J'ai souscris des assurances au fil des années, des investissements ou des prêts... On s'y intéresse au moment de signer puis on laisse faire... On sait que l'on a des assurances sans se soucier au jour le jour des conditions ! De temps en temps, je jette un coup d'oeil.  Jusqu'à présent, je faisais attention à ce que tous les engagements de dettes soient couverts en cas de décès prématuré. Mon idée est simple, même si c'est coûteux : Faire en sorte que Mme PH puisse être aussi libre que possible de faire des choix de gestion au cas où je disparaîtrais ! La plupart des dettes seraient alors annulées ! Il resterait les dettes à fournisseurs , donc celles à court terme.

Mais n'allez pas croire que tous les problèmes en seraient gommés pour autant ! Pour éviter que certaines indemnités ne soient considérées comme une vente de la ferme de l'année, j'ai souscris une assurance volontaire, très importante, pour couvrir tous les dûs de la ferme. Je ne la rentre pas en charge de la ferme. Mais elle est payée à titre personnel sur mon revenu ! Elle représente une dépense personnelle de 300 € par mois ! Cela veut donc dire que j'ai payé des cotisations sociales sur celle-ci et le ménage les impôts sur le revenu ! Toutes les autres sont des assurances obligatoires qui rentrent dans les charges de la ferme mais en cas d'activation, donc comme une vente dans le chiffre d'affaire... Ainsi le remboursement du capital des prêts en cours serait dans ce cas. Je ne paie pas de charges sociales sur ce que je prélève sur la ferme mais je paie plus de 43 % du bénéfice de la structure en cotisations sociales. Donc, ces remboursements seraient déjà amputés de ce pourcentage. Artisans, commerçants, certains petits patrons  ou autres professions libérales, qui ne sont pas salariés, ont ce même problème !

Cela vous parait beaucoup moins que les prélévements sur un salaire ! C'est vrai en taux mais pas en rapport à ce qui est couvert ! Je m'explique : J'ai presque la même chose que vous en terme de soins de santé mais il me faut une mutuelle complémentaire très costaud, que je paie là encore sur mes revenus, pour couvrir les vraies dépenses ! Pour la retraite, elles sont plafonnées et même avec les retraites complémentaires mises en place depuis quelques années, je n'espère pas plus de 700 à 900 € par mois. Et encore, pour avoir plus de 900, il faudrait que mon bénéfice soit du double de maintenant ! Je souscris une assurance accident qui est obligatoire mais qui est d'abord un capital décès et surprise, une petite indemnité journalière ; j'y reviens ! Je n'ai pas d'assurance chômage. Si ma ferme se casse la figure ! Par contre, les allocations familliales sont versées comme pour tout le monde. 

Mon accident a été l'occasion de me rendre compte des carences ! Sans complémentaire et l'assurance volontaire citée plus haut, en cas d'arrêt maladie, je dois pas avoir grand chose, quelques dizaines d'euros en cas de longue maladie ! Il faudrait reposer la question ?  Pour l' accident, c'est  19 € à partir du septième jour ! Sachant qu'une journée de service de remplacement coûte  entre 110 et 120 € , je couvre ainsi environ 1 heure et quart par journée ! Si on ajoute le chômage, c'est là que se trouve l'énorme écart avec vous , salariés. A tel point, que vu ce que je gagne, il serait plus judicieux d'être salarié de ma ferme ! Cela me coûterait moins cher que maintenant. Mais c'est interdit, donc...

C' est donc l'autre assurance volontaire qui va me rendre service ! Je devrais avoir 70 € par jour, mais à partir du 16è jour ! Rien avant... On est loin des 120 € nécessaires pour couvrir une journée complète de travail. Je pourrai réduire le délai de carence, mais le sur-coût est conséquent ! Résultat, je ne me suis  arrêté pas en étant malade, y compris lors des opérations des canaux carpiens. Car une fois arrêté, je ne suis pas couvert en cas d'accident ! Donc, je ne suis pas couvert si je fais de la surveillance des animaux et qu'il survienne un problème ! Or, en hiver, il est impossible de payer quelqu'un qui vienne nuit et jour, dimanche compris , voir les animaux toutes les quatre heures ! J'ai intérêt à ne pas me mettre en incapacité de travail, pour surveiller mes animaux et à appeler en cas d'intervention pour un vêlage... Depuis mon installation en 1981, j'ai juste eu 10 jours d'arrêt suite à un coup de fourche car à l'époque, il y avait la possibilité d'avoir un arrêt à 50 % ! Résultat, je faisais faire le gros travail et je faisais toute la surveillance ! Mais ce statut n'existe plus ! Un médecin des assurances interrogé un jour m'a répondu sèchement : "Soit on est malade, soit on est en forme !" Impossible pour eux d'imaginer que l'on puisse faire une partie du travail et qu'une indemnité permette de s'affranchir de la partie dure, au risque d'agraver la situation...

Les médecins des campagnes, ici, vous diront que les paysans ne se soignent pas sauf dans des cas très graves ! Pas étonnant quand on voit les contraintes et les coûts des assurances ! Pour être opéré des canaux carpiens, j'ai visé une période calme et je suis remonté le lendemain sur le tracteur. Si je dois un jour être opéré du bassin, je ferai tout pour attendre la retraite. C'est d'ailleurs la première question que j'ai posé aux médecins lorsqu'ils ont évoqué une opération anticipée comme conséquence possible à mon accident ! L'avenir nous le dira, mais bloquer 3 mois d'inactivité totale n'est pas simple.

Pour ce qui est de la situation actuelle, elle est subie ! Donc...  Le délai de carence correspond à mes vacances. Pour le reste, je décale des tas de travaux que je ferai cet hiver ! J'essaye de ne pas m'écarter en terme de journées de remplacement. Ils viennent tous les jours pour soigner les animaux et j'ai fait quatre ou cinq journées complétes. Les autres voisins aident gratuitement par solidarité ! J'avais déjà fait la même chose pour eux. Sinon, je vais faire faire des gros travaux par des entreprises, seule solution ! Car je ne suis pas le seul à avoir eu un problème sur la commune : Deux autres ont des soucis... La loi des séries. Et comme il est difficile de trouver des gens compétents sans pouvoir leur garantir un emploi dans le temps, il n'y a pas d'autres solutions ! Nous sommes de moins en moins nombreux, trop souvent seuls comme moi sur la ferme. Fragiles au moindre problème et sans revenus décents pour se couvrir correctement avec des assurances volontaires ! C'est la limite des assurances privées !