paysanheureux

La vie d'un paysan, éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"

27/12/09

froid, en attendant la pluie...

Hier, j'ai pu passer du compost. Le sol est humide superficiellement mais pas en profondeur. J'en ai donc profité et j'ai pu terminer la première partie. Nous étions en alerte orange cette nuit pour un risque de pluies verglaçantes. En me levant, j'ai filé faire les soins aux animaux. Je n'avais pas envie de tester la douche froide sur le gel :

           puit_et_gel

J'ai donc travaillé sans m'arrêter et j'ai terminé un peu avant l'arrivée de la pluie vers midi et quelques... Au lever du soleil, tout était bien gelé...

          

gel_derri_re

J'ai passé tout l'après midi sur le plan de fumure prévisionnel pour la prochaine campagne... Ce soir, j'en ai marre, aussi je vous laisse bien rapidement.

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20/12/09

hiver , fin de l'acte 1...

La température a du s'inverser vers 19 h... Des petits signes qui ne trompent pas... Il tombe maintenant un mélange de crachin et de neige fondue. Une saleuse est repassée sur la route pendant que j'étais dans la stabul à 19 h15. La route doit être dégagée maintenant... Demain tout rentrera doucement dans l'ordre ! Avec, sans doute une belle patouille...

Je suis trop fatigué pour en dire plus... Je viens de prendre enfin ma douche et je vais directement au dodo !

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Dimanche ?

La température est légèrement remontée en fin de nuit. Pas de retour au dessus de zéro, mais ce n'était plus le pôle Nord comme hier soir. Sur le net, divers témoignages envoyés par les internautes font état de températures comprises entre -15° et -22° cette nuit ! Mais il faut être prudent, tous les thermomètres ne sont pas précis...

J'ai travaillé jusqu'à 14 h depuis le matin avec juste une pause de vingt minutes au milieu pour me réchauffer les pieds... Je n'avais pas mis les chaussons et au bout de 3 heures... Vérifier d'abord que tous les veaux aient bien tété. Puis faire téter le refusé. Ensuite distribution du concentré qui était très attendu ce matin. Ensuite, commence la galère pour démarrer les tracteurs... Heureusement, le premier y va assez vite. Je peux donc continuer ma distribution de gâteries. Les deux taureaux guettent mon passage.

                         attendu

Ensuite, j'ai mis du foin partout. Il neigeait par intermittence... Je préférais en mettre plus  que de coutume, de façon à ne pas avoir de problèmes si les conditions devaient se détériorer ce soir ou cette nuit et que demain ce soit encore plus galère... À tout hasard, météo France n'a pas annoncé les températures polaires d'hier, enfin si, quand elles sont arrivées... Donc je prends quelques précautions. Ensuite, un bon café chaud.

À la reprise, appel téléphonique d' un jeune voisin : " PH, je n'arrive pas à démarrer mes tracteurs, peux-tu aller donner une botte de foin au Gourmandou ? Je suis coincé et j'y ai des vaches et des veaux, ici on ne peut pas circuler..." Il habite de l'autre côté de la rivière et l'état des routes n'inspire pas confiance pour emmener une botte avec une remorque derrière une voiture. J'ai donc pris une botte et je l'ai porté à son troupeau, non sans m'en servir de chasse-neige sur le chemin...

    chemin___midi

Ses vaches étaient contentes de me voir arriver ! Il restait encore quelques brins de ce qu'il leur avait donné hier. Elles n'étaient pas trop à plaindre même s'il m'a dit vouloir les rentrer dès que la route :

                               la_route___midi

Admettez qu'à midi, ce n'était pas terrible... Je suis revenu en me disant que ses vaches ont plus de chance que d'autres dont je tairais le nom... Ils donnent bien quelque chose, mais plus rationné que le reste de leurs vaches qui sont toutes attachées, bien au chaud ! Le résultat est qu'elles sont très mal, ne trouvant rien à cause de la neige, elles cherchent les derniers brins du peu de foin distribué et mangent de la terre... Par ce temps, les animaux ont besoin de manger à volonté même si les quantités surprennent... C'est la seule façon qu'elles résistent à des températures inférieures à - 15°...

