paysanheureux

16 septembre 2016

...Le contexte climatique :

 

Indéniablement, il n’y a plus de saisons. Le réchauffement climatique a bien les répercutions envisagées par  les météorologues. Les événements  climatiques  extrêmes sont plus violents, plus fréquents. Si ces événements n’ont rien de nouveau, 138 ans d’enregistrements ne sont rien au regard de la climatologie, la fréquence des événements hors normes, est nouvelle.

Mon travail était ponctué par des dates clés, s’appuyant sur les dictons. Tout cela vacille ! Ces dernières années, faut il respecter les temps agronomiques ou la situation climatologique du moment ? Normalement, on sème le colza fin août, les prairies entre les deux dames (15 août/8 septembre), le blé à la saint Denis ( début octobre)…  Mais ces deux dernières années, on se retrouve fin août au moment le plus sec  et même le plus chaud cette année. Donc  il faut semer dans la poussière, avec un risque énorme de mauvaise levée. Quand on peut travailler le sol, ce qui n’est pas gagné et coûte cher en frais de pièces d’usure. A travers ces exemples très simples, j’espère  faire prendre conscience que nous avons perdu nos repères. Plus rien ne peut être défini à l’avance et on doit improviser sans certitudes de résultat !

Même les plus grandes zones céréalières françaises sont concernées malgré tous les progrès technologiques et la qualité des sols. Depuis quelques décennies, les rendements y augmentaient assez régulièrement. En cas d’année plus problématique, les prix augmentaient en rapport,  par les besoins en paille et aliments manquants pour l’élevage. La régulation se faisait donc par  échange intra-agriculture française. Un peu au détriment des éleveurs qui ont toujours eu plus de mal à répercuter des coûts supplémentaires  sur les prix de vente. Généralement, en cas d’accident climatique, le prix de la viande baissait d’abord par anticipation des ventes, pour éviter de trop racheter, puis remontait ensuite par manque d’animaux !

La mondialisation bouleverse ce processus. La récolte mondiale de céréales est record sauf en France et en Allemagne. C’est une très bonne nouvelle pour le consommateur. Le prix du blé est très bas et donc, logiquement, le prix des produits issus des céréales, pain et autres, ne doit pas augmenter. Mieux, en terme de sécurité alimentaire, en volume, malgré la hausse de la demande mondiale, on est sûr d’avoir les volumes. On a oublié, grâce à la réussite de notre agriculture et au commerce mondial, ce que pourrait être une disette ! MAIS on a aussi oublié l’importance de l’indépendance alimentaire ! Les américains l’ont bien compris en mettant en place une politique agricole assurancielle quand nous nous enterrons avec un système d’aides captées par les secteurs d’aval. Le système américain garanti un niveau de marge aux farmers ! On comprend pourquoi ils « interviennent » sur le marché en rachetant des vaches et du beurre en ce moment. Cela leur coûte moins cher que de compenser une marge en ferme. Ce système  suppose de ne pas avoir d’aides les bonnes années en rendement et en prix. En Europe, les mots « intervention »  et « régulation » sont bannis de la PAC. L’abandon des quotas laitiers est une énorme erreur. Le volume n’étant plus limité aux besoins, avec très peu de surproduction, on fait chuter le prix dans des proportions considérables. Le lobby de l’industrie laitière a gagné. On fait croire aux producteurs qu’en augmentant leur production ils optimiseront leur outil donc leur marge mais cette augmentation entraine  les prix à la baisse. Ce qui améliore la marge de l’aval !

Pourquoi cet écart écrit par la mondialisation ? Simplement pour bien insister sur l’inadaptation totale de la PAC à la nouvelle situation climatique. Planter des arbres dans nos champs peut être un objectif louable. Ici, on n’a pas besoin d’en replanter puisqu’on les a gardé !  Mais ce ne sont pas les arbres qui nous font vivre ! La façon de distribuer les aides agricoles aujourd’hui, complétement déconnectées des marchés est une absurdité. Les prix agricoles sont des prix mondiaux. Ils ne tiennent absolument pas compte des rendements locaux. Sans une régulation minimum des marchés, les paysans sont réellement en danger. La Chine et les pays du Golfe l’ont bien compris en investissant massivement dans des terres agricoles sur tous les continents. Ils tentent par ce biais de s’assurer une sécurité alimentaire en cas de mauvaise récolte mondiale. Et sans doute de s’affranchir des spéculations financières sur les denrées alimentaires ? Toujours est il, que ce soit en année trop humide ou trop sèche, avec des gels tardifs dangereux ou des orages-tempête dévastateurs, l’accélération des accidents climatiques expose le monde agricole à des aléas de plus en plus fréquents sans aucune protection efficace. Ce qui est présenté comme des aides pour les crises, ne sont que des reports financiers à l’année suivante, avec une probabilité augmentée qu’elle soit aussi calamiteuse ! On se retrouve donc dans une spirale dont, individuellement, on ne peut pas se sortir… D’où l’énorme désarroi actuel du monde agricole car toutes les productions sont concernées par le changement climatique.

