Le paradis des vaches 3
Avant de passer, dans un prochain billet, au positionnement que nos productions devraient prendre, je vais terminer la visite du ranch américain.
Nous remontons dans le bus qui reprend l'autoroute. Le responsable du voyage nous annonce que le ranch a refusé que nous puissions visiter l'abattoir. Cela laisse la place à toutes les hypothèses... Les abattoirs US n'ont pas bonne presse. On nous explique que l'on trempe les carcasses dans une solution chlorée pour les désinfecter... A Des Moines, on a mangé un soir du poulet qui avait un goût prononcé de chlore. Est ce vrai ?
Nous sortons à l'échangeur suivant. Changement complet de décor. Nous arrivons à une sorte d'oasis même si à gauche en roulant, la plaine est exploitée avec des cultures et de l'arboriculture Il y a des arbres, des palmiers, des constructions... Nous entrons dans un restaurant, celui du Harris ranch. En fait, il s'agit d'un complexe hôtelier pour faire la promotion du ranch. Il y a même une petite piste d'aérodrome pour ceux qui veulent venir en avion ( pas trop gros tout de même), on est aux US !!!
Je regrette aujourd'hui que les appareils photo numériques n'aient pas existé à l'époque. Je n'ai que deux photos dont une seule exploitable ici. Imaginez l'ambiance : Tout est fait pour rappeler la Californie, les vaches, les chevaux, la vie de ranch ( la vraie, celle des films, pas celle du feed lot )... Tout a été pensé pour que dès la porte on soit dans "une hacienda californienne typique". La volonté est de mettre les produits du ranch en valeur. La viande bien sûr, mais aussi les fruits... On veut faire croire à l'authenticité des produits en jouant du décor, des photos partout d'animaux dans de vastes pâturages, de chevauchées sauvages ( pas une seule du feed lot)... Le restaurant est immense, coupé par des séparations stylisées. On ne visite pas un musée mais on est en permanence dans un cadre porteur de messages forts !

A table, on nous a servi une entrecôte. Là, j'ai été convaincu que la viande de chez moi est un must ! Pas besoin de couteau pour couper le morceau. Une fourchette suffit. C'est le seul avantage de cette viande, archi hormonée : Une tendreté inégalable. Pas de goût, pas de saveur, si j'avais un bandeau sur les yeux je serai incapable de reconnaître une viande de boeuf... Sachant que la majorité des viandes US sont consommées sous forme de hamburger, cela n'a donc pas trop d'importance. Mas je regrette que ce voyage ne nous ait pas conduit au Texas. J'aurai aimé goûter un vrai T-bone, issu d'un animal fini à l'herbe... J'imagine que pour des questions de coût du voyage, on ne nous a pas servi des morceaux d'animaux haut de gamme. En servent ils pour des menus plus chers ? Ya t'il encore une production plus traditionnelle ?
Enfin il y a une boutique dans le complexe, tournée vers la viande. Ils suivent les avancées technologiques puisqu'on peut maintenant commander de la viande en ligne qui est livrée dans tous les USA !
J'ai rencontré quelqu'un, quelques années plus tard qui avait, lui aussi, visité le feed lot. Comme Jbg, il avait les mêmes réactions que celles que j'ai décrites, même conclusions ! Par contre, il m'a dit qu'il ne se visite plus. Même aux US, il y a des associations de défense des animaux ! Qui touchent des personnes influentes, comme sans doute le co-fondateur de Google qui a financé cette recherche, au motif de maltraitance des animaux...
Comment rétablir notre image et éviter les amalgames qui nous condamnent à tort ?
Écrire ? Décrire ? Faire visiter nos fermes ? ...
Communiquer autour de nos races allaitantes ou mixtes, nourries à l'herbe... J'y reviendrai.
