paysanheureux

20 janvier 2019

Organisation du travail des soins aux animaux en hiver...

Il y a peu de journées avec un beau soleil le matin. Impossible de faire de belles vidéos sous la pluie ou par temps gris. J'ai donc profiter d'un matin radieux pour enregistrer quelques rushs...

Voici un premier film qui décrit mon travail quotidien, incompressible, de chaque jour d'hiver, dimanche et jours fériés compris. je me sers du C15 comme d'une brouette motorisée pour transporter les seaux de mêlée. Ensuite je complète les râteliers ou auges avec le foin ou l'enrubanné puis je paille... Là, vous allez m'accompagner un moment dans l'étape intermédiaire. Au total, hors animaux malades, ses soins me prennent au moins 2h30 mais c'est une moyenne car il y a de grosses variations d'une journée à l'autre

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12 janvier 2019

Avant hier, en prévision de la neige annoncée...

Je vous invite à un petit tour, le dernier avec autant de vaches... En effet, la neige était annoncée pour avant hier matin puis pour demain samedi... Elle est tombée hier après midi. J'avais donc tout préparé pour pouvoir rentrer les deux derniers gros troupeaux de vaches. Je l'ai fait le soir même, sous une pluie mêlée de neige fondue...

J'ai été obligé de recomposer les lots dans la stabulation pour optimiser le nombre de vaches par case. Il s'en est suivi des bagarres sans fin, détruisant la litière. Comme à chaque fois, la hiérarchie doit être revue et cela se fait par la force. C'est très violent pendant une ou deux heures. A chaque fois, je suis exaspéré mais on ne peut l'éviter. Pour le limiter, j'essaye de garder une cohérence dans mes choix pour tenter de limiter au maximum ces mouvements par la suite...

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09 janvier 2019

Mes meilleurs voeux pour 2019...

J'arrive enfin... J'ai du mal à tout faire.

Cette année sera très particulière pour moi. Il faut d'abord terminer l'hiver. Ensuite, je récolterai avant de passer la main. J'ai rencontré la MSA pour confirmer ce qui est possible. Maintenant, je vais préparer les dossiers tout au long de l'année. J'espère que rien ne viendra perturber le périple de ce changement.

Plusieurs lecteurs ou de ceux qui me suivent par ailleurs se demandent ce qu'il adviendra de ce blog, de mon compte twitter et You tube ?Je n'en sais rien, je me vois mal tout arrêter. Vers quoi s'orienter ? C'est un peu à vous de me le dire. Je n'exclue pas non plus de trouver une petite activité professionnelle liée à ces expériences, c'est permis. Mais je n'ai aucune idée de la valeur de tout cela. Peut être me fais je des illusions ?

Mes voeux et les questions sont là !

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06 janvier 2019

Petit point de situation de ma ferme ce jour..

Calme enfin côté vêlages... La génisse que je vous avais annoncé pour un vêlage sous 10 jours a vêlé. Il en reste une sous 15 j ou 3 semaines et une en mars avril... Les vaches vont s'y remettre avant 15 jours. En reprenant les dates de vêlages de l'année dernière, il ne peut y avoir de miracle. L'énorme retard pris alors ne se rattrapera pas en une année. Au mieux, il en faut trois.

Au passage petite info pour les vétos qui suivent ce blog. J'avais vacciné volontairement deux ou trois ans après la prophylaxie obligatoire de la FCO8 des années 2010.... Seules les vaches vaccinées (à une exception près) à l'époque ne sont pas décalées ces deux derniers hivers !!!! Comme je ne pouvais pas garder des vaches de plus de 10 à 12 ans, j'ai du réformer ce printemps et perdre ainsi 5 ou 6 vêlages de décembre ! Quand certains affirment que la qualité des foins de l'époque est la cause des retards ou vaches vides des deux dernières années, je bous ! Ok ils n'étaient pas terribles, mais je complémente toujours de la même façon, voir plus avec du mauvais foin. La vraie cause est ailleurs. Suivez mon regard et constatons que nous avons laissé s'installer une belle maladie sans être capable de reproduire le schéma qui nous en avait sorti en 3 ans lors du premier épisode (merci Mr Lemaire). MANQUE de courage politique, incompétence des GDS et de certains autres milieux professionnels, discours ambiant remettant en cause les vaccinations, un de vos confrère (vous représentant) racontant même en réunion qu'on laisse les vaccins gratuits en ferme se périmer au lieu de les injecter...??? Heureusement, il y a des gens très sérieux pour soigner nos animaux, mais trop souvent, malheureusement, ils ne sont pas écoutés... L'affaire coûte très cher aux élevages touchés. Bon côté des choses, les naissances de veaux ont baissé, du coup les cours des broutards se sont tenus. Mais à quel prix !!!!

