J'ai accepté, deux ou trois fois, de représenter la profession agricole lors de carrefour carrières, avant de renoncer définitivement... J'y allais en même temps que Jean Paul, un ami vétérinaire. Pensant, à juste titre que nous étions complémentaire, on nous plaçait dans la même salle. Donc, d'un côté le véto, de l'autre l'éleveur chargé de représenter toute l'agriculture... Déprimant !

Sur une matinée allongée, d'un côté une file d'attente de plusieurs heures, de l'autre un ou deux  lycéens ! Et encore, les deux "clientes" n'étaient intéressées que par l'élevage de chevaux. Jean Paul, lui, n'avait pas une seconde de répit tout au long du carrefour. Généralement, au bout de deux heures, je partais, le laissant à son succès. J'avoue humblement que je trouvais cela injuste. Si je reconnais l'énorme compétence des vétérinaires, je regrette que le reste de l'agriculture, autour de laquelle gravite un grand nombre de métiers de très grand niveau, n'intéresse pas les ados !

J'ai du passer trois jours à l'hôpital. Alerte sérieuse mais sans conséquences, fort heureusement. Si j'ai été shooté le premier jour, l'attente des examens est vite devenue pesante dès le second jour. Ayant retrouvé mes esprits, si ce n'est la forme, afin de ne pas trop m'angoisser sur mon sort, je me suis réfugié dans la lecture. Ainsi, j'ai avalé le livre de fourrure en un après midi

Le quotidien d'un véto alliant rural et canine ! La réalité du quotidien, son exigence également, y sont décrites sans détours. Nul doute, qu'il faudrait que tous les lycéennes ou les lycéens qui veulent se lancer dans cette profession lisent ce livre. Non pas pour décourager mais pour éviter les déceptions. Fourrure est un passionné, un vrai, mais il sait également parler de ses difficultés, de ses doutes... Au fil des pages, on se rend compte qu'il soigne autant les maîtres des animaux de compagnie que ces derniers. Il décrit aussi la multiplicité de caractères  des éleveurs ou la réalité de leur vécu. Toujours respectueux des autres, attentif, il s'attache à chercher la meilleure pratique possible, avec la modestie qu'impose la nature. On est loin des certitudes, il faut sans cesse se remettre en cause et au fil des pages, on se rend compte que l'expérience prime. Il faut oser,chercher, accepter l'échec. Et réussir là où il s'y attendait le moins, ce qui justifierait une publication dans certains cas, même quand il s'agit de montages de tubulaires pour réhydrater...

J'ai eu un réel plaisir à lire, je me suis reconnu partiellement dans certains cas, au moins dans les comportements. J'ai commandé deux exemplaires et j'en déposerai un à la bibliothèque de mon village. Ici, les vétos ont une importance capitale pour nos élevages. A chacun, après lecture du livre, de se faire une opinion même si chaque individu est différent. Tous les vétos ne sont pas des docteurs fourrure mais tous vivent des situations similaires...

Enfin, Sylvain, j'espère que nos routes se croiseront à nouveau. Nous aurons tant de choses à nous raconter ! 

A voir, à 1 h 51 mn et suivantes