9 jours d'hôpital... 3
( Je ne veux pas vous lasser, mais je tire de mon accident une expérience qui conduit à me poser des tas de questions sur notre existence, la travail des autres, l'organisation de la société... Relater tout ce ressenti me semble important, au moins pour moi !)
Chaque jour en fin de matinée, la médecin et la surveillante font le tour des chambres ! En constatant mon état, le premier matin, j'ai compris que je ne sortirai pas les heures suivantes de l'hôpital ! Je ne leur pose donc aucune question à ce sujet, ne cherchant pas à mettre de pression inutile. Elles sont prévenantes, attentives et très pro , de quoi inspirer confiance ! D'une façon générale, j'ai vite fait de jauger les gens aux petits gestes ou aux réflexions, à la façon de s'exprimer ou de réagir !
Le second jour, j'ai trop bougé et l'aiguille de la perfusion à laquelle sont rattachées deux tuyaux part en désordre à leur passage ! L'infirmière qui les accompagne veut intervenir, mais la surveillante avec beaucoup de douceur lui dit qu'elle va le faire " Vous avez déjà assez de travail comme cela ! Il faudrait... dans la chambre..." Il y a dans cette démarche et sa façon de faire à la fois le soucis de l'organisation qui nécessite de commander et un immense respect des autres ! En quelques instants, je comprends, avec le calme habituel de la médecin, pourquoi le service marche si bien ! Tout tient sans doute à la façon de gérer et de manager l'ensemble !
La médecin est très attentive ! En quelques heures, elle trouve les bonnes perfusions et traitements qui rendent la douleur de plus en plus supportable. C'est la règle numéro un aujourd'hui en médecine : Faire que le malade ne souffre pas ou le moins possible ! A chaque passage des infirmières ou de la médecin, on me demande de donner sur une échelle de 1 à 10 , le niveau de la douleur ! Au début, Je suis incapable de le dire : Que veulent dire 7, ou 9 ? Chaque individu réagit à sa façon, Ce qui est insupportable pour les uns l'est pour d'autres ! Le premier jour, j'oscille entre 6 et 8 ! Puis je tombe à 2 ou 3, pour même arriver à 1 ou 2 les jours suivants ! Un sourire de satisfaction éclairera les visages des deux responsables lorsque le lundi et mardi, j'annoncerai que je suis souvent à 0 ! Je les questionne sur les produits dont je n'ai pas envie de retenir les noms ! Mais je sais reconnaître les perfusions au bien qu'elles me font, quasi immédiatement ! Il m'arrive même une fois ou deux de demander d'en avancer une pour éviter d'avoir mal ! " Ne laissez pas la douleur s'nstaller " me conseille la médecin " C'est toujours plus long de la faire diminuer ensuite que de l'anticiper ! "
Mon voisin est libéré le samedi. Je reste seul dans la chambre. Autant, les deux premiers jours, je n'avais envie de rien, autant avec son départ, je demande la télévision ! Je mesure la pauvreté des programmes en été ! Je regarde BFM pour les infos, mais à condition de ne pas dépasser le quart d'heure pour éviter la redite. Un peu télématin et sinon, je reste sur la 5, Arte et la chaîne parlementaire ! Le reste est nul de nul ... Depuis que je blogue, la télé ne m'intéresse plus mis à part pour les informations. Les derniers soirs, je ne trouve qu'une émission qui me plaise par soirée sur l' ensemble des chaînes TNT: Inspecteur italien le dimanche, des racines ou des ailes ou le documentaire sur François 1 er... Moi qui adore lire, j'en suis incapable ! La tête ailleurs sans doute ? Je reçois beaucoup de coups de téléphone me témoignant de la sympathie ce qui est excellent pour le moral et quelques visites plus que sympa ! Je trouve même que mon aînée est à peine raisonnable lorsqu'elle monte de Saint Etienne au Creusot pour repartir ensuite à Lyon après son travail ! En même temps, quel formidable preuve d'amour fillial ! Ma cadette a bouleversé ses 3 jours de vacances pour rester à la maison avec madame PH ! Elle m'apporte mes affaires et gère la maison... Mme PH vient me voir autant que possible après son travail ! Mais je suis inquiet pour elle qui était déjà éreintée avant l'accident et qui, pour me voir, ne mange plus à des horaires réguliers tout en continuant de travailler à fond ! Je m'en veux d'avoir ainsi rajouter des soucis à sa fatigue !