Au retour, il neigeait à plein !

neige
             Il me fallait pailler et cela m'a pris plus de temps que d'habitude. D'abord, le tracteur a refusé de démarrer, il m'a fallu les câbles. Ensuite, les ficelles sont gelées et sont très difficiles à enlever. En plus , j'ai mis beaucoup plus de paille que de raison, il faut que les animaux soient bien !

                                           il_neige

Ensuite, j'ai déplacé des animaux pour faire boire les 4 animaux dont l'abreuvoir est récalcitrant depuis 24 h, dans une case d'à côté... Déjeuner sympa avec Mme PH puis PH fils et une sieste d'un quart d'heure... Retour dans les stabulations avec un biberon pour le refusé. Miracle, l'abreuvoir précédent marche... Même trop bien, car il ne s'arrête plus ! Il m'a donc fallu le démonter, trouver des joints et réparer... Puis un autre, qui est gelé depuis cette nuit m'a occupé jusqu'à 17 h... Un fil coupé qu'il m'a fallu remplacer. Je vais voir dans 10 minutes si la réparation a marché, il faut le temps que la résistance réchauffe les tuyaux...

Il est retombé 6 ou 7 centimètres de neige, recouvrant à nouveau tout !

    chemin_17_h

Le chasse-neige venait de passer une première fois :

                               aller
Une demi-heure plus tard, il revenait pour faire l'autre côté... En attendant, les croisements sont dangereux. Nous avons déconseillé à ma cadette de venir ce soir en voiture. Ce ne serait pas prudent...

                      croisement_dangereux

Je repars pour une heure de travail ou plus si imprévu ! J'espère que ce soir, tous les animaux auront les meilleures conditions possible. Le vent souffle par rafales, des congères se forment et la neige rentre partout. Mais, s'il ne gèle pas à pierre fendre, je ne me lèverai pas cette nuit comme la dernière. Sauf pour un vêlage, bien sûr...

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Tour de nuit...

Je rentre d'un tour complet des stabulations. J'ai plus d'abreuvoirs gelés qu'hier soir. Dès l'aube, il faudra transporter des sceaux d'eau chaude...

J'ai fait téter le veau que je complète, cela ne lui fera pas de mal. Je suis allé dans l'autre stabulation car un veau me semblait mal couché. En arrivant et en m'entendant, il était debout... Il faut qu'ils aillent voir leur mère régulièrement...

Nous avons compartimenté la maison pour lutter contre le froid et la chaudière est en marche forcée malgré la position "nuit". Mais c'est limite tout de même dans certaines pièces.

Je retourne au lit, mais je crains que le sommeil se fasse un peu désirer. Déjà que je me suis réveillé sans réveil, juste par souci...

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19/12/09

Ça caille...

Journée soins aux animaux. J'ai encore quelques abreuvoirs gelés ce soir. Normalement, ils devraient retrouver leur fonction dans la nuit.  Il m'a fallu en démonter deux pour trouver un fil débranché... Mais il a gelé très fort cette nuit, il n'a pas dégelé aujourd'hui et le thermomètre s'effondre ce soir avec en plus une bise glaciale. J'espère que les résistances des derniers abreuvoirs gelés vaincront le froid...

Nous sommes allés en vitesse faire quelques menues courses avec Mme PH. Alors que certains annoncent dans le journal local que le travail de déneigement est terminé, force est de constater qu'il n'en est rien, hormis pour les routes des vacances. Ainsi, il faut le double du temps normal et encore faut-il bien choisir son itinéraire et ne pas hésiter à faire quelques détours.

