paysanheureux

06 septembre 2019

Agribashing, ici également...

A l'heure où on parle des incendies au Brésil, où l'on se pose la question des importations de soja, la question de l'indépendance en protéines de l'Europe est sur la table. Nous n'avons, pour le moment, pas de solution miracle. La recherche de l'autonomie au niveau de nos fermes passe par certaines cultures, dont la luzerne. Autant sur les terrains calcaires, c'est une culture assez facile à réussir, autant sur nos terrains granitiques, acides, c'est un peu plus compliqué. Il faut avoir fait un amendement régulier depuis plusieurs années, inocculer... Bref, il faut réunir les conditions pour, et tenter !

La période la plus favorable pour semer est "entre les deux dames", à savoir entre le 15 août et le 8 septembre ! Peu de terrains permettent cette année de réunir des conditions favorables. Revers de la médaille, avec cette sécheresse, c'était la même chose l'année dernière, tout travail génére de la poussière. Il n'y a jamais eu de problèmes avec cela jusqu'à maintenant, à condition de respecter les voisins. Mais dans le climat délétère actuel, ce n'est pas de là que les problèmes viennent.

Un agriculteur semait donc le long d'une route départementale. Bien sûr, les premiers tours ont généré de la poussière passant par dessus les haies. Au bout d'un moment, il a vu les gendarmes arriver. En les interrogeant, il a appris qu'un automobiliste les avait appelé pour se plaindre... "Dois je arrêter ?" "Non, continuez, nous sommes obligés de venir constater... "

Cela pourrait rester anodin si ce n'est que dans le contexte actuel, la propension à tout dénoncer dès qu'un paysan travaille monte en flèche. A ce rythme, nous n'allons plus rien pouvoir faire sans voir les gendarmes arriver. Eux ont peut être d'autres choses à faire que de venir nous surveiller. Chaque citoyen semble vouloir se transformer en agronome averti ! Plus inquiétant, cela fait déjà longtemps que je le dénonce, on confond nuisances et pollution. L'une est désagréable mais sans danger, l'autre peut poser question. La méconnaissance des matériels et des travaux agricoles entretient la confusion. Un semis peut générer des nuisances de bruit ou de poussière. Un traitement nécessite des précautions, comme d'interdire l'accès aux parcelles immédiatement après le passage.

J'évoque le fait avec l'accord du paysan concerné. Mieux vaut ne pas savoir qui a prévenu les gendarmes. Dans ce cas, il n'y a aucun risque pour celui qui est concerné en rajoute. Mais le danger d'une escalade agressive est réel avec un jour, un paysan fatigué. On ne peut exclure qu'à force d'en rajouter dans les médias, de nouveaux justiciers viennent bloquer les chantiers. Comment réagir ensuite ? Les réseaux sociaux relatent régulièrement des agressions verbales, tel le témoignage récent d'une épouse dont le mari a été bloqué dans son champ en semant ou en déchaumant, je ne me souviens plus ? Elle était aussi désemparée que lui, à midi, ne sachant comment réagir. Comme l'est l'agriculteur cité plus haut sinon il ne m'en aurait pas parlé.

Comment va t'on pouvoir travailler ? Comment supporter cela en sus des autres problèmes que nous rencontrons en permanence, que ce soit les écarts climatiques, les maladies des animaux et végétaux, les accidents de troupeaux, sans oublier le principal à savoir les marchés... Il est  nécessaire de revenir à un peu de sérénité, au respect du travail et des compétences de chacun... Imaginez vous travailler dans un contexte aussi lourd, où un simple passant peut devenir agressif sans crier gare ?

 

 

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04 septembre 2019

Organiser une "transhumance sécheresse" ?

Même en 1976, la goulliarde n'avait pas arrêté de couler... Chaque jour, la situation devient plus critique, l'eau se perd dans le terrain. C'est plus de la moitié de ma ferme qui se retrouverait sans eau pour abreuver les animaux si le petit étang créé en 1977 capitule et si la dernière partie de la goulliarde cesse de couler. Chez moi, ce sont déjà les deux tiers inférieurs du ruisseau qui sont à sec..

gouillarde

C'est l'endroit où elles boivent d'habitude. Heureusement, nous avons grâce à des clôtures électriques ouvert un accès sur la partie du ruisseau qui coule encore. Plus bas, j'ai mis un baquet de 350 l pour les animaux que je remplie tous les deux jours car il n'y a que 4 animaux... Le gros troupeau vit sur l'étang de 1977 ! L'autre moitié de la ferme tient sur un autre petit étang et un filet d'eau. Mon angoisse maintenant tient donc à la capacité de ces deux étangs... Car je ne suis pas raccordé au réseau public !

