découverte...
Une toute petite brise souffle lorsque nous rejoignons notre cours de catamaran. Il y a de la brume au loin sur la mer, assez pour que les îles ne soient pas visibles. Mais aujourd'hui, on voit à plusieurs kilomètres. Les leçons théoriques de la veille sont assimilées et nous sortons les bateaux sans perdre de temps. Nous préparons les voiles, les nœuds n'ont déjà plus de secrets. Nous sommes impatients de partir naviguer.
Reste un petit cours théorique au tableau. Celui-ci n'est pas contraignant car les découvertes de la veille le rendent très concret. Il est vrai que savoir virer et surtout arrêter le bateau est utile. Rassurés et confiants, nous mettons enfin les bateaux à l'eau. Le vent venant de la mer, comme nous sommes le long d'une jetée, nous devons être remorqués pour sortir de la zone terre. 300 m plus loin , nous sommes largués et pendant plus de deux heures trente, nous sommes complètement autonomes. Le moniteur va d'une embarcation à l'autre sur un zodiac pour donner les consignes et conseils.
Très vite nous ressentons les sensations du vent. Nous patinons un peu au départ avec les voiles mais cela ne dure pas. La brise du sud, faible au début nous permet de nous acclimater à une navigation au "près" pour nous éloigner du bord de mer. Très vite, nous sentons les éléments. Nous repérons les risées sur la mer, signes du prochain redémarrage du bateau. Nous avons tendance à donner de trop grands coups de gouvernail. Mais rapidement, on comprend qu'il faut faire doux, tout va mieux...
Nous échangeons régulièrement les rôles avec Mme PH. Un moment à la barre, un moment aux voiles. Je ne vous dirai pas que nous ayons été vraiment "synchro" tout le temps. Il y a quelques reproches de part et d'autres. Pour éviter les discussions, nous convenons que le barreur est le "chef". Mais un chef qui reçoit tout de même les conseils de l'autre : Donc... Cette répartition des tâches me permet de comprendre rapidement pourquoi on nous avait dit que ces bateaux peuvent être source de disputes. En fait, la précision de réglage des voiles, la moindre variation de trajectoire se concrétisent immédiatement sur la vitesse du bateau. Les catamarans sont hyper-réactifs, hypersensibles et le moindre écart se paie cash sans que la faute soit définitivement imputable à l'un ou à l'autre. Une voile mal réglée et se sont des mètres perdus sur les autres bateaux. Mais pour un même réglage, un angle navigation légèrement décalé et hop, même sanction...
En cours de matinée, un petit vent d'ouest se met à souffler ! Un bonheur... Nettement plus amusant que le brouillard de la veille. D'autant que nous commençons à maîtriser les manœuvres et les réglages... Nous remontons au "près" derrière un autre catamaran à une allure sympa quand celui-ci "déssale" ( chavire ) ! Ce n'était pas un exercice mais bien une petite erreur ! Et vu par derrière, c'est impressionnant. Nous nous sommes "mis au cap" ( nous avons stoppé net) en quelques secondes, appliquant les règles du matin, le temps de les attendre. On apprend vite...Déjà, il faut rentrer, ce que nous ferons par nos propres moyens.
Depuis tout à l'heure, nous observons depuis la terre ceux qui nous ont succédé pour le cours de l'après midi ! Envieux et impatients de retrouver demain matin ces petits bolides des mers !
