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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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21 octobre 2018

"Papou, je vais te m'aider !"

Le bonheur !

Bien sûr, je sais que je vais être critiqué de ne pas avoir été présent à la manifestation organisée par une association du village. Il est compliqué d'être partout à la fois. Mais, une fois par mois, la priorité est ailleurs, je l'assume quoique disent certains..

mélée

Donc une fois par mois, l'ordre du travail journalier est réglé par PFPH ! Et j'avoue que je ne la raccourcirais pour rien au monde. D'un mois à l'autre, ses progrès linguistiques sont énormes mais le rituel reste le même depuis un bon moment. Il n'est pas question de sauter une étape... D'abord, il y a un PH tour très allongé. Non seulement, on distribue la mêlée, mais on y ajoute la recherche d'animaux sauvages. La chance était avec nous dimanche.  La richesse de la faune l'entousiasme. Ainsi, on a vu les canards sauvages, des hérons, une aigrette qui a eu beaucoup de mal à virer de bord à cause du vent violent, des lièvres, chevreuils et j'en passe... La pluie de glands, décrochés par une violente rafale de vent, a rebondis bruyamment sur le toit tôlé du C15, reproduisant un bruit de mitraille qui nous a beaucoup amusé... J'allais oublier les carpes de l'étang.

carpes

Il m'aide en portant un seau vide, presqu'aussi gros que lui, comme il tend du foin aux vaches qui rentrent manger la mêlée dans la stabulation. Le tour comprend même le repérage des tracteurs pour s'assurer qu'il n'en manque pas et vérifier le matériel attelé, sans doute pour reproduire avec ses jouets...

seau-vide

Avec la sécheresse, vient ensuite le chargement des râteliers. L'avant dernier WE où il était là, il a été frustré car je n'avais pas de bottes à mettre, je l'avais fait la veille. En rentrant à la maison, il a dit sur un ton de déception à sa grand mère "Papou ne m'a pas fait conduire le tracteur". Mais cette fois il a été comblé. Si les parents accompagnent le PH tour, ils sont maintenant exclus du tracteur. Cela me rappelle les mots d'enfant de mes petits frères qui disaient à mon père "Papa, tu pédales, moi je conduis !" Donc, je l'installe sur le siège à côté de moi et il tient le volant (moi aussi encore). Nous avons  mis deux bottes aux vaches sous la surveillance discrète des parents qui ont pris des photos... Les vaches n'étant pas là, je l'ai fait descendre pour enlever les ficelles. J'ai alors entendu la petite voix dire "Papou, je vais te m'aider!" Et un instant plus tard, il a pour la première fois utilisé le 'Pourquoi" pour connaître la raison d'oter les ficelles..

râtelier Hugo

Ne cherchez pas qui est le plus heureux des deux ! Quand je lui demande si "ça va?", l'immense sourire qui suit vaut mieux qu'une longue réponse. La narration à midi de tout ce qu'il avait fait le matin en dit long sur l'intérêt qu'il porte à la ferme et à la campagne. A tel point que sa maman m'a surpris lorsqu'elle m'a fait remarquer que ces découvertes seraient moins complètes pour les suivants (petits enfants) puisque je serai en retraite !!! " Ne t'inquiète pas, on la fera découvrir d'une autre façon. La nature, je la connaîtrai toujours..." Il est facile d'imaginer l'importance, en terme d'éveil, pour un petit garçon des villes, de cette immersion dans la campagne. Des études le prouvent...

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Commentaires
O
Quel bonheur de vous voir heureux avec votre petit fils !<br /> <br /> Je suis votre blog depuis très longtemps.....et je vous souhaite, malgré les aléas de la météo et l'incurie de ceux qui décident et ne connaissent rien à rien...de garder le cap et votre bon sens paysan.<br /> <br /> Merci pour tout.
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H
Quand je vois vos vidéos, je me souviens des odeurs de ferme de chez mes grands-parents. Ca me touche beaucoup.<br /> <br /> Ils étaient nés agriculteurs puis avaient du changer de métier, faute de terre (une histoire d'héritage). Mais ils avaient les lapins et la volaille et étaient auto-suffisants (comme on dit aujourd'hui) en légumes et fruits. Ils avaient aussi assez de surface pour faire de la luzerne, du foin, bref, limiter les achats.<br /> <br /> Je pense que c'est de là que vient mon attachement à la nature, à la ferme. Mais d'accord avec Olivier, ma mère en avait une autre perception. Pour elle, la ferme c'était trimer à désherber les légumes, à récolter, à nourrir les bêtes quand elle aurait voulu faire autre chose que ses devoirs (d'école). Alors que pour les petits enfants, les travaux des champs c'étaient "quand on avais envie". Même si, devenus grands, on n'hésitaient pas à donner un coup de main pour éviter que la grand-mère ne se bousille encore plus le dos.
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O
Une enfance à la campagne, ou à défaut des séjours réguliers, c'est merveilleux. On peux faire des cabanes, cultiver son propre jardin, découvrir sans cesse de nouvelles plantes, insectes, animaux, fabriquer nos propres jouets, inventer nos propres jeux. Enfant, j'ai eu la chance d'avoir eu à la fois la campagne, l'insouciance, la liberté d'explorer, d'observer, de rêver, et de partager cela avec d'autres enfants de mon village. Par contre, les enfants d'agriculteurs sont souvent très vite enrôlés dans les travaux de la ferme et, tel que je le perçois, perdent très vite cette si précieuse insouciance.
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C
Mes parents n'étaient pas paysans, mais je suis petit-fils ou arrière petit fils de paysans et neveu de paysans. Surtout, j'ai été immergé dès la naissance à la campagne à la ferme des mes grands-parents maternels reprise par mon oncle et ma tante. J'y allais au moins une fois par semaine et j'y ai appris beaucoup de choses avec les vaches (laitières), les lapins, les poules, la vigne, les vergers, les champs de diverses céréales, les prairies grasses ou les prairies maigres (en fait des pelouses acidiphiles) et même des landes à Callune commune... Beaucoup de fleurs à l'époque, beaucoup d'animaux sauvages, mon grand père et mon père chasseur...<br /> <br /> Et puis pendant les vacances, la ferme des voisins sur les dessus d'Autun avec des Charolaises et peu ou pas de cultures et des liens plus directs avec la foresterie au milieu de vastes domaines forestiers, l'étang, la pêche, les zones humides et faune, flore et végétation qui vont avec... Mais aussi, à fréquenter tout le monde qui travaille au milieu de tout cela, une imprégnation presque sociologique qui ne m'a certainement pas échappée.<br /> <br /> Je suis persuadé que tout en n'étant pas fils de paysan, mais quand même pas mal immergé aux portes des milieux naturels, je me suis orienté vers des études faisant la part belle aux sciences naturelles, d'abord avec les milieux aquatiques et humides.<br /> <br /> Je ne puis donc voir que d'un bon œil qu'un grand-père puisse accompagner autant son petit-fils dans de telles découvertes. Mon grand-père l'avait peu fait lui-même car déjà âgé et malade... Bravo et merci pour cette note qui me ramène dans mon enfance.
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F
Nos petits enfants c'est du bonheur !
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