passage gouillarde

Et même si je l'étais... Le réseau public; il est vraiment fragile. Nombre de mes collègues ont été obligés de se rabattre sur lui. Mais avant-hier, un premier article du JSL alertait sur la situation en amont de mon village. La rivière ne coule plus. Hier, Gueugnon, en aval, lance un appel à la raison. La situation est inédite. Lundi soir, en bureau municipal, j'ai parlé du problème mais comment avertir, sensibiliser la population et que faire ? Tant de gens ne se posent pas de question tant que l'eau coule au robinet... Beaucoup font très attention et ne peuvent rien faire de plus. En clair, il n'y a pas de solutions si ce n'est d'éviter les gaspillages. Pour sourire et en blaguant, j'ai suggéré que les 50000 habitants (je ne connais pas le chiffre exact) de la vallée aillent faire la petite commission dans la nature. Ce serait 6 fois les 5 litres de la chasse d'eau qui seraient économisés chaque jour, soit environ 1 500 000 de litres ! Plus sérieusement, peut on faire comprendre qu'il y a un vrai risque que d'ici quelques semaines, il n'y ait plus d'eau ? Que se passera t'il alors ?

débit eau étang

Ma boutade n'est pas anodine. Actuellement, le débit de l'Arroux est de O,3 m3 par seconde à Etang , c'est à dire 18 m3 par minute soit 1080 m3/ heure. Mon petit calcul précédent, si imprécis soit il, conduit à une consommation de 1500 m3  soit presque une heure et demie du débit de l'Arroux, juste pour un petit besoin.Ces 6% retarderaient d'autant la phase critique ! On peut me rétorquer, à juste titre, qu'en utilisant les WC, une bonne partie de cette eau est traitée en station puis rejetée dans la rivière. C'est vrai et enthousiasmant d'y penser... Mon calcul consiste juste à faire prendre conscience des enjeux actuels. Car d'habitude, à Etang, au coeur de l'été, la hauteur d'eau est plutôt supérieur à 50 cm, la normale à 1,50 m... Là, nous sommes à 0 ! Cela veut dire que nous, à Toulon, nous vivons sur l'eau qui circule en dessous du lit visible. Qu'est ce que cela représente vraiment ?

hauteur d'eau à Etang

Et nous éleveurs, que pourrions nous faire ? En montagne, les troupeaux montent en alpage en été en suivant la pousse de l'herbe en altitude... A cette époque, les stabulations ne sont pas utilisées dans les zones d'élevage, y compris dans celles qui ont reçu de la pluie. Je vais faire une suggestion originale. Pourrait on envisager une "transhumance sécheresse" ? Serait il aberrant d'emmener une partie du troupeau dans les stabulations de zones qui ont de l'eau ? Je sais, cela soulève une tonne de problèmes, en particulier pour la nourriture, indemniser le travail journalier... Mais est ce qu'on pourrait jouer la solidarité autrement ? Car toute économie faite sur la consommation des réseaux de notre vallée ne profiterait pas qu'aux éleveurs mais à l'ensemble de la population ! Pourrait on être innovant et sortir du chacun pour soi ? Je sais une seule chose, nous ne pouvons compter que sur nous même car les pouvoirs publics et nos techniciens sont dépassés et n'ont aucune solution mis à part interdire !!! Quand à notre ministre, à part nous dire d'attendre octobre... 

Les bulletins n'annoncent rien de bon. Je n'ose imaginer le pire. Pourtant, si d'ici un mois, la rivière est à sec, comme les sources le sont dans les campagnes, allons nous être les premiers migrants climatiques, même pour quelques semaines ?

Dire qu'une bonne pluie réglerait les problèmes.

 

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02 septembre 2019

Charolaises en vacances ?

Il est des photos qu'il convient de cacher à mes vaches en ce moment !

CHAROLAISES EN VACANCES

Cela me fait mal au coeur, rien que d'y penser. Celles ci se vautrent dans l'herbe, à 1400 m avec une vue géante sur les Aravis... Pendant ce temps, les miennes n'ont plus d'herbe à manger ! Paillasson incroyable... Avec le vent, cela empire de jour en jour. L'abreuvement devient problématique.

Charolaises à Toulon sur arroux

Louer un camion pour faire une transhumance ? Si on était moins loin, ce serait à réfléchir... MAIS...

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31 août 2019

Sécheresse, une situation très préoccupante pour notre vallée

Si vous traversez le Morvan, entre autre, en ce moment, vous allez être impressionné par l'état de sécheresse. Celle-ci s'étend à une partie des plaines tout autour. Perso, je suis marqué par le niveau de l'Arroux. Cette rivière n'est absolument pas régulée et d'ici peu, si la situation n'évolue pas, c'est un bassin de plusieurs milliers d'habitants qui va avoir des soucis...