Je pense que je touche le bout pour les pâturages d'hiver. Si je me fie aux prévisions météo, je vais devoir rentrer cette semaine pour ne laisser que trois très petits lots. En tenant ainsi jusqu'à maintenant, j'ai réussi, grâce aux copeaux à économiser 75 bottes de paille ! Un camion de paille en faisant une cinquantaine, c'est donc une vraie économie puisque en HT, en arrondissant un camion de paille vaut cette année environ 2800 € (je n'ai pas de contrat donc 22 tonnes à 130€) tandis que j'ai payé les 30 tonnes de copeaux un peu plus de 1800 €). J'en ai commandé un autre camion  pour assurer. En ce moment, je paille par dessus la sous-couche de copeaux ce qui me fait consommer un tiers de ce que je mettais les autres années. Dommage que je puisse pas le faire dans ma grande stabulation pour vaches... J'utilise également le programme sous exel que m'ont fait mes enfants pour suivre mes consommations de foin paille et autres. C'est plus qu'utile pour anticiper la fin d'hiver. Je fais un point de situation en ajustant les chiffres tous les 15 jours. Mais comme je compte faire une vidéo démonstration sur le sujet je ne vous en dis pas plus... La date d'arrivée du printemps reste la grande incertitude !

Côté cours des animaux, ce que j'avais annoncé dans mes billets de l'été se confirme. Les volumes d'abattage sont en hausse pour une consommation dite en baisse, donc les prix baissent et les délais de départ s'allongent. Quand je rencontre des abatteurs, ils se plaignent que c'est compliqué. Je pense que la notion de difficultés n'est pas la même pour tous les acteurs de la filière. Il y a même une incohérence à parler de problèmes quand on est certain d'avoir des volumes à acheter et des prix en baisse ! Sans doute, est il plus compliqué de vendre avec cette consommation atone ?  De plus, certaines de nos stars nationales se mettent à jouer les défenseurs du climat en boycottant la viande. Pourtant elles doivent prendre l'avion bien plus souvent que moi et pas que (je pense à leur régime alimentaire entre autre, sur les tournages ou en promotion...)  Le plus révoltant est que les discours ne font aucune distinction entre les modes d'élevage alors qu'en bilan global, les rots peuvent être compensés par la capacité de l'herbe à stocker du carbone. Mais il est tellement plus facile de se donner bonne conscience sur le dos des autres... En attendant, c'est usant d'être toujours critiqué sur tout ce que l'on fait alors que...

Oui alors que la biodiversité me pèse beaucoup en ce moment. Une centaine de pigeons viennent chaque jour manger dans les auges des stabulations.Le problème est qu'ils peuvent transmettre des maladies par leurs fientes  Un matin sur deux, je découvre de nouveaux dégâts de sangliers que je vois parfois en plein jour mais jamais quand je suis accompagné d'un chasseur... Les dégâts sont énormes, ils vont jusque dans les jardins de voisins. je me suis fait expliquer le plan de chasse. Un truc de fou ! Les règles ont été un peu assouplies devant l'énormité de la situation. Plus grave, la mise en danger des élevages de porcs plein air qui se sont mis en place dans le coin. Quand j'étais jeune, la rage avançait. On avait vu alors une population inédite de renards qui semblait précéder la maladie. J'ai l'impression de vivre le même phénomène aujourd'hui avec les sangliers, comme s'ils fuyaient devant la peste porcine. Cette dernière progresse en Belgique. Donc si on ne fait rien pour limiter sérieusement la population de sangliers, elle arrivera inéluctablement, détruisant au passage les élevages de porcs. Il faut donc gérer la chasse de ces animaux d'une autre façon et ne pas écouter les "marchands d'actions de chasse" qui eux sont à mille lieux des vrais problèmes et des vraies solutions pour des raisons mercantiles. En dehors d'enclos, il est impossible de pouvoir garantir des tirs de ce gibier sans pratiquer des techniques d'élevage. Le problème est qu'un sanglier peut faire plusieurs dizaines de kilomètres en une nuit... Donc certains les attirent pour les fixer mais ne peuvent contrôler qu'ils ne leur fassent pas des infidélités sur le dos ces voisins. Le problème est que ce sont ces mêmes personnes qui gérent les associations de chasseurs!!!! On a vu ce que cela a donné en Belgique. J'espère que notre préfet en a conscience et pourra prendre les mesures qui s'imposent en choisissant les bons interlocuteurs.

