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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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8 octobre 2013

Le paradis des vaches 3

Avant de passer, dans un prochain billet, au positionnement que nos productions devraient prendre, je vais terminer la visite du ranch américain.

Nous remontons dans le bus qui reprend l'autoroute. Le responsable du voyage nous annonce que le ranch a refusé que nous puissions visiter l'abattoir. Cela laisse la place à toutes les hypothèses...  Les abattoirs US n'ont pas bonne presse. On nous explique que l'on trempe les carcasses dans une solution chlorée pour les désinfecter... A Des Moines, on a mangé un soir du poulet qui avait un goût prononcé de chlore. Est ce vrai ?

Nous sortons à l'échangeur suivant. Changement complet de décor. Nous arrivons à une sorte d'oasis même si à gauche en roulant, la plaine est exploitée avec des cultures et de l'arboriculture Il y a des arbres, des palmiers, des constructions... Nous entrons dans un restaurant, celui du Harris ranch. En fait, il s'agit d'un complexe hôtelier pour faire la promotion du ranch. Il y a même une petite piste d'aérodrome pour ceux qui veulent venir en avion ( pas trop gros tout de même), on est aux US !!!

                google-restaurant

Je regrette aujourd'hui que les appareils photo numériques n'aient pas existé à l'époque. Je n'ai que deux photos dont une seule exploitable ici. Imaginez l'ambiance : Tout est fait pour rappeler la Californie, les vaches, les chevaux, la vie de ranch ( la vraie, celle des films, pas celle du feed lot )... Tout a été pensé pour que dès la porte on soit dans "une hacienda californienne typique". La volonté est de mettre les produits du ranch en valeur. La viande bien sûr, mais aussi les fruits... On veut faire croire à l'authenticité des produits en jouant du décor, des photos partout d'animaux dans de vastes pâturages, de chevauchées sauvages ( pas une seule du feed lot)... Le restaurant est immense, coupé par des séparations stylisées. On ne visite pas un musée mais on est en permanence dans un cadre porteur de messages forts !

                         restaurant

A table, on nous a servi une entrecôte.  Là, j'ai été convaincu que la viande de chez moi est un must ! Pas besoin de couteau pour couper le morceau. Une fourchette suffit. C'est le seul avantage de cette viande, archi hormonée : Une tendreté inégalable. Pas de goût, pas de saveur, si j'avais un bandeau sur les yeux je serai incapable de reconnaître une viande de boeuf... Sachant que la majorité des viandes US sont consommées sous forme de hamburger, cela n'a donc pas trop d'importance. Mas je regrette que ce voyage ne nous ait pas conduit au Texas. J'aurai aimé goûter un vrai T-bone, issu d'un animal fini à l'herbe... J'imagine que pour des questions de coût du voyage, on ne nous a pas servi des morceaux d'animaux haut de gamme. En servent ils pour des menus plus chers ? Ya t'il encore une production plus traditionnelle ? 

Enfin il y a une boutique dans le complexe, tournée vers la viande. Ils suivent les avancées technologiques puisqu'on peut maintenant commander de la viande en ligne qui est livrée dans tous les USA

J'ai rencontré quelqu'un, quelques années plus tard qui avait, lui aussi, visité le feed lot. Comme Jbg, il avait les mêmes réactions que celles que j'ai décrites, même conclusions ! Par contre, il m'a dit qu'il ne se visite plus. Même aux US, il y a des associations de défense des animaux ! Qui touchent des personnes influentes, comme sans doute le co-fondateur de Google qui a financé cette recherche, au motif de maltraitance des animaux... 

Comment rétablir notre image et éviter les amalgames  qui nous condamnent à tort ?

Écrire ? Décrire ? Faire visiter nos fermes ? ...

Communiquer autour de nos races allaitantes ou mixtes, nourries à l'herbe... J'y reviendrai.

