Réveil assez brutal ce matin, j'avais le sentiment d'avoir de la fièvre : Mal de tête latent, jambes de coton, la mise en route fut fastidieuse, mais pas question de céder à la tentation de rester sous la couette. J'avais rendez vous avec un marteau piqueur ! J'ai avalé un gros cachet et hop au boulot... J'ai bien téléphoné à un copain pour m'aider au moins une heure vue mon état, mais il était engagé ailleurs.

J'avais empilé le planning dans ma tête. Impossible à écrire car je veux rester flexible. Ainsi, pour les mélanges de grains, je ne sais jamais trop quand la mélangeuse sera terminée. Tout au moins, je ne sais combien de sceaux exactement il reste ? La fabrication prend une demie heure. Une mélangeuse contient 500 kg. J'en distribue entre 400 et 450 kg suivant les jours et l'appétit des animaux ! En effet, les mâles ne mangent pas toujours la même quantité , la météo et d'autres facteurs entrent en ligne de compte...

Donc ce matin, j'avais un plan en tête et des solutions pour ne pas perdre de temps pour le cas où ! J'ai commencé par mes distributions. La mélangeuse a été vide plus tôt que prévu. J'ai du changer le sens de distribution du deuxième chargement. Pour réparer la fuite, qui me posait problème depuis le début des grands froids, il fallait que je lâche les vaches de la case concernée, ce que j'ai fait pendant la fabrication !

Un coup d'œil à l'horloge du tracteur ; j'avais le temps de monter avec grains et foin à la chaume. Sur le même tour, j'ai redescendu un râtelier pour les vaches mises dehors juste avant. Ensuite, j'ai commencé de curer le trottoir de la stabulation pour pouvoir accéder avec le compresseur sans le salir. A 10 h, comme convenu, le loueur a déposé l'engin et m'a montré comment le démarrer. J'avais prévu une demie journée, mais je lui avait donné cette heure car il était impossible d'être prêt plus tôt. Il m'a dit revenir à 14 h , sauf si j'avais un problème ! Cela me laissait le temps de midi si éventuellement.

J'ai dégagé l'abreuvoir avec le tracto du fumier qui l'entourait. J'ai ensuite attelé le compresseur, je l'ai mis en place et en route. Pendant presque 2 heures, j'ai donc vibré au rythme du marteau ! Ce boulot fait les bras. C'est là que l'on regrette d'avoir coulé des bétons aussi épais ! Sur le côté de l'abreuvoir, j'avais une épaisseur de 30 cm. J'ai donc cassé morceaux par morceaux... Tantôt déprimé, doutant du résultat. Tantôt serein lorsqu' un gros morceau cédait.  Vers midi, j'ai enfin trouvé le tuyau . Je l'ai dégagé et j'ai fait un passage sous la buse qui porte l'abreuvoir. Le contrat était rempli pour l'emploi de l' engin ! Je l'ai donc sorti, j'ai ouvert aux vaches les cases et je suis allé donner le foin que je n'avais pas eu le temps de mettre dans les râteliers. Quand tous les animaux ont eu à manger, ce fut mon tour.

A 14 heures, le loueur était là. Je lui ai fait un chèque et retour dans les stabulations pour pailler. Celle du bas n'avait toujours pas d'eau. La priorité était donc de régler le problème le plus tôt possible. Le raccord défectueux sous la buse étant inaccessible j'ai coupé le tuyau sur le côté et je suis allé à la coopérative pour acheter les raccords nécessaires. De retour, j'ai tout remonté, non sans mal puisque l'eau de la fuite ne s'était pas écoulée. Je voyais le temps passer, pas question d'en perdre. Le soleil commençait de décliner quand j'ai réussi à remettre l'eau et vérifié qu'il n'y ait plus de fuite.

Je voulais finir complétement le chantier car je ne suis pas certain que ce temps exceptionnellement clément dure très longtemps. Or il faut quelques jours pour que le béton tire suffisamment avant de remettre les vaches sans qu'elles l'abîment. Ayant retenu la leçon du matin, j'ai donc mis une bonne couche de sable sur le tuyau. Ensuite, j'ai attelé la mélangeuse et j'ai fait le béton ! Je l'ai coulé, sur une épaisseur de 8 cm de façon à pouvoir le casser facilement si un des raccords venait à nouveau à défaillir. Le nuit était tombante lorsque j'ai lavé la machine. J'ai posé la mélangeuse, attelé la pailleuse. Puis j'ai préparé les sceaux pour demain matin afin de gagner du temps ! Car demain, j'ai d'autres contraintes horaires, pour l'avenir de PH fils.

Pendant que je faisais le béton, je suis resté admiratif quelques instants en regardant le ciel. Le soleil couchant mettait le feu. J'ai regretté de ne pas avoir l'appareil photo. Le travail ne s'y prêtait pas et j'étais trop à la bourre pour aller le chercher. Dommage !!!! Pas tout à fait car en rentrant j'ai ouvert mes mails. Des amis, du village, m'ont envoyé une photo du ciel en me faisant remarquer que c'était un ciel qui ne pouvait pas laisser PH indifférent. J' ai été touché par l'attention. Voilà une belle fin pour une journée vécue à la minute près ! 

            

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               Avec l'aimable autorisation des auteurs que je remercie...