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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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16 mai 2015

la griffe du diable à Uchon et le pont du diable de Toulon sur arroux

J'ai trouvé un document racontant une légende locale, complétant avantageusement le billet suivant...

(D’après « Revue de Bourgogne » paru en 1911), http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k67147t.image.swf page 288

Au fait, voici la griffe du Diable qui n’est rien moins que rassurante. C’est une roche haute de trois mètres et mesurant douze mètres de tour, tombée, on ne sait comment, en équilibre sur un socle. Elle porte dans ses flancs une large empreinte produite par des érosions naturelles et qui ressemble à une griffe colossale. A ses pieds, l’amoncellement des pierres donne l’impression d’un caméléon apocalyptique préposé à sa garde.

DSC09760

 Comment une pareille mise en scène n’inspirerait-elle pas la légende ? Et celle que l’on conte est si vieille, qu’elle est, depuis bien longtemps, reçue dans la tradition. Pour Uchon, c’est de l’histoire. L’action se perd dans la nuit des temps, mais on sait qu’elle se passait à l’époque lointaine où les habitants de Toulon avaient décidé de jeter, sur l’Arroux, un solide pont de pierre. On procédait alors à peu près comme aujourd’hui, et plusieurs concurrents briguaient l’adjudication des travaux. Or, si le prix proposé paraissait rémunérateur, les conditions étaient dures. L’une d’elles notamment, plus dangereuse, fixait, pour l’achèvement du pont, un délai trop court à dire d’experts. L’inexécution de cette dernière clause entraînait retenue de la moitié du paiement.

Panorama pont du diabe copie

Effrayés par ces exigences, les entrepreneurs d’alentour s’étaient retirés les uns après les autres, peu soucieux de risquer la ruine pour un gain peut-être illusoire. Un jour, survint à Toulon une sorte d’aventurier, maître maçon ambulant, comme il s’en trouvait au Moyen Age, habile de son métier, d’ailleurs, et confiant en son expérience. D’où venait-il ? Du Nord, croit-on. Il menait à sa remorque une gracieuse enfant, sa fille, à qui de grands yeux bleus dans un visage pâle auréolé de cheveux d’or donnaient un charme indéfinissable.

A peine arrivé, le maçon s’enquiert. Il apprend qu’un pont est à construire, examine les charges imposées, et, plus audacieux que ses confrères, prend l’engagement de livrer le travail en temps voulu. Il se met à l’œuvre, engage ses ouvriers et pousse activement les travaux. Cependant, le temps presse et bien que l’arcade soit menée bon train sur ses étais habilement combinés, voici venir la veille de l’échéance fixée pour la livraison du pont, et, par une erreur incompréhensible, la clef de voûte manque. Il faudrait une énorme pierre pour combler le vide et parachever l’œuvre.

Où la trouver ? On n’en connaît pas sur place ; Uchon seule pourrait la fournir. Mais Uchon n’est pas proche et le transport d’une telle masse, si tant est qu’il soit possible, exigerait plusieurs jours. Le maçon perdra-t-il donc le bénéfice de son industrie ? Le pauvre homme se désespère et s’arrache les cheveux. Au demeurant, il n’était point dévot et plutôt que d’invoquer le secours du Ciel : « Holà ! S’écrie-t-il, Messire Satan, venez à mon aide, et vous n’en serez point leurré. » Rarement le diable se mêle ostensiblement des affaires des hommes. Il n’en finirait plus de répondre à tous les mécréants qui l’invoquent. Mais il a parfois son idée et se montre quand il lui sied.

DSC01668

Cette fois, Satan mûrissait un projet. Ce maître en laideur et en corruption voyait d’un œil haineux croître en sagesse et en beauté la fille du constructeur. Rebelle à ses instigations, la belle enfant nourrissait en son cœur l’amour le plus chaste pour un brave garçon qui secondait son père avec intelligence. Le jeune homme, violemment épris de ses charmes lui avait demandé sa main et tous deux, fiancés désormais, n’attendaient que l’achèvement de l’entreprise pour obtenir le consentement paternel.

