"Dis-moi, Mme PH, est ce que tu as vu une différence pour PH depuis le 11 novembre ?

Aucune, c'est presque pire qu'avant !"

Nous sommes au restaurant du village samedi soir en famille. Un ami s’est approché de ma table où nous dînons pour interroger mon épouse. Il ne lui a pas échappé que mes filles nous offrent un repas en l’honneur de ma retraite !

Il faut dire que cette première semaine a été plus que chargée, côté travail, que celles habituelles à cette période. On ne quitte pas une ferme comme cela. Tout a été compliqué jusqu’au bout avec cette météo si difficile tout cet été. Impossible de gérer le troupeau comme il aurait convenu et comme je l’avais prévu. Le stress ne m’a pas épargné. L’infirmerie est pleine, repoussant la possibilité de vendre. Le premier vêlage est arrivé en avance. Impossible donc de rompre, d’un coup, avec 40 ans de carrière et 56 ans de pratique.

Je dois l’avouer, je crois qu’au fond de moi, je reculais au maximum l’échéance. Il n’est pas rien de voir une partie de son troupeau partir. Pas rien de vouloir transmettre des animaux » clean ». Pas rien de voir de nouvelles vaches paître dans les prés. Pas rien de se dire que ce qui se passe sur la ferme ne me regarde plus !