24/10/09
je reviens te chercher
La fin est géniale mais au premier tiers du livre, on est perdu... On ne peut pas dire que Guillaume Musso manque d'imagination ! On a beaucoup de mal à comprendre au départ... C'est construit autant comme un polar que comme un roman ! C'est plus qu' original. Si mon enthousiasme parait un peu tempéré ce soir, je devrais pourtant me demander pourquoi je ne rentre pas dans le livre commencé depuis ? Peut être parce que ce Musso n'était pas si mal que cela...
19/09/09
Ulysse from bagdad
Même causes, même effets ! Comment occuper son esprit entre l'attente de l'opération, l'attente de la visite post opératoire, l'attente du départ pour le retour à la maison ? En fuyant par la lecture... Le thème de ce roman est dur et pourrait ne pas se prêter à la situation, pourtant... Mission accomplie ! Je l'ai terminé avant que le médecin ne me libère, m'obligeant à un repli sur le sudoku pour oublier la tristesse d'une journée brumeuse...
Mais revenons au livre. Il y a plusieurs façons de rentrer dans les grands sujets d'actualité ! On peut montrer des images chocs pour faire réagir au risque de généraliser des situations qui ne le sont pas. On peut se taire et se masquer la réalité. On peut partir d'études complexes, lire des tas d'articles témoignant de réalités qui nous dérangent... Ou tout simplement se laisser porter par une histoire, fut elle romancée... C'est cette dernière qui me touche le plus, lorsque l'auteur arrive à nous faire prendre la place de son héros ne serait ce que quelques minutes.
Il y a des livres qui m'ont aidé à comprendre certaines choses parce qu'ils nous ramènent sur les grands sujets par le quotidien vécu de personnages simples dans lesquels on peut facilement s'identifier. "Étoile errante" en fait partie, "Ulysse à Bagdad" permet de mettre en perspective les conséquences de stratégies politiques bien réelles et d'actualité sur les oubliés des dégâts collatéraux de décisions prises à des milliers de kilomètres par les grands de ce monde...
J'ai envie de revenir sur deux passages :
" A la loterie de la naissance, on tire de bons, de mauvais numéros. Quand on atterrit en Amérique, en Europe, au Japon, on se pose et c'est fini: on naît une fois pour toutes, nul besoin de recommencer. Tandis que lorsqu'on voit le jour en Afrique ou au Moyen-Orient..."
L'entrée en matière est directe, fracassante. Le livre, sans lourdeurs, nous amène à prendre conscience de l'énorme inégalité des hommes à la naissance. Il est plus facile, pour qui naît en Auvergne par exemple, de jouer les caïds en utilisant la démagogie et le nationalisme de bas étage que d'amener les peuples européens à une vraie réflexion sur comment aider les pays voisins à se construire afin de donner une vrai projet de vie à leurs habitants ! On ne réglera pas le problème de l'immigration en érigeant des murs et des barrières. On le fera en permettant aux africains, aux irakiens ou aux afghans de pouvoir vivre et non survivre dans leur pays. Le temps des armes ne peut être, au pire, qu'un temps très limité, la solution est ailleurs.
De même, on ne peut se satisfaire ou se repaître de la médiatisation de mesures de fermeture de tel centre d'accueil ou de telle jungle, en se voilant bien la face des conséquences bestiales sur ceux qui restent les victimes de la loterie de la vie ! Il est tellement plus facile de clamer qu'ils n'ont rien à faire là que de se poser la question de pourquoi ils sont là ? En ayant abandonné tout derrière eux, y compris leur identité...
Dans un tout autre registre, un autre passage mérite réflexion :
"Nous traversâmes la France en remontant par l'Est.
Sans doute parce que c'était le premier état d'Europe que je parcourais, le nez écrasé contre la vitre, je n'arrivais pas à croire qu'un pays puisse être si vert, ni qu'une terre se prête à des plantations aussi diverses, grasse, riche, humide, généreuse, encore moins qu'un paysage puisse accumuler tant de châteaux, de clochers, de forêts. Après quelques heures, j'enviais les troupeaux que nous dépassions, les vaches nonchalantes sur leur tapis d'herbe drue, les chevaux de trait dodus, les moutons obèses, indifférents. Même chien de ferme dans ce royaume somptueux me semblait une condition désirable."
