destination d'une maison vide de tous occupants... La gendarmerie locale étant à 3 kilomètres de la maison, j'ai reparamétré mon engin sur celle-ci comme résidence principale virtuelle … Je n'ai qu'à rajouter 5 minutes pour retrouver la précision d'avant.

 

La question d'annoncer mon départ s'est donc posée. Les récentes affaires de  Faceboock m'ont rendu prudent. Que faut il dire ou écrire et taire ? Annoncer une période d'absence serait une règle évidente de respect pour les lecteurs. Je suis même gêné de laisser ainsi la même page sur laquelle vous venez buter sans savoir quand reprendra le cours normal des posts. De plus, ce blog se voulant donner une image autre de la vie d'un paysan actuel, il est important de parler de vacances qui sont devenues une règle pour la plupart d'entre nous. Mais à contrario, c'est un renseignement de première importance pour les indélicats. Tout comme Dany, plusieurs de nos relations ont eu des visites indésirables cet été. D'où mon silence que je vous prie d'excuser.

 

De plus, pas d'Internet possible ici les premiers jours... Donc, le problème de savoir quand se manifester à nouveau ne s'est pas posé. J'avoue ne pas avoir encore envie d'écrire, vos derniers commentaires découverts hier soir m'y poussent. Et un brin de curiosité également : y a t'il un français rose de plus ? Quels sont les derniers cancans dindonnesques à la mode stéphanoise ??? Mais mon accès est trop en pointillé pour surfer et ma boite mail est définitivement impossible à ouvrir.

 

De toute façon, je ne suis pas pressé de quitter  le soleil du pays de 4Largo !

                               contre_jour

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12 août 2009

L'âge...

50 ans, c'est quand même un cap ... J' ai terminé crevé hier soir, sans ressort, si ce n'est celui de rejoindre le matelas. La journée n'avait rien d'exceptionnelle, mais la conjugaison de petits désagréments l'a rendu usante ! Cela est passé par la vaine recherche d'un embout adapté pour réparer un tuyau à Gueugnon, aux courses maison à la course ( Cela doit être mon côté féminin, sourire) à un repas frugal à midi par manque de temps pour le préparer... A l'explosion d'un pneu du cower crop ensuite qu'il m'a fallu démonter et emmener réparer à Montceau cette fois, afin de trouver enfin l'embout... Pour terminer vers 20 heures par la recherche inexplicable de ce fichu tuyau au bout duquel aucune goutte d'eau ne coulait alors que le fil de fer passait...

Une demie heure plus tard, en ayant démonté toute l'installation, je trouvais une grenouille morte étouffée pour s'être engagée imprudemment dans le dit tuyau. Le temps de tout remonter et je pars vérifier la prise d'eau... Et en faisant mon demi tour sur la route, mon voisin me dit vouloir me parler. "J'ai eu un problème de quad, j'ai atterri dans la gouillarde ( un ruisseau ) en contre bas de ton pré. J'ai été obligé de couper des arbres pour sortir l'engin..." Il m'a fallu 5 minutes pour comprendre ce qui s'était passé ! Pour des raisons que l'enquête ( Il n'y en aura pas ) déterminera, ils ont perdu le contrôle de l'engin et se sont retrouvés heureusement sur 4 roues dans un contre bas de 4 m. Ma seule réaction fut de dire que arbres et matériel avaient peu d'importance face au risque réel de se faire extrêmement mal !

Je vais donc de ce pas voir ce qui s'est passé et prendre peut être une photo... Et sans doute remettre de l'ordre dans les clôtures. En rempierrant le chemin pour passer avec les tracteurs, avec mon voisin, nous avons amélioré le passage qui permet d'accélérer aux engins et devient dangereux ! Je me demande d'ailleurs s'il y avait eu accident corporel si nous ne pourrions pas être ennuyé au motif de non sécurisation du passage ( Il faudrait une glissière de sécurité) bien que le chemin soit privé ! A méditer sur ma réticence à voir des gens utiliser des quads ou motos sur mes chemins d'accès aux parcelles. En parlant avec des juristes, ils m'ont dit qu'il fallait mettre des panneaux "chemin privé..." et des barrières... Bref, par précaution pour pour ne pas être responsable en cas d'accident, il faut tout fermer ! L'incident d'hier me fait réfléchir, il faudra peut être en arriver là.

