Je n'ai pas eu le temps de communiquer cette semaine, mis à part sur twitter !

La ferme d'abord, avec le départ d'un bon nombre de broutards. Conséquence de la sécheresse, les veaux ont mangé plus tôt de la mêlée cet été. De ce fait, ils ont moins stressé au sevrage et ont eu des croissances ensuite assez surprenantes en mangeant beaucoup. Les poids ont donc été bons. Et ceux des laitonnes seront également surprenants d'ici quelques jours !

Côté vêlage, grand calme. J'ai le sentiment que tous vont arriver en même temps ! Mais cela tarde un peu à mon goût.

Mais ce n'est pas pour autant que j'étais tranquille. J'ai enchaîné les réunions et des manifestations. Et oui, une classe doit fermer dans mon village et le conseil municipal s'est mobilisé avec les parents d'élèves ! Pour faire simple et court, nous misons sur un renouveau dont nous sentons les prémices. Ici, le coût général de la vie, surtout en terme d'habitat, est très intéressant. Nous sommes bien situés en terme d'accès aux grandes villes et cela va s'améliorer dans les 5 prochaines années avec l'achévement de la mise en 2 fois 2 voies de la RCEA. Nous serons alors au coeur de l'Europe à 25 mn d'une gare de TGV. Nous sommes également à même temps de parcours de 5 petites villes de 10000 habitants minimum. Nous avons de jeunes couples qui s'installent, dont certains travaillent en télétravail une partie de leur temps. Ce serait parfait si nous avions la fibre ou la 5G !

Donc, notre village attire de plus en plus. Problème, il faut du temps pour que ces nouvelles installations se traduisent par des naissances et encore plus de temps pour que les enfants aillent à l'école. Comme notre administration gère en chiffre et non en objectif, on va fermer un classe en maternelle, donc par conséquence une primaire dans 3 ans... Or, une des toutes premières questions que posent les jeunes en arrivant est la présence d'une école, de médecins et d'une pharmacie ! Beaucoup de jeunes en ont marre de la ville, de la pollution, des temps de trajet qui même collectifs n'ont rien à voir avec ceux d'ici. Pas de bouchons, pas de stress inutile, un sentiment de sécurité et le côté rassurant et apaisant de la vie au contact de la nature priment ! Sauf qu'il ne peut être question de ne pas avoir un panel de services minimum. Et ce sont ces services qu'on nous rogne régulièrement jusqu'à disparition.

Nous sommes donc dans un engrenage infernal car si on renonce, les jeunes ne viendront pas donc les services seront encore plus remis en cause... C'est l'histoire du chien qui se mord la queue !

De plus, pour le monde agricole et d'autres, c'est catastrophique. La pyramide des âges est dangereuse et le renouvellement des agriculteurs est mis en cause avec des conséquences pour tout ceux qui travaillent pour et avec nous.  Nous ne pouvons pas délocaliser les fermes au coeur des grandes villes. Nous ne nous renouvellerons pas si nous ne pouvons pas avoir de conjoints et nous n'aurons pas de conjoints s'ils ne trouvent pas de travail et s'ils ont le sentiment de devoir fonder une famille dans un désert. Le risque de solitude est sans doute le principal mal rural et  à chaque service qui ferme, c'est un sentiment d'abandon et de non reconnaissance qui nous est envoyé.. Pourtant, l'exportation de nos animaux rapporte 2 milliards par an à la balance commerciale, nous payons nos impôts et entretenons nos paysages que les citadins adorent découvrir en vacances...

Voilà pourquoi, cette semaine, au milieu des pansages, j'ai été soutenir le mouvement des parents d'élèves ! Nos villages veulent vivre et j'en ai marre d'entendre que la ruralité coûte cher. En fait, on sectionne les services ruraux de façon, avec quelques chiffres, à les remettre en cause. On ne nous présente jamais un total de ce que coûte un rural/urbain en incluant les salaires et émoluments de tous ceux qui émargent directement soit sur les impôts soit sur les autres prélèvements. Par exemple, beaucoup de professions, financées directement par les impôts ou partiellement par des cotisations sociales, se pratiquent majoritairement en ville. Pire, les dotations de fonctionnement que verse l'état aux collectivités locales, ramenées à l'habitant, mériteraient d'être publiées ! Je crois que la surprise serait énorme et que les discours changeraient.

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Je vis donc ces décisions comme une vraie injustice, et même comme un coup de poignard dans le dos des ruraux. Je vais continuer de défendre nos villages même si nous ne sommes pas écoutés. Je regrette qu'aucun maire de petit village n'ait été reçu à Autun par Mr le président de la république. Cela aurait l'occasion d'exprimer ces problèmes !