Le progrès technologique a beaucoup de bon mais aussi quelques limites...

Je nourris les troupeaux depuis un bon moment déjà. C'est cramé de cramé ici. Aucune repousse depuis les enrubannés et les foins. C'est dur pour le moral ! D'autant que, comme toujours, cela profite à certains. Le prix des vaches a baissé depuis 3 semaines. De plus, début juillet, elles partaient dans la semaine suivant la visite de l'acheteur. Maintenant, il faut au moins 3 semaines !!! C'est dire si certains sont bien contents de la situation puisque lorsque je regarde les prix aux consommateurs, ils n'ont pas baissé... Cela a d'autres conséquences, qui viennent s'ajouter à d'autres, j'y reviendrai dans un prochain post.

Chaque jour, "on prend la météo". En période de récolte, tous les nouveaux outils sont plus qu'utiles. Je me répète, mais aujourd'hui on peut prévoir un risque de changement à 2 ou 3 jours de façon assez précise, sauf en période orageuse. Là, les radars en direct sont précieux. Bref, les nouveaux outils apportent un réel avantage pour gérer une ferme !

Mais...

Quand on a une période extrême comme maintenant avec la sécheresse, si je sors pas de la ferme et ne m'éloigne pas du village, je n'imagine pas les effets des précipitations même si je les ai vu sur Internet. Par contre, pour moi, même un simple aller retour à Charolles peut m'affecter ! Tout cet été, en arrivant à Génelard, soit à 20 km de la maison, je prenais le bourdon en voyant de l'herbe verte tandis que mes vaches restaient sur des paillassons. Comme nos vaches, on regarde toujours le pré des voisins avec envie. Et plus on s'éloigne vers l'Est ou le sud, en allant chez les enfants par exemple, plus le moral baisse...

vue de Bibracte sécheresse

Du coup, la perception visuelle de l'effet des pluies transforme les images satellite en réalité. Et comme depuis plusieurs jours, le rail des  orages et pluies passent à 50 km au sud, nous (je ne suis pas le seul) vivons de plus en plus mal la situation. Même lire des tweets sur Internet entretient ce sentiment d'injustice. "Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu ?" ai je entendu cette semaine. La question, sous cette forme, traduit une angoisse profonde et un sentiment d'impuissance réel !!! Car, quand on dit que nous devons nous adapter, je crois que nous en avons tous conscience. Mais que faire face à l'adversité ?

Imaginez que l'arc de pluie du jour soit 100 km plus au nord ! Pour nous,(la croix rouge) cela changerait tout !

Pluie du 20 aout

Dans le temps, les paysans ne voyageaient pas. Donc ne savaient pas ce que les autres vivaient...