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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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13 juillet 2020

Verts contre ruraux ? 4/4

Et si au lieu de se faire la leçon, on se parlait et surtout si on s'expliquait !

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Le sujet est si vaste que je ne sais par où commencer. Peut-être, en évoquant tout simplement, de petites expériences personnelles, sans paraître donneur de leçons...

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La première que j'ai envie de citer est un moment qui m'a marqué ! J'étais invité , je crois que c'était par le conservatoire des sites naturels du coin (pardon si j'éccorche le nom) lors de leur réunion annuelle. Quelques jours avant, je les ai rencontré. La discussion avait été sereine et nous avions, entre autre, évoqué le problème de l'entretien de pelouses calciques pour que cela ne parte pas en friches complètes. Ils avaient passé un deal avec un berger pour y mettre des moutons, la seule façon, après divers essais, de garder la richesse biologique, selon eux. J'arrive donc dans une salle de 200 personnes environ. Je me mets au fond, n'étant accueillit par personne. La gestion de la réunion me déconcerte un peu, des prises de paroles non vraiment organisées et un débat qui part un peu dans tous les sens. Le sujet était simple pour moi : Le gestion des Haies ! Pendant un temps qui m'a paru très long, j'ai tout entendu sur les haies, avec une charge systématique contre les agriculteurs, les épareuses, les tailles basses... Par moment, on avait l'impression que c'était à celui qui parlait le plus fort. Je crois que seul un maire avait osé prendre la parole pour faire remarquer qu'une haie d'épines prospérait mieux un fois broyée qu'en la laissant monter. La réponse avait été cinglante ; "Dans le temps, on plessait"! J'avoue, j'étais jeune, que je me faisais de plus en plus petit, que je n'avais plus envie de me faire connaître et que j'espèrai vraiment ne pas devoir intervenir ! Jusqu'au moment où... "Mais nous devons avoir un représentant des agriculteurs, s'il veut bien prendre la parole ! " J'ai maudit celui qui m'avait délégué ce rôle tout en comprenant pourquoi il l'avait fait, courage fuyons. J'ai donc pris le micro dans un silence impressionnant. Je me souviens d'avoir commencé par quelques mots disant "Vous avez sans doute raison sur beaucoup de choses, mais les freins pour les mettre en pratique sont ..." Je suis ensuite parti de mon expérience personnelle, de l'évolution des pratiques sur la ferme au fil des années, de l'aspect main d'oeuvre qui avait changé. Je n'ai pas été interrompu, ni contredit pendant toute mon intervention. Ils m'ont même applaudis à la fin. La réunion s'est très vite terminée ensuite après quelques questions qui m'ont été posées auxquelles j'ai tenté de répondre. J'ai été réinvité une ou deux fois au moins pour des réunions sur le même thème avec les mêmes intervenants ! Je ne suis pas sorti indemne tout de même et rapidement, j'ai réfléchi à comment faire sur la ferme pour avoir des conduite de haies hautes, partout où cela est possible ! Mais pas uniformément. J'ai même poussé très fort l'entrepreneur local à acheter un lamier, c'était un vrai pari économique. Quelques années plus tard, grâce à un ami député (nous n'étions pas forcément du même bord politique mais cela ne m'a jamais gêné pour travailler ensemble) nous avons poussé une mesure de protection des haies, y compris les basses, contre l'arrachage, par les CTE. Elle a été reprise en mesure PAC ensuite... Les épisodes caniculaires nous ont donné raison depuis avec le besoin de proposer à nos troupeaux des zones d'ombre et de protection... De même, on ne broye plus aux périodes de nidification. Demain, on pourra aller vers une production de copeaux toujours sur une partie de nos haies, qui serviront de litière, le paillage dans les jardins et vergers ou de chauffage !  Quand j'ai recroisé des intervenants de l'époque, il n'était plus question d'interdire les épareuses comme je l'avais entendu, mais d'en faire un meilleur usage, ce qui n'est pas pareil ! J'avoue qu'il m'arrive tout de même, en voyant l'emploi qu'en font certains, surtout en période de sécheresse, d'être très critique. Le risque est qu'ils soient montrés du doigt sur les réseaux sociaux comme si c'était une généralité !!!!