Enfin, pour l’anecdote, le système assuranciel qui nous est présenté par les assureurs aujourd’hui  pose beaucoup de questions. On le voit avec la grêle en viticulture où les vignes assurées ne sont pas majoritaires. Une compagnie ne peut pas perdre d’argent. Donc le prix de l’assurance grimpera en proportion du risque assuré. J’ai calculé le coût d’une assurance récolte pour mes prairies au prix annoncé sans aides de l’état. Ce n’est pas si évident que ce qu’annoncent les assureurs. Si je ne vise pas la production maximale de la ferme mais plus une forme d’autonomie, il n’est pas évident, de souscrire  une assurance non aidée. J’ai noté assez de références sur ma ferme pour cerner ces notions de risque….Mais dans tous les cas, si les prix baissent comme en ce moment, assurance récolte ou pas, on plonge. C’est donc, avant tout, une assurance des prix qu’il faut ! Et là, je doute qu’un  système assuranciel privé s’y engage. D’autant que ce sont les mêmes qui spéculent.

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15 septembre 2016

...Le contexte sanitaire :

 

Il y a un an, en fin d’été, réapparaissait la FCO. Puis en fin d’année, c’est la grippe aviaire qui resurgissait dans le sud-ouest. Dans les deux cas, ces épizooties sont arrivées au pire moment : Au début de la période de vente des broutards dans le premier cas, avant les fêtes  de fin d’année dans le second ! Classé en zone « sale » ou contaminée, les mesures sanitaires paralysent le marché. Pour stopper les maladies, il faut isoler les zones où elle est apparue. Ensuite, vide sanitaire ou vaccination, quand ce n’est pas élimination des animaux, sont mis en œuvre suivant les cas.

Les virus ne connaissent pas les frontières. Nous vivons à une époque où les déplacements sont de plus en plus rapides et de plus en plus lointains. Les frontières naturelles du monde réel ont donc bougées. Tunnel, pont ou viaduc, traversent ce qui constituaient anciennement des barrières naturelles. Avions et bateaux traversent les mers et océans en quelques heures ou quelques jours. On découvre donc les maladies après coup, la prévention devient très complexe et les zones à risques se sont étendues à tous les territoires. Un chien non vacciné, ayant voyagé dans une zone à risque, peut ramener la rage ! On pense que la FCO est arrivée en Europe par des moustiques qui ont accompagné des roses livrées en avion depuis le Kénia. La tuberculose est revenue suite à des déplacements humains...

La faune sauvage est également facteur de risque pour l’élevage. Le retour de la FCO l’année dernière pose clairement le problème. Le pullulement des ragondins, qui n’ont pas de prédateurs en Europe, est un enjeu de santé publique plus que les seuls dégâts qu’ils occasionnent. Les moustiques, tigres ou autres, sont des vecteurs de virus majeurs. La préservation des zones humides, leur endroit de vie, va à l’encontre des préconisations de surveillance des eaux stagnantes dans les jardins. Couramment, surtout au printemps, je suis piqué par des tics, porteurs de la maladie de Lyme, qui me tombent dessus soit en entretenant les clôtures de haies, soit au contact des animaux qui se protègent du vent contre les haies ou du soleil sous les arbres.  

L’éleveur que je suis est donc pris entre des tas de paradoxes et de risques qu’il ne peut maîtriser. La demande sociétale le pousse à produire plus naturel mais le respect de la biodiversité l’expose lui personnellement et son troupeau à plus de risques sanitaires. Le compromis est complexe à trouver quand il s’agit de gérer le territoire d’une ferme. Il  n’est pas question de tout détruire mais bien de gérer un risque. Qui mieux que le paysan peut le faire ? Pourtant, souvent, le risque est géré par un règlement, une fois le problème détecté sans qu’il ait été anticipé. Mais c’est l’éleveur qui en paie toujours les pots cassés. ..