A la fin de cette journée, je me suis effondré devant mon micro avant de rejoindre mon lit ! Pétard, à 50 ans, on tombe d'un coup . Il faut que je dose mes efforts dorénavant...

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10 août 2009

Les voyages forment la jeunesse...

PH fils est rentré de Finlande ! Pendant plus de 15 jours, il a été plongé dans un autre univers, ne pouvant s'exprimer qu'en anglais. Il a bien croisé un français, mais si brièvement, que cela n'a pas entamé la rigueur du séjour linguistique. Immersion totale dans un autre pays, avec d'autres façons de vivre...

Nous avions créé un compte MSM pour correspondre journellement. Mais j'étais pris au milieu des moissons et je ne pouvais communiquer à heure fixe. Comme il n'en éprouvait pas forcément un besoin énorme, nous l'avons fait de temps à autre mais avec parfois plusieurs jours sans contact. Mme PH était logiquement un peu inquiète, mais nous avons préféré cette situation. Pas facile de gérer un blues à distance. J'ajoute juste que nous allons devenir accroc de ce moyen de communication à la rentrée avec les filles. C'est autrement plus sympa que le téléphone de se voir comme cela et cela ne coûte rien... Il faut juste avoir de bons équipements informatiques et une bonne ligne. Je mesure toujours plus la difficulté de certains voisins ici, loin de tout, qui n'ont pas de connexion ADSL possible. J'espère qu'un opérateur placera un jour un satellite pour les sortir de leur isolement.

Pour le reste, nous apprenons des brides tous les jours. Il a visité le château d'Helsinki et le reste c'est des paysages géniaux ! Cela explique le peu d'intérêt de Mico pour les monuments ( On a pourtant fait l'effort de l'emmener 3 jours à Paris, 2 à Lyon et 2 à Marseille !) A la capitale, la tour Eiffel lui a plu et il a voulu monter sur la tour monparnasse... Nous l'avons entraîner dans tous les grands monuments mais il appréciait moyen ! Il n'a pas voulu visiter les bijoux de Bourgogne... Dommage pour lui...

Les habitudes de vie sont très différentes... Mico a été surpris de notre dîner familial du soir, chez eux, c'est chacun dans son coin. PH fils a été décontenancé par le rythme, très différent... Il faut dire qu'à cette saison, les journées durent les 3/4 de 24 h ! Les gens sont plus patients et plus tolérants entre eux...  Il a adoré les saunas et bains dans les lacs. Et je crois comprendre que les filles sont moins farouches... Mais sur ce dernier point, je suppute au comportement, silence radio.

Une chose est certaine, ce séjour l'a changé. Plusieurs fois, j'ai dis à Mme PH : "Il est parti ado, il reviendra un peu homme ! " Son calme, sa sérénité actuelle me laisse penser que cela lui a été plus que profitable. Et a fait renaître un regret pour moi : Ado, je suis toujours resté en France, un handicap maintenant. Ne pas parler anglais me manque vraiment...

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09 août 2009

bricolage

J'ai fait un aller retour de 1230 km avec une camionnette louée pour transporter des meubles... Entre la canicule et le monde sur les routes, ce fut assez terrible. Mais c'est fait. Je me dépêche de terminer mes piles de bottes de paille pour être enfin vraiment libre. Mais le sort en a décidé autrement, hier soir, un pneu avant s'est crevé... A voir demain pour réparation.

Ce matin on se serait cru en novembre :

brouillard

La journée s'annonçait orageuse ! On verra ce soir...

Ce matin, travail sur la ferme pour prendre un peu d'avance... Cet après midi, je me suis lancé dans un travail un peu spécial. Table et chaises du jardin avait besoin d'un brin de rénovation... Des soudures avaient cassé sur deux chaises, j'ai donc réparé et renforcé. Puis :

salon_de_jardin_brut

                                                     table_brute

Mme PH a choisi la couleur. Moi j'opère tout simplement, mais ces grillages sont une vraie galère à couvrir. Impossible avec un pinceau, j'ai donc pris le compresseur. Mais que de patience, le pot y est passé et il reste 2 autres chaises. La couleur est tendance, j'espère que celle-ci ne changera pas trop vite. Mais je vous laisse juger du résultat, j'y ai pris une bonne suée !

                   en_cours

On verra une fois qu'ils seront revenus sous le marronnier !

