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  • Paysan retraité, ancien éleveur de charolaises, qui regarde l'agriculture,les événements et la société depuis sa cour de ferme. Ma devise : " Prendre ce que la nature veut bien me donner. Vivre avec ce que les hommes me laissent !"
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9 septembre 2021

Vécu de terrain de la vaccination des renards contre la rage…

Retour sur les années 1970 ! Je me souviens très clairement des discussions de l’époque à propos de la rage. Enfants, nous jouions autour de la ferme et dans le bois… L’état des chemins ne permettait pas le passage de voitures et les tracteurs étaient faciles à entendre… Nous étions habitués au « biotope » que nous ne jugions pas hostile à priori. Toutefois, nos parents et grands-parents nous enseignaient les risques dès notre plus jeune âge et en tant qu’aîné de la fratrie, on me responsabilisait sans doute un peu plus …

Nous avions l’habitude d’avoir toujours un bâton avec nous. Le plus gros danger de notre région était les vipères ! Nous avions comme consigne de toujours faire du bruit vers les tas de bois ou en soulevant pierres et branchages… Un autre risque identifié était l’orage. « Ne jamais rester sous un arbre, hormis de l’aubépine ! » Mais dès l’apparition de nuages au loin, ma mère nous récupérait. Il y a plein d’autres choses, que je peinerai à énumérer, comme de ne pas approcher un troupeau de vaches, ni de la rivière, mares ou étang, et encore moins de la route « nationale » à l’époque ! Interdit formellement également de monter sur des machines agricoles à l’arrêt et encore moins de courir après une machine au travail ! Tout cela est resté ancré en moi, une vigilance que j’applique encore aujourd’hui sans qu’il soit besoin que l’autorité publique me la rappelle ! Malgré ces quelques restrictions, notre terrain de jeu nous paraissait immense !

Donc dans les années 70, une nouvelle restriction ou plutôt mise en garde nous a été faite : « Avec la rage, méfiez-vous des animaux aux comportements anormaux ». Vivant et jouant au contact de la nature, nous n’avions pas besoin de plus d’explications. Les renards étaient les principaux vecteurs de la maladie. A cette époque, il était exceptionnel de voir un renard en plein jour. De même, il ne nous serait pas venu à l’idée de caresser un chat ou un chien inconnu ! Nous n'aurions pas approché un rat devenu sympathique... Nous avions quelques récits de cas de rage et nous avions compris les dangers. Le sujet revenait régulièrement dans les discussions. Nos vétos étaient vaccinés contre la maladie et la question de le faire pour les éleveurs était évoquée de temps en temps. « Mais tant qu’elle n’est pas là… » L’information circulait par les vétérinaires uniquement. On savait qu’elle approchait, venant de l’Est de notre pays. Je me souviens d’une remarque de Mr Savournin à mon père : « Il semble que l’autoroute (A6 la seule à l’époque) ait retardée la progression de la maladie de plusieurs mois ». Il n’y avait pas de passages d’animaux à l’époque, chaque « barrière » a donc ses avantages et ses inconvénients…

Puis un jour, nous avons vu le drôle de balai d’un hélicoptère. Le vaccin -antirabique était dispersé dans la nature de cette façon. On nous a expliqué qu’il fallait une boulette de vaccin insérée dans un appât à intervalle régulier dans les bois et friches pour que les renards aient une chance d’en avaler. Bien sûr, à l’époque, au café du village, il y avait les pours et les sceptiques… Mais personne n’aurait eu l’idée d’entraver la procédure car personne n’avait envie de tenter le diable d’une rencontre avec le virus ! Les optimistes espéraient un résultat rapide, les sceptiques se disaient que même si ça ne marchait pas, cela valait le coup d’essayer ! Les archi contres, s’il y en avait, se taisaient n’ayant pas d’autres solutions à proposer. La discussion sur  bénéfice/risque tournait sur le seul critère de l’efficacité de la méthode pour toucher les renards !!! Vacciner des animaux sauvages, une gageure. Bien sûr, parfaitement au courant des enjeux, même si la probabilité de tomber sur une boulette était quasi nulle, enfants comme adultes n’y auraient pas touchés, question de bon sens !

