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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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30 septembre 2006

Agitation politique

Il y a des textes que vous lisez, relisez tant la densité du propos est forte, des textes dont vous enviez les auteurs tant tout ce qui est écrit , est mesuré, digne et riche !

Elle veut garder son anonymat, je le respecte en le regrettant !

Voici donc :

Ma… parle peu de politique. D'abord parce qu'on lui a dit quand elle était petite que ce n'était pas un sujet de conversation pour les filles, pas un sujet de conversation du tout, en fait. Dans les maisons bourgeoises, c'est bien connu, on évite soigneusement tous les sujets qui fâchent : la politique, l'argent, et même la religion ... On s'attache à la couleur du ciel, au parcours scolaire des enfants (mais seulement s'ils ont deux ans d'avance et un QI exceptionnel), à l'art sous ses formes les plus conventionnelles; on parle de voyages, de famille éloignée, du sapin de Noël, de feux de cheminée ... Dans les maisons bourgeoises, la vie en surface, merveilleusement lisse et douce (mais oui, c'est vrai !), ressemble à un beau catalogue aux pages papier glacé. Mais il faut le savoir, dans les maisons bourgeoises aussi, les sentiments violents exigent leurs prisonniers. Et les passions sauvages, les haines fratricides, les avarices contrariées font tout autant de dégâts qu'ailleurs, mais le verbe y est plus feutré et le coup de sang plus rare.
Surtout, Ma… ne parle pas de politique parce que par nature elle hésite à aborder les sujets qu'elle ne maîtrise pas parfaitement.  Et même si elle tente de percer les secrets de l'OMC, de la PAC ou du FMI, la macro économie garde pour elle une grande part de mystère, comme sans doute pour beaucoup de citoyens.
Pourtant Ma… s'intéresse de près à la vie de la cité. Elle a ses idées, sa conception du monde. Jamais, elle l'avoue et c'est sa grande fierté, jamais elle n'est allée voter en privilégiant son intérêt personnel. Ma… est une vraie idéaliste qui rêve souvent du jour qu'elle ne connaîtra pas, où les hommes sentiront enfin leur appartenance à une même fratrie et où l'intelligence du cœur l'emportera sur le désir de puissance.


Mais depuis quelques temps, Ma… est citoyennement anorexique. Parce que les modèles qu'on lui présente lui donnent la nausée, qu'aucun souffle ne propulse vers le haut les discours ambiants, que les tambouilles d'arrière-cuisine ont des relents de vieille sauce, et que les plats servis en salle ont tant d'arêtes qu'ils en sont immangeables. Parce que les notions de partage et d'équité dont les politiques se délectent dans leurs discours électoraux avant de les fouler aux pieds une fois élus, ne sont même plus effleurées, ou alors distraitement, pour embellir une phrase. Parce que le vide n'a jamais été un bon programme électoral, que le populisme est facile et dangereux, parce qu'elle attend d'un homme politique qu'il lui montre un chemin, même escarpé, et non pas qu'il l'invite à lui dicter la voie. Parce qu'au-delà des mots, derrière chaque décision, c'est la vie des hommes qui est en jeu. Et que les détresses réelles qu'elle croise chaque semaine, silencieuses et souvent très dignes, ces détresses-là, méritent bien mieux que l'actuel discours !

J’aimerai connaître votre avis. Moi, Je partage sans réserve ...

J’ai l’impression d’une agitation de salon autour des élections présidentielles, les appareils politiques se mettent en surchauffe, les militants s’agitent…Les patrons de presse poussent chacun leur leader, les groupes de pression font leur travail, on s’enflamme sur les forums, on découvre chaque jour de nouveaux prétendants que l’on félicite dès leur retrait, avant même qu'ils aient exprimé des propositions…

Et dans le même temps, j’ai le sentiment que le commun des mortels se sent exclu du jeu. Il se pose des questions sur son avenir, il voudrait faire bouger les choses, il sent qu’il faut évoluer, il aurait envie de vibrer dans un élan collectif… Et pourtant, il me semble terriblement distant de l’emballement médiatique !

Dans mon entourage, tous les gens raisonnables (et ils sont nombreux !) se disent inquiets, ils ne veulent se prononcer pour tel ou tel, se demandent même si ils vont voter… Alors, on a envie de crier aux responsables de tout bord, attention, vous n’allez pas du bon côté ! Mais sont ils, pris dans leur calcul, capables de nous entendre ?

Il reste quelques mois… Espérons… !

DSCF1651

( le mont blanc, de loin!)

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Commentaires
S
Bon, je ne vais pas recopier la réponse que j'ai faite chez... chez l'auteur de ce texte que j'approuve ! <br /> <br /> Pour partir sur ta réflexion personnelle, je suis assez d'accord là aussi. C'est vrai qu'il y a parfois un décalage entre les questions de tous les jours que se posent les gens et la sensation que certains "d'en haut" sont parfois à côté de la plaque, ce qui peut amener aux plus regretables erreurs... mais je n'irais pas plus lin sur ce sujet.
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V
Tu sais déjà ce que j'en pense. Ma... me semble avoir bien cerné le problème politique français.<br /> Comme je disais chez RDT, sur quelle pédale appuyer ? Sourire... vert...
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