Les pièces rapportées
Il y a quelques années déjà, je cherchais un tracteur d'occasion. Un copain me mit en relation avec un agriculteur de champagne. C'est ainsi que j'ai trouvé ce tracteur :
La ferme de cet agriculteur se trouvait sur une partie crayeuse. Une charrue était attelée. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que les versoirs étaient en plastique. La charrue était plus légère et le tracteur ne forçait pas beaucoup. Inimaginable ici ! C'est ce qui me décida à choisir celui-ci. Les sols de craie n'usent absolument pas les outils. Au contraire, nos sols de silice sont extrêmement corrosifs. Je change donc toutes les pièces d'usure au moins une fois par an pour ne labourer qu'un peu plus de 20 ha. C'est un handicap majeur, un sur-coût conséquent qui vient s'ajouter au moindre potentiel de rendement !
Regardez les socs sur la photo précédente et comparez les à ceux de la photo suivante, en haut bien sûr.
La peinture ne tiendra que quelques minutes ! Voici le résultat une heure après :
Je dois donc avancer les pointes, c'est le morceau de ferraille qui fait piquer la charrue en terre, toutes les deux heures. Je dois trouver l'équilibre entre les trois pointes de façon à ce que tous les versoirs travaillent de la même façon et à la même profondeur. C'est ce qui donnera un labour régulier, ce n'est pas toujours facile.
Je change les talons, les pièces noires sur la photo, tous les 10 ha. Les contre sept tiennent 20 ha à condition de les inverser à moitié. Les socs font un peu plus de 30 ha. Enfin je change les versoirs au bout de 150 à 200 ha. Voilà le prix du labour ici, le sol étant beaucoup trop abrasif. Toutefois, cette opération est indispensable pour enterrer les plantes adventices qui sont légions puisque nous cultivons de l'herbe...
Ce matin, j'ai donc passé deux heures à refaire la charrue ! Depuis je suis retourné à mon labour, heureux d'en avoir déjà fait un bon tiers. Et , je vous laisse !