Nous cultivons un jardin, avons nous le droit d'en gaspiller les produits seuls et égoïstement ? Pire, avons nous le droit de nous priver des jardiniers en allant voler plus qu'acheter les produits dans les jardins à l'autre bout de la terre ? L' Irak est riche de pétrole, le peuple y est affamé ! Il n'est pas impossible qu'en se trompant de choix, l'Europe devienne un jour un jardin sans produits !
13/09/09
les gens de Mr Labro
Cela faisait un an que je n'avais pas trouvé le temps de lire tout un livre en une journée... C'est peut être une rançon d'Internet où je lis de plus en plus, y laissant pas mal de temps... Mais pas de connexion ou autre le jour de l'opération. Pas question d'emmener quoique ce soit d'autre qu'un livre. C'est une bonne façon de laisser de côté le brin d'appréhension que l'on ressent tous à ces moments là. Quel bon truc de fuir par la lecture d'un roman, de laisser l'esprit imaginer les personnages, de se laisser guider par l'auteur. Encore faut il, pour que cela marche, que le roman soit bon. Celui-ci l'a été.
Que ce soit avant l'opération, ou après mon retour dans la chambre... Dans l'attente de la visite de sortie puis de celle de ma cadette pour rentrer... Comme après mon retour en patientant avant le soir, je me suis laissé prendre par l'histoire de ces gens qui se croisent. L'écriture est simple, les destins le sont moins ou plutôt sont moins communs. Mais le plus important, l'univers dans lequel évoluent les personnages est très bien décrit. Du coup, alors que les quelques descriptions lues de ce livre ne parlent que des personnages, j'ai été marqué par les critiques intéressantes de pans entiers de notre société. L'univers journalistique n'est pas épargné, la violence du monde américain non plus tout comme le monde mondain parisien. A ce propos, parlant d'esprit français, j'ai aimé ces quelques mots décrivant bien notre approche bien française des choses :
J'affirmais une chose hier,
Aujourd'hui, j'en doute,
Demain, je la nie,
Je puis me tromper tous les jours.
Mais par dessus tout, j'ai aimé me laisser porter par la lecture, heureux de retrouver cette liberté de vol de l'esprit pour quelques heures, surpris d'être déçu plusieurs fois de devoir quitter ces instants de rêve pour suivre les obligations d'une journée où je me suis mis entièrement à la disposition des médecins comme il est de règle !
27/08/09
Vie en Beauce au début du XIXè ...
Karine me l'a laissé en souvenir cet été !
Ce n'est pas le genre de livre que l'on trouve habituellement en librairie. On est loin d'une écriture romanesque et pourtant, on se prend de sympathie pour ce paysan inconnu qu'un très lointain descendant exhume de son anonymat. L'historien retrace ici tout le contexte de vie de l'époque à partir des documents historiques. On ne sais pas grand chose du vécu au jour le jour d'Aubin Denizet mais on devine ce qu'a pu être son cadre de vie sociologique. Pas de descriptions ici des techniques de travail, d'emplois du temps journaliers ni même de rendements mais une description détaillée et scrupuleuse des actes économiques, de société ou juridiques des événements de l'époque qui ponctuaient la vie des paysans.
J'avoue avoir appris beaucoup de choses et en avoir retrouvé d'autres... Mes premiers souvenirs remontent à la fin des années 60, au début ici de la révolution verte. En essayant de réfléchir au cadre de vie décrite dans le livre, en comparant avec mes souvenirs, j'ai le sentiment qu'il y a eu beaucoup plus de chemin parcouru entre 1960 et aujourd'hui , qu'entre 1850 et 1960 dans les campagnes. J'ai retrouvé un cadre de vie qui existait encore en 1965 chez beaucoup. L'habitat était plus vaste qu'en 1850, la plupart des bâtiments ont été remodelé pendant les années folles, mais l'eau courante et les WC à l'intérieur sont arrivés vers 197O dans beaucoup de fermes ! L'abandon des "cuisinières" qui servaient tout autant pour la cuisson que pour le chauffage de la maison, date de cette période... Je ne parle pas des engins agricoles et des rendements. La loi qui régit les relations entre bailleurs et preneurs date de 1948, le métayage a décliné à partir de 1960 pour quasi disparaître aujourd'hui.