Au retour, le thermomètre de la voiture de Mme PH s'est emballé. -11 ° en sortant du magasin, - 13 ° aux alentours de Montceau puis - 16 ° en arrivant dans la vallée de l'Arroux...( Les lectrices canadiennes ne se moquent pas ! Sourire ). Je le soupçonne d'être un brin pessimiste. Mais lorsque je suis retourné dans les stabulations vers 20 h , les mains collaient à la ferraille. C'est un indice fort, indiquant que nous avons franchi allègrement la barre des - 10°... J'ai mis les veilleuses aux petits veaux, il faut qu'ils tètent toutes les deux heures pour tenir. J'ai touché tous les museaux, ils étaient tous bien chaud, y compris celui du veau d'hier... Finalement, le plus à plaindre est celui auquel je fais boire un biberon de complément, il devra attendre demain matin après la bonne rasade de ce soir.

La couche de  neige dépasse 10 cm. À l'inverse des hommes et animaux, les cultures et l'herbe sont bien au chaud sous le manteau. Elles ne risquent rien et même au contraire, la neige fixera un peu d'azote qui les nourrira...

                      parcelle_d_orge

Un rayon de soleil : La neige sublime tout ! Même le chemin est beau...

                      chemin_et_hameau

Et j'ai lu ce soir :

 

Les conditions de circulation demeurent difficiles... Des chutes de neige importantes sont attendues dimanche après-midi... Les températures ont entamé une chute vertigineuse... A 19 heures, on enregistrait -13° au Creusot et -16° dans la vallée du Mesvrin...

20 cm de neige annoncés pour demain après midi... Si cela arrive, il faudra peut être que je monte sur les toits pour en enlever car cela pourrait être trop lourd pour certaines constructions...

 

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18/12/09

Ainsi s'achève...

Ainsi, s'achève la saison de pâture 2009 ! La nuit dernière, il restait 54 animaux dehors. Ce soir, il reste juste 2 taureaux !

La journée a été folle ! Dès 7 h 30, jusqu'à 19 h 30, j'ai été dehors sauf une demi-heure pour manger à midi . Cela a commencé juste après le départ de Mme PH une demi-heure plus tôt que d'habitude... Elle arrivera malgré tout en retard, entre ce matin et ce soir, ce sont ses durées de trajets journaliers les plus longs connus en plus de 20 ans sur le même itinéraire... La nouveauté tient à ce que l'on ne déneige plus les routes. Résultat: le département est bloqué depuis hier soir... Bien sûr, comme toujours, on évoque un événement climatique exceptionnel. Qui n'a d'exceptionnel que l'extraordinaire complexité des prises de décisions pour décider de saler les routes et d'un poil dans la main d'un certain nombre de personnes qui trouvent là un bon prétexte pour rester sous la couette ... J'imagine ce que donnerait mon boulot si les vétérinaires disaient sur un ventre ou un vêlage difficile : "Après 8 heures du matin !" Apparemment les saleuses sont au régime jour, donc à cette saison, c'est court...

J'ai donc passé ma journée dehors. Courir dans la neige est un exercice fatiguant... À mon âge, est-ce encore raisonnable ? Pourtant... Le paradoxe est que certains troupeaux n'avaient pas envie de rentrer. Il faut dire qu'elles avaient du foin à volonté. Moi, je trouvais qu'elles seraient mieux à l'abri avec une bonne litière de paille, elles n' étaient pas toutes convaincues. Il a neigé toute la matinée, j'avais les cheveux en permanence trempés. La faute au fichu bonnet que je n'ai pas retrouvé. Par contre, j'avoue avoir porté les gants quasi toute la journée. Ce soir, les mains restent douces. Cela m'évitera quelques reproches plus tard, si je ne dors pas déjà.