Trop favorable était l’occasion, le diable parut. Dans sa hâte, il n’avait pas pris le temps de se donner une apparence décente. Aussi n’était-il pas beau ! Sa longue tête grimaçante, ornée d’une barbe de bouc, d’oreilles de loup et de deux cornes sinistres, ballottait sur un corps noir efflanqué, de stature colossale. Ses pieds et ses mains se terminaient en griffes, et, sur son dos, deux longues ailes nervées comme celles des vampires, se repliaient, au repos, avec un bruit de papier froissé. « Or ça ! Tu réclames mes services ? Je suis à toi, bonhomme ; mais rien pour rien, à bon entendeur salut ! »

Puis, de sa voix tantôt rauque, tantôt glapissante : « Je vois d’ici, parmi les roches d’Uchon, la pierre qui, sans équarrissage, sera ta clé de voûte. Demain je te la baillerai avant l’aurore. » Tremblant, d’abord, et médusé par la frayeur, le maçon s’était ressaisi. L’appât du gain l’endurcissait. « Oui bien, fit-il, mais qu’exigerez-vous en échange ? Mon âme, peut-être ? - Ton âme ne vaut pas qu’on se dérange. Non, ce qu’il me faut, c’est ta fille. - Ma fille ? Vous plaisantez, elle n’a point seize ans ! - Il me la faut, te dis-je, ou tire-toi d’affaire. »

Certes, le constructeur n’était pas un père modèle, mais la prétention du diable lui parut si monstrueuse, qu’il résista longtemps. Cependant, Satan voulait sa proie. Tantôt persuasif, tantôt menaçant, il fit tant et si bien que le malheureux père, grisé par ses promesses de fortune, se laissa tenter. Au bout d’une heure, il apposait sa signature sur le contrat livrant sa fille au diable, à condition que la clé de voûte lui soit apportée secrètement la nuit suivante, avant que le coq n’eût chanté. Satan avait partie gagnée. Satisfait, il étendit ses ailes et prit son vol en ricanant. A peine eut-il franchi l’horizon qu’un homme effaré surgit d’un buisson et prit sa course vers la ville. C’était le triste fiancé, involontaire témoin du marché criminel qui allait briser sa vie.

Haletant, il accourt près de la jeune fille, et lui conte tout ce qu’il vient de voir et d’entendre. Terrorisés, les pauvres enfants vont se jeter aux pieds de la Madone. Et soudain, le jeune homme se relève, une inspiration lui vient. Sans perdre une minute, il se munit d’un sac, glisse au fond le coq le mieux gorgé du bourg et s’élance vers le pays d’Uchon. Cinq lieues l’en séparent, mais le danger lui donne des ailes. Avant minuit, il atteint le sommet de la montagne et se blottit contre un rocher. La nuit est belle, la lune étend partout ses rayons blafards. Bientôt, un gigantesque oiseau de nuit grossit dans le ciel et vient planer sur la montagne. Il tournoie, descend et s’abat sur une roche comme un vautour sur sa proie.

C’est Satan. Il saisit le bloc entre ses griffes et, de nouveau, s’élève dans les airs. De sa cachette, le jeune homme a tout vu. Prestement, il tire du sac le coq endormi, le secoue et, bien en face de la lune, le perche sur le roc. Réveillé en pleine nuit, le chanteur matinal s’imagine voir l’aurore, et, de sa voix la plus claironnante, jette vers le ciel son cri de triomphe. Tout aussitôt déchire l’espace un affreux blasphème répercuté par les échos de la montagne. Dupe de l’ingénieux fiancé, Satan croit son marché rompu. Ses griffes se détendent, ses bras s’ouvrent et le rocher fend les airs pour retomber avec fracas sur le granit qui, depuis lors, lui sert de piédestal.

griffe du diable

Telle était la dureté de la pierre, que le choc ne la brisa point ; mais, la griffe du diable, brillant des ardeurs de l’enfer, s’y était incrustée. L’empreinte en est visible et demeure en témoignage de l’histoire. Vainement, au point du jour, le constructeur attendit sa clé de voûte. Satan fut infidèle et le maçon encourut la déchéance. Mais, tandis qu’il se lamentait, vinrent à lui les deux fiancés. La joie qui rayonnait sur leur visage avait assez d’éloquence. Et comprenant enfin son ignominie, le père dénaturé implora son pardon. Ici se termine le récit.