Inutile de reprendre les propositions des responsables politiques locaux, là encore, les élections de mars sont en vue ... Si on regarde les choses en face pour sécuriser l'approvisionnement en eau de la vallée de l'Arroux, il faudra se connecter soit à la Loire, soit à la Bourbince ou... Dans les deux cas, ce sont des travaux considérables qui seront à mettre en oeuvre car la canalisation nécessaire ne sera pas de petite taille, pour un usage limité dans le temps. Dans les deux cas, ce serait profiter des aménagements fait par nos prédécesseurs pour réguler partiellement les deux autres cours d'eau... D'un côté, pour alimenter le canal du centre et les industries, on a créé des retenues de taille moyenne pour stocker de l'eau en hiver et la restituer en été ! Le canal est fermé en ce moment pour préserver la possibilité d'alimenter les réseaux d'eau si... De l'autre, les barrages de la Loire supérieure,dont Villerest, très décriés par certains, assurent un niveau minimum pour alimenter plusieurs millions d'habitants...

Ici, il n'y a pas de nappe phréatique, nous sommes sur un ancien massif montagneux. Seules, des réserves superfielles sont possibles. Les lubies actuelles de nos grands penseurs veulent détruire tous les ouvrages anciens sur nos petits cours d'eau. Si tel était le cas pour mon village, il faudra déplacer les stations de pompage, non seulement de mon village mais également de Gueugnon qui profitent de petites retenues pour avoir un fil d'eau minimal... Pour revenir à la situation actuelle, je veux poser la question de la régulation de l'eau des versants Est et Sud, le nord du Morvan étant déjà géré!

En effet, le côté Seine est régulé puisque plusieurs barrages stockent l'eau de l'Yonne. Des panneaux aux abords des ouvrages citent la ville de Paris comme gestionnaire. Cela permet de comprendre pourquoi ce bassin versant a été aménagé. Pourquoi également les notres ont été "négligés" ? Il faut dire que la fréquence de sécheresse majeure était centenaire, que les modes de vie étaient énormément moins consommateurs d'eau et qu'il y avait des centaines de petits étangs et réserves qui servaient à alimenter un habitat très dispersé, non connecté... Le débit, même très bas, suffisait. Canicule et sécheresses répétées bouleversent la donne, comme nos modes de vie. On a même créé des besoins nouveaux comme les stades de foot que l'on veut toujours vert ou des stations de lavage des voitures pour lesquelles beaucoup ne supportent pas la moindre trace... Bref, il devient urgent de réfléchir à une autre façon de gérer l'eau.

A titre individuel,chacun est responsable mais en sachant qu'il n'y aura pas de miracles côté de la consommation ménagère car c'est l'hygiène qui serait remise en cause! On peut tout de même, en zone pavillonaire, envisager des citernes captant l'eau des toits pour arroser les jardins potagers qui reviennent à la mode ou même alimenter des toilettes. Sauf à perdre la moitié des habitants au moins, je ne vois pas de solution !

Au plan agricole, on ne peut pas mettre en cause l'irrigation puisqu'elle est marginale pour le moment dans la vallée. En période critique, elle est interdite donc son intérêt est économiquement très  très limité. La culture du maïs va être remise en cause, sauf dans quelques zones de la vallée où les terrains peuvent le supporter sans irrigation. Une des adaptations au réchauffement climatique passera, semble t'il, par le remplacement de cette culture par des céréales d'hiver qui, bon an mal an, permettent de profiter des pluies d'hiver et de moins craindre les sécheresses estivales. Les périodes sensibles pour elles sont le printemps, jusqu'en juin, on l'a bien vu cette année. Encore faut il rester réaliste sur les potentiels de rendement et ne pas chercher à copier les grandes régions céréalières. Autre avantage,la production de paille qui devient l'aliment grossier de référence. On a perdu l'autonomie avec les bâtiments "cathédrales" qui sont devenus des gouffres à litière. J'ai testé d'autres solutions,qui permettent aux animaux d'entrer-sortir tout au long de l'année, avec des copeaux en sous couche. On peut économiser au moins 50 % de paille mais il faut revoir la façon de travailler. Avec en parallèle la mise en place d'un assolement  raisonnable, cela peut permettre de couvrir les besoins d'une ferme d'élevage en y associant un stockage paille et foin minimal. La gestion des prairies ne peut pas changer globalement dans l'immédiat mais j'y reviens car elle est liée à la suite. L'abreuvement des animaux pose question surtout en période de canicule. Même si le discours professionnel ambiant reste celui des années 60, c'est à dire productiviste, la tendance de terrain est à la baisse du troupeau global de vaches. Il y a encore une gymnastique avec les primes à la vache, mais globalement les départs actuels en retraite, conséquents puisque la pyramide des âges est très défavorable, se traduisent par des reprises d'hectares sans reprise intégrale du troupeau pour dégager des surfaces en foin ou en cultures... Vous y ajoutez des chevaux ou autres nouvelles utilisations, on a une diminution lente mais inéluctable du troupeau de souche. Un phénomène nouveau me tracasse beaucoup, l'abandon contraint ou choisi, d'éleveurs en cours de carrière, âgés de 40 à 50 ans. Ce mouvement marginal jusqu'à présent,s'amplifie. Il est possible qu'en s'acharnant à défendre une prime spécifique, on crée une rupture et que des friches apparaissent même pour des terrains labourables faute de soutien ! Je sais qu'on va me traiter de "traitre", mais avec une telle évolution à venir, il est dangereux de défendre sans réfléchir un acquis même si sa remise en cause n'était pas d'actualité jusqu'à présent... Donc, quoiqu'on fasse, les besoins en eau de l'élevage vont baisser et les besoins d'été pourraient être satisfaits par de petites retenues colinaires ne perturbant pas l'écoulement de nos petits ruisseaux alimentant notre rivière. plutôt que d'utiliser les réseaux d'eau potable.? Pour peu qu'on laisse faire les éleveurs !