Donc des kilomètres ! Eh oui, j'ai même ramené à pied les animaux de la parcelle de l'autre côté du bois. 2.5 km en comptant le fait d'aller les chercher au bout de la parcelle; Pour l'anecdote, j'avais l'aide imprévue une partie de l'après-midi, de PH fils puisque les transports scolaires faisaient relâche. Je lui avais expliqué la manœuvre. C'est assez simple. les vaches sont habituées au tracteur qui leur apporte journellement la nourriture. Donc, pour traverser sur 1.5 km le bois, par un chemin qu'elles ne connaissent pas, il leur faut un guide. "Tu roules devant, tu verras, elles vont te suivre. Moi, je cours derrière, car il n'y a pas de clôtures et il faut que je les pousse aux endroits où elles peuvent être tentées de sortir du chemin. À ces endroits, tu accélères et tu attends un peu plus loin qu'elles soient revenues vers le tracteur..." C'est exactement ce qui s'est passé. Il m'a fallu un quart d'heure pour les faire sortir de la parcelle. Puis à chaque carrefour, j'ai du jouer de stratégie, car bien sûr, elles étaient tentées par l'autre chemin. Le reste du temps, elles ont suivi le tracteur, ce qui les rassure dans le bois qui est pour elles un univers hostile. Et moi, je courrai derrière jouant de la voix dès qu'elles étaient tentées par un écart ou hésitaient.

Au cours d'une journée comme cela, il y a toujours des imprévus. Cela a commencé par mon frère que j'ai retrouvé en train de dégager son chemin, une pelle à la main. 800 m à ce régime, pas facile... Il était assez remonté, sa femme avait failli se mettre au fossé. Je lui ai proposé de passer mon chasse-neige maison. Il a refusé au début et m'a téléphoné une heure plus tard, quand sa femme avait dû faire le km à pied sous la neige pour remonter, laissant sa voiture au bord de la route. Je suis donc parti avec ma botte de foin devant et j'ai dégagé le chemin. Il était presque midi et j'ai croisé le chasse-neige de la commune qui arrivait " Je suis un peu en retard, on dirait." Je n'ai pas osé dire ce que je pense, c'est à dire demander s'il connaît le mot "réveil "? J'ai simplement dit " On en a marre de se faire houspiller par nos femmes comme quoi rien n'est fait, donc on agit." Admettez que c'était plus diplomatique... Je note juste qu'il a mis un peu de sel et qu'une demi-heure plus tard, le chemin était très facile à rouler... S'ils en avaient mis avant partout ? Mais il est vrai que je n'ai pas bac + 8...

Mais j'étais inquiet à ce moment-là et je n'avais pas envie de discuter. J'ai donc terminé le chemin et je suis retourné voir la génisse. Hier soir, je l'avais trouvé un peu gênée. Rien à la caméra cette nuit ! Rien à 8 h, mais une poche à 10 h. Je l'ai isolée, mais au cours des 2 heures qui ont suivi, elle ne forçait pas vraiment. La taille des pattes annonçait un gros veau. Donc au retour de l'épisode chasse-neige, j'ai décidé d'agir. Quand j'ai percé la poche des pattes, elle s'est remise à pousser. J'ai passé les sangles, un peu inquiet, car il n'est pas très bon pour un veau de trop attendre. Il bougeait bien, mais me paraissait vraiment gros. J'ai tout de même pu l'allonger à la main et j'ai mis la vêleuse. Il a fallu 10 bonnes minutes pour faire passer la tête... C'est long, mais je n'avais pas le choix. Ensuite toujours un vêlage technique, prendre le temps de le faire souffler au thorax puis reprendre en suivant les contractions sans forcer. Finalement, cela s'est bien passé et ce soir, je lui ai appris à téter. Comme il est très dru et je ne devrais plus avoir à le faire téter...

Il m'a fallu mettre du foin partout ce soir, puis pailler. C'est pour cela que j'ai fini si tard, sans arrêt intermédiaire, les pieds gelés du matin au soir. Une bonne douche, un bon dîner et une fois ce billet publié, direct au lit ! Mon seul souhait est qu'il n'y ait pas de vêlage ce soir ou cette nuit, car physiquement, cela serait juste...

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13/12/09

3 vêlages, 3 cas ...