C'est Mme PH qui la première me pousse à troquer le fauteuil à roulettes pour un déambulateur pour traverser la chambre. C'est le dimanche... Elle est intriguée par le fait que grâce aux médicaments, la douleur des hématomes disparaisse mais que je ne puisse pas poser la jambe droite en appui ! Elle en parle avec la médecin ! Le lundi après midi, celle-ci m'annonce en avoir discuté avec la radiologue de garde ce jour-là !" Elle va vous faire une radio de la hanche droite ! " Plus tard dans l'après midi, on me descend à la radio ! Cette fois, c'est une radio classique, je me cale debout contre l'appareil... C'est très rapide et je suis ramené dans ma chambre. A peine arrivé, la médecin revient me dire que je vais redescendre passer un scanner de la hanche droite ! Je comprends qu' il y a quelque chose... La position sur l' appareil n'est pas confortable... Quelques minutes après mon retour, le verdict tombe : fêlure du cotyle ! La médecin a joint l'orthopédiste qui lui a dit qu'il viendrait me voir en fin de semaine. " Vous continuez comme maintenant, avec le déambulateur mais pas question d'appuyer sur la jambe droite. " Plus tard, nous discutons, on peut reconstituer la fin de la chute. C'est la jambe droite qui a touché le sol la première donc qui a encaissé le plus fort choc. La tête du fémur est venue cogner la hanche ! " Ce qui vous a épargné des fractures plus importantes, ce sont vos muscles ! Vous êtes très musclé et en pleine forme physique ! " Pourtant, je ne fais pas de sport, c'est mon métier qui est sportif !
Vers une heure du matin, grande agitation : On amène une urgence dans le lit d'à côté ! Fort logiquement, il faut plus d'une demie heure pour la mise en place et les soins ! Mais le jeune fait brancher son téléphone portable et il appelle ensuite plusieurs personnes pendant une heure, conversation dans une langue que je ne reconnais pas. Le ballet des surveillances rapprochées reprend, je ne dors quasiment pas ! Lors de la visite de la médecin et de la surveillante, je dois avoir des cernes sous les yeux ! Cette dernière me propose, sans que je lui demande quoique ce soit , une chambre particulière qui vient de se libérer. " Vous allez à la douche et à votre retour toutes vos affaires seront transportées". Je prend ma première douche seul et au retour je suis seul dans ma chambre ! Le moral remonte, je suis autonome maintenant. Les médicaments marchent bien, je ne souffre plus. Mme PH doit sentir l'amélioration... On commence de réfléchir à l'organisation de la maison pour mon retour ! Il y a des escaliers partout, des marches pour aller aux toilettes ou dans une salle de bain ! Sinon, il faut que je fasse tout le tour de la maison,dehors, à condition d'avoir un lit dans le salon !
Mercredi, on me retire les aiguilles de perfusion. Je passe en mode prise de médicaments oraux ! Il faut vérifier que je les tolère bien, donc on monte les doses doucement ! Je suis hypersensible au moindre retard ou à un sous dosage. Immédiatement, la douleur se rappelle à moi ! Je n'ai pas de visites ce jour-là mais la perspective de sortir me rend la chose légère. Mme PH va chercher PH fils et le correspondant californien à Saint Exupéry ! PH fils n'a été mis au courant de mon accident que la veille. Il n'avait pas de réponses aux mails depuis plusieurs jours et a commencé de se faire beaucoup de soucis ! En plus, à cause des orages, Mme PH n'avait pas réussi à remettre le réseau informatique de la maison en route et n'avait pas Internet. Affolé, il avait fini pas téléphoner, malgré le prix des communications, pour savoir ce qui se passait ! Nous nous étions dit que cela ne changerait rien de le prévenir et que cela allait lui gâcher la fin de son séjour ! Dès qu'il est dans la voiture, nous conversons une heure par téléphone. Il est rassuré de m'entendre. Mercredi soir, alors que comme tous les soirs, j'ai mangé à 18 heures, j'ai un peu faim en regardant la télévision ! N. et M. m'avaient apporté des chocolats lors de leur visite. Je ne les avais pas touché jusque là ! J'ouvre la boite et j'en savoure deux ou trois ! Une autre unité de mesure pour apprécier le retour de la forme !