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06 août 2009

J'aurai 111 ans (2)...

Nous nous dirigeâmes vers l’intérieur de la maison , dans une pièce nommée encore salon mais qui n’avait plus rien à voir avec les pièces du même nom du début du siècle. Il n’y a pas de décorations aux murs qui sont peints en blanc. Au centre de la pièce, des fauteuils constituent le seul mobilier. Chacun y pris place. Sur le côté de mon siège, un petit micro me permis de commander l’ordinateur vocalement. Les écrans de télévisions ont disparu depuis très longtemps. Des milliers de micro projecteurs permettent de reconstituer en 3 dimensions n’importe quelle scène enregistrée ou transmise en directe. Selon l’angle choisi, on peut suivre un spectacle depuis sa maison comme si on se trouvait au milieu des spectateurs… A 360° , au dessus ou à ces pieds, tout est reconstitué fidèlement. Les fauteuils suivent les inclinaisons si nécessaire ou retranscrivent les secousses… On se retrouve donc au milieu de l’action, parfois même à la place de l’acteur dans certains films si c’est l’option choisie. On peut également recréer n’importe quelle ambiance. Par exemple,; hier, j’y ai passé 6 heures à lire, au sommet du mont blanc.

PH arrière petit fils demande à l’ordinateur de charger le programme qu’il veut nous montrer. Tout se passe par transmission à des débits en terra-giga…Puis se tournant vers moi, il me demande « Tu veux être en mode à la place ou avec nous ? » Je lui répond «  Avec vous pour la première partie. » . La pièce est alors transformée en cabine de spacebus. Mes arrières petits enfants commentent, revivant une scène qu’ils ont réellement vécue quelques jours plus tôt. « Grand papy, j’étais sur le fauteuil 60, tu me vois là ? On attache nos ceintures et hop, c’est parti… » Pour le décollage, le spacebus est en mode panoramique, on a l’impression d’être suspendu dans le vide ! «  On subit 3 G pendant 5 minutes, cela fait la même chose que sur un grand huit mais en plus long, c’est génial ! » Génial ? C’est à cause de cela que je ne peux prendre cet engin ! A mon grand regret, d’ailleurs, c’est Mme PH qui m’en a dissuadé… « 3 G à 111 ans, tu n’en reviendras pas. »

Dans la pièce, le compte à rebours a commencé, c’est comme si on y était. On se croirait sur un siège dans le spacebus. De chaque côté, on aperçoit le sol qui passe lentement du mode horizontal au mode vertical car lentement l’engin est mis en position « fusée ». Soudain, c’est la mise à feu, un léger tremblement, puis de chaque côté, le sol semble fuir, de plus en plus vite… On pourrait même recréer une partie des vibrations et des 3 G grâce aux fauteuils mais depuis qu’un certain nombre d’anciens ont fait des arrêts cardiaques en reconstituant virtuellement des sauts à l’élastique ou des plongeons du haut des falaises de fjords norvégiens, c’est formellement interdit aux centenaires ! Et pas question de déroger puisque chaque fauteuil  reconnaît son occupant. Frustrant…

Nous avons quitté la terre et au bout de 2 minutes le spectacle est immense et grandiose ! Plus on monte et plus notre planète apparaît dans sa splendeur . La couleur impressionne, ce bleu unique tâché de blanc par les nuages. Bientôt la courbure apparaît , puis le rond dans sa totalité. Nous sommes en route pour la lune, sans l’étape orbite terrestre. Dommage, j’aurai bien fait quelques tours pour admirer. PH arrière petite fille passe en mode accéléré. Tantôt je regarde la terre s’éloigner, tantôt en tournant mon fauteuil à 180 °, je regarde la lune se rapprocher. Tout le long du voyage qui dure 6 heures en réalité, les passagers restent sanglés à leur siège. Imaginez le bazar que représenterait 250 passagers volant dans tous les sens en apesanteur sans aucune formation. Et pour ceux que les fonctions naturelles inquiètent , qu’ils soient rassurés, tout est prévu dans les combinaisons spéciales. Intérieurement je me dis qu’avec un tel équipement, j’aurai pu , malgré mon grand âge, faire ce vol …