Reste le plan industriel, pour les forges de Gueugnon en particulier. Il ne faudrait pas croire que des discours trop simplistes visant à des prises de pouvoir local, résolve le problème. Si l'Arroux ne suffit plus aux besoins de l'usine de Gueugnon de façon trop répétitive, ce n'est pas une interconnexion locale qui réglera le problème. Soit on peut pomper de l'eau de la Loire, soit on régule l'Arroux avec une réserve conséquente en amont (du style barrage de la Sorme pour la centrale de Lucie) ou autre système, sinon ce sera la délocalisation de l'usine ! Elle est possédée par des capitaux indous, le savoir faire peut se transférer ailleurs dans le monde. Et je doute qu'ils supportent des arrêts s'ils deviennaient trop réguliers à l'avenir...

On peut aussi s'interroger sur la pertinence de connections permettant de profiter des autres. En clair, est il normal qu'on profite des effets du barrage de Villerest ou des retenues de la Bourbince et qu'on ne fasse rien sur le bassin de l'Arroux tout en ayant des besoins ? Est ce que les retenues des autres seront suffisantes ? Est ce que les coûts de canalisation, de pompage, des risques afférents à la concentration des points de captage ne sont pas à prendre en compte ? Je crains toujours les affirmations particulières en matière d'écologie, qui excluent ou qui encensent des mesures, sans prendre l'aspect global. N'ayant pas de neiges éternelles pour stocker de l'eau en hiver et en restituer une partie en été, il nous faut trouver une autre solution équilibrée pour notre vallée, sans tomber dans le gigantisme. Faut il des lacs de taille raisonnable ? Sans doute. On pourrait imaginer une multitude de retenues plutôt qu'un grand barrage. Mais il faut alors que les propriétaires, si ce ne sont pas les collectivités, acceptent une vidange raisonnable en période de sécheresse ! Cela implique deux choses. Une indemnisaton éventuelle en cas de pertes piscicole et touristique ? Mais surtout de définir qui gère de façon intelligente et coordonnée les vidanges ? La réponse est sans doute à trouver dans les pays gérant depuis des millénaires de petits réseaux d'eau pour irriguer. Il faudrait que cela reste local et flexible pour coller aux réalités de terrain. Mais par réalisme, je suis inquiet de ce que peut pondre notre administration centrale !!!!

Tout n'est pas "foutu", mais un tel sujet doit être abordé dans la globalité d'un bassin versant, avec beaucoup de réalisme et loin des idéologies... J'ajoute que j'ai "retrouvé" tout le réseau mis en place par les moines sur ma ferme pour gérer l'eau et que je m'en suis inspiré pour partie en tenant compte des besoins et moyens actuels... Mais c'est une autre histoire !

ZONE HUMIDE

Une zone humide en ce moment...

L'article du JSL ce matin (2/09) ne me rassure pas, je n'ai pas noirci la situation ! J'y reviendrai très vite.

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29 août 2019

La boite de Pandore

Élections municipales obligent, les arrêtés de maire interdisant l'épandage de pesticides à moins de 150 m des maisons d'autruis fleurissent...

A titre personnel, je suis pas fan de pesticides. Cette année, je suis très fier d'avoir réduit leur utilisation à seulement un désherbage de deux parcelles de triticale ! Les deux autres , suivant le suivi de mon technicien coop, n'en ayant pas besoin... Fier, mais pas naïf, j'ai profité d'un peu d'expérience et des conditions météo sèches. De ce fait, contrairement à une année humide, peu d'adventis et pas de pression maladie. De plus, le triticale est une plante étouffante, peu sensible. Malheureusement, on ne peut le cultiver plus de deux ans d'affilé sur une même parcelle...