E. Fyot

Le pont mesure 140 m de long, il est divisé en 13 arches ! Il a été achevé en l’an 1140 !

L’ancienne lieue de Paris (avant 1674) =  3,248 km. A vol d'oiseau, Il y a environ 15 km entre Toulon et Uchon.

Un beau circuit, d'une cinquantaine de kilomètres, est possible en passant par la vallée de l'Arroux puis la Chapelle sous Uchon, Uchon (l'église et les restes du château), le carnaval... Puis le retour peut se faire par La Tagnière (On aperçoit un beau chateau), Dettey et Saint Eugène...

Suite à la remarque de Bernard, ma griffe parait bien petite. Il existe près de là, un rocher impressionant, que je ne connais pas et pour cause puisqu'il est sur une propriété privée... Une photo est là!

 

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Commentaires
B
Je connais cette légende,je l'ai entendu raconter plusieurs fois ,légèrement différente mais semblable dans les grandes lignes. Juste à la fin elle disait que lorsque le diable a entendu le chant du coq , un pied sur Uchon, l'autre sur le mont Dardon, de rage a "pissé" l'étang de Bousson et "fait" la montagne de Mont et reposé la pierre qui porte son empreinte<br /> <br /> Par contre le rocher que je connais n' est pas celui de la photo jointe au texte mais celle -ci <br /> <br /> https://www.google.fr/search?q=la+griffe+du+diable+uchon&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ei=q6xgVcHED4r1UprtgKgM&ved=0CEcQ7Ak&biw=1732&bih=781<br /> <br /> Aujourd'hui elle se trouve sur une propriété privée et n'est plus accessible au public<br /> <br /> Je vois que le texte est signé E Fyot, certainement Eugène Fyot qui est un aïeul de mes voisins, un tableau de son portrait trône dans le salon
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C
Une histoire à dormir debout, mais j'aime ça. Je connais cet ensemble de rochers, mais je n'ai pas su le prendre en photo.
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E
Merci PH pour ton journal, qui est un des tout premiers que j ai fréquenté, les infos et la paix heureuse des bêtes aux champs; résultat de ton travail <br /> <br /> la nature nous cueille, nous ravit après un morne hiver ;<br /> <br /> les aubépines en fleurs ,les marronniers pure merveille<br /> <br /> je me lance dans la ronde blogo http://epalobe.eklablog.com/ Bon dimanche
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A
J'adore les légendes et Toulon sur Arroux a beaucoup de chance d'en avoir une ..Cette griffe du Diable est superbe.Et si elle n'avait pas eu de légende , il fallait l'inventer.Votre pont n'appartient pas au Diable et ça c'est déjà pas mal ;o).<br /> <br /> Le Conseil municipal n'a ainsi pas de loyer à payer au Diable:-)<br /> <br /> La Bourgogne possède beaucoup plus de légendes que le Bourbonnais.<br /> <br /> Superbe, la revue de Bourgogne de 1911.J'en découvre du même genre à la médiathèque de ma ville ..<br /> <br /> Merci pour ces photos , cette légende et le circuit touristique <br /> <br /> N'oublie pas de dire aux touristes faisant ce circuit de passer vers la photo de ta barrière .
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Y
Elles sont belles ces histoires diaboliques qui ressurgissent de nos campagnes.<br /> <br /> Tout ça donne envie de se balader par les chemins creux pour découvrir le pont et tout le patrimoine alentours.<br /> <br /> Ici, dans le granite du 79, Puits d'enfer et Pas de la Vierge se répondent ...<br /> <br /> Un scientifique pourrait aussi raconter de belles histoire d'érosion, du temps qui passe et laisse ses traces même sur les roches les plus dures ...
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