Il arrive que la relation mère veau avec les génisses ne se fasse pas ! C'est rare, mais j'ai une génisse qui a coincé le dernier week-end! C'est toujours la galère et ce soir, après une semaine d'efforts, je n'arrive toujours pas à lui faire accepter ! Que s'est-il passé ? Rien de particulier. La génisse a vêlé sans encombre, mais elle a refusé malgré toutes mes tentatives de lécher son veau ! J'ai "salé " le veau, je l'ai badigeonné de farine dont la mère est pourtant très gourmande, je l'ai frottée avec la délivrance, rien n'y a fait ! Le veau est une génisse très débrouillarde ! J'ai donc réussi à la faire téter assez vite, mais en prenant la mère au cornadis ! Comme celle-ci se défend, j' ai utilisé la technique du tuyau que mes collègues m'avaient décrite, il y a peu ! Les coliques engendrées ont ralenti les coups de pied. j'ai passé une sangle autour du poitrail que je serre une fois prise au cornadis ! Mais cela ne suffit pas, il faut impérativement que je reste à côté tout le temps que le veau tête pour qu'elle ne botte pas trop ! Si je sors de la case, elle vire le veau !

Nous avons maintenant un rituel bien rodé ! Je lui écarte un maximum de farine dans sa crèche ! À contrecœur, elle vient la manger et se prend ! Je serre la sangle et le veau tête ! Comme la farine est écartée, elle prend un malin plaisir à en chercher tous les grains, un par un à la fin ! C'est sa façon d'oublier que je la force ! Je reste contre elle, bien au chaud pendant les 10 bonnes minutes que dure l'opération ! Quand elle en a marre, je desserre la sangle et je la libère. L'opération se répète deux fois par jour ! Mais elle ne doit pas avoir beaucoup de lait, car le veau, joli au départ, me semble dépérir ! J'ai donc commencé les biberons de complément ! Mais pour le moment, le bébé fait un peu la moue devant ce lait reconstitué ! Un long de travail de patience commence, je vais essayer de l'habituer de plus en plus, jusqu'au moment où je pourrai me passer de la mère ! Inutile de vous dire que je ne garderai pas cette dernière... Et que je suis condamné aux biberons pendant 4 mois ! 

                              la_r_calcitrante

Mardi, j'ai eu droit à un vêlage plus costaud ! J'ai surveillé la génisse de midi à 17 h, à la fréquence d'un coup d' œil toutes les demies heures... Mais à 17 h, j'ai pensé qu'il fallait intervenir pour la soulager ! J'ai donc mis la vêleuse et ai commencé à tirer ! Le veau était assez gros, la vulve n'était pas assez dilatée... J'ai donc tiré doucement, la génisse hurlait par moment ce qui me fend toujours le cœur, mais je n'avais pas le choix ! Tout doucement, nous avons fait le passage, j'accompagnais ses contractions... La tête est sortie au bout d'un bon moment, j'ai continué de tirer doucement. J'ai cru rester pris au "cul " , en fait, au bassin du veau ! Mais un petit mouvement de vêleuse l'a dégagé... Elle poussait tellement que le "ventre suivait ". J'ai donc laissé le veau dont je savais qu'il ne risquait rien pour remettre le ventre dans la foulée... Il n'était pas complètement sorti, mais au premier tiers... Je l'ai tourné légèrement sur le côté en le vrillant et tout doucement, je l'ai remis ! J'ai ensuite enfilé tout le bras pour bien le remettre en place... Pas question d'aller chercher une bouteille, il fallait que je coupe les coliques de la mère au plus tôt ! La seule solution est de la faire lever le plus vite possible ! Seul, j'ai tenté une manœuvre de feinte. J'ai pris le risque de la laisser 2 minutes, le temps de passer le veau de 50 kg devant elle.  Elle a commencé de le lécher le temps que je repasse derrière ma main engagée pour contrer la colique éventuelle ! Quand ses efforts se sont calmés, je suis repassé devant et j'ai tiré le veau hors de sa portée ! Je suis repassé derrière et là, je l'ai encouragée à se lever pour retourner lécher le bambin, le bras engagé...  Ensuite, je l'ai laissé tranquille. Deux heures après, je suis revenu voir si tout allait bien ! Mme PH m'avait dit " Tu risques de devoir le tenir pour qu'il tête ! " Mais coup de bol, il était debout et n'avait besoin d'aucune aide... Preuve que le vêlage, un peu technique, n'avait fait souffrir ni la mère, ni le veau !

