J"ai été invité à une table ronde dans le cadre d'une journée organisée par une start-up sur la qualité de la viande. Le rencontre avait lieu à Rungis. Pourquoi moi ? C'est un exercice auquel je suis peu rompu. J'avais décidé de parler librement bien que la prudence aurait du être de mise avec tous ces gens que je ne connaissais pas...

A ma grande surprise, j'ai eu l'impression de ne pas trop détonner dans mon propos. J'ai même été surpris de certaines réactions comme celles suivant mon jugement, émis avec des pincettes, sur la dernière réforme de l'étiquetage. La vidéo montre que je ne parle pas assez fort lorsque je m'exprime comme cela, il faudra que je me force si d'aventure je dois renouveler l'excercice ce qui a peu de chance d'arriver.

Plus surprenant, à la fin, plusieurs journalistes sont venus vers moi, dont Mme Valérie Scarlakens qui travaille pour la France Agricole. Le débat s'est engagé à plusieurs, puis elle a pris mes coordonnées : "Est ce que je peux vous contacter pour la chronique"c'est mon avis"". Je ne suis pas rompu à ce genre de rencontres. Je n'ai pas de carte professionnelle alors qu'à la fin tout le monde les échange... Mais que mettre sur une carte ; "éleveur de charolaises" ou autres responsabilités? Je n'ai pas trop envie d'étaler mon CV... Peut être que paysanheureux pourrait la bonne étiquette ? :-)

Un immense merci à l'équipe  de Tagmyfood et surtout à son responsable, Mr Christian Dumont, d'avoir eu l'idée d'organiser cette journée. Leur start-up et l'application qu'ils ont développé sont, à mes yeux, un exemple des outils "consommateurs" de demain. Elle illustre parfaitement la réponse qu'on pourrait apporter à la demande consommateur. "Découvrez la vérité sur l'origine de votre produit"! N'est ce pas là une préoccupation qui j'essaye de relayer depuis des années ? A propos de ces outils numériques innovants, pour le moment, nos structures commerciales n'envisagent pas d'investir en dehors de leur propres outils mais comme ce n'est pas leur métier, cela n'avance pas. En ont elles les moyens financiers ? Ont elles la créativité nécessaire ? Il me semble de nous devrions utiliser les services de toutes les start-up qui se lancent. Il est dommage, par exemple, qu'il n'y ait pas plusieurs groupements de producteurs sur le site de Mr Dumont. Je peux m'y inscrire mais ne sachant pas où mes animaux terminent, comment pourrais je l'indiquer sur le site ? 

Merci également à Mr Hoquette qui m'a associé à cette journée. J'en ai déjà parlé sur ce blog. La recherche a des solutions à nos problèmes, encore faut il qu'on écoute nos chercheurs. Que le changement fasse peur, je le comprends. Mais qu'il y ait un blocage systématique, aussi important, à toute tentative de remise à plat de la filière, c'est impressionnant. D'autant, que tous les participants, à part un, à la table ronde étaient d'accord sur le constat. En opposition avec les propositions de la filière viande aux EGALIM me semble t'il ? Ou si ce n'est en opposition, en reconnaissant que les mesures envisagées sont bien en retrait de ce qu'il faudrait mettre en oeuvre... Mr Moreau, en particulier, rapporteur de la loi à l'assemblée, semblait partager ce point de vue. Sans doute, doit il composer... Jugez en par vous même dans la vidéo suivante:

https://youtu.be/9R7UZO3zPtQ

Cette introduction permet de comprendre pourquoi j'ai écrit les billets suivants. En commençant par le résultat d'une longue interview de Mme Scarlakens qui a rédigé l'article. J'ai apprécié qu'elle me propose une relecture avant la publication. J'admire l'esprit de synthèse de sa rédaction. Vous verrez que j'en suis bien incapable dans les prochains jours. Son rédacteur en chef m'autorise à le reproduire, dans le prochain billet...