Ainsi, cette année, il faut à nouveau vacciner les broutards pour espérer les vendre. C’est forcément un argument pour baisser les prix dans les zones dites à risque FCO. Mais dans le même temps, faute de budget, le troupeau reproducteur ne l’est pas, ce qui veut dire que potentiellement, on prend le risque de garder des « réservoirs «  et donc de voir réapparaître la maladie un jour ou l’autre. Ce qui fait les affaires des labos ! Cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, en permanence, alors qu’on essaye de tout faire bien,  est pesante voir décourageante quand les problèmes arrivent. Certains éleveurs sont  parfois montrés du doigt. J’en ai rencontré lors des épisodes « vache folle », alors qu’ils n’y étaient pour rien. Et que dire des enfants mis alors à l’index par les autres enfants, dans la cour de récréation de l’école communale… 

La gestion de la nature ne peut pas se faire sans tenir compte du réalisme de ceux qui y vivent et l'entretiennent. Encore faut il qu'on ne les rendent pas responsables de tous les maux. Surtout quand on nie, en même temps, les effets dévastateurs de la concentration humaine dans les mégapoles ! 

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14 septembre 2016

La fin de paysanheureux ? Contexte 1

 

Ne plus écrire me manque beaucoup. Le contexte est simple. Le cumul  des déconvenues entame lentement et irréversiblement le moral. Face à des événements sur lesquels nous n’avons aucune prise, le silence et  le repli sur soi l’emportent sur l’optimisme et l’envie de communiquer. J’essaye, en société, de ne rien laisser paraître. J’écoute  les autres se plaindre, souvent pour des broutilles, avec le sentiment que mon avenir professionnel  est sur une planche savonneuse sur laquelle je glisse inexorablement vers le bas !  Pourquoi parler d’un métier qui, si cela continue, pourrait être voué à disparaître ?

D’abord le contexte économique :

 Il y a 14 mois, les éleveurs tentaient d’imposer à la filière une évolution des prix à la production. Le principe était simple. Les subventions 2015 allaient être rognées de 10 %, pour des raisons budgétaires et d’idéologie politique, qu’il  fallait compenser par une hausse des prix ! Bien qu’ayant suivi de loin, même le ministère applaudissait des deux mains, trop heureux de pouvoir s’affranchir de lignes financières.

 Sur ma ferme, je devais subir, comme tous mes confrères, une baisse des aides mais passer d’environ 4 € le kilo de viande vendu à 4.5 €. A moi de travailler en améliorant ma production pour ne rien perdre au final.  Un an plus tard, j’ai bien perdu au moins 10 % de subventions sans que personne ne puisse m’expliquer  les calculs qui viennent juste de se solder pour 2015, soit 8 mois après la fin de l’année concernée ! Et je vends à 3.5 € au lieu des 4.5 € !

Résultat, un manque à gagner impossible à compenser. La  situation de trésorerie  se traduit par un découvert en banque qui se creuse dangereusement ! Aucun signe de reprise pour les prochains mois. On ne va pas à l’encontre les marchés. Sauf aux USA, où l’état « intervient » en rachetant un nombre important de vaches laitières, à prix minimal, pour permettre aux farmers de passer le cap.

En simplifiant, la bascule des cours de la viande s’est produite au moment de l’embargo russe décidé suite aux problèmes de Crimée. La viande polonaise s’est retrouvée sans débouchés. En se repliant sur le marché européen,  elle a fait plonger le prix du bas de gamme. Faute d’une stratégie de « segmentation » en France, le prix de toutes les autres catégories a été entrainé dans une spirale infernale à la baisse. Depuis, aucun redressement du marché. La crise laitière amplifie le phénomène et on est très loin d’en sortir. On annonce encore une baisse du troupeau de vaches laitières avec plusieurs dizaines de milliers de tonnes de viande qui vont venir sur le marché. A vil prix, puisqu’il s’agit de dégager des vaches en trop quand elles ne proviendront  pas d’élevages en faillite. Enfin, les attaques récurrentes contre la viande provoquent une baisse de consommation…

Il y a trois ans, on nous annonçait le meilleur pour l'avenir, aujourd'hui le pire arrive ! 

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15 août 2016

Et de deux !