Jeudi est le grand jour ! La médecin vient plusieurs fois pour me donner les papiers administratifs et les ordonnances ! Elle m'explique comment gérer les prises de médicaments... On me prépare ceux qui sont nécessaires pour le lendemain matin ! J'évoque mon métier, ma maison et la tentation bien réelle de vouloir retourner au travail avant l'heure ! J'évoque alors le lieu de vacances envisagé, de plein pied avec ascenseur ! Seul soucis, le trajet... Mais connaissant le milieu agricole et sa capacité à se retrouver sur un tracteur bien avant la fin de la convalescence, elle n'hésite pas et me fait un certificat médical à l'adresse des vacances dans le midi. En compensation, je lui promet d'être raisonnable et de faire le trajet en deux fois... Je commence à tourner en rond dans la chambre. Ma sortie est conditionnée à l'avis de l'orthopédiste qui doit passer en fin d'après midi ! De toute façon, Mme PH termine son travail à la même heure. Le matin, elle m' a déposé en vitesse les canes pour que le kiné me les adapte. Ce dernier, non seulement, me les règle mais il me montre comment monter et descendre les escaliers ! Côté médicaments, je sais comment les gérer et je n'ai pas trop mal ! Tout s'accélère ensuite ! L'orthopédiste passe et s'amuse de mes cachotteries " hanchoise" ! Par contre, il anticipe une opération à prévoir des articulations qui comme pour beaucoup de collègues sont usées ! ( Les tracteurs sans aucun doute ). Mme PH arrive, me transporte en chaise roulante dans sa voiture... Je suis touché de son attention pour me pousser. Elle ramène la chaise dans le service et nous partons !
L'état des routes, déjà évoqué, rend le retour douloureux ! J'aurai même un doute pour savoir si je dois descendre dans le midi...
En 9 jours, j'ai mesuré l'importance d'avoir des hôpitaux de qualité à proximité ! Mais tout ceci est en danger. Je l'ai déjà évoqué dans le billet concernant les pompiers ! Les règles de calcul comptables conduisent à des décisions qui créent de vrais trous sur le territoire ! En Saône et Loire, les dés sont jetés. Tous les politiques se renvoient les responsabilités les uns sur les autres ! Une communauté urbaine réunie Le Creusot et Montceau les mines ! Dans chacune de ses villes, il y a un hôpital, au fonctionnement différent suite à l'histoire ! Chaque maire en est responsable et il y a une lutte de pouvoir au sein de cette communauté urbaine de 90 000 habitants, même si les élus majoritaires sont issus du même parti politique. Résultat, le rapprochement des deux structures a été envisagé trop tard ! La fusion faisait de l'ensemble, le second pôle hospitalier de Bourgogne. Les compétences médicales étaient là même si attirer dans notre région reste difficile ! Ce manque d'anticipation pour des raisons politiques n'a pas permis de bénéficier du plan français de modernisation des hôpitaux ! Chalon sur Saône, plutôt en retard sur le sujet, s'est lancé dans la construction d'un hôpital neuf. Et le changement politique de cette localité n' a fait qu'amplifier le mouvement. Profitant de la division, ( elle permet de mieux régner !) l'hôpital de Chalon a été surdimensionné, volontairement, par rapport à la situation actuelle ! Il ouvrira en fin d'année mais déjà la chasse aux médecins est lancée ! Fort adroitement, les propositions pour une organisation nouvelle de la médecine spécialisée autour de l'hôpital et de la plus grande clinique de Bourgogne attire ! Au détriment de nos petits hôpitaux locaux, qui englués dans les conflits internes et la communication catastrophique d'une association s'opposant systématiquement à un rapprochement, ont loupé la fusion lancée trop tard ! La lecture du projet administratif régional est devenu limpide ! Seuls deux hôpitaux de taille respectable pour offrir les soins indispensables subsisteront à terme : Un à Mâcon et un à Chalon ! Les autres seront de simples relais où on y laissera un minimum d'activités, sans doute plus tournées vers les personnes âgées. Si on ne les ferme pas tout simplement... Le mouvement va aller très vite car une immense majorité de médecins locaux arrivent à l'âge de la retraite dans moins de 5 ans... Ils ne seront pas remplacés et pousseront peut être les spécialistes restant à changer pour ne pas devenir encore plus esclaves du travail qu'aujourd'hui. J'en ai rencontré beaucoup, ils me tiennent tous le même discours ! Le recours à des médecins étrangers ne marche pas toujours, loin s'en faut...
