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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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10 octobre 2017

A la veille de l'intervention du président de la république...

"Le discours : On n'aura rien ! Que veux tu qu'il fasse face au poids des centrales d'achat ? Nous n'avons pas de perspectives, c'est comme cela..." 

recherche-de-la-lumière

J'entends ces propos depuis plusieurs jours. ll est vrai que, même si on suit de loin, les nouvelles des états généraux de l'alimentation ne sont pas rassurantes. Le fait que M. Leclerc mène une guerre frontale face aux représentants des agriculteurs prouve que quoiqu'il arrive, il sabordera toute tentative de redonner un peu de revenu aux paysans. Même si chez nous, les directeurs des magasins de sa chaîne achètent la paix sociale avec une relation avec les éleveurs gagnant/gagnant ! Nous n'avons pas les moyens financiers de lutter en terme de communication. Dès que l'on va en milieu urbain, la posture de défenseur du pouvoir d'achat du consommateur, même s'il y aurait beaucoup à redire, fait mouche. 

Tout aussi déroutants et inquiétants sont les comportements de Mr Bigard junior ou du groupe lactalis. L'écho de leurs propos est énorme dans les campagnes et sape un peu plus l'ambiance, transformant ceux qui devraient être des partenaires économiques en ennemis jurés. En gardant secret certains comptes, ils évitent de devoir s'expliquer sur des pratiques commerciales très profitables. Dans le cas de la seconde structure, c'est un comble de voir le prix du beurre exploser tandis que le prix payé au producteur reste le plus tassé possible. La pénurie organisée reste le meilleur moyen de gagner un maximum en un minimum de temps, un classique... Il suffirait d'une contractualisation intelligente et honnête pour que la production de lait, donc de beurre, remonte très rapidement.

Notre sort reste donc entre les mains de commerçants devenus des financiers. Est ce que le pouvoir politique peut réellement changer les choses ? Quand on voit le refus de répondre à des parlementaires, malgré une loi les y obligeant ou des campagnes publicitaires nationales pour dénoncer des lois qui ne vont pas dans leur intérêt (pharmacie...), on a de quoi douter. Les vrais lieux de pouvoir économique ne sont pas chez les politiques. La LME était sensée nous protéger, elle a été détournée à notre plus grand désavantage. 

Pourtant, il y a des alternatives qui démontrent que tout n'est pas irréversible. Le succès du lait de "c'est qui le patron" en est un exemple. Je sourirai quand j'apprendrais que le groupe Leclerc le commercialisera ! Et oui, il y a des références obligatoires dans les magasins dont l'absence se traduit par des clients en moins. Le nutella est l'exemple de la force d'un produit! La marge du distributeur doit être une des plus faibles des magasins. Pourtant, aucun ne prendra le risque de ne pas en proposer ! Dans tous les cas où la distribution doit plier, c'est toujours sur un produit hyper identifié, difficilement copiable. Dans le discours de demain, je chercherai les petites lignes, celles donc personne ne parle mais qui peuvent changer les rapports de force. En clair, je ne crois pas à la possibilité de voir les prix à la production remonter en flèche par la simple bonne volonté des transformateurs et distributeurs. Par contre, à moyen terme, je crois à l'importance de l'étiquetage des produits alimentaires. Il doit permette au consommateur de savoir ce qu'il achète en toute connaissance de cause. Il suffirait d'une petite obligation de transparence intégrale des produits pour que ceux qui travaillent bien, donc à un coût supérieur, puissent se retrouver en meilleure position de vendre. N'est ce pas le consommateur, qui par manque de confiance sur les produits de base, se tourne de plus en plus vers le bio ? Bio, qui au passage, semble être très profitable à la distribution, comme quoi.

c'est-qui-le-patron

Un consommateur bien informé reste roi et peut redevenir le vrai maître du jeu...