Je me suis fait plaisir entre deux gros travaux... La barrière du soir était dégondée. Je l'ai donc remise en place, j'ai soudé des renforts puis  je l'ai repeinte.

barrière-resoudée

Je l'ai aubané, mais il reste encore quelques centimètres à gagner et surtout à la caler en position fermée car elle a déjà flanchée...

barrière-aubanée

Puis je me suis éclaté. J'avais pris des photos de longue date car avec les feuilles, les arbres masquent beaucoup de parties du paysage. C'est donc la seconde barrière comme cela sur le chemin. Une troisième est en projet...

barrière-décorée

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14 août 2016

Echappée nautique

On aurait envie d'embarquer :

un-instanrt-de-detente

Ou beaucoup plus tranquille:

roues-à-aubes

A moins de se faire remorquer...

remorqueur

De façon beaucoup plus sportive:

ski-nautique

Un rêve, tranquillement assis à l'ombre, au bord de l'étang de la défriche..

un-après-midi-au-bord-de-l'

 

 

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13 août 2016

Toujours 15 jours de retard et règlementation stupide...

J'ai l'impression de ne pas parvenir à rattraper le retard. Les moissons se terminent enfin. L'entrepreneur est venu lundi. Une bruine mardi m'a contraint à attendre mercredi après midi pour presser la paille. Pas question de se donner des priorités ou du moins de les respecter. J'ai terminé seulement aujourd'hui de rentrer le foin. Il a fallu couper les chardons au lieu de rentrer les bottes de foin puis, le 1 er août, broyer les parties de haies qui posent problème.

Une nouvelle réglementation de nos chers technocrates parisiens, nous interdit de toucher aux arbres et aux haies entre le 1 avril et le 1 er août ! Motif; protéger les nids. Cela m'a posé deux gros problèmes.

Un, les haies montent très vite en juillet et les sorties de parcelles le long de la route sont très dangereuses faute de visibilité. Idem pour la sortie du chemin ou les virages. Cela concerne 300 ou 400 m de haies, c'est à dire rien par rapport aux plus de 10 km de haies de la ferme. Mais, le règlement ne fait pas de nuances et je n'ai pas osé passer outre.

Deux, les clôtures électriques le long de haies sont devenues inefficaces car cela touchait de partout. Je suis passé avec le rotofil en juin, une corvée vite inutile avec la pousse des ronces. J'ai été dépassé et faure de jus, j'ai retrouvé les vaches ou génisses faisant des trous pour manger les feuilles de frêne ou autres. Heureusement, elles ne sont pas sorties sur la route... Dans ce cas, il ne s'agit pas de couper la haie en hauteur, juste de passer un coup latéral ! Il n'y a pas de nids sur les ronces et ce n'est pas un zone de nidification puisqu'on la broie chaque année. Le comble est que le désherbage chimique est autorisé, à l'heure où les pesticides sont mis à l'index. On n'est pas à une contradiction de l'écologie de salon près !

Alors que j'aurai pû faire l'opération un jour d'orage en juillet et éviter de prendre des risques pour sortir de la plaine en tracteur avec des voitures ou des motos, bien en dessus des limitations de vitesse et n'imaginant pas le danger, j'ai respecté l'absurdité ! D'autant plus absurde que la météo a toujours une quinzaine de jours de retard et que nous sommes en phase de sécheresse estivale. Moment où la végétation est fragile et où un broyage un peu agressif, autorisé maintenant, risque de la détruire. Les oiseaux seront sauvés mais les haies peuvent disparaître ! 

route-et-plaine

Imaginez vous à la place du conducteur de la voiture dont on devine le toit. Il ne voit rien sur sa droite, ni sur sa gauche. Mettez vous à la place de celui qui doit sortir le tracteur et la remorque du champ. Il faut que la cabine soit au niveau de l'accotement pour voir sur sa gauche, ce qui veut dire que l'avant du tracteur est déjà engagé sur le goudron d'un bon mètre...Je prendrai une photo du même endroit une fois mon broyage fait, vous pourrez juger des "dégâts" !

C'est vrai qu'on peut finir par se demander si ceux qui sont dans des régions d'openfield ne sont pas privilégiés ! On aurait peut être dû tout raser pour ne pas être ennuyé ! On ne nous fait pas confiance et ce sont sur ceux qui ont préservé le bocage que les réglementations tombent. C'est décourageant d'autant que le coût global de l'entretien de celui-ci sur une ferme comme la mienne revient, clôtures et main d'oeuvre comprises, à sans doute de 5000 € par an... Ce serait autant d'économie, ce qui par les temps qui courent...