Donc pour résumer, sachant qu'on ne fait aucun traitement sur les surfaces en herbe, l'emploi de pesticides a été très réduit. Pour autant, en l'état actuel des techniques, la suppression de tout emploi serait remettre en cause la sécurité alimentaire de mon troupeau. Dans une région où l'herbe pousse facilement, sauf en cas de sécheresse, ne plus pouvoir désherber est un handicap majeur. J'ai essayé, j'ai abandonné, passant de 50 qx à 20 !!! Même si je n'ai appliqué du glyphosate qu'une fois sur 20 ha en 20 ans, perdre la seule possibilité de se débarrasser du chien-dent sans perdre une ou deux récoltes ne m'enchante pas. En fait, j'envisage la gestion des pesticides de la même façon que l'usage des antibiotiques dans mon élevage. Comme dit la pub ; "C'est  pas systématique..."Il faut dire qu'à la maison, je suis à bonne école pour connaître les problèmes d'antibio-résistance et autres soucis suite à l'usage déraisonnable de ces derniers, à une époque.

J'espère être quelqu'un de responsable, mais est ce reconnu dans le contexte d'agribashing actuel ?

Les clichés ont la vie dure. Nous avons réellement fait des efforts énormes, nous n'utilisons pas d'antibiotiques de dernière génération pour ne pas hypothéquer leur efficacité future sur les humains, mais nous continuons d'être critiqué, voir accusé, quelques soient nos pratiques. Il en va de même pour les pesticides. Que l'on ait un niveau d'étude supérieur ou pas, des formations spéciales ont été mises en place. Il faut un avis tiers pour pouvoir justifier achat et emploi, mais... Je suis resté pantois quand un collègue, perdu au fin fond des campagnes, se fait traiter d'empoisonneur de jardin par son unique voisin alors qu'il n'a que des prés autour de ce dernier !!! "C'est dit à la télé, les agriculteurs empoisonnent la campagne... "

Pour les non-initiés, un pulvérisateur, quand il est identifié, a plusieurs fonctions; Épandage de pesticides, d'engrais liquide, voir de sulfate de cuivre en culture bio... Les mélanges de produits chimiques sont strictement contrôlés; voir interdits. En cas de contrôle, on doit prouver ce qu'il y a dans le pulvé... L'usage de cet appareil ne veut donc pas dire qu'il ne sert qu'à l'épandage de pesticides. Ce peut être de l'urée, un engrais liquide, tout simplement ! Je dis cela car dorénavant, il va être compliqué de simplement sortir l'engin... Et comment va t'on faire si on l'utilise dans la bande des 150 m pour de l'azote liquide par exemple ? Les voisins vont ils faire confiance ou appeler systématiquement la gendarmerie ? Comme source de conflits à venir, on ne fera pas mieux. De plus, pour certains, la confusion des engins est totale. N'a t'on pas déjà eu des agressions d'agriculteurs en train de semer ? J'ai peur qu'avec des voisins irascibles, la bande des 150 m devienne une zone d'exclusion de toute intervention ou de conflit permanent !

Nous avons déjà une expérience en la matière. La précédente lubie concernait les nitrates et le fumier. On nous a imposé des distances minimales d'épandage, soit des maisons, soit des cours d'eau ou étang. Nous avons du faire des plans d'épandage, payants bien sûr, pour définir les périmètres. Depuis, avec en plus sur ma ferme, un périmètre de protection d'une zone de captage des eaux du village, c'est environ 10 % de mes surfaces qui sont exclues d'épandage de fumier. Paradoxe, si le fumier, engrais naturel est interdit; les engrais chimiques sont autorisés !!! Donc les nouveaux 150 m vont augmenter les zones d'exclusion autour des maisons. Par contre, ce ne sera pas le cas le long des cours d'eau où nous appliquons déjà, selon les directives de la PAC, des bordures de protection, c'est à dire une zone de protection excluant fumier, engrais et pesticides...

Je ne suis pas à plaindre car j'ai peu de voisins ayant construit récemment. Seul problème, ils ont construit près de mes trois meilleures parcelles cultivables. Je n'ai pas été consulté au moment de leur construction puisque c'est un voisin qui a vendu les parcelles et ma ferme n'a aucune parcelle en zone à bâtir! Je subie donc totalement les soucis. Idem avec les anciennes habitations des corps de ferme et ma maison ! Nous avons, au niveau de la famille, tout remis en état et entretenu. Cela procure donc des subsides à la commune sous forme d'impôts locaux. Etait ce le bon choix ? Cela va maintenant créer des problèmes. Par chance, j'ai peu de parcelles labourables proches de ces maisons mais il y en a tout de même...Je n'ose pas imaginer les conséquences pour toutes les zones rurales à fort habitat dispersé. Je prends le cas des vignobles comme exemple, où construire au milieu des vignes était à la mode il y a encore peu et faisait "nature". Pour exploiter une ferme en France, petite ou grande, il faudra bientôt être dans un désert rural !

