Ce début de printemps magnifique, côté météo, me crée quelques petits décalages... Je m'explique : Le retard pris dans les travaux des champs, cumulé au bonheur d'être au soleil, m'appelle irrésistiblement aux travaux en plein air... Je n'ai pas terminé les clôtures, je voudrais curer complétement les stabulations, j'adore prendre ma moto pour faire le tour des troupeaux.. Les réunions pleuvent et du coup, je n'ai aucune envie de faire des papiers... L'hiver a été trop dur pour qu'avec la fatigue accumulée, je parvienne à me concentrer suffisamment sur ces tâches. De toute façon, les serveurs n'étaient pas tous accessibles !

Et voilà, les échéances arrivent ! Comptabilité, déclarations PAC, mise à jour des plans prévisionnels et autres enregistrements sont à faire avant la fin du mois. Je vais donc passer 3 ou 4 jours sur le sujet et laisser tomber le reste... De plus, un ordinateur a lâché, il faut tout réinstaller... Mon bureau ressemble à un foutoir qui fait sourire tout le monde en entrant dans la maison, me vaut les moqueries de mes copains et fait la honte de Mme PH. Mais cela va changer, c'est juste une affaire de temps et de priorités...

Le temps ? Les priorités ?

Ce matin, les vols doivent reprendre... Soyons clairs, la gêne est minime ici en terme de bruit, même insignifiante sauf pour ce qui est des avions de chasse de l'armée. Je me suis tout de même régalé de la virginité du ciel, du silence que j'ai tout de suite remarqué. Comme il pleut un tout petit peu, on ne verra rien... Par contre, je suis partagé sur les conséquences. Je plains les éleveurs islandais qui n'auront pas de récoltes cette année et qui devront nourrir les troupeaux à partir d'aliments achetés, sans doute sur le continent, donc hors de prix ! Je pense que les conséquences sont graves pour les entreprises qui reçoivent des pièces par avion pour les maintenances ou autres... Cela nous pose la question de la gestion des stocks en flux tendus. Le système est très fragile... Je ne plains pas les importateurs de produits périssables. Au moins, les roses ne transporteront pas de moustiques et l'absence de cerises de je ne sais où, ramènera les gens des villes aux fruits locaux de saison ! Un paysan ne peut que se réjouir d' une prise de conscience de la nécessité d'assurer une autonomie alimentaire locale !  Enfin, j'ai souris en entendant à la radio, un employé de France-télécom bloqué à Bangkok après un séjour privé de 15 jours au Vietnam.... Il hurlait au scandale, au manque d'information, à la non-prise en charge... Lui ne risque rien pour son emploi, mais surtout j'aurai eu envie de lui dire qu' il devrait tester les services de sa propre boite : Ses griefs sont le quotidien de ses clients lorsqu' ils ont des problèmes...

Et oui, dame nature nous a montré un brin de nos faiblesses. Bien sûr, on ne parle que de ce qui nous touche, sans hiérarchie des vrais problèmes. C'est l'habitude maintenant. Dans l'ordre, les vacanciers: Ne pas partir en vacances comme on le veut est un sacrilège. Le pire, c' est que ceux qui se précipitent pour partir maintenant seront les mêmes qui se plaindront s'ils ne peuvent pas revenir... On parle des pertes des compagnies, des voyagistes. Moins des conséquences tout aussi importantes pour les petites boites, pour les cadres bloqués... Et pas du tout des problèmes des Islandais, du moins de ceux qui sont proches du volcan.

Comment dire ? L'intérêt porté à un phénomène de cette ampleur est inversement proportionnel à l'importance de l'impact réel sur la vie de tous les jours...  Nous sommes vraiment dans un monde superficiel,  individualiste, voir égoïste !