Pour la premère fois cette année, j'ai eu une vache consignée pendant 24 h.Je ne vous dis pas le stress car rien n'expliquait le pourquoi du comment. Mon groupement m'a avertit en fin d'après midi et il m'a fallu attendre le lendemain en fin de matinée pour joindre la vétérinaire sanitaire de l'abattoir pour avoir l'explication. En l'occurence, elle m'a dit qu'il n'y avait rien mais qu'elle avait consignée la carcasse le temps de voir l'évolution de la couleur de la viande. "Ce n'est rien, d'ailleurs j'ai levé la consigne, c'est très courant". Elle m'a ensuite expliqué les raisons. J'avoue que j'ai peur de dire des bêtises car je n'y connais rien. J'ai retenu que c'est par précaution que la mesure a été prise. Pour info, si l'animal avait eu un doute, il aurait été intégralement saisi et non seulement je n'aurai pas été payé mais de plus, j'aurai du assumer les frais de ramassage puis d'abattage de l'animal. Autant dire que l'on a pas trop envie de jouer !

Mais il n'en va pas partout de la même façon !

Une nouvelle fois, nous risquons d'être les victimes de la cupidité de quelques uns. Un journaliste polonais découvre une fraude dans un abattoir avec des animaux visiblement malades qui entrent dans la chaîne de nuit pour éviter les contrôles... L'enchainement devient classique. Des images sont diffusées à la télévision.  Des contrôles officiels sont diligentés en urgence et rattrapage. On découvre qu'une partie de la viande douteuse a été exportée en UE. Les autorités européennes préviennent les français puisque nous sommes concernés. La traçabilité permet ce soir de savoir où est passée cette viande, mais ...

Tout d'abord, il s'agit de quantités, arrivées en France, très très limitées, l'équivalent de deux de mes vaches. Mais cela me laisse très amer. En effet, il semble qu'une partie des premiers 150 kg commercialisés l'ont été dans des boucheries et des restaurants. Le prix, toujours le prix ! Pourtant, on devrait avoir retenu les leçons du passé. Mais non, pour quelques centimes d'euros, aucune règle morale ne s'applique. Bien sûr, on peut dire qu'ils ont été abusés, mais sincèrement ils sont bien naïfs de penser qu'on puisse se contenter de cet argument. J'avoue que j'ai un autre problème. Je défends bec et ongle les bouchers pensant qu'ils sont sérieux dans leurs approvisionnements mais que puis je dire ce soir ? Une nouvelle fois, la traçabilité doit ne pas s'arrêter à l'entrée de l'abattoir. Il y a des clients qui vont être très surpris de voir des affichettes demandant le retour de la viande achetée chez leur boucher ! Si l'origine était affichée, on n'aurait pas ces soucis...

Enfin, ce soir, l'événement conforte l'importance des vétérinaires sanitaires oeuvrant dans les abattoirs. J'ajoute juste que la question des caméras dans les abattoirs peut légitiment être posée au sein de toute l'UE ! Il n'est pas question, pour moi, de les connecter sur Internet mais d'être mises à la disposition de fonctionnaire habilités à la surveillance. Si tel avait été le cas en Pologne, la fraude n'aurait pas été possible au regard des règles européennes.

Combien de scandales faudra t'il pour qu'enfin on puisse être tranquille ? En attendant, manger des animaux sous signe de qualité, nos efforts ne seraient alors plus dévoyés pour quelques euros !