Que dire ? Où sont passées les valeurs humaines ?
« Tu vois PH, Maman est là, à 50 m et je n’ai pas le droit d’aller la voir ! ». J’accompagne mon ami qui offre des produits de sa ferme à la banque alimentaire de la ville voisine. Les locaux de l’association sont dans une partie de l’ancien hôpital tandis qu’une autre partie reste occupée par le service de long séjour.
Avec la crise de la COVID, la maman de mon ami, hospitalisée depuis plusieurs mois, n’a droit qu’à une seule visite par semaine, d’un quart d’heure seulement, pour une seule personne ! Ses trois enfants ne peuvent donc la voir qu’une fois toutes les 3 semaines, un quart d’heure !!! Pire la sœur de mon ami, dont c’est le tour cette semaine, lui apprend que ce sera la dernière visite pour cette fin d’année et que la suivante sera en janvier !
Si je sors de mon silence, sans demander l’autorisation à mon ami de parler, c’est parce que je suis outré du sort que nous réservons à nos anciens et nos malades. Imaginez-vous en hôpital ou en EHPAD, soumis à un tel régime. Un quart d’heure pour une seule personne, une fois par semaine ! Je ne sais pas qui prend ce genre de mesure ? C’est tout simplement inhumain !!! Le pire est que la maman a tout de même eu la COVID, ces dernières semaines, sous une forme asymptomatique heureusement. Cela apporte malheureusement la preuve de la limite des mesures prises. Pourquoi ne fait-on pas des parloirs avec des parties séparées, étanches l’une de l’autre, par exemple ?
Je défends becs et ongles le respect des gestes barrière depuis le mois de mars ! Je fulmine intérieurement devant le laxisme de certains dans nos villages, commerçants compris. Mais trop de discours contradictoires de nos sachants ont brisé la confiance dans les mesures annoncées par nos technocrates, compromettant la rigueur d’application indispensable de la part de tous. Trop d’annonces du corps préfectoral, relevant du détail dans la déclinaison pratique, brouillent les messages et font perdre de vue l’essentiel. Trop de circulaires sans fin, écrites par des cadres administratifs de ministères qui trouvent là une raison d’exister, comme par leurs relais régionaux, outrepassent leurs rôles. Toutes ces mesures ne masquent même plus leur incompétence, face à un virus dont ils ne connaissent rien. Cette même administration a détruit toute humanité dans nos hôpitaux en les désarmant depuis des années. Ces mêmes sinistres personnages restent en place, pérorent dans les médias, mettant le monde politique à leurs bottes, hormis le très grand chef. L’unique boussole est la statistique journalière du nombre de malades ! Toute perspective ou idée ne venant pas du sérail parisien est écartée (je pense aux tests rapides systématiques à très grande échelle comme en Autriche) !
10 jours pour se rendre compte que les chauffeurs routiers étaient livrés à eux-même dans des conditions d'hygiène catastrophiques
Il est indispensable de protéger nos anciens et nos malades. Mais plusieurs cas dans les hôpitaux et EHPAD dans notre région démontrent que trop de règles édictées tuent la règle, alors que les personnels de santé font un boulot impressionnant mais n’ont pas droit au chapitre ! Il en va de même au sein de l’éducation nationale. Il serait temps de se remettre en cause, de permettre un retour à un peu de chaleur humaine au sein des établissements médicaux, de faire confiance au bon sens de terrain. Pour lutter contre une telle pandémie, garder le moral, comprendre les objectifs, adhérer aux mesures est primordial !
Au terme de 9 mois de « guerre » contre le virus, le bilan n’est pas fameux. L’échec est directement imputable à notre administration, qui convaincue de sa supériorité, a perdu toute logique de gestion. Elle a perdu le citoyen en route : Résultat, au moins 50% des français ne pensent pas se faire vacciner. Une hérésie par rapport à la lutte contre un virus puisque le vaccin est la seule arme efficace. Une défiance compréhensible après la cacophonie autour des masques, puis de la seconde vague, puis des tests… On est piégé au milieu de la tempête, balloté au gré des « vagues » qui vont se succéder, sans être certain qu’un cap ait vraiment été choisi pour nous ramener à une accalmie durable ! Pourtant, il parait que « gérer, c’est prévoir » !
Les conséquences sociétales (tout comme les violences du samedi) de cette perte de contrôle m’inquiètent, peut-être plus que le risque d’être malade…
Le souci du détail !!!!

