En temps normal, à cette saison, dès que j'ouvre une parcelle de repousse, mes vaches la squattent jusqu'à ce qu'il n'y ait plus un brin d'herbe fraîche ! Elles peuvent ainsi rester plusieurs jours dans cette parcelle, ne sortant que pour aller boire et y revenant sans attendre. Je précise qu'en temps normal, les troupeaux ont une façon très réglée de gérer leur espace. Ainsi, dès la fin mai, ils font le tour complet de tout l'espace qui leur est accessible au fil de la journée. Je sais ainsi où les retrouver suivant les heures. Cela me permet de détecter les éventuels problèmes. Ces habitudes sont rompues lorsqu'une nouvelle parcelle est ouverte comme je l'ai écrit plus haut. Quand il n'y a plus d'herbe, elles reprennent leurs pratiques, intégrant la nouvelle parcelle au tour du jour !

                         patié-chêne

Mais ça, c'était avant ! 

            derrière

Cette année, j'ai fait des bottes enrubannées sur trois parcelles, jouxtant chacun des trois lots de vaches, veaux et taureaux. Le but est de leur donner un peu d'herbe verte en début d'été, en attendant les repousses sur les autres parcelles récoltées. J'étais donc très content de leur ouvrir les barrières. Ce fut la fête le soir où je l'ai fait. Tout s'est passé normalement alors. Par contre, quelle ne fut pas ma surprise quand le lendemain, j'ai vu mes trois lots non pas retourner à ces parcelles mais reprendre leur rythme habituel... 

              pré-du-milieu

Pire, le lot de la Chaume m'attendait le surlendemain à la barrière de la barrière de la parcelle que je leur avais soustrait. Une vraie provocation ! Elles préfèrent ainsi pâturer les parcelles qui leur sont dévolues depuis le printemps plutôt que de la jeune herbe. Cela ne m'était jamais arrivé. La seule explication plausible est que l'herbe y est meilleure alors que nous ne voyons que les refus, les chardons ou autres mauvaises herbes. Ainsi, de vieilles prairies, non sur-pâturées leur plaisent plus que de belles pâtures vertes. Voilà qui remet en cause bien des préjugés. L'équilibre entre espèces, la diversité ont donc la préférence de ces dames. Je remarque aussi qu'elles mangent beaucoup de feuilles dans les haies alors qu'elles sont dans un état remarquable. Elles ont donc besoin d'autre chose que la ration unique d'une prairie artificielle. Je sais que je vais faire hurler certains, mais je crois de plus en plus que de vieilles prairies tant qu'elles ne sont pas dégradées, sont bien meilleures... 

En attendant, dès 7 heures ce matin, les trois troupeaux étaient à l'ombre, signe d'orage ! Évènement non démenti ce soir à 18h après qu'un plus violent, avec de la grêle, nous ait frôlé vers 16 h ...

     plage-pour-vaches

Quand les humains rêvent de se dorer au soleil sur les plages, elles trouvent de bons coins, paradisiaques pour elles...