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Commentaires
J
Dans un autre domaine, celui de la viande, j'ai entendu parler d'un circuit d'abattage où des éleveurs peuvent peser sur les conditions d'abattage de leurs bêtes : il s'agit de "Pôle Viandes Locales, dans la Creuse www.lesviandespaysannes.net
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J
Mr Leclerc brandit sa pancarte "tout pour le bien du consommateur". Tu parles, il devrait dire "tout pour ma pomme et celui de mes actionnaires"..Dire qu'il pense à nous consommateurs me fait doucement marrer. Comme si économiser 10 ou 20 20 centimes par semaine nous rendra plus riche si on achète son lait bon marché et pas celui des producteurs qui essaient de sauver leur peau.<br /> <br /> J'ai bien compris le questionnement de Sylvie..Qui n'a pas été dans le commerce ne peut pas comprendre ! Ayant été "petite commerçante", il était difficile de lutter face aux grosses franchises, même en y mettant la meilleure volonté du monde, car les frais fixes sont toujours là, eux.<br /> <br /> J'essaie, quand j'y pense, à acheter la fameuse brique de lait (pensez, vous qui la produisez à nous le rappeler, car pas facile de changer ses habitudes face à d'immenses linéaires de lait "bon marché" des Carouf and Co. On va souvent au plus simple sans se creuser la cervelle). Faut dire que votre lait, faut le chercher sur les rayons. Bien souvent, il n'y en a qu'une toute petite palette, voir juste quelques boites. Moi, c'est chez Carouf market. Votre lait n'est guère en bonne place)..Demain, je vais faire avec une belle crème maison pour mes invités...Dommage par contre, que ce ne soit pas commercialisé en demi-litre. Mais, j'en comprends les raisons, le prix de l'emballage.<br /> <br /> Je pense à mon petit épicier, ouvert 7j/7, de 7h30 du matin, à 22h...qui n'arrive à se prendre qu'un smic..Comment résister face aux mastodontes que sont les Leclerc and Co, qui nous matraquent de pub ? D'ailleurs, on devrait la limiter cette pub qui inonde nos boites aux lettres. Que de gâchis de papier !<br /> <br /> Ce n'est pas facile de changer les habitudes des gens...Mais, comme le bio (qui, bientôt n'en aura plus que le nom), petit à petit, on peut y arriver.<br /> <br /> L'histoire du beurre en pénurie, encore un truc inventé pour s'en mettre pleins les poches. C'est la finance et ses actionnaires qui mènent la danse. A nous, les consommateurs de les faire danser à notre tour. Mais, pour cela, il faut changer nos mentalités et nos habitudes. Paris ne s'est pas fait en un jour. A nous à nous y employer, nous les consommateurs. Je vois que Lidl commercialise aussi le fameux lait. C'est à mourir de rire...Qui va trinquer ? Les salariés comme d'habitude. Mais, bon, faut bien que quelqu'un soit sacrifié, hein !<br /> <br /> Je rigole...
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I
certes Sylvie, <br /> <br /> on n'a pas d'intermédiaire, mais on a des frais incompressibles : déja, nourriture et soins, ensuite en vente directe, pour ce qui est des produits frais par exemple : on a des labo de transformation, avec du matériel froid, du matériel de transport spécifiques, donc des frais de route..assurer la transformation, la commercialisation (c'est du temps aussi)...je fais de la vente directe de viande bovine, (dans un magasin de producteurs, et là nous avons des frais de fonctionnement, des salaries, location du batiment etc..)..<br /> <br /> <il faut aussi savoir que les grandes surfaces en proposant des produits de producteurs cherchent "à se faire une belle image", peut importe s'il perdent un peu là dessus , ils gagnent tellement sur le reste!!<br /> <br /> Pour avoir fait plusieurs fois des relevés de prix en grande surface, je peux vous dire qu'à qualité égale (pas sûr qu'un label soit de qualité égale, ça c'est un boucher qui a travaillé en grande surface qui le dit), donc à qualité égale, on est très souvent un peu moins cher , reste qu'on ne peut annoncer de promo fracassantes, (pas de quantités)..par contre on fait aussi vivre beaucoup de gens autour de nous , en local..<br /> <br /> j'espère avoir pu vous éclairer
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S
je me pose une question concernant la vente directe : pourquoi est-ce plus cher que dans la grande surface? les agriculteurs se plaignent de vendre à bas prix aux centrales d'achat qui s'engraissent sur leur dos.. pourquoi les agriculteurs en vente directe font des prix aussi élevés? pourquoi ne vendent-ils pas au-dessus de leur prix de revient, ça, je le conçois pour qu'ils gagnent leur vie, mais moins chers que la grande surface, puisqu'il n'y a plus d'intermédiaires? les consommateurs se tourneraient d'office vers eux s'il y avait un gain? c'est une question basique, mais ça m'interpelle.. <br /> <br /> un exemple, j'ai déjà acheté des fraises directement au producteur, et elles étaient plus chères qu'en grande surface! (même producteur et à qq kms de son exploitation! il leur a bien vendu beaucoup moins cher, non?) et à contrario il y a qq semaines, j'ai acheté du miel à un petit producteur qui me l'a vendu au prix qu'il le vendait à la grande surface à côté, j'ai payé un kg moins cher que 500g chez eux...même s'il "partageait" la différence de prix, j'irais directement chez le producteur.. c'est logique non?<br /> <br /> merci de na pas mettre en ligne mon questionnement si vous le trouvez trop bête...
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