2003…La canicule a « brûlé » les cultures avant la moisson. Les grains sont chétifs, malingres. Je me dis qu’il n’est pas raisonnable de les semer dans l’état. Pour la première fois, j’achète la totalité des semences nécessaires pour emblaver les cultures pour 2004. Depuis cette année là, je ne sème que des semences achetées, dites « certifiées ».

 

Pourtant, mon père ne l’avait jamais fait ! Chaque année, nous achetions de quoi semer un peu plus d’un Ha de chaque culture en semences certifiées. Nous choisissions la meilleure partie d’une parcelle, tant pour la valeur agronomique de la terre que pour sa situation au centre en évitant les « chientes » ( bouts de champ ) toujours plus sales ! Nous repérions ces endroits qui étaient toujours plus soignés ! A la récolte, une fois le champ détouré, nous attendions le meilleur moment de la journée pour « tirer » une trémie, avec des réglages moissonneuse exigeants, que nous stockions consciencieusement à part. En fin d’été, nous  passions le grain au tarare, à raison de quelques quintaux par heure :

       tarare

 

Ou mieux au trieur pour éliminer les mauvaises graines et les grains trop petits, à raison de deux quintaux par heure.

    trieur

Nous avions ainsi une semence fermière qui nous permettait de semer la majorité des surfaces.

                      trieur_1

Tout cela était facile à organiser, même si c’était exigeant en temps de travail, tant que nous stockions le grain en tas sur les greniers. En choisissant de ne plus vendre les céréales de la ferme pour les faire consommer aux animaux, nous avons aménagé des cellules de stockage. Au début, nous continuions de stocker les semences à part. Puis nous avons décidé d’utiliser plus de semences certifiées pour avoir des cellules quasi complètes. Nous gardions également sur les deux petites remorques, les précieux grains en moissonnant les parties dédiées en dernier avec quelques risques météo. Puis je me suis retrouvé tout seul. J’ai zappé la phase de préparation des semences. Je gardais des lots issus de semences certifiées, sans tri ni passage au tarare… Les résultats des levées devenaient plus aléatoires, pour y palier, je semais plus épais ! 

 

Donc, depuis 2003, pour des raisons de travail et de commodités au moment du semis puisque tout est en sacs, je suis passé au tout "certifié" ! Mais en voyant l’évolution du coût de ces semences certifiées par hectare, je suis obligé de me poser des questions !!! L'évolution des prix est complétement déconnectée du cours des céréales. Pas étonnant que l'emploi de ses semences soient en nette baisse entre semis de 2008 et semis 2009 !

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Il est clair que les anciennes machines ne sont plus d’actualité. Il faut donc que je m’organise autrement. Côté technique culturale, aucun problème pour revenir aux anciennes pratiques en terme de semis ! Par contre pour le stockage et le conditionnement des semences fermières, il faut que je revoie tout ! D’abord, il me faut un endroit de stockage facile et rapide à mettre en œuvre. Ensuite, il faut que je trouve un trieur d’occasion ou sinon un prestataire de service qui trie la semence ! Ensuite, il faudra que je trouve des caisses ou des big-bag pour la loger et la transporter jusqu’au semoir… Bref, il faut un aménagement propre. Le jeu en vaut la chandelle ! D’une dépense de 2200 € par an minimum actuellement, je pourrais réduire les achats (pour trois variétés) à 450 kg de semences certifiées soit 315 €. Même en décomptant un produit de traitement de semences, que je peux appliquer dans la mélangeuse à béton, en tenant compte du grain semé que je n’aurai plus pour nourrir les animaux, je ne me vois pas dépasser les 30 € par ha avant les frais de tris… Ce qui sur les 18 ha restant me laisse 1345 € pour payer mon travail et amortir le trieur et les caisses…A 7 € de l’heure sur la moyenne de l’année, je ne suis pas perdant sur ce coup là ! Et en sortie réelle de trésorerie, c’est carrément  plus intéressant.

 

Le droit de ressemer nourrit un vif débat au sein de la profession ! J’y reviendrai demain…

 

 

La connexion au site permettant de gérer le blog a été galère aujourd'hui ! D'où le retard de publication.