Elle revient en mode normal pour la séquence alunissage. Que c’est beau ! Le gris du sol m’impressionne et plus encore le noir du ciel , c’en est presque inquiétant. Les enfants court-circuitent la suite sans vrai intérêt. En fait, toutes les stations lunaires sont équipées de sol aimanté. On porte des chaussures spéciales qui vous « scotchent » au sol et l’on ne ressent pas l’état d’apesanteur. Le seul endroit où on les pose est dans les sacs de couchage spéciaux. Mais gare à celui qui ne respecte pas les règles. Les arrières petits enfants nous font vivre ensuite leur premier dîner dans l’espace. La séquence enregistrée nous emmène dans une pièce capitonnée  où ayant posé leurs chaussures, ils volent avec les aliments. «  Qu’est ce qu’on s’est amusé ! Regarde grand mamy, j’essaye de gober la goutte d’eau qui flotte. » … Visiblement, cette séance leur a beaucoup plu.

Mais je suis impatient de voir la suite, le vrai but de ce voyage. Nous reprenons donc la projection du lendemain. En réservant le voyage, j’ai insisté auprès de l’agence pour qu’ils soient bien dans la séquence 20 – 21 juillet de 21 heures à 3 heures… «  Tu sais grand papy, nous sommes montés dans un grand spacebus qui nous a emmené à l’orbite exacte d’Appolo XI. Regarde. » Je sens déjà l’émotion m’étreindre… « Ensuite, nous avons pris de petits spacecars où nous étions 2 par 2… Tu veux passer en mode avec nous ou à notre place ? » «  A votre place . » La pièce se transforme alors en cabine de spacecar ! Très particulière car reproduisant fidèlement l’intérieur du LEM qui , jour pour jour, avait alunie un siècle plus tôt. La lente descente commence alors, je refuse les accélérés. Toute la phase d’alunissage d’Appolo XI a été fidèlement été reproduite. La conversation avec Houston est intégrale, la trajectoire est identique, l’arrivée sur les rochers, la recherche d’un endroit plus propice et soudain , alors que la voix d’Aldrin indique avec angoisse 30 secondes de carburant, les restes de l’eagle apparaissent. Le drapeau est sens dessus-dessous, planté trop près il n’a pas résisté au décollage un siècle plus tôt.  Le spacecar se pose à quelques dizaines de mètres, on descend et emprunte un tunnel  de verre pour rejoindre le site. Des plaques au sol protègent les quelques traces de semelles des premiers astronautes qui n’aient pas été effacées lors du redécollage. Tout semble figé pour l’éternité dans ce décor , en l’état depuis un siècle. Il est protégé maintenant en étant classé patrimoine de l’humanité. A 3 heures précises, heure de Paris, une reconstitution intégrale a lieu sur le site à partir d’images de synthèse. Le LEM paraît tel qu’il était , un homme en scaphandre apparaît et descend lentement l’échelle «  Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité » . Cette phrase prend tout son sens un siècle plus tard. Je regarde les yeux de mes arrières petits enfants qui pétillent «  Dit grand papy, pourquoi tu pleures ? »

Je ne leur avait pas dit la vraie raison de ce voyage. L’heure est maintenant venue de parler. Du moins après la fin de la reconstitution de leur voyage  Rapidement, ils me montrent les 4 jours suivant passés à découvrir les mystères lunaires, les jeux de l’espace puis le retour sur terre. Une heure après leur atterrissage, ils étaient de retour à la maison.