Aubin n'a pas connu les coopératives ( La première est née dans un département voisin du sien quelques années après sa mort) et syndicats agricoles qui sont apparus à la fin du XIXè mais il est déjà question à son époque de mutuelles d'assurances. Par contre, je suis surpris de la relation à l'argent et du nombre de créances dues à chacun, en particulier aux vétérinaires et médecins , premiers vrais prestataires de services avec les notaires à l'époque... Que de chemin parcouru depuis avec la banque verte avant qu'elle ne sombre dans les bras des sirènes du capitalisme sauvage en passant du statut de mutuelle à celui de société cotée en bourse !
Ces changements, ou plutôt ces bouleversements, me posent question : quelle définition donner au mot paysan ? Et en parallèle, qu'est ce qu'un paysan ? Je suis sûr que les réponses varient beaucoup d'une personne à l'autre... Si on se réfère à un mode de vie, figé pour certains à ce qu'ont vécu leurs grands parents, alors le monde paysan a disparu ! C'est sans doute ce qui crée ce décalage si important entre la société d'aujourd'hui et le vécu des derniers agriculteurs qui ne veulent pas, à de très rares exceptions près, vivre comme leurs aïeux. D'où cette réaction vis à vis de tous ceux qui laissent croire qu'un retour en arrière serait bon pour l' humanité. Si on se réfère à un mode de vie, de pensée, basé sur un certain nombre de valeurs , ancré à une relation particulière avec la nature sur un pays précis... Alors, il reste des paysans, de plus en plus rares. Dans ce dernier cas, ils ne se reconnaissent pas au béret sur la tête ou à une bouche édentée, ni à un accent particulier pour être authentiques... Ils se reconnaissent dans un certain nombre de valeurs de modestie et de respect de dame nature, de solidarité, de débrouillardise et d'indépendance financière et d'esprit ou l'expérience et l'observation priment pour prendre des décisions "de bon sens", où l'initiative est reine mais dans la prudence et la réflexion... Pour combien de temps dans notre monde hyper financiarisé?
A ma façon de travailler, je suis plus conducteur de chantier ou décideur indépendant que paysan travailleur manuel ! A ma façon de régir face à dame nature, je suis sûrement très proche d'Aubin ... Et quasiment certain qu'il serait proche de ma façon de faire actuelle s' il en avait eu les moyens techniques et financiers... En cela, la lecture d'un tel livre est un formidable miroir pour le paysan d'aujourd'hui, pour mesurer le chemin parcouru...
15/06/09
"Paradis sur mesure"
Plonger dans un livre de nouvelles, entre présent possible et avenir probable... Vous en tirerez des situations, à priori, improbables et fictives. Mais au détour de contes fantastiques, comment ne pas être conquis par la pertinence de l'analyse de notre réel bien présent ? Façon adroite de dénoncer certains de nos excès...
Plutôt bien !

04/05/09
déjà fini....
Est il possible de tenir un lecteur en haleine après 2 tomes de 600 pages chacun pour un troisième vol ? L' imagination humaine peut elle être assez fertile pour cela ?
Oui !!!!!
J'étais un peu interrogatif en entamant le troisième tome de millénaire : "La reine dans... "... est ce la connivence avec des personnages devenus si familiers que l'on aurait presque envie de faire connaissance avec un plaisir certain ? Est ce l'extraordinaire reflet d'un récit qui bien qu'apparaissant imaginaire est si ancré dans notre quotidien ? On est loin des James Bond et de leur effets spéciaux et on est si prêt de la réalité !
Je me suis fait prendre par ce livre, à tel point que je repoussais au maximum le moment de le refermer... Et la fin me laisse frustré ! Il n'y a pas de suite puisque l'auteur est mort avant d'avoir écrit les 17 tomes suivant qu'il projetait... J'en suis un peu triste, ayant un brin de regret comme de ne pas avoir connu tel ou telle lectrice trop tôt disparu...
Je vous conseille donc cette trilogie, sans réserves !

21/04/09
millénium 2
L'avantage de l'indépendance au niveau du métier est de garder une certaine liberté... Que les 100 dernières pages d'un livre vous harcèlent au point de le prendre au réveil vers 5 h 30 n'est pas courant... Puis d'y revenir au moment de la pause café et de faire traîner un peu celle-ci sans que personne soit sur votre dos est un privilège ... Que dire de la sieste qui fut vraiment prolongée en temps puisque remplacée par une séance lecture pour terminer, haletant, ce numéro 2 de cette série hors du commun !
