Triste fin de journée ! Le ciel nous est tombé sur la tête en fin d'après midi, une pluie intense dans une lumière de mois de novembre. Je ne sais même pas si le feu d'artifice du village sera tiré ce soir ?

Le village était triste aujourd'hui. En deuil d'un conscrit qui a commis l'irréparable. Je pense à sa femme, à sa fille... Il y a dans notre société des tas de souffrances cachées, tues dans le silence dans lequel chacun peut si facilement s'enfermer tandis que nous nous recroquevillons chaque soir devant la télé. Le geste a surpris et on se sent tous très tristes. Je me demande comment on pourrait aider ? Comment détecter ces désespoirs qui conduisent au pire ? Le pouvons nous seulement ?

Le coeur n'est pas à écrire plus, vous le comprendrez, je pense. Ici, dans nos petits villages, nous ne sommes pas des anonymes les uns pour les autres. Mais prend on le temps d'écouter, de parler autant qu'il le faudrait, moi comme les autres ? Comme en ville, nous sommes happés par le travail, les soucis, le stress... Et comme en ville, chacun peut à un moment ou un autre décrocher de l'envie de vivre, dans ce qui peut lui sembler de l'indifférence... Qui n'en est pas quand je vois le nombre de personnes présentes aux obsèques... Mais comment pourrait on le manifester avant ?