Nous sommes revenus sur la terrasse, pour manger et boire. PH filles et fils nous ont rejoint :«  Alors pourquoi ce beau voyage ? Et pourquoi tu pleurais ? » Nous nous regardons avec Mme PH, comment dire ?  Je prend la parole, encore ému : «  C’est un vieux rêve ! Lisez ceci. » leur dis je en affichant sur un écran des billets écrits sur un blog en juillet 2009. « J’ai vécu l’aventure lunaire des années 1970. J’avais votre âge et j’ai rêvé… Lisez, ce dont je me souvenais 40 ans après. Je sais que je ne pourrais jamais aller là-haut. C’est pourquoi je voulais que vous y alliez , à la date anniversaire. Grâce à vous, à vos commentaires, j’ai réalisé une bonne partie de mon rêve de jeunesse. Quand j’avais une dizaine d’année, au moment des exploits d’Amstrong, mon grand père m’a parlé d’un événement qui l’avait marqué lorsque lui-même avait 10 ans : La traversée de la Manche par Louis Blériot le 25 juillet 1909. A l’époque les avions ne faisaient que quelques kilomètres et ce type avait eu le culot de traverser la manche. Un siècle plus tard, j’avais une cinquantaine d’années et j’avais, grâce aux avions, été aux quatre coins du monde. Cette fois, c’est vous qui faites la même chose sur la lune grâce à un exploit réalisé il y a un siècle. » Ils me regardent avec respect , interrogatifs : « Mais nous , qu’est ce qui nous marquera ? » « Mes enfants, n’avez vous pas été emballé par la mission « galaxie » l’année dernière qui a permis à des hommes de quitter pour la première fois le système solaire ? Et par le défi lancé pour tenter de fouler le sol de la planète « Poséidon » d’ici une dizaine d’année ? La première planète de couleur bleue découverte à 4 systèmes solaires d’ici. Un jour vos petits enfants vivront là-bas et vous, sur terre, vous vous direz que vous auriez aimer  être à la place des premiers hommes qui s’y poseront .» Puis prenant la main de Mme PH, j’ajoute «  Nous avons tous des rêves fous, et ceux que nous n’aurons pas pu réaliser , ce sont nos descendants qui les vivront . Je préfère de loin que les hommes aient ces projets fous pour faire avancer la science plutôt que tout miser sur l’armement comme dans les années 2000 pour soi-disant prévenir du terrorisme. Chaque homme peut être pionnier dans son domaine de compétence, regardez comme l’agriculture, par exemple, a changé…» « Mais pour le savoir, il faudrait connaître la vie de l’époque, tu as gardé ton blog , grand papy ? » « Oui » «  Tu peux nous le faire lire ? » »Vous savez, ce n’est pas une histoire. Ce sont des flashs écrits au jour le jour, traduisant des idées, des états d’âme, des soucis et des joies … Bref une chronique un peu décousue, un brin de mémoire historique tout de même… »

Fable d'un PH rêveur, fin juillet 2009 !

Pour une lecture plus facile : J__aurai_111_ans

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05 août 2009

J'aurai 111 ans (1)...

La solitude de certains travaux, la beauté de la nature, la moisson m'ont inspiré une histoire ! Trop fatigué ce week-end pour écrire, le récit a "jailli" lundi tel que je l'avais imaginé sur la moissonneuse... Je prends un peu de liberté.

J’aurai 111 ans…

Ce 25 juillet 2069, en ce début d’après midi, je suis installé avec Mme PH, sur la terrasse derrière  la maison, à l’ombre du tilleul remplaçant le marronnier de ma jeunesse, contemplant comme chaque jour  la nature verte parsemée de vaches blanches… Nous partageons notre temps entre cette maison et un havre de paix au bord le mer. Il y aurait tant à raconter sur ces soixante dernières années ! Mais ce n’est pas le propos du jour…

J’attends avec impatience mes arrières  petits enfants ! L’espérance de vie a continué d’augmenter, les progrès de la médecine  permettent d’atteindre couramment des âges inédits en relative bonne santé physique ! En fait, un bond dans la connaissance médicale a été rendu possible, il y a 40 ans, grâce à la conquête de l’espace ! Dès que des chercheurs ont pu résider de façon permanente  dans une station en apesanteur, des découvertes surprenantes ont été réalisées ! Trois  d’entre-elles allaient bouleverser la vie terrestre :