Autre paradoxe, il est intéressant de constater que nombre d'habitants ruraux utilisent des désherbants dans leurs jardins ou cours. Quand on pose la question de l'origine de l'approvisionnement, on entends parler de stocks constitués avant les interdictions de vente. Et je me suis plusieurs fois entendu dire avec un sourire "On compte bien sur les paysans pour nous approvisionner ensuite"! Il n'est pas à exclure que les mêmes n'hésitent pas à demander des dommages et intérêts si le paysan voisin ne respecte pas la zone d'interdiction...

Je ne nie pas que quelques agriculteurs aient pu déraper avec des épandages... L'utilisaton d'aenomètre se généralise. Personne n'a intérêt à mépriser ses voisins. Mais de là à en faire une généralité, il y a un pas que je refuse de franchir. Cette histoire de zone protection est le résultat d'une surenchère permanente, d'un discours ambiant contre l'agriculture et les agriculteurs. Certains en ont fait un fond de commerce électoral. Au lieu d'être responsable et de calmer le jeu, c'est à celui qui paraîtra plus restrictif que restrictif ! Nous sommes devenus des punching-ball qui prennent des coups de toute part. On pourrait avoir la dignité de respecter nos compétences, reconnues ailleurs dans le monde ! Mais au lieu de cela, on va rajouter une contrainte aux nombreuses autres et accentuer une nouvelle fois les différences de compétitivité d'avec les autres pays. Tout en laissant entrer des produits n'ayant pas les mêmes exigences.

Bizarrement, on n'interdit pas les pesticides dans les maisons (colllier chien ou chat par exemple...). on n'est pas à un paradoxe près. Dernier paradoxe abordé dans ce billet, il serait intéressant de savoir si les maires qui ont pris des arrêtés ont eu le courage de renoncer aux impôts fonciers des surfaces qu'ils veulent exclure. Je suis presque prêt à parier que non. En période électorale, certains sont prêts à beaucoup d'incohérences. Quand une ferme passe en bio, elle touche des aides le temps de la transition puiqu'elle ne peut pas vendre les produits sous signe bio, donc plus cher... Dans le cas des zones d'exclusion pressenties, il sera impossible de faire une reconversion bio partielle. Ce sera donc une impasse agricole, sans contreparties. Les conséquences économiques seront d'autant plus lourdes qu'on aura la chance, ou pas, de ne pas avoir de voisins. Les plus reclus d'entre nous seront les moins pénalisés !

A terme, on ne peut exclure qu'aux endroits de déprise agricole, ces terrains ne soient plus exploités. Ce sera une spoliation des propriétaires et une source de problèmes nouveaux puisqu'il n'y aurait plus d'entretien. Car la constitution de périmètre ne s'arrêtera pas aux pesticides. Il y aura des revendications futures contre les animaux domestiques à cause du bruit ou de l'odeur. Une autre fois, ce sera la poussière des machines ou je ne sais quoi... Une vraie boite de Pandore !

En milieu citadin, on ne peut interdire d'un coup la voiture, donc la pollution qu'elle génère. Pour le moment, j'ai cru comprendre que les restrictions de circulation ont déplacé les problèmes. A terme, il y aura des solutions ! Il en sera de même en agriculture. Simplement, on ne peut tout changer d'un coup. Il est légitime de savoir ce que fait son voisin paysan si on craint une pollution. Je crois plus à un dialogue qu'à la phobie entretenue. Lorsque les conditions météo sont, même légèrement, défavorables, on reporte ou renonce à un passage. Encore faut il que le voisin le sache et mesure l'importance de l'effort consentit pour ne pas lui nuire ! Comme il faudra qu'il accepte que le paysan puisse travailler au mieux de la situation. C'est cela qu'il faut instaurer et non pas la guerre médiatique permanente !

Tant pis si cela ne permet pas d'être le héros d'un jour à la télé, comme le maire de Langouët !!!!

 

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20 août 2019

Vaut il mieux savoir ou pas ?

Le progrès technologique a beaucoup de bon mais aussi quelques limites...

Je nourris les troupeaux depuis un bon moment déjà. C'est cramé de cramé ici. Aucune repousse depuis les enrubannés et les foins. C'est dur pour le moral ! D'autant que, comme toujours, cela profite à certains. Le prix des vaches a baissé depuis 3 semaines. De plus, début juillet, elles partaient dans la semaine suivant la visite de l'acheteur. Maintenant, il faut au moins 3 semaines !!! C'est dire si certains sont bien contents de la situation puisque lorsque je regarde les prix aux consommateurs, ils n'ont pas baissé... Cela a d'autres conséquences, qui viennent s'ajouter à d'autres, j'y reviendrai dans un prochain post.

