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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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21 mai 2017

Des psychologues plutôt que des gendarmes !

Encore un drame pour rien ?

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Depuis ce matin, mes pensées vont à la famille de cet éleveur. J’imagine et partage aisément la peine ressentie. Je pense également aux gendarmes qui ont tiré. Eux aussi doivent se poser bien des questions. Sans doute auraient-ils mieux fait de le laisser s’échapper, il n’avait pas d’arme et ne menaçait personne… Mais peut-on juger sans avoir vécu la menace  de danger de mort ?

Comment un simple contrôle sanitaire du troupeau peut conduire à une mort ? Cette tragédie, parce qu’elle reflète une révolte personnelle, nous interpelle de par la disproportion de la réponse apportée à une détresse. Il me semble qu’elle doive être rapprochée des suicides quasi journaliers de paysans.

D’abord, une exploitation et un élevage sont des milieux clos au sens où la responsabilité s’exerce souvent en solitaire même quand elle est partagée à plusieurs. Le travail avec du vivant reste très aléatoire. A situation égale, tout peut mal tourner. Gel, grêle, épidémie ou sécheresse peuvent anéantir une année d’effort et de travail. Le paysan est bien seul face à l’adversité naturelle. Il se sent de plus en plus abandonné, contraint à en assumer seul les conséquences.

La responsabilité devient collective quand un trop grand nombre de réactions violentes, suicides entre autres, deviennent légion ! Je ne connais pas le cas précis mais je ne peux m’arrêter à la simple explication d’un accident ou du « pétage de plomb » ! S’introduire chez quelqu’un avec la force publique n’est pas neutre. Le motif doit être sérieux. Oui, le non-respect des règles sanitaires peut mettre en danger l’élevage d’une région mais de là, à n’envisager que la répression pour solution... Qui a vécu les contrôles en connait le côté humiliant et de suspicion de fraude systématique !

Cette année, la gestion collective des problèmes sanitaires a montré ses limites. « On nous enquiquine pour des maladies sans conséquences, si ce n’est commerciales, pendant qu’une épidémie aux conséquences parfois énormes, s’est tranquillement propagée dans l’indifférence technocratique ». Cela a creusé le fossé entre l’administration et le terrain, avec un certain discrédit de la première à nous protéger. Un ami a évoqué la rupture psychologique, conduisant au laissez aller vis-à-vis des règles, récemment dans un groupe de réflexion avec des non-agriculteurs ! Sa prédiction s’est réalisée de la pire des façons. Notre secteur est en crise depuis si longtemps. Quelles perspectives donne-t-on aux éleveurs ?

Ce drame m’émeut, comme chaque suicide annoncé, car j’ai le sentiment d’un échec évitable. Bien sûr, dans le cas présent, il n’était, sans doute, pas super clean dans son élevage, mais de là à agir par la force publique et le transformer en « terroriste »… La façon de faire des contrôles doit être revue. La panique qu’ils provoquent n’est pas normale. Dans tous les cas similaires, ce ne sont pas des gendarmes qu’il faut envoyer mais des psychologues, pour aider et non pour réprimer.

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Commentaires
J
J'ai été aussi choquée par cette réaction disproportionnée. Mais, d'un autre côté, les gendarmes doivent être à cran en ce moment, avec cette menace permanente d'attentats depuis des mois...<br /> <br /> Ils ont du avoir peur...à moins que des ordres venus "d'en haut", leur ont dit de "stopper ça très vite"...<br /> <br /> Il est vrai que les paysans, vous en voyez de toutes les couleurs avec le temps, gel, grêle, trop de pluie, trop de sécheresse, trop de nouvelles normes sanitaires, des cours qui vous font tourner la tête...Là, vous vouliez de la pluie. Vous l'avez...mais, me demande s'il y en a pas un peu trop à la fois. <br /> <br /> Pas étonnant qu'il y en a qui pètent les plombs.<br /> <br /> J'ai assisté mardi aux obsèques d'un éleveur nivernais, nouvellement retraité..<br /> <br /> J'ai été "estomaquée", non pas estomaquée, impressionnée, émue, devant le nombre de voitures garées un peu partout, des centaines. Que de paysans recueillis, des jeunes, des moins jeunes..On aurait dit que la région entière s'était donnée rendez-vous, là, pour se serrer les coudes, pour montrer qu'ils forment une grande famille..que, quand l'un de ses membres meurt, ils ont de la peine, qu'un maillon de la chaine (alimentaire !!!) vient encore de lâcher.. <br /> <br /> J'ai eu l'impression d'assister à un enterrement collectif, celui de nos campagnes.<br /> <br /> D'un autre côté, voyant tous ces paysans, je me suis dit :<br /> <br /> "on dit les campagnes mortes, mais non, la vie est encore là". Et, je vous avouerai que, malgré la tristesse ambiante, ça m'a un peu rassurée, car, à chaque fois que je vais voir ma mère, pas âme qui vive dans les bourgs de village...A chaque fois, j'ai le bourdon.<br /> <br /> Croiser des paysans sur leurs machines agricoles, au printemps, encore plus en été, donnent du baume au cœur. J'en ai salué plusieurs, heureuse de croiser des hommes jeunes...et puis, peut-être, avaient-ils assisté aux obsèques de DC...<br /> <br /> Si seulement nos gouvernants allaient un peu plus vous voir sur place, et comprenaient vos problèmes, (pas qu'au moment des élections), ptêtre qu'ils ne vous feraient pas autant de misères.
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V
http://www.causeur.fr/bourgogne-laronze-suicides-paysans-44746.html
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S
Pour ma part, je réfléchi à mettre mes compétences (pédagogie positive, confiance en soi, communication non violente) au service des instances agricoles afin d'apporter ma part du Colibri ; Et ma façon à moi, de continuer à participer dans mon milieu d'origine qui me touche toujours autant.
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C
Outre la problématique liée à l'activité agricole que tu évoques bien à juste titre et sans être au courant des circonstances réelles, il y a lieu en effet de se poser la question de comment on peut abattre une personne non armée et ne menaçant personne ? Autrement dit, cela s'apparente presque à une exécution ou j'ai compris de travers ? C'est donc extrêmement grave.
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B
Les paysans n'ont pas la vie facile .
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