La préséance politique veut que l'ordre d'intervention lors d'une manifestation, une inauguration par exemple, soit immuable ! On commence par l'organisateur, puis éventuellement un élu professionnel institutionnel, puis le maire de la commune, le conseiller départemental , le conseiller régional du coin, le député et enfin le plus haut représentant de l'état, ministre ou préfet ou sous-préfet... Pour ces derniers, le ministre prévaut sur le préfet qui prévaut sur le sous-préfet qui prévaut lui-même sur un directeur départemental... Tous les autres font "pot de fleur "!

Il est très difficile à chacun de ne pas répéter ce que le précédent a déjà dit. Mais il faut exister donc parler et souvent cela dure un peu de temps...

Pourquoi aborder ce sujet ? Tout simplement parce qu'hier, pour la énième fois, une partie des messages n'a pas été évoquée et j'en suis contrit. Je vous explique :

On fête les 20 ans de la maison du Charolais ! L'âge rêvé comme l'ont rappelé fort justement les intervenants ! L'histoire de la maison a été décrite avec précision, différents acteurs cités et la constance de l'investissement  dans son fonctionnement par le département soulignée à juste titre, quelques soient les alternances politiques...

Mais...

On parle beaucoup de lutter contre l'agri-bashing quasi systématique actuel. On demande aux politiques de s'impliquer... Remontons le temps, fin des années 90. Le conseiller général de Charolles, Mr Ducerf et Mr Lamborot, élu à la chambre d'agriculture, ainsi que des éleveurs locaux comme Mr Bouillot , ulcérés par la crise de l'ESB qui touche tous les éleveurs bovins de l'époque, comprennent qu'il faut créer un lieu pour valoriser et communiquer sur notre production locale. Quoi de mieux que d'ouvrir une maison dédiée à la race charolaise sur le territoire qui lui a donné son nom, donc son berceau ! Ils avaient déjà compris que la communication était, et reste, incontournable. Le président du conseil général et le président de la commission agricole de l'époque ne furent pas longs à convaincre. C'est ainsi que naquit cette maison dans le format quasi actuel que des investissements effectués depuis ont conforté. Un espace muséographique pour expliquer la production de la viande charolaise, un restaurant pour la déguster, une boutique pour emporter des souvenirs ( et depuis acheter des produits locaux), un espace de réunion pour que le lieu devienne un endroit de rencontre des acteurs locaux de la filière et des bureaux pour que ces mêmes acteurs travaillent les uns près des autres...

Ce schéma a toujours été conforté par les différentes majorités du conseil général puis départemental depuis 20 ans. Cela a été souligné par le président actuel de notre département, Mr Accary. Mais ce qui a manqué à mon sens hier, ce sont les remerciements de la filière et des éleveurs. C'est la limite de la préséance établie et figée. Je pense que cette maison est sous utilisée par la filière locale. Pourtant quelle chance d'avoir un tel outil à notre disposition pour valoriser nos métiers et nos savoirs-faire ! Son fonctionnement coûte cher au département mais les élus ont toujours compris que c'est un moyen de communication incontournable. Des délégations étrangères concernées par l'élevage y sont venus pour découvrir notre région et nos productions. Ainsi, par exemple, les chinois y sont venus trois fois. Des italiens du Piémontais sont venus prendre modèle...  Des élus nationaux y sont régulièrement reçus. La visite y est très complémentaire de la visite d'une ferme ou d'un outil la filière comme un centre d'allotement ou un abattoir... Mais le principal reste qu'elle est ouverte au grand public et sera une étape de la RCEA ! De plus on y trouve de vraies compétences pour communiquer sur notre élevage et toutes les étapes qui conduisent à la viande dans votre assiette.


Hier, à la manifestation officielle, il a manqué une chose essentielle que seuls des membres de la filière et des éleveurs auraient pu dire : Un immense merci pour la constance politique qui a toujours accompagné cette maison, malgré son coût et sans doute, de temps en temps, le regret que tous les acteurs de la filière ne se l'approprient pas encore plus pour une communication commune, prépondérante sur les intérêts d'entreprises. Ce "merci" aurait été bienvenu en dernière intervention, mais les conventions ne le permettent pas, c'est vraiment dommage ! Il aurait été normal que ces remerciements soient adressés (comment leur faire savoir ?) à Mrs Baumont, Sirugue, Montebourg, Chaintron et Accary... Mais également à Mrs Emorine, Gillot et Brochot , en y ajoutant Mrs Pluchaud, Rebillard, Bonnot et Durix : Tous élus du département à un moment ou un autre, qui ont oeuvré pour cette maison. J'y ajouterai bien les directeurs de service agricole ! Cela ne se fait pas habituellement, mais pour une fois, il aurait été juste au regard de l'utilisation des impôts de nos concitoyens que nos professions fassent des remerciements !