Le résultat a été au-delà de toutes les espérances. En quelques mois, la maladie s’est « éteinte » ! Depuis, on n’a eu de cas en France qu’au retour de chiens emmenés à l’étranger ! Mais avec cette extinction de la maladie, la notion de risque a disparue. Il serait peut-être bon de rappeler de temps en temps le vécu pas si ancien que cela. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de renards sans que cela pose un problème de santé publique mis à part pour les poules. C’est le résultat d’une campagne de vaccination inédite d’animaux sauvages !

Ci-joint une étude sur l’efficacité du vaccin sur la population de renards à l’époque !

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Commentaires
O
Beaucoup de points communs avec mon enfance des les années 1970. Beaucoup de libertés, quelques consignes : attention aux vipères, à l'orage, ne pas rester sous un noyer, ne pas faire de feu, être rentré à l'heure des repas et... ne pas faire de bêtises ! Une enfance d'ailleurs sans doute beaucoup plus longue que le tienne et j'en remercie mes parents qui nous épargnaient les corvées et ne nous ont jamais forcé à travailler en été. Notre travail d’enfant, c’était l’école et seulement l’école, et c’était important qu’on le fasse bien. C’est aujourd'hui politiquement incorrect, mais ça m'a permis de me consacrer à mes passions et de développer mes talents au plus haut niveau alors que mes capacités étaient modestes. Le temps (libre) et l’espace (libre) sont les deux plus grande richesses.<br /> <br /> <br /> <br /> Je me rappelle aussi de cet épisode de rage. J’étais en CM2 et l’instituteur avait fait du sujet un thème majeur de l’enseignement sur l’année, avec recherche documentaire, exposés, revue de presse, ce genre de choses. Il nous avait expliqué le principe de la vaccination, la différence entre un vaccin et un sérum, leurs procédé de fabrication… Et comme la maladie était une réalité dans notre environnement immédiat, je retenais très bien ces explications.
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G
"Toutefois, nos parents et grands-parents nous enseignaient les risques dès notre plus jeune âge et en tant qu’aîné de la fratrie, on me responsabilisait sans doute un peu plus …"<br /> <br /> C'est quelque chose d'important à faire avec ses gosses.<br /> <br /> Je me suis par exemple partisan de laisser des orties dans les jardins... afin que les gosses apprennent que les plantes ne sont pas toutes leurs amies. <br /> <br /> <br /> <br /> Gamin, c'est l'océan qu'on m'a appris. Les vagues, les marées. C'est devenu un réflexe. Maintenant c'est à mon fils que je l'apprend. Apprendre à se mouiller la nuque avant de mettre la tête sous l'eau. Apprendre à plonger sous les vagues pour éviter le choc. Apprendre à regarder où il a mis sa pelle, son seau. Toujours surveiller le rivage et voir si l'eau monte ou descend. Surveiller le vent qui peut vous déplacer au large, tout comme les courants. Savoir faire la planche pour se reposer si on a trop nagé et qu'on a plus pied. Apprendre à marcher sur le sable sec mais aussi sur le sable mouillé, quand l'eau ravine sous nos pieds. Remarquer que lorsque l'on enfonce le pied dans le sable mouillé, il est difficile de le sortir et donc qu'il faut faire attention. Etc.<br /> <br /> Il y a quelques années, un jeune s'est enfoui dans le sable à marée basse. A marée montante, malgré l'aide des pompiers il n'a pas pu sortir et est mort noyé. Quelle tristesse de mourir aussi stupidement. :(<br /> <br /> Et pourtant j'adore l’océan. C'est juste un milieu naturel qui a ses règles qu'il faut apprendre et enseigner aux plus jeunes.
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