Voilà ce tour d'horizon s'achève là pour aujourd'hui. La perte d'une vache m'a beaucoup affecté. Il faut dire qu'à plus de soixante ans, passer une nuit blanche dans les stabulations ne se récupère pas en une journée, ce que certains ont du mal à comprendre en dehors de la profession. De plus, j'ai pris le rythme d'hiver avec un ou deux réveil par nuit pour descendre voir la caméra. Le difficulté est de se rendormir. La moindre contrariété prend donc des dimensions importantes. Il me reste 3 mois à tenir. Pour la première fois, je me mets à m'imaginer au prochain hiver, en retraite, en ayant l'impression d'une liberté retrouvée et de trop de soucis en moins. Vous l'avez compris le contexte ne nous aide pas. J'espère que les plus jeunes résisteront. Nous sommes dans une mauvaise passe, mais il y aura des jours meilleurs. Il en a toujours été ainsi dans notre beau métier !

 

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03 janvier 2019

Se quoi s'agit il ?

La photo est réalisée sans trucage : De quoi s'agit il ?

 

quiz-2

Bravo à vous. Oui, il s'agit d'une petite partie des dégâts d'un gros solitaire ! J'ai filmé avec le drone. Imaginez des trous d'une trentaine de centimètres de profond. Je suis passé en C15 vers 10 h du matin, il n'y avait rien. Le hasard m'a conduit à revenir vers 11h en mettant une botte dans le râtelier de la chaume. Je suis alors tombé sur le sanglier qui dépasse allègrement les 100 kg... Je regrette de ne pas pouvoir chasser, d'autant qu'avant hier, je suis tombé sur une harde de 15 au moment où ils commençaient d'attaquer la parcelle voisine ! En faisant le tour de la ferme, je ne dois pas avoir plus de 3 parcelles qui ne soient pas concernées par des dégâts...

 

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31 décembre 2018

Point de situation maussade ce 31 décembre...

Triste journée avec ce temps gris et morne. Triste car je n'ai pas réussi à sauver (avec mon véto) une vache. Il a fallu la prendre au pré hier ! Difficile de poser un diagnostic dans ces conditions. Je ne pouvais pas la ramener en stabulation. Pour moi, il n'y a qu'une explication possible : Un corps étranger !

Avec la sécheresse, les vaches ont brouté l'herbe le plus ras possible. Un clou ou un crampillon peuvent alors avoir été absorbés. Il peut rester des semaines dans la panse, noyé dans le volume ! Puis il peut se planter dans la paroi du rumen ou dans l'oesophage au moment de la remontée du bol de rumination. Dès lors, une infection se produit et l'animal ne pouvant plus ruminer, la panse se bloque. C'est la seule chose dont nous ayons été sûr hier. Quand on a un soupçon, on fait avaler un aimant qui fixe le morceau de ferraille et reste indéfiniment dans la panse. Hier, nous l'avons fait mais c'était trop tard. De plus, cela est très soudain donc.

Pour compliquer le cas, le véto pense que cette vache a abusé des glands. Cela l'a sans doute fragilisée. Elle avait pourtant du foin à volonté, mais rien à faire !

Vous comprendrez que je sois déçu ! Si je n'ai pas écrit ces derniers jours, c'est par fatigue. Sur 16 génisses devant vêler, 13 l'ont fait en 16 jours ! Je peux tirer une fière chandelle au taureau même si à cause de lui j'ai passé des nuits blanches. Le bilan est mitigé avec une septicémie fatale sur un veau et un autre qui n'a jamais démarré. Sinon, les autres se portent bien pour le moment, mais il m'a fallu un peu de persévérance et de chance avec deux d'entre-eux. Effet sécheresse ! J'ai du rattraper les carences en donnant beaucoup de minéraux aux génisses les jours suivant la rentrée en stabulation. J'ai vu une nette différence entre les premiers et les derniers vêlages.