La logique comptable de nos énarques aura gagné ! Pour eux, là encore, je n'invente pas, j'en ai rencontré dans la passé, moins de médecins = moins de dépenses. Alors que l'on sait bien que c'est l'augmentation de l'âge des patients, donc de l'espérance de vie, qui est la principale source d'augmentation des dépenses de santé ! On a donc mis des numérus clausus dont on va mesurer les effets prochainement ! On réduira de la même façon tous les postes des personnels accompagnant les malades mais on n'hésite pas à augmenter les postes administratifs, surtout de cadres, dont les responsabilités ont dépassé celles des médecins, pourtant plus à même de savoir ce qui est indispensable à leurs services ! Cette logique conduira, au niveau de la Bourgogne , à un non sens énorme ! Tout le territoire au centre sera vide de tout : Rien entre Nevers et Chalon ou Mâcon ! Même chose du nord au sud ! Tout sera rassemblé entre la vallée de la Loire et celle de la Saône et leur prolongements... Alors qu'il aurait été possible et intelligent de garder une structure au milieu ! Les politiques des deux camps en portent l'entière responsabilité ! Leur seule préoccupation est de se faire réélire , à vie si possible ! ( Je le vois bien dans les prises de position sur l'intercommunalité ) Chacun défend son bastion électoral sans vouloir avoir une vision cohérente du territoire pour l'avenir, surtout si cela passe par des compromis ! Et pour éviter les remises en cause, ils se réfugient dans les débats politiques habituels qui reportent systématiquement la faute sur le camp adverse ! Avec ce mode de fonctionnement, on va dans le mur !
Pour étayer mes propos, imaginez que mon accident se produise dans 5 ans ! Le centre de secours de Toulon a fermé. Nous sommes rattachés à Issy l'Evêque. Il faut 45 minutes aux pompiers pour venir ! L' état supposé implique l'intervention de divers spécialistes : Un urgentiste puis un radiologue ! Il faut un plateau technique pour une éventuelle opération en cas d'atteinte de la moelle épinière ou du bassin ou pour tout autre fracture... Auquel cas, il faut mobiliser en urgence un anesthésiste et un chirurgien orthopédiste ! Une fois effectué le quart d'heure minimum d'auscultation à distance entre pompiers et urgentiste, on m'aurait emmené à Chalon, plus d'une heure de route pour ne pas trop me secouer ! Deux heures donc minimum avant d'être entre les mains des soignants ! De quoi sélectionner largement les plus résistants ! Un énorme problème à terme pour attirer dans nos campagnes ! Car la même chose se produira pour les maternités et tous les autres soins ! Pour consulter un spécialiste, il faudra faire des tonnes de kilomètres !!!!
La fin programmée et voulue des campagnes !
Commentaires sur 9 jours d'hôpital... 3
- A fond la forme (ou presque)Toujours passionnant ! Merci

Je ne suis pas certain que le maintien d'une ruralité dispérsée soit l'axe de travail des décideurs. Je crois même que la politique est au regroupement, théoriquement pour des économies d'échelles, mais en réalité pour réduire ce qui coûte cher pour peu de personnes.
Concernant le monde agricole, est-il possible d'habiter à proximité immédiate des gros centres urbains et à 50 km de son exploitation ? Probablement une réflexion à mener. - peut être dans un cas d'urgence, les pompiers ou le samu enverront un hélicoptère , c'est ce qui s'est produit dans le LOIRET pour mon neveu de 21 ans qui fait des crises d" épilepsie assez fortes, il y a 2 ans il a eu une rupture d'anévrisme et est resté 1 mois 1/2 dans le coma donc chaque fois on se demande si ce n'est pas une nouvelle rupture-

ici en Côtes d'Armor ,cet aprés midi nous étions sur la plage , un homme se noyait en mer et il a été ramené par plusieurs personnes , ils ont fait très longtemps un message cardiaque et les pompiers , le samu avec 4 véhicules se sont déplacés ,les ont relayés longtemps et l'hélico est arrivé aussi ,et nous ne savons pas comment cela s'est terminé , car la police nous a contenu au loin --
remarquez hier notre voisine de 76 ans a fait un AVC dans son jardin et le samu a refusé de se déplacer , au 2 éme appel , ils ont fini par se venir !!! du temps de perdu !! elle est hospitalisée , paralysée côté gauche.
mais il est vrai que si les petits hôpitaux restaient ouverts et fonctionnels , ce ne serait pas nécessaire des hélicos !!et chaque département a un fonctionnement différent
en Bourgogne vous n'avez pas l'air gâté !!! - la fin des campagnes : pour une société uniformisée..tout devra rentrer dans les cases prévues!!! c'est bien vers quoi on se dirige quand on voit que le prefet chez nous commence à dire qu'il faut que les petites communautés de communes se regroupent, et pas forcément en fonction des bassins de vie..

moi aussi je tire mon chapeau au personnel soignant...nous avons un hopital flambant neuf depuis mai, mais c'est pas la joie chez ceux qui y travaillent - REGRESSIONDans le domaine médical comme dans beaucoup d'autres domaines, notre qualité de vie diminue.

Certes je ne retourne pas encore au lavoir et je ne place pas mes produits frais dans le fond d'un puits mais il semble que de nombreux services auxquels nous pouvions prétendre il y a quelques années disparaissent inexorablement (hôpitaux de proximité, petits commerces, écoles rurales, médecins de campagne, bureaux de poste...). tant d'emplois supprimés par la même occasion...