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L'année dernière, j'ai fait l'étude proposée sur Internet de l'évaluation du bilan carbone de ma ferme ! A force d'entendre que les vaches polluent avec les rejets de méthane, j'étais sur la réserve. J'ai donc rempli les cases avec rigueur. Finalement, comme les premiers résultats le montrent chez les éleveurs ici, le bilan est à l'équilibre. On stocke dans nos prairies largement ce qui est libéré par nos consommations de carburant, nos façons culturales et les rots de nos vaches. Je regrette vraiment que je ne puisse pas pousser plus loin. En effet, pour l'étape suivante, il faut faire une étude avec technicien, conseil... Payante bien sûr !!! J'avais imaginé tout autre chose. Je me suis dit que je devrais enregistrer des fermes fictives, puisque c'est nominatif, en faisant varier un critère à la fois et en gardant la base de départ. Si je change telle pratique, quel effet ? Je n'ai pas osé le faire. Si on veut faire avancer le monde agricole, je suis intiment persuadé qu'il faut qu'on lui fournisse des outils informatiques de réflexion et qu'on reconstitue des groupes d'échanges d'expérience. Aujourd'hui, le conseil agricole, qu'il soit privé ou collectif, est payant pour assumer les corps intermédiaires, même dans les milieux bio ! Avec Internet, on peut faire différemment. J'imagine un lieu d'échanges entre paysans, animé par des ingénieurs qui ne soient plus là pour donner leur avis. Ils animeraient le dialogue, mettraient en relation et  aideraient  chacun à se poser les bonnes questions au regard de l'expérience des autres, tout en garantissant la validité scientifique. Aucune ferme ne ressemble à une autre, par les sols, les animaux, le relief et LES FEMMES OU HOMMES qui en ont la gestion ! Il y a même d'énormes différences à l'interieur d'une ferme comme la mienne et c'est vrai partout. On ne peut rien transposer sans prendre des précautions !  Quand je parle d'études scientifiques, il nous faut tenir compte de la recherche fondamentale, des incidences économiques, des incidences techniques et des incidences sur le temps et la pénibilité du travail tout en intégrant qu'avec dame nature, la prévision est très aléatoire ! Beaucoup d'agriculteurs sont prêts à changer certaines pratiques, mais ils sont pragmatiques et ne veulent pas payer les pots cassés d'expériences malheureuses. D'autre part, ils veulent une approche globale de leur exploitation et non des idées lancées sur un seul point. Par exemple, on ne peut pas vouloir un monde végétale tout bio, donc sans fumure minérale chimique, sans élevage pour assurer une fumure organique minimale ! C'est une règle de base de la Nature, tout se transforme ! Face à la diversité extrême, elle suppose des bases de données énormes, partagées pour être alimentées.

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Pour en revenir à mon exemple "carbone", je me suis, bien sûr, interrogé sur ce qui pourrait l'améliorer. Faute de pouvoir facilement calculer ce que je pourrais faire, je suis obligé d'imaginer. Je sors des chemins techniques individuels abordés plus haut et suggère un plan national d'investissement pour l'élevage qui ait un impact réel sur le climat.  Le premier truc qui me vient à l'esprit est la méthanisation. Quel serait l'impact réel de la récupération du méthane perdu lors du compostage ou de la biodégradation des déchets verts de la ferme ? Je n'ai qu'un chiffre en tête, un calcul théorique : Le fumier de mon troupeau de vaches permettrait de subvenir aux besoins de quatre familles, chauffage compris. J'ai toujours pensé et décris ici, que la chaleur perdue par les tas de compost au moment où on les travaille est aberrante. Un raccordement à un réseau gaz est inenvisageable en campagne, loin des pipe-lines ! Pour le moment, il faut prendre des risques financiers énormes sans être sûr du résultat et seules de très grosses fermes peuvent le faire. Pourtant, imaginons des digesteurs à la taille d'une ferme, utilisant le fumier, les déchets des pelouses et des accotements des chemins d'accès (sur les routes, on a les déchets sauvages jetés des voitures et potentiellement toxiques pour les animaux) ! La chaleur chaufferait la maison, le gaz produirait l'électricité nécessaire et le reste compressé en biogaz alimenterait tracteurs et voitures ! Techniquement, ce n'est pas une vue de l'esprit, économiquement si. Pourtant, en bilan carbone, économie sur le fuel chauffage de nos maisons, économie sur les carburants de la ferme et usage personnel, économie sur la partie électrique achetée non décarbonnée... Mon bilan, ferme + perso, redeviendrait très positif ! Je pousse le bouchon en envisageant des panneaux solaires sur tous les bâtiments, d'élevage,  maisons et dépendances. Je pourrais exporter de l'énergie au même titre que j'exporte de la nourriture ! Mais dans ce dernier cas, le facteur limitant est surprenant : Je suis trop loin du premier transformateur et la nouvelle ligne nécessaire est à ma charge donc augmente énormément le retour sur investissement !!! De plus, EDF traîne des pieds pour faire les raccordements, prend des mois de retard et il faut un compteur spécial. Il faut ensuite des permis de construire et des études... Donc, pour le moment, ne rien faire est la seule solution. Lorsqu'on évoque un changement aussi profond que celui envisagé, les blocages ne viennent pas toujours d'où l'on pense. Si on fait sauter les monopoles d'état, y compris normatif, au profit d'une gestion territoriale collective, ici, on peut avancer très vite. Doublé d'un vrai programme d'isolation des maisons, le rejet de CO2 global des campagnes serait fortement diminué. Cet exemple tend à prouver que de vraies solutions existent, assez rapides à mettre en place, sans passer par de grandes sociétés lucratives ! Et c'est sans doute cela qui pose problème. Comme un autre, moins visible ; Les taxes sur l'énergie sont une manne financière pour l'état et je ne crois pas que la haute fonction publique ait envie de perdre la main ! Elle préférera des normes à l'initiative individuelle ! Je ne parle pas de ceux qui veulent interdire l'élevage pensant régler le problème !!!

