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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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20 novembre 2017

le sevrage

Il faut bien s’y résoudre. La sécheresse et les températures douces donnaient l’impression  que l’été pouvait durer indéfiniment… Pourtant, la bascule soudaine vers des températures de saison nous ramène  aux réalités ! L’hiver arrive, il faut donc y préparer les troupeaux.

Sevrer s’imposait donc. Il était temps ! J’ai beaucoup évolué au cours de ma carrière pour réaliser l’opération. Au début, les animaux étaient attachés. Imaginez de jeunes animaux ayant vécu 8 mois en totale liberté avec leurs mères au pré. C’était un énorme rodéo, mobilisant 3 ou  4 personnes au moins. On devait donc prévoir le chantier à l’avance et rentrer les animaux coûte que coûte le jour choisi !

Aujourd’hui, c’est une opération que je réalise seul. Au fil des années, j’ai observé les comportements des animaux  et je l’ai intégré pour concevoir  une contention qui relie la ferme aux prés. Je ne force plus les mouvements, ils deviennent naturels. Il  y a des barrières de pré qu’un troupeau ne passera pas sans méfiance. Inutile de forcer , mieux vaut adapter les sorties aux bons endroits. En jouant avec les auges de mêlée ou le C15, je peux les attirer, sans problème, aux endroits stratégiques.. Mais le plus important est de respecter les horaires du troupeau. Etant seul, je peux m’adapter, d’autant que les opérations sont  très rapides. Je dois juste anticiper les positions des barrières et observer plusieurs jours à l’avance. Par exemple, un des troupeaux cette semaine, ne venait manger du foin au râtelier que par lot et plutôt le soir. La veille du jour où je voulais agir, j’ai espacé la recharge en foin et j’ai remarqué qu’elles venaient toutes le matin suivant… Je ne pensais pas que cela marcherait aussi vite et j’ai dû prendre le lot le matin et non l'après midi envisagé. En un quart d’heure, l‘opération  était bouclée. L’avantage énorme des stabulations est qu’on peut y mettre un lot, lui assurant le boire et le manger sans autre intervention…

Cette flexibilité est essentielle et permet de mieux nous organiser. J’ai donc réalisé la suite des opérations l’après-midi après avoir terminé celles du lot précédent rentré deux jours plus tôt. Je sépare les veaux que je pèse le plus tôt possible. Cette prise en main suppose des couloirs de contention très performants et beaucoup de patience. Les veaux sont encore assez « sauvages » et ne supportent pas d’être coincé dans une cage. C’est pourtant indispensable tant pour peser  que pour vacciner. En quelques jours, entre mouvements et distribution de nourriture, je crée un lien de confiance. Mais j’ai un problème récurrent, ne travaillant que seul, ils redeviennent  très méfiants dès que nous sommes deux ou plus à les manipuler ou même les approcher.  

Je laisse les veaux et mères dans des cases contiguës au moins 3 jours pour limiter les meuglements. Je fouille les vaches et les relâche quelques jours plus tard en créant des lots en fonction des dates présumées de vêlage… Je cherche à faire des lots de 16 à 18 vaches pour n’avoir à mettre qu’une botte de foin par jour par râtelier car on ne peut plus compter sur l’herbe. Au pré, il n’y a pas de concentration d’animaux donc pas de pression des maladies. Cela préservera les premiers lots des maladies néonatales que je rentrerai, si la météo le permet, aux premiers vêlages…

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Commentaires
F
Seul, c'est quand même beaucoup de travail...et de sport!<br /> <br /> Sevrer seul, ici, ce n'est pas possible en raison du parcellaire très morcelé et souvent éloigné des bâtiments de la ferme. Les troupeaux doivent rentrer par les routes et les chemins ou dans le meilleur des cas en bétaillère. On attend donc la main d'oeuvre disponible et on sèvre tout en même temps.<br /> <br /> J'espère pouvoir prendre le temps de lire les autres articles dont les titres m'ont paru intéressants...
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M
Toujours intéressant de lire vos expériences.
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