Chaque jour, "on prend la météo". En période de récolte, tous les nouveaux outils sont plus qu'utiles. Je me répète, mais aujourd'hui on peut prévoir un risque de changement à 2 ou 3 jours de façon assez précise, sauf en période orageuse. Là, les radars en direct sont précieux. Bref, les nouveaux outils apportent un réel avantage pour gérer une ferme !

Mais...

Quand on a une période extrême comme maintenant avec la sécheresse, si je sors pas de la ferme et ne m'éloigne pas du village, je n'imagine pas les effets des précipitations même si je les ai vu sur Internet. Par contre, pour moi, même un simple aller retour à Charolles peut m'affecter ! Tout cet été, en arrivant à Génelard, soit à 20 km de la maison, je prenais le bourdon en voyant de l'herbe verte tandis que mes vaches restaient sur des paillassons. Comme nos vaches, on regarde toujours le pré des voisins avec envie. Et plus on s'éloigne vers l'Est ou le sud, en allant chez les enfants par exemple, plus le moral baisse...

vue de Bibracte sécheresse

Du coup, la perception visuelle de l'effet des pluies transforme les images satellite en réalité. Et comme depuis plusieurs jours, le rail des  orages et pluies passent à 50 km au sud, nous (je ne suis pas le seul) vivons de plus en plus mal la situation. Même lire des tweets sur Internet entretient ce sentiment d'injustice. "Qu'est ce qu'on a fait au bon Dieu ?" ai je entendu cette semaine. La question, sous cette forme, traduit une angoisse profonde et un sentiment d'impuissance réel !!! Car, quand on dit que nous devons nous adapter, je crois que nous en avons tous conscience. Mais que faire face à l'adversité ?

Imaginez que l'arc de pluie du jour soit 100 km plus au nord ! Pour nous,(la croix rouge) cela changerait tout !

Pluie du 20 aout

Dans le temps, les paysans ne voyageaient pas. Donc ne savaient pas ce que les autres vivaient...

 

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23 juillet 2019

Sécheresse et ministre de l'agriculture.

Je ne sais pas comment aborder la situation. Depuis la sortie de l'hiver, la situation hydrique est délicate. Beaucoup d'anciens ici, en mars, évoquaient 1976. Mais il y a eu quelques petits coups d'eau qui ont maintenu la pousse sans qu'elle soit conséquente. On est donc sur le fil de rasoir depuis le lâcher des animaux.

Je ne pensais pas revivre cette situation, surtout pour ma dernière année. Mais dame nature est ingrate. On se retrouve dans la même situation que l'année dernière, un mois plus tôt ! J'ai fait une petite récolte de foin, d'excellente qualité. Je pense qu'il en est ainsi chez tous mes collègues. Le problème est donc simple, nous n'avons pas de stocks de report de l'année dernière. La récolte peut suffire pour cet hiver, sans faire d'écart et ne permet pas de refaire un stock de précaution.

Mais, énorme problème, avec la sécheresse, il faut donc commencer d'entamer cette récolte. C'est cela qui est inquiétant. Si le phénomène canicule se termine vite et qu'il y ait des orages début août, rien de grave. Si comme l'année dernière, la pluie n'arrive pas, alors cela va devenir critique...

J'ai été très surpris de la naïveté des propos de notre ministre hier matin ! Depuis une dizaine d'années, on touchons entre 70 et 90 % des subventions d'élevage au 15 octobre, le reste au 15 décembre. Pour rappel, ce sont les compensations pour une saison culturale qui a commencé l'automne d'avant. Pour illustrer mon propos, une bonne partie des coûts d'une récolte s'engage au semis à l'automne pour l'herbe et les céréales pour être récolté en été et être donc payé à l'automne... Je veux dire par là qu'il n'y a rien d'extravagant à ce que tout soit payé avant la fin de l'année même si le règlement européen laisse la possibilité d'aller au 30 juin suivant ! Mieux, en économie, lorsque vous commandez, vous versez des acomptes. Si on compare, on devrait nous verser des acomptes dès l'automne de mise en place de l'année culturale et non l'automne suivant. 

