La dame avait téléphoné lundi pour prendre rendez vous hier après midi, mais j'étais engagé ailleurs, j'y reviendrai plus loin ... Donc, nous nous mîmes d'accord pour ce matin vers 11 h. "Vous préparerez vos surfaces, la liste de vos animaux, vos numéros...

A 11 heures tapantes, elle arrive. Je lui offre un café et en route pour l'exercice qui se reproduit tous les 10 ans. Un moment de bravoure .

Première étape, les numéros : L'exploitation en a 4 ou 5, je ne sais plus... Peut être plus avec les numéros TVA. Je ne parle pas des numéros de comptes en banque ou des numéros clients ou fournisseurs. Non, juste des numéros officiels délivrés par les administrations. Le numéro PACAGE ne doit pas se confondre avec le numéro d'élevage, qui est très différent du numéro SIRET qui n'a rien à voir avec le numéro MSA, lui même ne servant que rarement car c'est le numéro personnel INSEE qui est usité... J'ai donc une fiche qui les rassemble tous. On pourrait bien sûr imaginer qu'une administration moderne pourrait avoir un seul numéro pour l'activité et le bonhomme qui la pratique. Trop simple, du coup incapable de s'y retrouver, elle sollicite les communes pour établir la liste des agriculteurs en vue du recensement alors que c'est le seul endroit où je ne déclare jamais rien...

Deuxième étape, grandiose; les surfaces. L'enquêtrice a le fichier des cultures mais pas celui des prairies. Pourtant on déclare tout en même temps donc... Visiblement, les éleveurs ne sont pas en odeur de sainteté informatique. Pire, elle me demande des définitions de prairies différentes pour partie de celles que l'on utilise. J'essaye de vous expliquer simplement, vous allez voir, c'est coton : Il y a les prairies permanentes, les plus simples qui ne sont jamais labourées. Il y a plusieurs "temporaires" : Les temporaires normales qui ont été resemées depuis moins de 5 ans... Et les temporaires de plus de 5 ans. On a le droit de labourer ces deux types de prairies si elles étaient temporaires en 1992 ou en culture à cette date et remise en herbe ensuite... Donc, les années où on refait une prairie, il faut vérifier son éligibilité et resemer en prairie l'équivalent en surface d'une autre parcelle.
Je dois reprendre la liste à la main et tout recalculer alors que tout est dans les ordinateurs à Mâcon. C'est ce qui nous prendra le plus de temps. D'autant que je ne suis pas sûr de son classement...

Troisième étape : le cheptel. Même topo, tout est sur les ordinateurs de l'EDE à Mâcon et même dans une base nationale à Toulouse. Mais on recompte tout au 1 novembre 2010 à partir de mon programme qui est synchronisé avec celui de Mâcon alors qu'il suffirait de demander des statistiques à la base de données nationale à cette date... J'imagine ce que doit donner l'exercice chez ceux qui ne sont pas informatisés...

La suite est décevante. La dernière fois, il y avait des questions sur le matériel. Là rien. Par contre, je dois donner la surface des bâtiments, je pense que c'est pour estimer la cohérence avec le bien être animal ? Et celle des cours de ferme, ce que je ne connais pas et ne vois vraiment pas l'utilité ? Nouvel impôt ???? Des questions simples sur les engrais et les fumiers, normal pour estimer les fumures et les pollutions éventuelles. Une question sur les phyto, dommage on aurait pu mettre en valeur la quantité quasi négligeable des pesticides employés ici. Une sur des achats de paille, normal, personne ne connait les vrais chiffres des échanges entre régions culture/élevage depuis qu'on fait les cathédrales.

Deux ou trois questions sur la main d'œuvre, la préoccupation du moment. Deux ou trois sur mon niveau d'étude et celui de Mme PH et je ne pense n'avoir rien oublié.
Rien donc sur le matériel, rien sur les équipements informatiques sauf sur les programmes et la qualité de la connexion informatique. Rien en terme de sociologie du style statut de mariage, adhésion aux coop, éloignement des fournisseurs ou prestataires de services, des services publiques... Bref rien sur ce qui facilite ou entrave la vie d'une ferme...

Pour résumer, j'ai passé les deux tiers du questionnaire à reprendre des chiffres déjà détenus par l'administration agricole. C'est donc un exercice qu'on pourrait qualifier de la façon suivante : Quand l'administration interroge l'administration via le citoyen ! Sorte de contrôle de ce qu'elle fait par ailleurs... La dame n'y est pour rien, je n'ai donc rien dit !

Mais...

J'aimerai dire deux mots d'une réunion hier après midi ! Objectif : parler de la communication sur le métier ! Très peu de participants puisque nous n'étions que 4 plus les deux animatrices. Et sur les 4, je n'étais que le seul homme ! En temps normal, Didier devrait être là ! Il était à Paris puisqu'il participe, un mardi sur deux, à une émission radio "les  grandes gueules " sur RMC, en fin de matinée. Je vous la recommande. Pourtant les éleveurs ne sont ils pas toujours en train de se plaindre d'être critiqués par les médias ?

Je me demandais bien où on allait atterrir à si peu. Et bien la réunion a été passionnante. Super bien gérée  par Carole. On a trouvé des pistes sérieuses de travail et même une chronologie pour s'y mettre. Bon, il faudrait trouver quatre sous. Mais surtout, il faudrait tout de même que chacun se bouge un peu ! L'image que nous donnons dépend de chacun de nous et ces réunions devraient faire le plein. Ce n'est pas que l'affaire des agricultrices. Sinon il faut cesser de se plaindre de ne pas pas être compris, de ne pas être aimé par la société et de regretter que d'autres courants de pensée qui "nous tapent dessus" soient plus écoutés que nous ! En bref, si quelques collègues passent par là, j'ai juste envie de dire : " il faut que l'on se bouge tous ensembles sinon on ne fait rien et rien ne changera ! " .

Je n'ai pas voulu parler du blog, ce n'était pas le lieu ! Je ne sais toujours pas si je fais bien ou pas en terme d'image pour la profession ?