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Mon expérience professionnelle a été marquée par des évolutions énormes des pratiques. Un autre exemple me vient à l'esprit ! Notre façon de gérer le parasitisme animal a totalement changé en 40 ans, sans pour autant passer par l'homéopathie. On nous poussait à la consommation d'antiparasitaires sans vergogne au début de ma vie professionnelle. On traitait contre tout ( douves, strongles...) systématiquement tous les 6 mois. Puis,doucement, on s'est rendu compte qu'il fallait renouer avec une certaine immunité  naturelle des animaux. Je suis incapable de chiffrer les efforts. Je fais beaucoup moins que moitié moins de traitements ces dernières années qu'au début. C'est général chez les éleveurs, ce qui est rassurant sur leur capacité à changer. Les vétos ont été déterminants dans cette évolution ! Et cela est encore plus spectaculaire pour l'emploi des antibiotiques. Les molécules de dernières générations sont réservées à la médecine humaine. Il n'y a plus d'emploi préventif et nous avons réduits l'emploi en curatif. Lors des deniers renversements de matrice, seule, une vache a en eu une dose. Malgré mes efforts pour améliorer la contention des animaux, elle avait trop souillée la matrice pour qu'il n'y ait pas un risque d'infection. On avait réussi l'impasse pour les précédentes... C'est pour cela que je ne supporte pas les interdictions strictes et que je crois à la prise de conscience des responsabilités de chacun. Je crois que globalement, on a réduit les antibios véto de 40% au moins en quelques années. Et on est toujours à la recherche de faire mieux. Mais les données globales sont trompeuses, j'aimerai vraiment recalculer la consommation de matière active par tonnage d'animaux, au niveau de ma ferme. Là encore, on verrait les écarts entre chaque système et on pourrait améliorer les pratiques. C'est trop facile de critiquer globalement, sans tenir compte des efforts individuels et de nier ainsi les compétences en mettant tout le monde dans le même sac.