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Commentaires
A
Passionnant reportage .Tu sais bien sortir les agriculteurs de leur isolement avec ton super blog.<br /> <br /> Il faudra que je me m'ntéresse on peu plus sur mon blog à la vie des fermes bourbonnaises .Bravo
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N
Si je peux me permettre une réflexion, à cette étape de votre série passionnante ;-)<br /> <br /> <br /> <br /> Vous dites "rétablir notre image", "éviter les amalgames", bref "communiquer"... J'ai peur que ce ne soit pas tout à fait à la dimension de votre problème.<br /> <br /> <br /> <br /> Face à ces industriels mondialisés de la viande, il ne s'agit pas, bien entendu, de les concurrencer sur les techniques de production. C'est perdu d'avance et je suis bien persuadé que ce n'est, de toute façon, pas du tout le métier que vous voulez faire (et la viande que vous voulez produire).<br /> <br /> <br /> <br /> Vous devez donc abandonner, définitivement, toute ambition de les concurrencer sur les prix de vente, puisque vous ne pourrez jamais aligner vos propres coûts de production. Et quand je dis "définitivement", il s'agit vraiment de faire son deuil de quelque chose... Et je n'ai pas l'impression que tous les paysans français aient bien compris ou soient prêts à ce "quelque chose"...<br /> <br /> <br /> <br /> Il faut assumer jusqu'au bout que vous êtes des artisans et que ce sont des industriels ! Mais ça ne veut pas du tout dire que vous êtes "économiquement condamnés" pour autant. Vos handicaps, ce sont le prix et les volumes. Mais vous avez un atout énorme: la qualité ! Et cette qualité est multiforme: gustative, nutritionnelle, environnementale et même... culturelle.<br /> <br /> <br /> <br /> C'est ça qu'il faut que vous appreniez à vendre. Et je dis "apprendre" car je pense que presque tout est à faire en la matière pour les éleveurs comme vous. Vous manquez presque totalement d'une véritable stratégie de markéting. Du vrai markéting, c'est à dire professionnel. Et une vraie stratégie, c'est à dire une effort pensé et programmé, constant sur la durée. Le tout "emballé" dans un calcul de rentabilité qui tienne la route, avec des investissements adaptés.<br /> <br /> <br /> <br /> Ça ne peut pas se réduire aux campagne de pub télévisées affligeantes que je peux voir depuis des années sur le lait, les fruits et légumes, ou le boeuf.<br /> <br /> <br /> <br /> En terme de markéting, cette stratégie consiste à "segmenter" le marché par la "différentiation" des produits. Cette stratégie justifie des prix de vente plus élevés, et donc, même avec des prix de reviens plus élevés eux-aussi, une marge supérieure. Mais tout ça, bien entendu, sur des volumes inférieurs.<br /> <br /> <br /> <br /> Regardez le marché du vin: la consommation française est en chute libre et les nouveaux producteurs à bas coûts "pullulent" aux quatre coins du monde. Il y a les vignerons qui ne s'en tirent pas, en Languedoc par exemple. Et il y a ceux qui s'en tirent brillamment, notamment à l'export, en Champagne et dans le Bordelais, par exemple.<br /> <br /> <br /> <br /> Les stratégies qui ont fonctionné avec le bordeaux ou le champagne ne se sont pas contentées de "communiquer", de "rétablir notre image", "éviter les amalgames"... et de quelques spots télévisés foireux et bâclés !<br /> <br /> <br /> <br /> C'est une stratégie de fonds, qui tient sur la durée: boire moins d'alcool, mais de meilleure qualité, et donc à budget égal, même si c'est plus cher à l'unité.<br /> <br /> <br /> <br /> Vous avez une réelle opportunité aujourd'hui, vous les éleveurs artisanaux français, pour développer une telle stratégie, à une échelle qui peut très bien être mondiale: manger moins de viande, mais de la bonne viande, de la viande française, élevée à l'herbe dans de beaux paysages!<br /> <br /> <br /> <br /> Dans les mains de vrais professionnels du markéting, c'est un boulevard! Vous apportez dans le même mouvement un remède à plusieurs des questions sociétales majeures du moment: les problèmes sanitaires (vache folle et cancers), nutritionnels (obésité et maladies cardio-vasculaires), environnementaux (effet de serre et nitrates), de pouvoir d'achat, et même culturels (ruralité, terroirs, paysages) !<br /> <br /> <br /> <br /> Vous commencez quand ? ;-)
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Y
Oui, "ouvrir" la fenêtre sur la ferme et les pratiques mais en ayant une communication adaptée et une écoute ciblée. Sans tomber dans l'excès "force de vente made in USA," comme le montre ce post hyper intéressant, il y a matière à sortir la production agricole de son isolement au sein de la société. Ton blog concourt déjà à cela.
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L
je pense que nous sommes passés à un stade supérieur à celui de "rétablir notre image", <br /> <br /> le problème est que les gens s'en foutent !!<br /> <br /> Ils ont bien trop d'autres choses à penser...
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