La première fut chimico-écologiste : Impossible d’emmener dans l’espace, sur une longue durée, tout le nécessaire à la survie des hommes ! Autant jusqu’à présent sur terre, l’homme avait consommé et laissé le soin à Dame nature de recycler ses déchets qu’il se contentait de jeter, autant cela était impossible dans l’espace ! Le recyclage intégral et permanent était donc une obligation pour être autonome, la chimie permit de régler le problème ! Les retombées sur terre dépassèrent les rêves les plus fous des « écologistes » . En appliquant les mêmes règles de recyclage que dans l’espace, on réduisit très rapidement les problèmes de ressources alimentaires , de matières premières et de pollution ! On arrivait à un quasi équilibre résumé par ce vieil adage : « Rien ne se crée, rien ne disparaît, tout se transforme ! »

La seconde découverte arriva dans les années 2045, avec la découverte par hasard, et le domptage, d’une nouvelle source d’énergie sous forme d’un rayon cosmique inconnu car réfléchi par l’atmosphère terrestre. Non seulement, l’énergie ne posait plus de problèmes dans l’espace, mais comme elle ne provenait pas du soleil, on ne dépendait plus d’une exposition à cet astre. On pouvait donc sortir du système solaire. De plus, elle était facile à stocker et pu être facilement ramenée sur terre permettant ainsi de subvenir aux besoins humains sans entamer les réserves géologiques.

La troisième fut médicale ! En quittant le cocon atmosphérique de la planète bleue ainsi que son attraction, on comprit les mécanismes de vieillissement des cellules. Dès lors, la régénérescence devint possible accroissant de façon spectaculaire l’espérance de vie des terriens tout en gardant une forme physique acceptable. En parallèle, ces découvertes permirent de soigner bon nombre de maladies jusqu’alors subies depuis des siècles. Par exemple, les virus qui avaient tant inquiété les hommes au début du siècle étaient maintenant rangés sur les étagères du détail.

Tous les autres secteurs avaient connus des avancées technologiques qui bouleversaient la vie terrestre. Alors que, pendant 50 ans, après la mémorable journée du 21 juillet 1969, les hommes avaient tâtonné dans leur approche de la conquête spatiale, doutant logiquement de son intérêt, son utilité était aujourd’hui avérée. Plus personne ne la remettait en cause . L’humanité avait à  nouveau un rêve, une ambition ! C’est peut être cela le plus important. Pour quitter la terre, les hommes avaient du unir leurs efforts , oublier leur querelles et convoitises terrestres. La  mondialisation qui était synonyme d’asservissement et de régression à une époque était devenue un formidable moteur de croissance et de paix. Le doute, la jalousie, de vrais dangers pour l’humanité, étaient remisées au passé…

Un petit bip m’annonça l’approche finale du aircar de mon petit fils. Ce moyen de locomotion était tellement rapide et silencieux que pour des raisons de sécurité, on avait mis en place un système simple d’avertissement. Car le danger provenait plus de la surprise de l’arrivée que du risque de collision, impossible par les systèmes de détection hyper sophistiqués qui équipaient tous les engins. Le cœur d’un grand papy de 111 ans reste à ménager…L’aircar  arriva à la verticale, puis vint se garer dans le garage de la maison d’à côté. Depuis qu’il avait repris la ferme, mon petit fils était venu habiter la maison familiale de mes parents, à côté de la mienne. La pratique de l’agriculture n’avait plus rien à voir avec ce que j’avais vécu et tenté de décrire dans les années 2000. Je vous raconterai peut être dans un prochain billet.