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Les conditions particulières ici, avec 85 à 90 % de la surface agricole en herbe, font qu'on peut faire l'impasse fongicide assez facilement sur nos cultures.On a de gros problèmes une année sur cinq environ. Perso, je n'aime pas voir les plantes malades, tout comme je n'aime pas voir les animaux malades ! Je suis comme cela. Je veux garder la capacité de soigner ! C'est ma fonction d'éleveur animal et végétal. Quand qu'on dit 0 pesticide, je suis mal à l'aise ! J'ai tendu et je tends vers le 0 , sauf pour un herbicide par an sur mes céréales ! Et encore, la dernière année, j'ai réussi à ne désherber chimiquement que la moitié des 20 Ha. Mais cela a eu un coût carbone, avec labour, et plusieurs pseudo labours qui consomment beaucoup de gas-oil, usent des pièces et libèrent du CO2...  Je respecte beaucoup les agriculteurs bio. J'ai toujours essayé de piquer les bonnes idées pour limiter les pesticides. Mais lorsque je vois des parcelles de céréales avec ce mode de conduite, entièrement enherbées, où la récolte sera de quelques quintaux, je m'interroge : Ne gaspillons nous pas des moyens et du travail ? Quand de plus, l'agri concerné doit racheter de la paille, venant parfois de très loin ou à ses voisins en culture traditionnelle, je suis dubitatif et vous laisse juge. De même, quand les bio doivent acheter des fumiers ou fientes aux éleveurs conventionnels. J'ai failli passer en bio, je ne l'ai pas fait pour deux raisons : Un, je n'avais pas le temps de reconvertir ma ferme avant ma retraite. Deux, pour les raisons que je viens d'évoquer, m'interrogeant sur la pertinence de ne pas pouvoir sauver une récolte en utilisant occasionnellement des pesticides ou très peu d'engrais chimiques. C'est une vraie interrogation et non une critique ! Par contre, j'ai repris le leitmotiv de la confédération paysanne de la recherche d'un maximum d'autonomie ! J'ai déjà écrit dans le passé sur l'évolution des prix des intrants. Nous ne pouvons pas être soumis aux spéculations financières, honteuses depuis 2003 et surtout depuis la crise de 2008. En sus des taxes à l'état, il faut maintenant payer la dîme aux marchés financiers ! L'autonomie de production est donc un enjeu majeur pour moi. Cela se complique avec le réchauffement climatique et les sécheresses. J'ai fait des petits calculs dont les résultats m'ont surpris. Stocker des produits sur sa ferme, outre les économies de transport est très payant. Dernièrement, reprenant mes enregistrements de ma dernière génisse qui j'ai gardé pour nous, j'ai calculé que 95 % de sa nourriture ( en matière sèche) provenait de la ferme. Si on trouve une solution pour nous permettre de produire des protéines,  ce sera 100 % !!!! Quelques lobbys fabricant des aliments vont me bénir en lisant cela...

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La dernière expérience qui m'a fait beaucoup évolué est la communication sur Internet. Il ne m'est pas concevable de prendre des photos ou vidéos qui ne correspondraient pas à la réalité. En invitant les lecteurs à venir faire le PH tour, il n'est pas envisageable que la réalité ne corresponde pas à ce que je montre sur les réseaux sociaux. Je déteste les gens qui défendent des idées qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes ou chez eux ! J'en connais plusieurs même si je ne rencontre pas de people. Cela m'a conduit à devenir très rigoureux sur beaucoup de points, ce jusqu'au bout ! La relation à l'animal est sans doute ce qui a le plus changé. J'ai appris la patience, ne les forçant plus en courant derrière pour les faire sortir d'un pré ou charger en remorque. J'ai appris à prendre le temps de m'émerveiller en cherchant le meilleur angle photo ou en essayant de saisir un moment précieux. Cela n'avait pas la même importance auparavant car je ne devais pas le transmettre. Et puis, il y a eu vos remarques qui obligent à se poser la question du pourquoi je fais cela. Je crois que tous ceux qui font de la vente directe ressentent la même chose. En réalité, c'est là, vous urbains que vous pouvez intervenir. Votre regard, s'il est là de façon constructive, peut être une façon de nous interroger. Trop de choses deviennent si routinières qu'on ne se pose plus la question du pourquoi on le fait. Le fait de devoir l'expliquer pousse à la réflexion et parfois à changer. On en revient à l'expérience du premier paragraphe...

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Au lieu de rabâcher un discours tout fait, les verts urbains devraient venir nous rencontrer ! Et nous, nous devrions nous poser, avec eux, les bonnes questions. Les sujets évoqués ne sont pas exhaustifs. Mille autres mériteraient d'être abordés. Je suis frustré de devoir m'arrêter là cette fois. Nous avons besoin de communiquer avec toute la société ! A l'inverse, je souhaite vous faire vous questionner sur l'efficacité de tous les interdits envisagés, de voir toutes les évolutions positives nécessaires pour envisager d'autres pistes. Et j'espère surtout vous avoir convaincu que de vrais progrès pour lutter contre le réchauffement ne sont pas évoqués. Imposer des repas végétariens, hormis pour ceux qui mettent les animaux à l'égal des Hommes, est une hérésie. Derrière tout cela, il faut également que notre profession ne s'attache plus à la seule taille du tracteur  pour juger de sa réussite mais au produit final dans l'assiette du consommateur, comme un viticulteur peut être fier de faire goûter son vin.