J'espère que tu vas de mieux en mieux, ami PH! - Bonjour

Tout d’ abord je suis convaincue que vous vous êtes sauvé en attrapant la corde ! Bravo pour ce réflexe ( je crois vous l’ avoir déjà écrit ). Ceci dit la fracture du cotyle quelle poisse !
Étant ancienne infirmière je confirme : pour nous, qui soignons le corps entier, nous ne voyons pas de différence entre les parties du corps pour des soins ou des toilettes.
Au sujet des petits hôpitaux fermés, il est vrai qu’ il était pratique d’ avoir au minimum de la chirurgie générale et digestive, une maternité, un peu d’ orthopédie de proximité. Je pense aux femmes qui doivent accoucher, qui déjà devaient faire de la route pour se rentre dans un hôpital de proximité, et qui maintenant devront aller plus loin, au risque d’ accoucher en route, en espérant que ce soit un accouchement simple ! Mais il est vrai que les petits hôpitaux ne se valent pas, certains sont très bien côtés, d’ autres sont des catastrophes. L’ argument du coût m’ indispose franchement plus.
Il y a aussi les spécialités pointues qu’ on ne trouve que dans des grands centres. Par exemple la neurochirurgie. Imaginez que pour toute la région qui comprend l’ Isère, les 2 Savoies, les Hautes Alpes, l’ Ardèche, la Drôme, il n’ y a de neurochirurgie qu’ à Grenoble. Or il y a une urgence en neurochirurgie : l’ hémorragie intra-crânienne. Et bien il vaut mieux habiter sur place qu’ à 2 heures de route ! Ok il y a les hélicos, encore faut-il que la météo soit d’ accord, qu’ ils ne soient pas tous partis, etc si celui qui doit venir vous chercher est déjà parti sur Briançon alors que vous êtes au fond de la Maurienne … et de plus, le patient est d’ abord emmené dans un hôpital proche pour un bilan, et s’ il dépend d’ une spécialité de pointe, il est ensuite transféré dans un grand centre, d’ ou 2 transports au lieu d’ un. Après tout cela, si encore les grands centres avaient du personnel en suffisance ça irait. Hélas, même là, et alors que la fermeture des petits hôpitaux accroit la charge de travail des grands centres, il manque du monde, de plus en plus. Donc course effrénée, personnel sur les rotules, fermetures de lits, et j’ en passe. Un exemple : les infirmières du bloc des urgences devaient s’ occuper de 4 salles + du déchocage + à l’ époque avaient leur propre stérilisation. Si tout tournait il fallait, en comptant des instrumentistes, donc 2 infirmières dans certaines salles, 8 infirmières. En après-midi et nuit il y en avait 4, et les derniers temps parfois 2 !!!!!!!!! Réponse des administratifs qui ne voyaient rien de tout ça : de toutes façons vous n’ avez pas toujours vos 4 salles occupées. Le résultat ? Il fallait parfois choisir, en cas de déchoquages on devait laisser le bloc en attente : perte de temps énorme.
Le problème des administratifs qui décident de tout alors qu’ ils ne comprennent pas tout ce qui se passe sur le terrain est une horreur. J’ ai quelques exemples en tête « pas piqués des vers ». Exemple, le chirurgien vient d’ opérer une urgence, une vraie, donc urgente ça tombe sous le sens. À la sortie le patient a besoin d’ aller en réanimation : plus un seul lit libre !!!!!!!!!!!! Le chirurgien appelle l’ administrateur de garde, réponse de celui-ci : alors pourquoi vous l’ avez opéré puisqu’ il n’ y a pas de lit ? Ça fait froid dans le dos n’ est-ce pas ? Vous comprenez l’ agacement de chirurgiens de plus en plus occupés à téléphoner partout pour avoir un lit au lieu d’ opérer vite le suivant. Le manque de chirurgiens est aussi un gros problème. Depuis longtemps ( plusieurs dizaines d’ années ) les hôpitaux tournent grâce aux étrangers, venus du Moyen-Orient, d’ Afrique, et d’ Europe de l’ Est. Ils travaillent à longueur de journée pour un salaire de misère, et doivent accumuler les gardes pour gagner un peu plus qu’ une infirmière !!! C’ est scandaleux.









Tout d'abord vous souhatez un prompt rétablissement, qu'il soit le meilleur possible.
Ensuite pour vous dire que votre avis est toujours éclairé et la façon dont vous exposez vos réflexion, toujours un délice à lire (même sous médicaments! c'est dire