Les premiers jours de ma vraie retraite, déjà la COVID…
Tout a commencé au cours de vacances en février 2020 sur la côte d’Azur… Depuis plusieurs semaines, Mme PH est très inquiète et scrute les informations concernant le virus chinois. C’est devenu l’unique sujet de préoccupation. Je suis officiellement en retraite depuis 3 mois mais mes deux dernières vaches sont parties 2 jours plus tôt seulement. C'est la première fois depuis 40 ans que je peux quitter la ferme à cette période. Ce devrait être les premiers jours de ma nouvelle vie, sans contraintes, mais une petite voix nous susurre à l’oreille que les nouvelles de Chine sont très inquiétantes.
Drôle de vacances ! Aux promenades en bord de mer succède un autre but de sorties, plutôt original. Nous écumons toutes les pharmacies de la région à la recherche de masques. Nous faisons tous les rayons bricolage spécialisés. Il faut dire que l’hygiène pour une chirurgienne est fondamentale. Imaginez les conséquences du moindre microbe introduit dans votre corps au cours d’une opération ! Habituellement, aux blocs opératoires, les masques sont fournis par l’hôpital, ce ne devrait donc pas être une préoccupation mais il y a le cabinet… Notre collecte est peu fructueuse et pour rassurer ma tendre, nous nous écoutons les discours rassurants des politiques : Il y a la réserve nationale…
Je n’ai pas trop de mal à comprendre les enjeux de cette quête. Sans jamais interférer dans les conseils de mes vétérinaires, Mme PH était très au courant de ce qui se passait sur la ferme. Il n’y a pas eu de longs débats lors des épidémies qui ont traversé mon ou plutôt notre troupeau. Elle a toujours conforté les décisions vétérinaires : face aux virus, il n’y a pas quarante méthodes : la quarantaine et les vaccins en préventif, la protection la plus efficace. Puis essayer d’atténuer les effets d’une infection en évitant les surinfections ou en soutenant les organes attaqués avec des médicaments, en espérant que l’organisme tienne le coup.
Au cours de ces vacances, nous n’irons pas au théâtre pour nous rassurer, nous évitons les endroits bondés, ce qui est facile en cette saison de février 2020 dans cette région… Mme PH commence à douter sérieusement de l’efficacité des décisions et discours de nos responsables politiques. Elle est horrifiée des interviews sans aucune précaution de personnes arrivant de Chine, qui ensuite se promènent librement dans la population, livrées à elles-mêmes. On peut comprendre le soulagement pour eux de retrouver leur foyer, c’est légitime, mais quelle inconscience de ne prendre aucune précaution ! Pour elle, la distribution de masques devrait déjà commencer par prévention, tout comme la mise en place de quarantaine réelle et stricte des proches dès qu’un cas est avéré. Nous sommes fin février 2020 et le discours officiel est simple : « Nous avons les meilleurs médecins et le meilleur système de santé du monde, la maladie est bénigne et il n’y a aucun souci à se faire ! » On sous-entend que la Chine reste un pays sous-développé donc que notre supériorité nous protège…
Nous rentrons de vacances avant le premier tour des élections municipales de début mars 2020. Je ne me représente pas mais je tiens à terminer mon mandat en assumant mes fonctions, dont la responsabilité du bureau de vote, partagée avec le maire. De son côté, Mme PH a construit un protocole pour son cabinet, protocole très précurseur à mon humble avis, qui surprend bon nombre de patients…
Fort de l’expérience collective pour vaincre les maladies virales chez les animaux domestiques, j’écris ici que nous devons faire confiance à nos dirigeants et nous conformer aux directives. Pour lutter contre un virus, il faut une discipline d’enfer de la part de tous ! Celui-ci utilise toutes les failles pour se propager et se moque bien des certitudes individuelles…
Dès notre retour, nous allions vite déchanter …