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Car l'échec des dernières politiques agricoles, au regard des revenus des agriculteurs, n'est pas un problème de techniques ou de systèmes mais tient au fait que le consommateur, sorti de quelques produits identifiés, ne peut pas choisir en fonction d'autre chose que le prix ! La transparence intégrale pour les produits alimentaires est donc la clef ! Même si cela ne représentera pas 100 % des actes d'achat.  Mais là, beaucoup de lobbys vont m'en vouloir, surtout nos grands commerçants ! On voit que la dernière loi est déjà contournée et sans effets, pourtant ceux qui l'ont porté ont essayé, sincèrement...

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L'exemple des oeufs, sur ces 5 dernières années, devrait inspirer tous ceux qui se penchent sur le berceau agricole. Surtout quand ils ne connaissent pas !

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Commentaires
Y
J'aime beaucoup votre blog qui est un exemple de raison contrairement à beaucoup de choses que l'on voit sur le net.<br /> <br /> Peut-être que le format blog impose aussi le temps de la réflexion là où les médias genre twitter sont plus dans l'immédiat et on vire à celui qui criera le plus fort.<br /> <br /> Verts contre ruraux, c'était quelque chose que je ne pouvais pas imaginer dans ma jeunesse quand j'ai découvert l'écologie. Pour moi l'écologie c'était -pour résumer- en parfait accord avec une agriculture intelligente et la nature, un peu comme celle que pratiquait mon grand père à sa retraite: un minimum de pesticides parce que ça coûtait cher et uniquement s'il y avait de gros risques, un tombereau de fumier une fois l'an et du travail toute l'année avec une auto-suffisance en légumes. On avait intérêt à aller récolter les haricots verts si on voulait manger des fraises au dessert!<br /> <br /> Et puis j'ai d'abord découvert des agriculteurs méprisants les écolo, les accusant de ce qui serait l'équivalent aujourd'hui de "bobos". La faute probablement à l'industrialisation de l'agriculture d'après guerre. Puis j'ai découvert des écolos traitant les agriculteurs de massacreurs de la nature, trompés par des images sorties du contexte... ou parce qu'ils avaient été confrontés à de l'agriculture de production industrielle dans toute son horreur. J'ai découvert des algues vertes et j'ai découvert des gens qui refusent de tuer un moucheron même ceux responsables des myiases.<br /> <br /> Je me souviens aussi de la fois où un agriculteur m'avait expliqué son sentiment délétère de n'être qu'un mendiant de la CEE, obligé de planter ci ou d'élever ça en fonction des aides que des fonctionnaires européens allaient lui verser. Ce sentiment terrible qu'il était inutile, bloqué dans une guerre qu'il ne pouvait pas gagner contre de la concurrence déloyale. Car il est vrai que si en Europe on respecte (dans l'ensemble!) les règlements, comment tenir face à des pays où la production se fait en massacrant l'écologie locale. Les prix ne peuvent pas assurer. Et même en faisant du bio, avec les prix qui vont, comment vendre si les citoyens n'ont pas, eux non plus, les moyens d'acheter car leur travail est concurrencé par le travail fait dans des pays où le respect de l'humain n'existe pas.<br /> <br /> Je vous rejoins aussi sur la nécessité de la recherche.<br /> <br /> Il y a quelques temps, puisqu'on crie haro sur le glyphosate, j'ai regardé la fiche de ce produit. J'ai été surpris d'apprendre qu'il avait été initialement découvert en 1950 (et son activité herbicide en 1970). Cela fait donc 50ans que ce produit existe et on a jamais découvert rien de mieux? De plus efficace et moins dangereux?<br /> <br /> Je ne sais pas quand son action exacte a été découverte mais on sait aujourd'hui que le glyphosate fonctionne en bloquant une enzyme présente chez les végétaux (et certains micro-organismes) nécessaires à la synthèse de certains acides aminés. Si je comprend qu'en 1970 on ait du procéder au hasard pour trouver un herbicide, je suppose qu'aujourd'hui on sait analyser l'ADN de végétaux et donc cibler une enzyme spécifique en créant l'antagoniste ad-hoc. Est-ce pour des raisons de coût, de monopole que cette alternative n'a jamais été développée?<br /> <br /> Rejeter totalement le phytosanitaire me semble aussi absurde que de rejeter les médicaments. D'un autre coté, il me semble nécessaire de minimiser l'impact de l'agriculture sur l'environnement.<br /> <br /> D'ailleurs, ce point m'en évoque un autre: on parle souvent d'agriculteurs comme d'une entité monobloc. C'est aussi sot que de dire que tous les écolos pensent la même chose. J'imagine mal comparer un "paysan heureux" qui s'arrange pour faire de son mieux et une ferme "industrielle" en Chine.
