Nous avons fêté la nouvelle année chez des amis. C'est la première fois depuis 40 ans, que je n'ai pas eu à faire un dernier tour de vaches avant de partir pour la soirée. Il m’est arrivé plus d’une fois de devoir retarder le départ. Je n'ai toujours pas enfilé mes nouveaux habits de retraité, du moins c'est ce que je ressens quand je suis à la maison. Il faut dire que depuis un peu plus d'un mois, avec Mme PH, nous avons arpenté les routes de France, j'y reviendrai.

Pourtant, imperceptiblement, je me glisse dans un nouveau rythme et je m’en suis rendu compte cette nuit. La soirée était plus que sympa, les discussions intéressantes, le plaisir de se retrouver évident ! A cette saison, j’avais déjà un bon mois de vêlage, donc de fatigue, à mon actif, ce qui sapait les réveillons. Là, j’étais en forme, décontracté, paisible. La soirée s’est ainsi déroulée sans aucune notion d’heure ! J’ai été très surpris d’apprendre au moment où tout le monde s’est levé pour partir, qu’il était 3 heures passées. Là, j’ai commencé à me dire que je changeais et que c’était bien agréable.

Mais le meilleur restait à venir. En activité, j’appréhendais toujours les retours de réveillon. C’est d’ailleurs ce qui me faisait écourter les soirées. Je faisais toujours le tour des stabulations en arrivant. Combien de fois m’a-t-il fallu me changer en vitesse, quitter la tenue de soirée pour réenfiler les vêtements de travail pour aller faire un vêlage ou soigner un veau ? Cela gâchait tout, était pénible pour cause de fatigue et me donnait l’impression que notre métier, comme certains autres, était très particulier, sans que l’on y prête attention. Dame nature se moque bien des jours particuliers. Mais hier soir, j’ai rejoint mon lit directement en rentrant, sans me poser de question… Et pour la première fois depuis un mois et demi, je me suis dit que la retraite a de bons côtés !

BROUTARDS

Donner à manger aux derniers broutards ce matin, sans contrainte horaire, fut un vrai plaisir !