Mes arrières petits enfants, âgés de 9 et 15 ans, bondirent de l’aircar. « Oh , grande mamy et grand papy, merci . ». Accompagnés de leurs parents, ils vinrent nous saluer. Cela au moins n’avait pas changé. Les bisous restaient de mise… Ils avaient été interdit en 2010 pour cause de transmission de grippe. C’était l’époque du tout réglementé ! On ne pouvait plus rien faire sans respecter une norme, une préconisation, une obligation . Un virus avait muté mais comme on ne savait pas comment le contenir, on avait inventé mille règles absurdes pour faire croire que tout était sous contrôle. La cacophonie médiatique  avait conduit à se méfier de tout le monde et le bisou avait failli disparaître au nom du principe de précaution . Pourtant, il n’y a « rien de plus triste qu’une vie sans hasard ! »

L’enthousiasme des enfants faisait plaisir à voir. Quoi de plus beau que l’emballement de la jeunesse. J’eu un petit coup d’œil ému pour Mme PH, tant d’années… « Vous savez, c’était mieux que tout ce que l’on pouvait imaginer. C’était géant. C’est un formidable cadeau que vous nous avez fait là. Merci mille fois ! D’ailleurs, nous allons vous montrez… »

       

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04 août 2009

trucs de météo de PH

Comment est ce que je gère ma météo ? Vaste question : lecture des prévisions sur Internet, les photos satellites à la télévision et mes observations personnelles :

Internet : C'est une vraie révolution. Je râlais , il y a 3 ans, car le site météo France était payant dès que l'on voulait du local. Pour un service publique... Depuis 2 ans, ils ont fait un choix plus judicieux. Leur site est à nouveau gratuit pour une météo locale à 3 ou 4 jours mais avec de la pub. Je préfère et depuis c'est mon site de prédilection en matière de météo, le plus fiable des sites français. J'ai découvert une fonctionnalité super :

site_acceuil

A l'emplacement que j'ai cerclé en rouge, vous tapez le nom de votre ville ou village, vous aurez la prévision à 3 ou 4 jours suivant l'heure avec une décomposition en 4 parties pour le jour en cours et en 2 les jours suivant  :

pr_vision_gueugnon___4_jour

Attention toutefois si comme moi à certains moments, vous ne voulez pas de pluie du tout, la nuit est longue entre le 2 è et 3 è jour et idem ensuite. Pour palier au problème, il faut passer en national et regarder les évolutions nuageuses. Mais ce problème concerne peu de monde. Par contre, si vous voulez savoir s'il risque de pleuvoir dans l'heure qui suit pour prendre votre repas sur la terrasse ou allumer le barbecue, cliquez sur l'icône marquée par la flèche rouge :

__1_heure

Jaune; vous pouvez y aller, gris; aux abris ! C'est assez fiable, je l'ai testé sauf pour les pluies d'orage qui peuvent être annoncées et ne pas arriver dans la même heure. C'est plus fiable en tout cas qu'une prévision d'orage 3 jours à l'avance. Dans ce dernier cas, il y a 2 ou 3 trucs... Les vaches, j'en ai déjà parlé. L'humidité globale comme en ce moment. Si demain , on passe les 30 ° il y a un fort risque d'orage à partir d'après demain... Par contre, si on était sous un régime de vent du nord frais, le risque tombe. Car ce vent marche par 3 jours... Attention, ce sont toujours des tendances liées à des observations, pas des règles absolues. Elles n'existent pas en météo, même à 48 h.

Reste les photos satellites, juges de paix ! Mais attention encore, blanc ne veut pas dire pluie! Le mieux est de prendre les photos radar ! Quand on dit qu'il ne pleut pas ce soir, regardez les points orageux sur les Cévennes :

radar

Cela reste très compliqué... Pour être plus sûr, le mieux est de croiser l'information avec un autre site, de préférence étranger : Celui-ci est super aussi . Vous tapez votre ville et vous avez une prévision à 5 jours plus détaillée car il y a les nuits :

5_jours_gueugnon

Par contre, je n'ai pas assez de recul pour vous dire si c'est fiable ! Cette fois les orages arrivent dans la nuit de jeudi à vendredi à 75 %( 2 jours avant, c'est pas mal!) ... Ils vont jusqu'à 15 jours, mais ce ne peut être que des tendances... Il faut que je le teste.

Par contre, leur heure par heure est tentant car sur une demie journée, mais moins fiable que la prévision dans l'heure de météo France :

heures_par_heures

La raison en est simple, les uns suivent des photos de satellites, les autres les pluviomètres en direct !

Voilà quelques trucs, parmi d'autres... Mais rien ne vaut le coup d'oeil lorsqu'un orage monte... C'est souvent le plus sûr...