                             le_gros

Mercredi matin, tout autre problème ! À 6 heures, la génisse montre des signes évidents de "travail ". À 8 heures, rien ! À 9 heures, aucun progrès. Je la prends au cornadis, je passe un gant et je fouille. Le col est ouvert, je sens la poche des eaux derrière et juste un petit truc que j'identifie comme une queue. Elle est repliée, rien n'est engagé... Je rappelle qu'un veau en présentation normale arrive les pattes avant d'abord, la tête en haut posée sur les pattes... Là, c'est donc le vrai siège. Si le veau est gros, la césarienne s'impose ! J'appelle le vétérinaire ! Un quart d'heure plus tard, il est là avec une associée ! Le temps d'apporter de l'eau chaude et autre matériel, ils avaient déplié le veau, petit en l'occurrence ! J'ai mis ma vêleuse et nous l'avons sorti sans problèmes ! Une heure après, la petite génisse tétait !

                            le_petit

Voilà donc le problème du métier ! Je ne suis pas intervenu sur les 6 premiers vêlages. Et là, 3 fois de suite, il fallait être là, soit pour vêler soit pour faire téter... Je n'ai pas eu de vêlages depuis, donc je ne sais pas si les choses vont redevenir simples ou si je devrai encore faire des actes assez techniques ! Il faut donc toujours être prêt à tout !

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09/12/09

histoire de taureau.

Un petit billet avant d'aller tenter de dormir...

Les génisses vêlent en ce moment... Samedi matin, je repère vers 4 heures du matin, un veau, que je ne connaissais pas, en train de téter goulument sa maman. Inutile d'y aller, surtout avec une génisse, le mieux est de laisser faire... Vers 6 h 00, je remarque qu'une autre est en travail. Là encore, inutile de se précipiter. Pas besoin d'apeurer la mère... Une demie heure plus tard le veau est fait... Je prends le temps de boire un café et je file dans la stabulation.

Quand j'ai décris la scène qui suivit, Mme PH ne voulait pas me croire. A tel point qu'elle l'a raconté à PH fils, à son réveil, forcément tardif un samedi.. " Tu as fait une photo ! ou ? " " Mais non, tu ne me vois pas avec un appareil en arrivant dans la stabul, je suis un peu plus stressé qu'il n'y parait..." " Dommage, vraiment dommage, j'aurai voulu voir..."

Qui a t' il d'aussi spectaculaire ?

Pas grand chose en fait. La génisse a vêlé contre une barrière et en se relevant le veau s'est mis debout dans la case d'à côté... Au grand désespoir de la mère qui ne peut plus le lécher et du voisin de case qui se retrouve dans un rôle inconnu pour lui. Imaginez Valcro, un taureau de presque une tonne, en train de manger tranquillement du foin. D'un seul coup, un rejeton nouveau-né atterrit dans son abord immédiat, flageolant sur ses 4 pattes, encore trempé de liquide amniotique et cherchant déjà à téter.  Avec ses 40 kg tout mouillé et sa demie heure de vie, il n'a aucune notion de qui est qui dans ce monde. Pour lui, il y a un bovin devant lui et il entend les plaintes de sa mère derrière cette masse bovine. Donc, il cherche la mamelle, ce qu'il ne parvient pas à trouver, bien évidemment... Mais, il s'entête à chercher... Valcro a sorti la tête du cornadis et ne manifeste aucune impatience. Il est complètement figé, immobile. Il tourne sa seule tête pour comprendre ce qui se passe. C'est comme s'il se rendait compte que d'un seul mouvement il peut écraser ce morpion effronté. Lorsqu'il me voit, il me jette un regard mi-interrogateur, mi-suppliant du style : "C'est quoi ça ? " et " Fait quelque chose, j'ai peur de bouger. " . Je sais que vous n'allez pas me croire, mais son regard était très clair ! J'étais tellement sûr qu'il ne lui ferait rien que j'ai commencé par isoler le premier veau de la nuit avec sa mère pour éviter les confusions. Puis avec précaution pour ne pas que les 3 génisses qui étaient avec Valcro ne s'affolent et lui fassent mal, j'ai été retiré le veau qui continuait à confondre bourses et pie ! D'ailleurs, dès qu'il a retrouvé sa mère, il a tété instantanément.