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C
Depuis que je lis ce blog, j'ai souvent été épaté par ton ouverture d'esprit. Je n'ai pas toujours été d'accord avec tout, mais le fait est que j'ai pu voir au fil du temps, de nombreux points de convergence, de sujets d'intelligence à exploiter. Tu en fais une nouvelle fois la démonstration avec cette réflexion en quatre épisodes. J'aurais beaucoup de choses à dire sur chacun des sujets, mais je ne vais pas m'y mettre. Je pense que des échanges verbaux seraient plus simples, directs et plus intéressants. Je voulais le dire hier, mais finalement, c'est toi qui insiste beaucoup sur le sujet et cela ne m'étonne pas.<br /> <br /> Pour en revenir sur l'opposition entre les ruraux et le monde agricole d'un côté et les "verts" ou "écolos" citadins (des très grandes villes) de l'autre, je crains qu'il ne soit une caricature, mais en grande partie exacte. En tant que scientifique naturaliste, je vois les deux mondes s'affronter bien souvent, avec énormément de postures d'un côté comme de l'autre, notamment de la part des militants ou politique d'un côté ou les représentants du syndicat dominant de l'autre. Tout cela est bien souvent affligeant. J'ai déjà eu l'occasion de te le dire, je trouve que l'on doit dépasser tout cela de manière non partisane, en faisant entrer dans le débat la raison, les sciences (y compris sociales), les technologies... Et PARTAGER les expériences des uns et des autres. Personnellement, je vois combien je vois les choses différemment de beaucoup de mes homologues parce que depuis enfant, j'ai perçu d'assez près l'élevage, que j'ai vu les choses évoluer, qu'il m'arrive encore de discuter avec des paysans (pas assez à mon sens). Pour dire qu'entre personnes d'expériences, de connaissances, on peut s'enrichir des autres, toujours et encore et pas se contenter de ses propres acquis assénés comme des vérités premières, ces dernières étant d'ailleurs les prémices des obscurantismes de demain. Il faut donc évoluer, progresser de concert et ne pas passer son temps à s'invectiver. Je n'ai pas le pouvoir de faire en sorte que les gens échangent, discutent, s'améliorent les uns les autres, mais, ce serait tellement bien.<br /> <br /> Bravo pour cette série. Quelque part, je regrette de ne pas travailler près de chez toi (même si je connais pas mal les paysages dans lesquels tu évolues, ayant des ancêtres entre le Haut Morvan et Autun), car on aurait pu, peut-être, mettre en place des choses, sans forcément passer par les instances officielles, qui elles sont souvent la meilleure façon de ne pas avancer, hélas.<br /> <br /> Bonne continuation.
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O
Ton blog contribue à connecter des gens de milieux différents pour établir un dialogue et éviter une polarisation toxique. Le lire régulièrement m’a évité de dériver vers une position trop intégriste en faveur de l’agriculture bio, bien que je continue à manger bio pour peser sur l’utilisation des pesticides. Le mépris entre citadins et ruraux est souvent à double sens. Je vois souvent sur twitter les agriculteurs appeler systématiquement « bobo », c’est à dire « bourgeois Bohême » les consommateurs de produits bio (donc moi). C’est extrêmement insultant et cela favorise les clivages. <br /> <br /> Mais ces clivages existent aussi entre ruraux. Je parcours la campagne à vélo en toute saison. Je passe par des chemins de champs, des prés, des petites routes, des forêts, des villages. Je m’arrête souvent pour discuter avec les gens que je rencontre. Hier par exemple, j’ai fait deux arrêts pour discuter avec deux dames qui s’occupaient de leurs potagers à deux kilomètres de distance l’une de l’autre. La première est agricultrice à la retraite et je pense qu’elle et son mari ont utilisé des pesticides naguère. Aujourd’hui ils mangent bio, quitte à acheter leur pain en supermarché parce-que les boulangers de proximité ne proposent pas de pain bio. L’autre dame, également retraitée, est fille d’agriculteurs. Elle me disait être effarée par la taille des engins agricoles qu’elle voit sur la route et dans les champs autour de la ferme familiale exploitée par un « entrepreneur ». Les gens que je rencontre, pourtant directement issu du milieu agricole, sont le plus souvent très critiques à l’égard des pratiques actuelles. Quand à ceux qui sont effectivement sur ces immenses tracteurs, ils sont tellement affairés que je n’ai jamais l’occasion de leur parler.
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