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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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25 septembre 2018

Pari risqué..

En année normale, au dire de mon père, il faut semer la pâture entre les deux dames, à savoir du 15 août au 8 septembre! Avec le réchauffement climatique, les choses ne sont plus aussi établies. Avec des températures à plus de 30°C en septembre, la crainte de "crâmer" les jeunes pousses incite à la prudence. En effet, une jeune pousse de pâture est fragile, au froid comme au chaud, pendant la quinzaine de jours qui suit la germination. Nos anciens visaient donc la fin des grosses chaleurs et voulaient éviter les premières gelées de début octobre....

"Nous n'avons plus de repères!" Serge en arrivant jeudi dernier pour semer me faisait la réflexion alors que nous échangions nos avis. Semis ou pas semis ? Le 8 septembre était passé mais les températures dépassaient toujours les 30°C ! Que faire ? Attendre ? Sur quels critères se baser pour changer de date ? La sécheresse est venue compliquer les choses. Comment travailler la terre, avoir un bon lit de semences pour assurer une levée rapide et régulière ? En année normale, les pluies font pourrir les résidus de la moisson. Un déchaumage, rapidement après celle-ci, permet de faire germer les graines soit de la céréale précédente soit des adventices. Un second passage en préparation finale, permet de les détruire et d'éviter des repousses poste semis qui sinon resteront tout l'hiver...

Choix cornélien donc. J'ai donc travaillé le sol, après chaque ondée pour conserver le peu d'humidité disponible. Aussi surprenant que cela puisse paraître, un binage protège le sol du dessèchement. Plus compliqué a été de préparer le lit de semence. Casser de la motte, quand le sol est sec, est compliqué. L'altenance d'outil à dents puis à disques a permis d'arriver à un résultat correct. Serge a semé et nous avons roulé ensuite...

Que vont faire les graines des autres plantes ? Problème qui aura sa réponse dans un mois. Sans un minimum de pluie, les adventices n'ont pas germé. Vont elles le faire maintenant en même temps que la levée de la pâture ? Si c'est le cas, je devrai faucher le plus tôt possible au printemps pour éviter les montées à graine. Mais avant cela, est ce que le semis va germer suffisamment tôt avant les gelées ? Double pari qui est loin d'être gagné...

Pourquoi parier ainsi et ne pas faire l'impasse sur le renouvellement de cette année ? D'abord pour avoir un assolement en ordre pour laisser la ferme si je peux prendre ma retraite l'année prochaine. Mais aussi pour refaire un stock de foin au printemps. Si la prairie réussit, ce sera un bon point. Si elle loupe, je ressèmerai en orge de printemps au printemps, en rattrapage. De toute façon, cette parcelle est "usée" au sens où il est temps qu'elle se repose en herbe. Donc le pari est un peu risqué mais pas totalement aberrant.

vernière-semis-pré-13-septe

Photo Marie et Olivier

Résultat dans 3 semaines... Un peu plus de 1500 € sont en jeu!

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Commentaires
P
Techniquement, il serait possible de le faire. Mais le problème de l'approvisionnement en eau se pose. Dans mon cas, cette année, il faudrait 1300 m3 ! Si je pompe dans mon étang (petit), je le vide et retire toute réserve pour les animaux... L'arroux (https://www.vigicrues.gouv.fr/niv3-station.php?CdStationHydro=K132181010&CdEntVigiCru=10&GrdSerie=Q&ZoomInitial=3&CdStationsSecondaires) En ce moment, c'est moins d'un m3/seconde :seul, cela ne se sentirait pas. Si nous faisons tous cela, on peut priver d'eau les villages et villes en aval... D'où l'arrêté préfectoral d'interdiction... Un barrage en amont ? On imagine les débats. <br /> <br /> De plus, c'est plutôt 60mm au minimum qu'il faudrait...On ne peut donc s'en remettre qu'au ciel !
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O
L'arrosage après semis est-il envisageable ? 20 litres par mètre carré, ça représente 200 mètres cubes d'eau par ha. Certaines familles consomment ça en une année, cela n'aurait rien de choquant de l'utiliser pour sauver un semis. Relier un épandeur à une grosse citerne ? avec des buses adaptées ? de l'eau pompée dans l'Arroux ? une journée pour faire 20 allers-retours pour remplir la citerne... C'est certainement irréaliste, mais je pars du principe qu'il n'y a pas de question stupide :-).
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P
Très bonne question ! Avant abandon, il faudra changer certaines pratiques et sans doute avoir moins d'animaux...
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H
A se demander si l'agriculture que vous pratiquez aujourd'hui sera possible demain...<br /> <br /> Par exemple savoir si avec l'évolution du climat vous aurez les même plantes, les même animaux sur vos terres...
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