Mme PH m'a posé quelques questions... Dans l'élevage, il y a quasiment jamais de taureaux avec les vaches en train de vêler. Cela peut arriver au printemps au pré avec une vache très en retard ! Généralement, elle s'éloigne du troupeau pour mettre bas et y revient lorsque le petit est capable de la suivre ( 2 ou 3 jours) . Le mâle ne joue donc aucun rôle dans l'éducation d'un veau qui est du ressort exclusif de la vache. Mais, un taureau ne fera jamais de mal à un nouveau-né... Au pire il sera indifférent et s'éloignera... Au mieux il fera comme Valcro, c'est-à-dire qu'il le laissera faire sans bouger. Elle a eu l'air surprise, c'est vrai que la différence de taille et de poids ! « Peut-être qu'il sait que c'est son petit ?» Comme quoi, la tendresse existe dans la nature, même chez les taureaux qui ont pourtant une autre réputation... L'expression est différente, c'est tout.

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08/12/09

Génisses FCO, fin ...

Ce matin, les 3 dernières génisses "FCO" sont parties ! Épilogue des conséquences de décisions prises il y a 17 mois ! La frontière italienne s'était alors fermée le 3 mars 2008 à tous les animaux qui n'étaient pas vaccinés !  Nous n'avions pas de vaccins. Je n'avais pas voulu "balancer " 8 laitonnes la semaine avant... Les cours étaient très bas, je me disais que comme d'habitude, il y aurait un marché à l'automne...

Dès que les vaccins ont été disponibles, c'est-à-dire à la fin de l'été pour cette catégorie, j'ai fait le nécessaire... J'ai donc nourri les génisses avec de l'herbe et un complément ! Mais à l'automne 2007, il y a eu les mouvements spéculatifs sur les céréales donc le prix des aliments a flambé ! Fin 2008, la crise était là avec sa baisse de consommation de viande ! Déjà incapables de répercuter sur les cours de la viande les hausses des prix de l'aliment et en attendant le retour à des prix plus normaux, les emboucheurs de génisses français ont été absents du marché ! Ils le sont restés au printemps 2009, car les cours ne cessaient de baisser ! Catastrophe pour nous naisseurs, nous ne pouvons donc pas nous débarrasser des animaux et nous sommes contraints de les pousser toujours plus loin même si cela bouleverse les équilibres de la ferme !

8 animaux invendus pendant aussi longtemps, c'est d'abord un déficit de trésorerie ! Si on était resté sur cours 2007, j'aurais vendu ces génisses en avril 2008 aux alentours de 750 € ! C'est donc 6000 € de trésorerie en moins... Si j'avais "balancé " en février, elles seraient parties à moins de 600 €, il fallait accepter de perdre de l'argent ! À l'automne 2008, on m'en proposait 900 € mais à condition de trier les 5 meilleures et de me laisser les autres ! À la fin de l'hiver, même schéma ! Mais entre les deux, elles ont mangé, elles ont profité et m'ont coûté à produire ! Comme il m'a fallu les relâcher deux fois dans les prés, c'est environ 4 ha d'herbe qui leur ont été alloués deux étés ! Donc de la place en moins pour les vaches ou du foin ! L'hiver, elles ont eu une ration d'enrubannée et de complément ! Ce complément qu'il a fallu donner cet été pour les finir, même si je n'ai pas exagéré ! Comme nous sommes nombreux à nous retrouver dans cette même situation contrainte, les cours de la viande de cette catégorie ( pourtant la meilleure) ont baissé et elles vont faire une moyenne entre 1100 et 1200 € ! Je ne suis pas sûr de couvrir mes frais réels pour la période entre mars 2008 et maintenant ! La première perte était peut être la bonne !