Et ce soir, je ne m'attarde pas, je vais prendre le 3 dans la pile... Je veux retourner dans ce monde fascinant... Les personnages me semblent si proches !
01/03/09
la valse lente des tortues
Il y a deux jours, je vous racontais ma journée de jeudi, commencée par la fin de la lecture d'un livre, qui au lieu de m'endormir, m'a captivé jusqu' au lever du jour !

J'avais beaucoup aimé "les larmes jaunes...", et je me suis plongé dans celui-ci après millénium, pensant alterner les suites... Le début fut un peu laborieux, la fin meilleure ! J'ai beaucoup aimé les deux derniers tiers ! Le premier fait un peu réchauffé ! J'aime la façon d'écrire de Mme Pancol, son souci de rester dans le réalisme quotidien tout en décrivant des personnages dont les traits sont poussés à l'excès ! Je trouve que la description de la folie d'un personnage est géniale, démontant les mécanismes qui conduisent à un comportement déroutant ! J'ai été impressionné par l'esprit de soumission d'un autre personnage vivant au paroxysme ce qu'elle prend pour de l'amour mais qui est, en fait, complètement le contraire et une manipulation ! J'ai adoré le parallèle entre le premier amour d'une pré-ado qui permet à celle-ci de comprendre et partager ce que ressent sa mère et de la retrouver ! Les descriptions des situations de vie sont toujours aussi précises et actuelles !
En refermant le livre, je me suis dit demandé pourquoi j'aime à nouveau les romans... Il y a sans doute une part de rêve dans tout ceci ! Un besoin d'idéaliser des états, mais il y a aussi un danger ! Un roman retrace souvent des moments forts, mais ponctuels, et laisse de côté les longs moments d'attente , de monotonie , du quotidien de la vie... Rarement il relate la passion mise à l'épreuve du temps ! Et c'est en cela qu'il est créateur de rêves : on s'identifie à un personnage, une situation... Mais attention, dans la vraie vie, la réalité est différente mais parfois tout aussi belle ! A condition de ne garder que les beaux et courts moments que sélectionnent les auteurs !
Je suis reparti avec la suite suédoise et je ne lirai pas les autres Pancol, Mme PH a essayé et a été déçue ( Comme une lectrice de ce blog me l'avait écrit d'ailleurs )
16/12/08
Mme Pancol : les yeux jaunes des crocodiles
Même causes, mêmes effets, il faut que l'aspirine...
Il y a eu beaucoup de lectures qui sont passées sous silence ici, non pas par oubli mais parce qu'il est toujours difficile d'écrire pour décrire un livre ! Il faut donc un peu de temps... En quittant, c'est toujours un déchirement que de refermer un livre sur la dernière page, l'avant dernier ouvrage, j'ai pris le plus en haut de la pile de Mme PH ! " Tu verras, il est très bien !" J'ai remarqué que cette dernière investissait en achetant plusieurs bouquins de ce même auteur, c'est un signe évident d'un intérêt marqué !
J'ai été vraiment séduit, au point de vouloir rejoindre plus tôt la couette le soir pour m'y replonger le plus vite possible. L'histoire est simple, banale même mais complètement transcendée par l'écriture. J'ai bu cette cette façon d' écrire avec délectation ! A conseiller donc, sans réserves ! A tel point que j'aurai bien lu celui que Mme PH a actuellement sur sa table de nuit, la suite semble t' il , sauf qu'il parait que cela ne se fait pas de piquer le livre d'autrui... Dommage, je me serai bien évadé encore dans le personnage de Joséphine ou autre, tant ils semblent proches de nous et de notre quotidien !
10/10/08
Bravo, Mr Le Clézio
Je ne suis pas sûr qu'il soit arrivé une seule fois qu'un prix Nobel de littérature soit décerné à un auteur que je connaisse déjà ? J'avoue avoir été très heureux lorsque la nouvelle est tombée : Le prix Nobel est attribué à "Jean-Marie Gustave Le Clézio "
J'ai lu , toujours avec plaisir, plusieurs livres de ce monsieur ! J'en retiens surtout un : "Étoile errante" . je ne peux que vous le conseiller. J'avais été impressionné par ce roman qui fait si bien percevoir la tragédie juive puis palestinienne ! Quelle sensibilité ! Et quel talent !







