En année normale, au dire de mon père, il faut semer la pâture entre les deux dames, à savoir du 15 août au 8 septembre! Avec le réchauffement climatique, les choses ne sont plus aussi établies. Avec des températures à plus de 30°C en septembre, la crainte de "crâmer" les jeunes pousses incite à la prudence. En effet, une jeune pousse de pâture est fragile, au froid comme au chaud, pendant la quinzaine de jours qui suit la germination. Nos anciens visaient donc la fin des grosses chaleurs et voulaient éviter les premières gelées de début octobre....

"Nous n'avons plus de repères!" Serge en arrivant jeudi dernier pour semer me faisait la réflexion alors que nous échangions nos avis. Semis ou pas semis ? Le 8 septembre était passé mais les températures dépassaient toujours les 30°C ! Que faire ? Attendre ? Sur quels critères se baser pour changer de date ? La sécheresse est venue compliquer les choses. Comment travailler la terre, avoir un bon lit de semences pour assurer une levée rapide et régulière ? En année normale, les pluies font pourrir les résidus de la moisson. Un déchaumage, rapidement après celle-ci, permet de faire germer les graines soit de la céréale précédente soit des adventices. Un second passage en préparation finale, permet de les détruire et d'éviter des repousses poste semis qui sinon resteront tout l'hiver...

Choix cornélien donc. J'ai donc travaillé le sol, après chaque ondée pour conserver le peu d'humidité disponible. Aussi surprenant que cela puisse paraître, un binage protège le sol du dessèchement. Plus compliqué a été de préparer le lit de semence. Casser de la motte, quand le sol est sec, est compliqué. L'altenance d'outil à dents puis à disques a permis d'arriver à un résultat correct. Serge a semé et nous avons roulé ensuite...

Que vont faire les graines des autres plantes ? Problème qui aura sa réponse dans un mois. Sans un minimum de pluie, les adventices n'ont pas germé. Vont elles le faire maintenant en même temps que la levée de la pâture ? Si c'est le cas, je devrai faucher le plus tôt possible au printemps pour éviter les montées à graine. Mais avant cela, est ce que le semis va germer suffisamment tôt avant les gelées ? Double pari qui est loin d'être gagné...

Pourquoi parier ainsi et ne pas faire l'impasse sur le renouvellement de cette année ? D'abord pour avoir un assolement en ordre pour laisser la ferme si je peux prendre ma retraite l'année prochaine. Mais aussi pour refaire un stock de foin au printemps. Si la prairie réussit, ce sera un bon point. Si elle loupe, je ressèmerai en orge de printemps au printemps, en rattrapage. De toute façon, cette parcelle est "usée" au sens où il est temps qu'elle se repose en herbe. Donc le pari est un peu risqué mais pas totalement aberrant.

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Photo Marie et Olivier

Résultat dans 3 semaines... Un peu plus de 1500 € sont en jeu!