Mais elles sont parties et l'équilibre de l'exploitation est à nouveau retrouvé, du moins en nombre d'animaux... Car le problème subsiste ; les cours de femelles de tous types restent historiquement bas ! L'écart avec les mâles est énorme...  Je croise donc les doigts pour que les vêlages donnent plus de veaux mâles que de femelles... Pas très normal comme réaction !

                      courbe_sur_4_ans_laitonnes             
Je précise que les cours de la courbe sont ceux d'animaux à 270 kg ! En maigre, le prix du kilo baisse au fur et à mesure que les animaux grossissent ! Mes génisses à l'automne étaient à plus de 400 kg vifs, elles ne faisaient plus partie de cette catégorie ! Cette courbe est juste là pour vous montrer le problème !

En mâles, je vends dans cette catégorie entre janvier et avril ! C'est plus chaotique, mais on revient à un niveau qui serait acceptable s'il rejoignait ceux de 2006, car les coûts de production actuels restent supérieurs à ceux de cette année-là !

                      courbe_4_ans_broutards_lour

J'espère que ces 2 graphiques vous font toucher du doigt le malaise depuis 3 ans !

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04/12/09

Surprises du jour

Énorme surprise ce matin ! Depuis plusieurs jours, nous étions sous un régime de douceur humide... Rien, absolument rien, ne laissait présager la surprise de ce matin ! Même la météo ne l'avait pas annoncé ! Vers 6 h 30, j'ai vu avec la caméra qu' une génisse faisait veau ! J'ai donc filé à la stabulation... J'avais entendu le bruit de la pluie en passant sous la véranda. Mais il en allait tout autrement dehors ! Des flocons se mêlaient à la pluie, de plus en plus pendant le temps de mon épopée... Et à mon retour, il neigeait carrément. Mme PH ne me crût pas lorsque je lui annonçais la chose. Il faisait encore nuit !

Pourtant, au moment où elle est partie :

                     

neige

Toutes mes vaches étaient encore dehors ! La première étape fut de donner du foin à tout le monde. Puis d'organiser pour rentrer les deux tiers du troupeau! Ces derniers temps, le lot derrière la maison s'était scindé en deux ! Les unes restant à portée de râtelier, les autres allant pâturer derrière la montagne ! A tel point que je devais tous les deux jours aller les voir pour être certain que tout aille bien ! C'est tout juste si elles me regardaient ! Cela devait faire 3 semaines qu'elles n'étaient pas redescendues. Mais vers 14 h, alors que je venais de faire passer dans la stabulation les premières, qu'elle ne fut pas ma surprise de les voir apparaître vers le râtelier ! Elles avaient retrouvé le chemin des hommes !

Donc ce soir, une grosse partie du troupeau est rentré, marquant ainsi le vrai début de l'hiver ! Désormais, il faudra pailler tous les jours, donner à manger , surveiller les abreuvoirs... Retour à une vie plus sympa au début avril ! Je suis crevé, c'est un gros boulot de rentrer, trier les lots, organiser pour le meilleur confort possible de chacune ! Mais cela n'a plus rien à voir avec ce travail il y a une vingtaine d'années ! A cette époque, il fallait prendre les bêtes une à une pour les attacher ! C'était très pénible et dangereux ! De plus, nous n'avions pas tous les systèmes de barrières pour canaliser les lots ! Il fallait mobiliser du monde, on faisait cela à 4 ou 5, à tour de rôle ! Maintenant, je fais cela tout seul ! Sans grand mal aujourd'hui, car elles étaient contentes de trouver une litière bien propre et un accès au foin à volonté !

Une deuxième surprise m'a fait sourire ce soir en préparant des frites sans huile à Mme PH ! La forme d'une pomme de terre est sans équivoque... Je n'ai pas pu lui garder en frite, dommage ! Mais je vais lui montrer la photo, sympa, non ?

                     

coeur_de_pomme_de_terre

Posté par paysanheureux à 20:26 - sur la ferme - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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