Chaque année est différente, à chaque fois il faut s'adapter. Cette année ne déroge pas à la règle. Début juin, la météo était plus proche de celle d'un début de printemps que de celle d'un début d'été. De la pluie, de la pluie, provoquant des inondations. Le paradoxe est que ce temps a permis un sursaut de la pousse de l'herbe qui avait été stoppée début/mi-mai, faute de pluie... Nous avions pu faire de l'enrubannage, mais avec des rendements très faibles.

Donc cette pluie a été bénéfique quand elle est restée dans des proportions raisonnables comme ici. Très surprenant, le temps a brutalement changé. En effet, le temps orageux semblait bien installé et d'habitude la stabilité ne revient pas rapidement. Mais là, vers le 19 juin, tout a basculé ! Un temps beau et chaud s'est installé de façon durable. Cette séquence de 12 jours de suite au moins, sans pluie, à cette saison n'est pas banale. Les bulletins étant constants, nous nous sommes mis à faucher. L'herbe était très verte et jusqu'à lundi, il a fallu au moins 3 jours et 2 fanages pour faire sécher le foin, contre 2 jours et un fanage en année normale. Depuis lundi, le Moscou Paris s'est levé, devenant  un vrai équivalent de séchage en grange. Il m'a donc fallu changer de stratégie, passant pour les deux dernières parcelles à un fanage tout de suite après la fauche et un andainage tôt le lendemain ou le surlendemain... C'était la seule façon de tenter de préserver les feuilles de trèfle qui sont un aliment d'exception.

Comme chaque année, j'ai subi des pannes. La principale tient au tracteur avec une fuite sur une durite de chauffage qui m'a créé bien des soucis et des problèmes de surchauffe du moteur. Cela prend vite des proportions importantes ! Je travaille seul, j'ai trouvé un rythme et comme le temps était sûr, j'ai fauché. Un arrêt provoque donc une rupture dans le travail. Pour éviter de perdre du temps, attelage et dételage des outils, chaque tracteur a son matériel attitré. En devant utiliser au maximum le vieux tracteur, mon chantier était déstabilisé.

Comme chaque année, lorsqu'il fait beau et que le rythme est trouvé, il faut enchaîner les heures de conduite,  En 9 jours, j'ai effectué plus d'une centaine d'heures de tracteur en sus des soins aux animaux et de la maintenance du matériel ! C'est le tribut d'être seul.

En terminant vers 13 H 30, j'ai été soulagé tandis qu'il y a 10 jours, j'étais impatient de commencer. L'enjeu; la nourriture des animaux pour l'hiver ! Bien sûr, il faut attendre un peu pour rentrer les bottes, après la transpiration. Il reste les moissons mais ce soir, une étape majeure est franchie.