Rassurez vous, je suis trop amoureux de ma ferme actuelle et fier de son bocage pour y toucher quelqu'en soit la contrainte de travail et financière. Mais avouez que ces règlements méprisent notre compétence, nos valeurs, nos savoirs-faire... 

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10 août 2016

vers la fin des moissons

Ça traîne un peu, cette fin des moissons ! En cause la météo. Il ne "tombe pas des cordes", mais des passages de crachin ou de petites pluies, ont fait qu'il n'est possible de couper que 3 ou 4 jours par semaine ! De plus, la fraîcheur des soirées ne permet pas de travailler tard le soir.

    grand-pré

Au regard des rendements, cela n'a pas une grosse importance sur la qualité. Le médiocrité est de mise et c'est presque à contre-coeur qu'on récolte cette année les céréales ! Si on additionne les frais totaux, on a de quoi démissionner. Mais si on fait le calcul de ce qu'il faut pour le troupeau, donc ce qu'il faudrait racheter pour passer l'hiver, on se console vite ! A condition de ne pas regarder les prix de vente des animaux. Toujours plus bas.

Bref, "travaille et ne compte pas", semble être la réalité du monde paysan et la politique agricole et alimentaire actuelle... Il suffit d'écouter les publicités des grands distributeurs, grâce à l'autoradio du tracteur, pour s'en convaincre.

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06 août 2016

Des nouvelles de la couvée de canards et de PH

Vous vous souvenez peut être de ce billet. Pour rappel, la couvée initiale était conséquente :

canards

A ce jour, il ne reste plus que :

couvée-2016

La chasse n'étant pas ouverte, on ne peut incriminer les hommes ! La nature est très loin d'être un espace tranquille, où seul l'Homme serait source de violence gratuite... Je dis cela pour celui qui a laissé plein de commentaires me traitant d'assassin et autre menteur. Vous comprendrez, je l'espère, que je ne les relaye pas. Je respecte les choix des autres, y compris ceux des "veganes", bien que je ne partage pas leur valeurs. Pour moi, tout simplement, l'Homme est omnivore. Il a donc besoin de manger de tout, en quantité raisonnable. Les autres pensent et font ce qu'ils veulent, je ne veux rien leur imposer. Je trouve fort de café que quelqu'un vienne m'insulter ici et espère que je le publie. J'ajoute que je n'ai pas les moyens de me payer des campagnes d'affichage dans le métro par exemple.

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05 août 2016

Superbe exposition à Toulon sur Arroux

Petite pluie hier après midi qui a bien rafraîchi l'atmosphère. La moisson sera donc reportée.

déchaumeur-dent

J'ai continué de rentrer des bottes de foin jusqu'aux premières gouttes. Aujourd'hui, en attendant que le soleil sèche le haut des bottes, j'ai changé les socs du déchaumeur à dents puis j'ai commencé une parcelle jusqu'à ce que je puisse repasser en mode bottes...

 

 

J'étais invité, ainsi que par son père, par un jeune du village qui expose pour la première fois. Vers 18h, je me suis posé la question d'aller au vernissage ou de faire le dernier tour du pré Gorneille. Bien que me sentant un peu coupable d'abandonner un chantier en cours, j'ai finalement décidé d'y aller ! On ne peut pas toujours se mettre la pression pour des choses qui ne sont pas des priorités au sens où il n'y a pas un enjeu de réussite de la récolte !

affichetoulon

Bien m'en pris. Les amis du Dardon accueillent des expositions à l'église romane de Toulon sur Arroux en été. J'essaye de participer autant que possible aux vernissages. Difficile d'en parler, car souvent, on ne sait pas si les artistes acceptent que l'on fasse des photos. Pas de problème aujourd'hui, j'en profite. L'exposition vaut le détour et mérite une visite. Il y a beaucoup de tableaux, de styles très différents. J'ai particulièrement accroché sur les visages. Leur expression est riche, prenante, pleine d'émotions !

visage

C'est aussi l'occasion de découvrir ou redécouvrir l'église du XI et XII siècle, sous un jour un peu plus coloré, comme elle devait être intégralement à sa construction !

vernissage

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Je crois que tout le monde a été surpris par la qualité des oeuvres de Jean Jacques Loriau. Très discret dans le village, nous étions loin de nous douter du talent que nous avons découvert ce soir. Vous pouvez vous rendre également sur son site ! J'y ai trouvé un paysage qui m'a tout de suite rappellé la vue du sommet du mont Beuvray ! Un petit tour ici, me l'a confirmé.