Posté par paysanheureux à 22:49 - - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
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03 août 2009

Dame nature ne donne jamais pareil...

Il est difficile de traduire simplement les sautes d'humeur de dame nature. Aucune année ne ressemble à une autre et jamais une même parcelle, même conduite de la même façon, ne produit la même chose. Je note beaucoup de choses mais l'avalanche de chiffres est souvent inexploitable. Le nez du paysan reste un indicateur sûr et sa capacité de réaction, tant qu'il restera maître des décisions, est sans aucun doute la vraie force de la profession !

Pourtant j'ai quelques repères pour étayer mes propos. J'ai une parcelle étalon. Elle est située sur le périmètre de protection des puits de captage de la commune. Elle ne reçoit aucune fumure, aucun animal n'y pâture, elle est simplement fauchée une fois par an. Cela dure depuis plus de 10 ans, c'est donc la parcelle témoin par excellence. Le tableau des bottes faites chaque année révèle pourtant une variabilité importante des récoltes : De 4 à 10 suivant les années. ( Elle fait 1 Ha , cela donne la production d'une parcelle qui ne reçoit aucun engrais )

                   le_reux
Prenons maintenant celle que je considère comme une des meilleures... 9.2 Ha conduit à peu près de la même façon ces dernières années !

                        pr__gorneille
On passe de 60 à 197, soit de un à trois. En fait, le chiffre de 2003 , année de sécheresse dramatique, montre l'effet fumure des autres années. Sans eau, pas de pousse. Tandis que si on exclue 2003, la variation en % est moins importante (  138 à 197 ) que dans la parcelle précédente. Au plus bas, on est tout de même à 15 bottes/ha pour monter à 21 bottes/ha... Vous comprendrez que je sois interrogatif lorsqu'on me demande de supprimer les engrais ! Avec seulement le fumier ( je le mets aujourd'hui) , il faudrait diminuer le nombre de vaches...

Reste le graphique clé , celui qui remplace les greniers de mon père ! A cette époque là, on savait en fonction du remplissage du grenier. Maintenant, on compte les bottes :

                               bilan_foin
La moyenne des parcelles est plus régulière, c'est le savoir faire paysan qui joue suivant les années sur les déprimes et les parcelles à récolter. Mais quand on tombe sur un vrai accident climatique, on ne sait plus faire. 1976, 2003 des années catastrophes...

J'ajoute que je suis incapable de vous donner le nombre de bottes nécessaires pour que tout aille bien. Disons, en année normale, que 550 bottes font l'affaire. Mais si on ne peut lâcher comme en 2008 avant la fin avril, il en faut 80 à 100 de plus. De même si l'automne ou l'été sont trop secs et qu'il faille  nourrir les animaux qui n'ont plus d'herbe à pâturer . De même si les cours conduisent à retenir des animaux ou si on se retrouve dans l'incapacité de les vendre comme avec la FCO...  Cela vous donne la difficulté de la prévision, le besoin de gérer des stocks ! Et il reste toujours l'année catastrophe : En 2003, il a fallu nourrir intégralement le troupeau du 1 er juillet au lâcher 2004 , soit un besoin de plus de 1000 bottes ! Impossible quand la récolte est de 260 bottes et le stock report, après le déficit 2002, de 100 bottes. J'ai donc du acheter 100 tonnes de paille et 30 tonnes d'aliments à l'extérieur en sus des achats normaux, à des prix prohibitifs puisque tout le monde était dans le même cas ! Depuis cette année là, plus celles de l'ESB, l'élevage ici est resté fragile.

J'espère ainsi vous faire toucher du doigt la difficulté du métier et en même temps la compétence des paysans qui jonglent en permanence sur des volumes de production toujours différents. Ingrat et passionnant. Seul sur ma moissonneuse, j'ai réfléchi à une définition de ma vie de paysan : Je suis tributaire de ce que me donne dame nature et je vis avec ce que me laisse les hommes ! A méditer en découvrant les marges des différents acteurs de la filière lait ou porc... Mais c'est un autre débat.

Posté par paysanheureux à 23:17 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
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