Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
paysanheureux
Publicité
paysanheureux
Publicité
paysanheureux
  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Visiteurs
Depuis la création 1 444 156
Publicité
26 mars 2014

Paradoxe de la stratégie de nos filières bovines

Un message twitter a attiré mon attention ce matin: Une journaliste de RTL, Mme Le Henaff, met un lien vers un article de la France Agricole en qualifiant de " navrant" la position des ministres européens de l'agriculture. Le dernier paragraphe semble  surréaliste. Je ne peux m'empêcher de penser qu'il est plus le résultat d'un lobbying énorme que le résultat d'une étude sérieuse. Un peu plus tard, une apicultrice faisait remarquer, toujours sur twitter, qu'une mesure, bonne pour les producteurs et les consommateurs ne l'était pas pour l'agroalimentaire ou le commerce... Est ce qu'un étiquetage se traduit par des prix plus élevés ? C'est probablement vrai quand on triche sur le contenu ce qui est possible sans obligations d'être clair sur les ingrédients des plats cuisinés et pas que...

En parallèle à ce court débat, un reportage sur BFMTV, que je regardais en même temps, m'a fait réagir ! Pour illustrer le commerce avec la Chine puisque le président chinois est là, l'exemple de cette laiterie est impressionnant. Les chinois sont demandeurs de produits sûrs et dont l'origine est clairement identifiée, une origine appellation protégée, fournis par une coopérative localedans ce cas. Cela a permis de vendre 1,5 milliards de biberons aux chinois en 5 ans. J'imagine que ce n'est pas à vil prix !

En quelques minutes, deux informations montrent le paradoxe des choix politiques alimentaires européens et l'incapacité de la filière viande à évoluer. Sur le fond, rien n'interdit de communiquer sur les contenus. On pourrait imaginer des plats cuisinés à base de viandes très clairement identifiées comme provenant d'une filière label, d'une AOC ou d'une IGP. Des élèves d'une école de commerce ont même mis en évidence que cette garantie d'origine serait un vrai plus commercial. Bien sûr, le prix serait sans doute un peu majoré. Mais de combien réellement ? Quand on voit qu'on a retrouvé de la viande de cheval dans des lasagnes dites haut de gamme et donc vendues beaucoup plus chères que les premiers prix, on peut s'interroger sur les prix pratiqués au final au regard des prix d'achat de la matière première.

Quatre heures plus tard, l'acheteur de mon groupement était dans la cour. " J'hésite en voyant les cours à garder les vaches non suitées ?" Même si je n'en ai pas beaucoup cette année et qu'il m'est facile de les finir, je me pose des questions. Les cours restent anormalement bas au regard du nombre d'animaux qui sortent. Par contre les animaux maigres, destinés à des "engraisseurs" sont très courus. Est ce que cela vaut le coup de dépenser de la nourriture, d'attendre en trésorerie pour un résultat financier incertain. En entretenant des prix bas, nos abattoirs prennent le risque de nous décourager. " Il faut préserver nos outils !' J'entends bien, je serai tenté de partager mais est ce la bonne solution de toujours faire porter l'effort sur les mêmes ? Bien sûr, la situation peut se retourner dans quelques semaines quand il n'y aura plus rien sur le marché. J'entendrai à nouveau les propos rapportés l'année dernière en pareille situation. "Ils ne foutent plus rien""des bons à rien qui ne pensent qu'aux primes..." Oui, mais dois je prendre tous les risques financiers pour un résultat incertain ? Aux prix actuels, j'ai probablement intérêt à vendre en maigre. Autant d'animaux qui seront finis et abattus en dehors de la région, ce qui est dommage. La décision finale se prendra la semaine prochaine...

Il y aurait une tout autre stratégie possible. L'exemple de la laiterie de Montaigu donne la piste à suivre. On pourrait construire en s'appuyant sur l'image de nos produits. J'ai repensé à la visite des chinois dont j'ai parlé il y a peu. A ce qui nous différencie des autres productions du monde. Reconnaître à sa juste valeur notre travail, notre sérieux, nos normes et transformer cela en une vraie valeur ajoutée, capable de rénumérer justement l'effort nécessaire, peut être même sans subventions à moyen terme. Mais nous sommes à l'opposé de tout cela. J'ai une jeune vache finie à l'herbe en la laissant dehors tout l'hiver. Rien de la différenciera de celles finies à l'auge si elle part demain. Cela n'encourage pas à la qualité, on es toujours en phase production de minerai. Visiblement cela convient très bien à notre grande distribution pour laquelle le prix de la viande est le seul marqueur qui vaille. 

Il y a des solutions à moyen terme, il y a un potentiel incroyable mais il n'y a pas de volonté. Le lobbying à Bruxelles le démontre...

Publicité
Commentaires
Y
A souhaiter que l'arrivée de nouveaux marchés type chinois, "qualité" et non plus minerai, permettent cette évolution !<br /> <br /> Questionnements toujours intéressants mais je sens que tu voudrais un peu plus de concret ....
Répondre
Publicité