Pour ce qui concerne les trois dernières, je prévois un vêlage d'ici une semaine, un autre d'ici une quinzaine de jours et la dernière en mars ou avril ! Elle a "coulé" et est revenue en chaleur fin juin je crois ?

Ce petit mot pour parler aussi des échecs. Je savais que ce dernier hiver de paysan serait compliqué. Avec dame nature, il faut une part de chance ! Pour la vache, c'est malchance et je n'y peux rien, même si je le vis mal. Encore 4 mois au moins de vêlages et toujours ces mêmes incertitudes malgré l'expérience !

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19 décembre 2018

Comment j'utilise ma case de vêlage...

A la demande d'un youtuber, j'ai filmé l'utilisation de la case de vêlage. C'est donc l'occasion d'en faire le bilan. Mes animaux n'étant plus attaché, la contention est stratégique pour être efficace et limiter le stress des animaux !

D'abord, je dois revenir sur le positionnement de la case spécifique. L'idéal serait qu'elle soit contiguë à la stabulation des vaches tout en étant plus protégée pour limiter les températures trop basses. Ainsi, les vaches en travail garderaient un contact visuel avec les collègues habituelles et seraient moins stressées.

Ce qui est réussi, c'est d'avoir mis la case de  vêlage au milieu de 7 cases individuelles. Celle-ci ne doit pas rester trop longtemps occupée pour deux raisons. Il faut qu'un autre vêlage soit possible si besoin et il faut éviter que le fumier monte... Le fait d'avoir des cases immédiatement disponibles en ouvrant une seule barrière est très important. Cela évite de perturber le couple mère-veau à un moment délicat parfois. Ensuite, la proximité immédiate d'autres animaux rassure l'animal en travail... Pour moi, il est inconcevable d'une telle case soit isolée dans un autre bâtiment !

Pour la disposition interne de la case, c'est le cornadis spécifique qui doit primer. Un animal stressé par le vêlage réagit parfois vivement. Naturellement, il va chercher à rejoindre l'endroit où se trouve le lot duquel il vient. Le cornadis vertical laisse croire à la vache qu'elle peut passer et elle va ainsi être immobilisable sans soucis... Si on manque la manoeuvre, il sera plus compliqué de prendre l'animal qui de défendra. La porte césarienne doit se situer sur la gauche de l'animal vu de derrière puisque c'est de côté que l'on opère si besoin. Il faut que la barrière de l'autre côté ouvre côté train arrière de l'animal pour pouvoir le dégager s'il se couche sans devoir vider la case voisine des animaux présents...

J'utilise toujours la case opposée au cornadis pour introduire les animaux. J'y laisse la vache en travail se calmer et s'habituer. Comme vous le voyez sur la vidéo, la génisse va directement vers le côté opposé à celle de la barrière que j'ouvre. Cela ne marche pas avec la case opposée, il faudrait que l'animal revienne sur ses pas ce qui n'est pas naturel de part ma présence.

Y a t'il des améliorations possibles ? Oui, il faudrait un système de blocage du cornadis dès que l'animal y passe la tête. Il faut souvent faire vite avec le câble et il m'arrive de me louper. Par contre, je suis enchanté de la forme du cornadis qui descend presque jusqu'au sol. Je n'ai jamais eu de problèmes pour dégager la tête d'une vache qui se soit laisser tomber. Je ne reviendrais jamais en arrière par rapport à des cornadis classiques ! Maintenant, je n'hésite pas à rentrer vaches ou génisses quand elles ne vêlent pas seules ! C'est un aménagement que j'aurai aimé faire dès mon installation, mais à l'époque...

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16 décembre 2018

Un petit tour d'une partie des vaches pour comprendre ma stratégie d'économie de paille

Une vidéo sera plus claire qu'un écrit. Elle permet surtout de montrer la réalité des conditions de vie des animaux... Vous allez découvrir la stratégie pour économiser sur la litière. Tout ceci peut changer du jour au lendemain si la météo change. Je pourrais alors diviser les lots pour  finir comme celui du pré du verne qui est définitif pour cet hiver. Les cases vides seront alors complétées!

En fait, il y aura des permutations entre les animaux pour pouvoir surveiller les vêlages ou faire les traitements et vaccinations. Cet hiver va donc être inédit et demande d'être réactif...

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15 décembre 2018

lundi soir, un retour en stabulation sans conviction...