Revenons au ministre. Il pavoise en annonçant qu'un milliard d'euros seront avancés du 15 décembre au 15 octobre ! Cela représente 2 mois de trésorerie puisqu'il est déjà prévu sur le budget de la PAC! Ce n'est donc pas un effort bien conséquent, mais c'est bien vendu et pour le commun des mortels, je comprends que cela semble un énorme effort. Quand le journaliste lui fait remarquer que le 15 octobre, c'est déjà tard, c'est tout juste si Mr le ministre ne se met pas en colère...*

Pourtant, l'éleveur que je suis, au regard des explications données plus haut, se pose la question: Que dois je faire au regard de la sécheresse ? Soit j'achète de la paille maintenant, par sécurité, pour couvrir 2 mois de nourriture l'été. Soit j'achète pour 4 mois. Soit je fais l'impasse en espérant la pluie... Dans les deux premiers cas, c'est maintenant qu'il faut de l'argent, la paille vaut déjà 90€ la tonne livrée. Les moissons avancent vite et la paille qui n'est pas commandée sera broyée. Dans le troisième cas, je rentre dans la case du ministre mais là, en octobre, s'il n'a pas plu, les tarifs ne seront plus les mêmes ! On est allé à 150 €/t cet hiver et ce n'est sans doute pas un plafond si...

Par mon propos, si j'ai été clair, vous comprendrez que je sois plus que surpris d'entendre dire par notre ministre qu'il veut éviter la spéculation mais qu'il ne comprenne pas que ce qu'il annonce va l'alimenter d'où mon propos de "naïveté" ! Reste la question de fond : A force de tirer les cours de nos animaux bien en dessous du prix de revient, nous ne pouvons plus avoir une gestion saine et prudente de nos fermes ! Si nous étions payés normalement, nous ne serions pas obligés de quémander des aides. Tout serait plus sain et nous serions moins fragiles en cas de coup dur. L'adaptation de l'élevage au réchauffement climatique passera par revenir à un prix rémunérateur des produits agricoles. Ne serait ce que pour financer un stock de précaution indispensable en pouvant acheter au bon moment et non sous la pression...

* "Ils donnent le foin qu'ils ont récolté et pourront acheter en octobre avec l'avance que nous leur verserons alors !" Précision du propos que mon épouse m'a suggéré en lisant ce billet. Elle était outrée.

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15 juillet 2019

Hommage à nos pompiers volontaires...

Vendredi, un énorme incendie s'est déclaré dans un champ et s'est propagé à une sapinière voisine. Je pouvais malheureusement, suivre de loin car l'événement s'est situé plein ouest sur la ligne d'horizon de ma ferme. Je ne me suis pas approché pour ne pas perturber le travail de nos pompiers.

25 ha ont ainsi brûlé. Je roulais des bottes et heureusement, il n'y avait pas de vent, juste une toute petite brise... Quand elle a tourné en fin d'après midi, le feu a pu être maîtrisé. Mais pas éteint, ce que m'ont expliqué les pompiers volontaires que j'ai croisé depuis. Au passage, je souligne que nous avons la chance d'avoir encore un centre très dynamique et je ne cache pas mon inquiétude, partagée par la population, quand régulièrement on entend parler de restructuration selon la règle immuable de l'administration parisienne qui consiste à tout transférer dans les villes voisines. Je n'ose imaginer les délais d'intervention quand il ne restera que des centres à 20 ou 30 km...

Donc l'un d'entre eux m'a confié que les reprises étaient encore possibles. Depuis hier soir le vent d'EST s'est levé. Il est plus fort ce matin. Vers midi, en rentrant, j'ai remarqué des fumées plus conséquentes;

DSC01664

Cela semble donc reparti ! Une demie heure plus tard...

DSC01668

Je pense donc à tous les pompiers du village qui ont déjà assumé la surveillance depuis 4 jours et qui vont devoir encore y passer quelques journées et nuits ! Je comptais faucher les chardons. Mais avec cette sécheresse, je vais attendre une prochaine pluie. Tant pis si ce sera trop tard. Je n'ai pas envie de risquer un feu...

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14 juillet 2019

Feu et feux

J'ai envie de partager ces 3 photos :

La première car en prémices à la soirée du feu d'artifice du village, le soleil avait décidé de participer à la fête :

coucher-de-soleil

La seconde car je ne me lasse pas de la pluie d'étoiles que nous offre l'image d'une fleur au milieu des fleurs du pont...

3fleur-sur-fleurs

La troisième parce que dans l'eau transparente, le reflet d'une partie du bouquet final devenait sublime... (En passant, j'aimerai connaître l'avis des poissons aux premières loges hier soir...)

reflet-du-bouquet-feu-sur-a

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16 juin 2019

La météo instable change mes plans de facuhe

Je suis désolé de ne pas avoir le temps d'écrire... Mais j'essaye de compenser avec des vidéos, même si j'ai, là également, baisser le rythme. Avec celle-ci, j'explique rapidement les choix que j'ai fait ce matin. En sachant que ce soir, les bulletins ont déjà changés.

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