Je n'avais pas connaissance de ce rapport avant hier en écrivant... Que dire, qu'ajouter ? Rien ! On est pris pour des marionnettes, des guignols. Nous, en amont, on nous impose des règles, des obligations et des pénalités non opposables. Par exemple, on nous pique 100 € pour animaux trop sales ou des retenues pour saisies qui pour certaines sont devenues quasi systématiques, tout cela sur des morceaux ou des parties qui ne sont pas payés au producteur, ce que l'on appelle le 5 è quartier... Il faut culpabiliser pour payer moins cher !

Pour le halal, les responsables politiques savaient et savent ! Ils n'ont rien fait. Pire, le pouvoir a relancé lui-même la polémique en fin de semaine, se mettant en contradiction totale avec sa propre action politique ou plutôt son laisser-faire, puisque c'est lui qui normalement gère la santé animale et humaine. Je plains sincèrement le ministre de l'agriulture, mis en défaut par ses propres chefs et collègues. Une nouvelle fois, l'appat du gain immédiat a supplanté les règles élémentaires de notre société. Les transformateurs décrètent leurs propres règles de fonctionnement dans l'indifférence générale ! Je n'ose pas parler de mise en place d'une "contre-actualisation juste" dans un tel contexte, le dada politique des derniers mois...

Impuissant, dans ma ferme, je constate qu'à nouveau l'image de la filière s'étiole dans l'opinion ! Quelles  conséquences sur la consommation ? Quels dégâts collatéraux pour les producteurs ? Je ne reprend pas mes propos d'hier. Le silence assourdissant de nos représentants tourne à la complicité. Non pas économique avec les transformateurs, mais politique avec le pouvoir ! Les cartes politiques de certains doivent les obliger à cautionner. Par exemple, le compteur des communiqués de presse est bloqué, dans les éditions professionnelles de ce début mars, sur le 23 janvier avec l'affirmation que la loi sur les génocides n'aura aucune conséquence sur le commerce turc alors que les camions, en route pour les ports, faisaient demi tour...

" Vend ta ferme pendant qu'elle vaut encore quelque chose. Toutes ces nuits, tous ces week-end pour rien ! " Voilà les propos de Mme PH ce matin ! On ne peut pas dire qu'il n'y ait pas un brin de réalisme dans le propos. Bien sûr, ce ne sera pas comme cela. Bien sûr, les dernières statistiques mondiales trouvées sur le Net hier me laissent espérer : 3, 64 € le kilo de viande bovine au Brésil en novembre 2011; une très bonne nouvelle si la source est fiable : Plus chère que chez nous ! Mais que faut il supporter pour survivre ici alors qu'on devrait être heureux ! En France, on ne sait que détruire nos propres atouts !

On a sans doute les hommes politiques que l'on mérite ! Si c'est la cas, il y a un sérieux problème. D'autant plus sérieux que je ( c'est mon opinion personnelle)  ne vois pas émerger un mouvement ou des responsables dignes de ce nom !!! C'est affligeant.

S'en sortir en vendant autrement ? Oui, peut être à terme ! Mais sera ce possible quand on voit l'industrialisation accélérée des abattoirs ces toutes dernières années ? Des amis viticulteurs qui maîtrisent le sujet m'ont dit qu'il fallait que les producteurs "tiennent" au minimum 50 % du marché, par la vente bouteille, pour peser sur les prix d'une appellation. Alors nous ? Pour situer ceux qui ne connaissent pas la filière, Bigard, le plus gros opérateur français doit effectuer au moins 60 % des abattages français... On mesure le chemin à parcourir et la prudence qu'il nous faut avoir lorsqu'on avance ce genre de solution comme solution miracle auprès des producteurs. D'autant que c'est perçu par les bouchers traditionnels ( 15 % des ventes de viande bovine en France ), qui restent ceux qui valorisent le mieux les animaux haut de gamme, comme une concurrence déloyale alors qu'on lutte contre les mêmes concurrents et qu'on devrait se serrer les coudes. L'extrême division de notre filière est un handicap qui nous tue !

Néanmoins, Antoine a raison : Il faut qu'on se prenne en main ! Comme l'ont fait les JA en 1960 ! Mais quoique l'on fasse, on n'avancera pas sans volonté politique régulatrice, qu'il faut rendre intelligente dans sa déclinaison administrative ! Pour faire réfléchir chacun, je cite un exemple  : on m'a rapporté qu'en Allemagne, il existait des unités d'abattages mobiles qui vont de ferme en ferme ! Impossible en France !!!! Les allemands ont ils plus de problèmes sanitaires que nous ? Un exemple simple qui montre qu'on ne peut indéfiniment vivre dans une bulle à l'intérieur des frontières...

Il existe plein de solutions pour inverser à moyen terme les rapports de force, mais dans les réunions, dès qu'on en avance une, on a l'impression d'être un fou ! " La viande, ça pas pareil ! " C'est vrai, c'est jamais pareil... Je me demande pourquoi rien ne devrait jamais changer ? En attendant, le monde bouge...

 

Ajout à 16 h 30, cet après midi : Enfin un petit signe de vie !