Le lamier...
Tout commence, il y a un bon bout de temps, au cours d'une réunion régionale sur les haies. Officiellement représentant des agriculteurs dans une réunion de gens investis dans l'écologie, je me faisais tout petit au fond de la salle. Les haies basses et les épareuses étaient sur le grill. Les avis opposés à ces engins allaient bon train. Des regrets étaient même évoqués, celui des haies pléchées ! Impossibles à mettre en oeuvre sur une ferme aujourd'hui, faute de main d'oeuvre. J'aimerai bien en faire quelques dizaines de mètres, pour garder la mémoire de ce travail titanesque mais vous comprendrez qu'envisager d'entretenir les 10 km de haies de la ferme de cette façon...
Je n'en menais pas large lorsqu'on m'a donné la parole. J'ai expliqué simplement la problématique actuelle dans les fermes d'élevage. Au fil du propos, l'atmosphère s'est détendue et le dialogue s'est instauré. Je crois même qu'à la fin, plus personne, moi compris, n'était sûr d'avoir raison et d'envisager une gestion uniforme. Suite à cette rencontre, j'ai fait évoluer la gestion des "bouchures" de la ferme. Le long de la route et du chemin, la conduite est en haie basse pour des raisons de visibilité, donc de sécurité. Idem pour une partie des parcelles de récolte. Ailleurs, j'ai alterné, haies hautes et haies basses. Un cinquième environ sont conduites en haies hautes aujourd'hui ?
Leur entretien a été rendu possible grâce à l'achat d'un lamier par l'entrepreneur qui broie mes haies. Il s'agit de 4 lames de scie circulaire montées à la place de la tête de broyeur. Elles peuvent couper des branches de grosse taille. La coupe est franche, nette et propre.
Le débit de la machine est impressionnant. On peut ainsi laisser monter des haies pour le plus grand bonheur des oiseaux ou des troupeaux qui sont mieux abrités des vents ou du soleil... Pas besoin de prendre des risques avec une échelle et la tronçonneuse pour couper les branches qui inévitablement recouvrent à terme la bordure et posent problème pour le passage des engins de travail.
Toutefois, la technique a ses limites. D'abord elle ne convient pas pour les haies d'épines, le risque de disséminer les épines dans les prés est réel. Dangereux si elles se retrouvent dans les foins ou enrubannées. Mais surtout, après une épareuse, la matière est broyée et sert d'amendement à la haie. Tandis qu'avec le lamier, le bois est au sol et il faut le reprendre...


