"Le discours : On n'aura rien ! Que veux tu qu'il fasse face au poids des centrales d'achat ? Nous n'avons pas de perspectives, c'est comme cela..." 

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J'entends ces propos depuis plusieurs jours. ll est vrai que, même si on suit de loin, les nouvelles des états généraux de l'alimentation ne sont pas rassurantes. Le fait que M. Leclerc mène une guerre frontale face aux représentants des agriculteurs prouve que quoiqu'il arrive, il sabordera toute tentative de redonner un peu de revenu aux paysans. Même si chez nous, les directeurs des magasins de sa chaîne achètent la paix sociale avec une relation avec les éleveurs gagnant/gagnant ! Nous n'avons pas les moyens financiers de lutter en terme de communication. Dès que l'on va en milieu urbain, la posture de défenseur du pouvoir d'achat du consommateur, même s'il y aurait beaucoup à redire, fait mouche. 

Tout aussi déroutants et inquiétants sont les comportements de Mr Bigard junior ou du groupe lactalis. L'écho de leurs propos est énorme dans les campagnes et sape un peu plus l'ambiance, transformant ceux qui devraient être des partenaires économiques en ennemis jurés. En gardant secret certains comptes, ils évitent de devoir s'expliquer sur des pratiques commerciales très profitables. Dans le cas de la seconde structure, c'est un comble de voir le prix du beurre exploser tandis que le prix payé au producteur reste le plus tassé possible. La pénurie organisée reste le meilleur moyen de gagner un maximum en un minimum de temps, un classique... Il suffirait d'une contractualisation intelligente et honnête pour que la production de lait, donc de beurre, remonte très rapidement.

Notre sort reste donc entre les mains de commerçants devenus des financiers. Est ce que le pouvoir politique peut réellement changer les choses ? Quand on voit le refus de répondre à des parlementaires, malgré une loi les y obligeant ou des campagnes publicitaires nationales pour dénoncer des lois qui ne vont pas dans leur intérêt (pharmacie...), on a de quoi douter. Les vrais lieux de pouvoir économique ne sont pas chez les politiques. La LME était sensée nous protéger, elle a été détournée à notre plus grand désavantage. 

Pourtant, il y a des alternatives qui démontrent que tout n'est pas irréversible. Le succès du lait de "c'est qui le patron" en est un exemple. Je sourirai quand j'apprendrais que le groupe Leclerc le commercialisera ! Et oui, il y a des références obligatoires dans les magasins dont l'absence se traduit par des clients en moins. Le nutella est l'exemple de la force d'un produit! La marge du distributeur doit être une des plus faibles des magasins. Pourtant, aucun ne prendra le risque de ne pas en proposer ! Dans tous les cas où la distribution doit plier, c'est toujours sur un produit hyper identifié, difficilement copiable. Dans le discours de demain, je chercherai les petites lignes, celles donc personne ne parle mais qui peuvent changer les rapports de force. En clair, je ne crois pas à la possibilité de voir les prix à la production remonter en flèche par la simple bonne volonté des transformateurs et distributeurs. Par contre, à moyen terme, je crois à l'importance de l'étiquetage des produits alimentaires. Il doit permette au consommateur de savoir ce qu'il achète en toute connaissance de cause. Il suffirait d'une petite obligation de transparence intégrale des produits pour que ceux qui travaillent bien, donc à un coût supérieur, puissent se retrouver en meilleure position de vendre. N'est ce pas le consommateur, qui par manque de confiance sur les produits de base, se tourne de plus en plus vers le bio ? Bio, qui au passage, semble être très profitable à la distribution, comme quoi.

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Un consommateur bien informé reste roi et peut redevenir le vrai maître du jeu...