C'est tout de même pratique l'informatique pour garder des documents. En deux temps et trois mouvements, je retrouve ce que je cherche tandis que dans les piles de papier sur mon bureau, la chasse au bon document peut prendre plusieurs heures et souvent s'avérer infructueuse...

J'avais mis de côté cet article Internet. Vous vous rendez compte de l'importance que pourrait avoir pour ma profession, une tendance fiable de la météo du printemps et de l'été ! Ce moment crucial où le niveau des récoltes se jouent. Ainsi, si dès la mi-avril je pourrais savoir ce qui va se passer jusqu'au 15 août. Toute la stratégie de récolte serait plus facile à mettre en place. Pas besoin d'une précision au jour près mais d'une idée globale de ce qui pourrait se passer. 

Si on prend l'exemple de cette année, l'énorme sécheresse de printemps aurait été moins crispante en sachant que juillet serait le mois le plus pourri de l'année. Inutile de se précipiter pour vendre le maximum d'animaux, ce dont ont bien profité nos abatteurs pour faire baisser les cours des animaux. On aurait su que l'herbe repoussant, ce qui semblait bien compromis quand on voyait l'état désastreux de nos prairies, on pouvait attendre sans trop engager les réserves de l'hiver... Nous n'aurions pas pu solutionner tous les problèmes que nous posent une année hors normes, mais en limiter certains effets négatifs...Surtout dans la conduite des troupeaux.

Donc pour en revenir à notre sujet, on nous annonçait un mois de juin chaud et orageux, puis un mois de juillet très beau ! Juin fut chaud, certes mais sans eau et juillet, avec 140 mm d'eau est le mois le plus arrosé de l'année!!!  Une catastrophe pour les vacanciers ici et pour ceux qui en vivent. Pour de belles vacances, c'était juin qu'il fallait viser.

En réfléchissant, je me dis que c'est mieux de ne pas savoir sauf pour nous les paysans, et encore. Imaginez un instant : Tous les juillletistes auraient décommandé les vacances ! Un casse tête insoluble pour le fonctionnement des entreprises et des services. Je n'ose même pas aller plus loin dans la réflexion. Si août est aussi maussade que juillet, et qu'on le sache à l'avance, alors tout le monde aurait voulu partir en juin... Quid alors du sort des examens par exemple ? En plus, pour être juste entre tous, il faudrait alors arrêter complètement le pays, en juin dans ce cas ! Sinon, il faudrait imposer des jours de vacances de pluie obligatoires pour tout le monde ! Je m'arrête là, mais ces petites réflexions montrent que la connaissance de la météo trop longtemps à l'avance créerait de gros problèmes...

Reste enfin à prendre un peu de recul par rapport à ces remarques. D'abord, au regard des différentes régions de France, les tendances ont pu se réaliser à des endroits limités... Ensuite, ce qui est "beau" pour les uns ne l'est pas pour les autres... Enfin, même en sachant, toute anomalie climatique ne peut pas être contrée. Je prend deux exemples : La quantité de foin se joue avec la pluviométrie et les températures d'une période allant du 20 mai au 15 juin ! Sans eau, comme cette année à ce moment là, la récolte est définitivement déficitaire pour l'année ! Ce qui posera des problèmes à beaucoup pour passer l'hiver. Si les foins ont pu se faire très vite avec un temps exceptionnel malgré les alertes orages, les moissons sont un véritable chemin de croix. C'était mûr dès le 8 juillet mais impossible d'aligner 3 jours de beau temps avant le 18... Et encore, pour 3 jours de moisson possible avant que les orages reprennent le dessus. Depuis, on a une journée par semaine pour bien récolter et ensuite attente. Résultat, depuis les orages du 20, il y a apparition de grains germés, ce que je n'avais pas vu chez moi depuis des décennies sauf sur des parties versées... J'ai pu finir la moisson hier, j'aurai du le faire dimanche mais un roulement a cassé et la ventilation de la moissonneuse a été détruite... Mais il reste énormément de parcelles qui ne sont pas levées ici, qui se détériorent très très vite. Aurait on pu éviter le problème si on avait su ? Non, car on ne peut pas acheter des machines pour une situation qui reste exceptionnelle. 

Dame nature reste donc la plus forte et c'est sans doute mieux ainsi. La prévision a ses limites. Au moins pour le monde agricole, le mieux serait que comme les aléas climatiques, elle ne serve pas de prétexte aux spéculations ! Mais dans les deux cas, je constate que tous les mécanismes, mis en place par nos anciens, pour éviter que certains en profitent au détriment de la majorité, sont démantelés. Ce qui nous rend hyper vulnérables et nous fait supporter tous les risques. Prévoir la météo ne suffirait pas pour mieux gérer les aléas climatiques, la meilleure arme reste donc la solidarité !