Je me demandais à quelle heure j'allais parvenir à faire sortir le lot des arrantages. Comme je dois le faire passer par le chemin, il faut que je ne gêne pas la circulation de ma famille. En fait, j'ai joué sur le foin. Au lieu de le mettre en début d'après midi, j'ai attendu. Quand elles ont entendues le C15, elles sont venues. La suite est filmée !

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14 décembre 2018

Agribashing, comment réagir ?

Les réseaux sociaux bruissent d'opinions trop souvent déconnectées des réalités. Internet permet à chacun de réagir en direct aux événements, d'émettre des idées, voir de propager de fausses informations. C'est un outil remarquable et dangereux à la fois.

Mes 13 années de bloggeur m'ont conforté. Plus que jamais, nous, paysans, devons communiquer. La génération qui a connu le travail de la ferme, puis qui est partie à la ville est en train de s'éteindre. Les générations qui suivent, n'ont aucune connaissance de la réalité de la nature au quotidien. Notre métier se résume pour eux à des clichés, des tiroirs dans lesquels on catalogue les différents types de productions, sans nuances. Ainsi, presque chaque jour, sur la communauté que je suis sur twitter, apparaît une attaque sur l'élevage, presque toujours accompagnée d'une photo prise à l'autre bout du monde ! L'amalgame permanent permet d'entrenir le débat sans qu'à aucun moment les efforts que nous faisons au quotidien ne soient valorisés. Il est vrai que nous sommes desservis par les très grosses structures commerciales françaises, qui se servent des ambiguïtés pour tirer les prix vers le bas en entretenant une concurrence déloyale tout en sachant utiliser notre image dès qu'un problème survient...

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Ce genre d'exploitation n'éxiste pas en France, mais l'amalgame met en danger la production vertueuse !

La seule façon de contrer cela est de renvoyer, inlassablement, (et sans rémunération) la vérité des vécus sur nos fermes. Cela suppose de notre part, un souci constant de saisir les instants de vie professionnels. Dans la pratique, il y a peu de jours, où il n'y ait rien à montrer. La difficulté tient au fait de pouvoir saisir ce qui nous fait nous accrocher dans ces moments où l'on aurait envie d'être ailleurs. On ne peut pas travailler avec en permanence une caméra, un APN, un super-objectif de photo. On ne peut pas non plus, comme le font certains reporters animaliers, passer des heures à attendre le bon moment et encore moins faire des montages improbables dont les internautes sont si friants... En même temps, c'est ce qui fait notre force puisque ce que nous transmettons est authentique.

Reste ensuite le fond des messages et les relais indispensables. Je ne vais pas me plaindre de ce côté là puisque la pratique m'a ouvert des portes. Je peux juste remercier ceux qui me font confiance. Et dire que la plupart des journalistes font un boulot formidable. Pour le moment, je n'ai jamais été trahi (dans ma petite expérience) par une utilisation dévoyant mes propos, quelque soit la forme d'interviews ; articles écrits, enregistrements radio ou télévisuels ! Pourtant, je ne suis pas un as de la com ! A chaque fois, j'ai apprécié le sérieux pour comprendre la situation évoquée et après coup (normal, le trac, ça existe) j'ai eu le sentiment d'avoir vécu de beaux moments.

J'entends dans les réunions des propos qui voudraient interdire nos détracteurs. Ça ne marche pas comme cela! Nous avons le devoir de nous impliquer et surtout nous ne devons compter que sur nous-même. Je ne peux pas parler de ce que je ne fais pas !!! Mais c'est la somme des partages de l'expérience de chacun qui permettra de faire redécouvrir à nos concitoyens la richesse extraordinaire d'une agriculture française qui reste encore (pour combien de temps?) une agriculture paysanne dans une majorité de cas ! C'est aussi celle-ci qui est mise en danger par les attaques incessantes, utilisant des arguments inexacts.

Je regrette vraiment de ne pas avoir pu participer hier à l' AG de notre petite coop locale où le sujet a été abordé. Déjà, la discussion avait été intense lors de l'assemblée de section. De même, ce soir, je ne peux aller à cette soirée !

soirée Sanvignes

Dommage, j'y aurai certainement beaucoup appris au contact de la journaliste nationale. Mais je ne doute pas que d'autres rencontres seront possibles au printemps, en d'autres circonstances et avec d'autres journalistes tout aussi désireux de sortir du sensationnel pour expliquer la réalité de nos pratiques!

Il faudra plus d'une réunion pour convaincre que c'est notre affaire à tous !

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