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Enfin, je l'imagine... N'est ce pas le but de l'art ?

 

 

 

 

Pour terminer, petit clin d'oeil local, normal pour un éleveur :

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Belle découverte artistique permise par les amis du Dardon !

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03 août 2016

moisson 2016

J'ai décidé de changer de stratégie de moisson cette année. L'âge impose d'être plus raisonnable. Mener seul un chantier de moisson sur plus d'une semaine, en sus de tout le reste, dans la touffeur des journées d'été ne parait pas responsable pour quelqu'un qui a eu des soucis de santé Je n'ai pas démarré la moissonneuse et j'ai confié la coupe à un entrepreneur...

Météo propice en milieu de semaine dernière : il me propose de lever une partie de la récolte. Jeudi à midi, la machine arrive. Nous commençons par le triticale. Je roule le grain. Une seconde machine arrive en début d'après midi puis passe chez un voisin avant de revenir le soir. Malheureusement, la rosée tombe tôt et ils finissent la seconde parcelle vendredi vers 15 h. 

Je passe alors en mode paille. je m'arrête vers 22 h, fatigué mais confiant car les prévisions météo n'annonçaient pas grand chose avant samedi soir. 

plaine-samedi-matin

Au réveil, samedi tôt le matin, le ciel n'est pas engageant. Je soigne vite les animaux, remet à niveau la presse et je file dans la plaine. La paille est belle mais le ciel devient très menaçant. Je résiste à la tentation d'accélérer. Casser du matériel, surtout un samedi, compromettrait définitivement la réussite du chantier. Je sais que je suis au maxi du rendement de la presse ! Pour la première fois depuis très longtemps, je m'interdis de consulter mes sites météo préférés. Savoir que la menace est proche m'inciterait à pousser les vitesses. Je retrouve ce réflexe paysan, fataliste. "Fait ce qu'il faut et la nature décidera !!!" Au sud, côté Toulon , c'est noir de noir ! Je crois même entendre le tonnerre au loin, lorsque je dois arrêter la presse pour remettre une ficelle coupée. A chaque tour, ce sont deux andains qui sont sauvés. La régularité est ma meilleure arme. Au fil, des tours, j'arrive à estimer le temps restant. 3 à 4 heures, puis 2 à 3, puis 2, enfin 1 heure.

D'habitude, je fais une pause au bout de 2 heures ou deux heures et demie.J'en profite pour boire, faire le plein de ficelle et laver les vitres du tracteur. J'écoute RMC, "le grand rush", comme je l'ai fait déjà la veille. C'est le rythme d'arrêt conseillé pour les automobilistes. Mais cette fois, je renonce à tout arrêt. La menace orageuse est trop importante. Je téléphone à mon fils pour qu'il m'apporte de la ficelle et je presse sans arrêt; lui annonçant que je ne rentrerai manger que lorsque la parcelle sera achevée. "Ne compte pas avant au moins 14 heures..." Je continue sans faiblir, heureux à chaque botte sauvée !

plaine-achevée

Peu après l'heure annoncée, je finis la dernière botte. Je la dépose à l'abri sous le hangar. J'arrête ensuite le tracteur à côté. J'ai pressé presque 5 heures de suite sans arrêt, mis à part la recharge de ficelle. Premier plaisir, une bonne douche, puis des vêtements propres avant de déjeuner. Sur infoclimat, je regarde le cheminement des orages les 6 dernières heures ! Un énorme nuage a voyagé à 30 km au sud pendant 4 heures. 30 km, c'est rien et il aurait tout aussi bien passer ici. La première partie des moissons  est sauvée avec beaucoup de chance. Il ne tombera rien le soir, au contraire des annonces, pourtant les nuages...

nuages

La récolte est médiocre, j'en reparlerai. Malgré tout, et peut être encore plus qu'en bonne année, pas question de sacrifier le moindre grain, ni le moindre bout de paille à une nature aussi ingrate ! Plus elle déjoue avec nous, plus il faut s'accrocher au peu qu'elle nous donne !

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