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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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14 janvier 2014

C'était bien un accident...

Vous vous souvenez peut être des problèmes que j'ai rencontré l'année dernière avec les génisses au vêlage.  Je pensais réellement à un problème de taureau donnant trop gros... Il y avait sans doute une part de cela mais pas seulement. 

Depuis plusieurs années, je pratique une sélection draconienne dans le troupeau. Je retire du troupeau reproducteur, toute génisse ou vache qui rencontre le moindre problème. La seule dérogation concerne les accidents comme une mauvaise présentation. Il faut dire que j'arrive en parallèle à avoir assez de génisses à potentiel pour renouveler. J'ai donc accéléré le mouvement et j'ai un taux de renouvellement élevé. Pour expliquer simplement le dilemme, il est beaucoup plus facile de faire vêler des vaches et plus risqué de le faire avec des génisses. De plus, les génisses ont moins de lait, elles sont donc pénalisantes pour les croîts quotidiens des veaux. Enfin, une primipare met toujours plus de temps pour revenir en chaleur donc la durée entre les deux vêlages dépasse l'année...

Donc, augmenter le taux de renouvellement, c'est prendre des risques. Ici, depuis 5 ans, je  tente d'améliorer la facilité de vêlage. Je pense que c'est un enjeu majeur dans notre production. Nous sommes de moins en moins nombreux, nos femmes veulent vivre  normalement c'est à dire avoir tout de même une vie sociale ou culturelle même si l'éloignement des stabulations ne peut être conséquent les 4 mois d'hiver. Les techniques de surveillance évoluent, donnant un peu de liberté mais la vraie liberté s'obtiendra par la sélection de souches vêlant très facilement. Le choix des taureaux compte mais ne suffit pas. Il faut des génisses performantes ! Donc je sélectionne mais c'est long, il faut 4 ans entre un accouplement et un premier vêlage du produit de cet accouplement...

La situation de l'année dernière m'a conduit à faire des choix compliqués. Je devais faire des entorses à mes règles pour avoir assez de femelles à mettre au taureau. J'ai donc gardé 2 primipares qui avaient eu des césariennes. Je me fiais à la taille du bassin ! J'appréhendais donc leur vêlage cette année... Je les ai tellement surveillé de près que j'ai pu suivre les vêlages minute par minute. Si je les ai aidé, c'est par formalisme, ne voulant pas les laissé peiner inutilement... 

J'ai donc eu la conviction que le problème rencontré l'année dernière ne tenait pas qu'au taureau du moment ou à la conformation des génisses. En fait, cet été, j'ai fait attention à la conduite du pâturage des génisses. On parle toujours de génétique mais c'est oublier que l'alimentation est sans doute plus importante. Ces deux dernières années sont anormales côté pluviométrie. Si le manque d'herbe est cruel dans nos fermes, trop de bonne herbe pour des mères porteuses qui n'allaitent pas, donc qui n'ont pas des besoins énormes, peut s'avérer dangereux car le veau profite plus que de raison. En ne m'adaptant pas suffisamment à la nouvelle donne météo, j'ai créé le problème. Une nouvelle fois dame nature surprend ! Cette année, j'ai donc tenu compte de ce risque et j'ai géré un peu au jugé ! On verra les résultats au final.

J'avoue que les progrès en matière de maîtrise du vêlage sont plus compliqués que ce qui est évoqué habituellement...

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Commentaires
A
Très intéressantes constatations .Mais cette gestion me paraît très difficile .Mon père ( 94ans ) disait, il y a peu , qu'il y avait moins de césariennes autrefois que maintenant .Mais il avait moins de vaches que son petit-fils .
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Y
Bien intéressantes ces observations sur la génétique et tous les à-cotés importants. Finalement, l'éprouvette ne suffit pas.<br /> <br /> Question : est-ce que l'impact de la qualité de l'herbe et de la difficulté à maîtriser ce paramètre, pourrait justifier la recherche d'une nourriture industrielle calibrée ?
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A
Je confirme ! Je me souviens de ma première saison de vêlages de jeune vétérinaire : dans un élevage, 11 césariennes sur un lot d'une 20aine de bêtes ayant largement trop profité de l'herbe...génisses surtout mais vaches aussi. Autre constat (lié ou pas ? Et comment ?), des durées de gestation légèrement plus longues, l'éleveur parlait de vaches qui "supportaient" 15j de plus d'après ses repères.<br /> <br /> Après ça reste de l'observation personnelle, je n'ai pas de données scientifiques sur le sujet.
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