paysanheureux

16 mai 2012

Originale, une pièce en patois...

Il y a des artistes dans nos campagnes. Olivier allie ce talent avec la volonté de garder la mémoire locale des "parlers", dans ce cas.... Image d'une culture locale dont il faut préserver les quelques restes. Je l'ai déjà évoqué. Après les assauts de l'école de la république, celui de "l'anglo" tout, préserver cette mémoire relève d'un combat qui parait d'arrière garde. Pourtant, rien, de notre société humaine, ne s'est construit tout à fait par hasard. Et au fur et à mesure que l'évolution des moyens de communications changent, élargissant les cercles d'influences sur notre vie quotidienne, connaître le passé est indispensable pour préparer l'avenir.

Je n'ai pas le temps d'approfondir plus ici, mais, la réflexion pour préparer la présentation de jeudi soir me le confirme. Il m'apparait de plus en plus évident que la "culture", donc la mémoire et la connaissance de toute l'expérience acquise par les hommes jusqu'ici, est la clef du progrès ! Même les choix politiques locaux, en particulier pour les choix de territoires, ne peuvent pas être opportunistes mais conjuguer passé et perspectives ! C'est autrement plus complexe que de se ranger derrière telle ou telle consigne ! 

Donc, la pièce que propose Olivier est une pièce importante du puzzle de la culture locale. Créer une comédie en patois n'est pas rétro mais au contraire terriblement "durable" au vrai sens du terme. Je ne peux qu'encourager ceux qui le peuvent à aller à Sivignon les 9 et 10 juin. Pour ma part, je regrette de ne pas être libre, mais la famille passe avant tout, surtout en ce moment...

Félicie facebook

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11 mai 2012

11 jours de retard...

Je surveille depuis le 1 er mai le muguet, guettant la floraison pour chiffrer le retard de dame nature. Le verdict est tombé aujourd'hui, au deuxième jour de températures très chaudes puisque dépassant les 30°C. L'effet a été immédiat non seulement sur le muguet mais également sur l'herbe. Les prés ont changé en quelques heures. Les vaches ont de l'herbe. Les prés de fauche se garnissent, la récolte s'engage mieux que l'année dernière.  Mais je ne peux m'empêcher de noter et d'insister sur les évolutions excessives du climat cette année. Cette fois, on passe en quelques heures de températures froides à de la vraie chaleur... Rien d'extraordinaire en soi si on prend l' événement seul. Mais c'est inquiétant lorsque l'on regarde la météo depuis l'année dernière. On ne peut ignorer la succession incroyable de ces grands écarts.

                      muguet

La météo serait elle devenue aussi vollatile que les marchés financiers ou celui des matières premières ? Si tel est le cas, la vie de paysan va se compliquer terriblement...

J'ai trouvé très explicite le site du conseil général qui donne l'eau disponible dans les étangs servant de réservoirs pour alimenter le canal du centre, celui qui relie Chalon à Digoin. Un autre indicateur des déficits globaux en pluies de ces dernières années.

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09 mai 2012

C'est quoi mon métier ?

C'est le sujet sur lequel je vais plancher demain soir. C'est marrant. Il y a 20 ans, je me serais définit comme "agriculteur"... L'expérience personnelle me conduit à me considérer de plus en plus comme un "paysan" ! Lente évolution personnelle, née du constat que chaque jour, je me sens de plus en plus humble face à dame nature, de plus en plus émerveillé également ! Plus je découvre le territoire qui m'est confié, plus j'ai l'impression que je ne le connais pas ! Tout simplement parce que chaque situation ne se reproduit jamais à l'identique, qu'au pire succède le meilleur...

J'ai l'impression de vivre au milieu d' un chaos organisé, sans cesse à la limite de la rupture. Travailler avec la nature, c'est essayer de trouver en permanence le bon équilibre entre des dizaines de paramètres qui fluctuent sans cesse. Il est inutile de croire que l'on peut maîtriser quoique ce soit. La technique nous y aide, elle ne règle pas tout ! Il faut juste tenter de ne pas sombrer au moindre imprévu, donc s'adapter en permanence... Il faut garder une vision de l'ensemble, décider en temps réel, sans jamais s'enfermer dans des certitudes.  C'est sans doute cela "le bon sens paysan": Cette curiosité permanente, cette capacité d'analyse  pour laquelle l'expérience est la meilleure arme pour ne pas se tromper. Rester simple pour tenter de comprendre le compliqué, en acceptant de ne pas avoir une explication rationnelle à tout l 

                  deux paysans lisant un paysage

          Oui, je suis dépositaire de la gestion et de l'entretien d'un espace limité; ma ferme, succédant à mon père dans cette fonction ! Des centaines, peut être des milliers d'hommes ont travaillé, depuis des millénaires, sur cette terre que j'aime et à laquelle je suis si attaché. Ils ont laissé des traces, des indices de leur passage anonyme... Que laisserai je à mon tour pour les générations futures ?

          Oui, je me considère comme un passeur, quelqu'un qui doit transmettre un des biens les plus précieux de l'humanité, en faisant produire cette terre pour qu'elle nourrisse les hommes sans l'alterrer pour les générations futures...C' est une autre responsabilité que celle que nous confère les Hommes qui veulent, dans notre société, écrire la vie avec les lois, des règlements et des normes !

Pays, paysage, paysan ! Trois mots indissociables auxquels je suis fier d'être associé !!!!

           

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08 mai 2012

La Gladie, Collonge en charolais

Le temps est beau et bon ! Oui, je sais, je vais me faire incendier. Même mes collègues commencent de trouver que... Mais imaginent ils un instant, ceux qui râlent, ce que donnerait aujourd'hui la situation s'il n'avait pas plu ? Et les conséquences n'auraient pas concerné que les agriculteurs !

Donc, ce matin, une nouvelle fois, le temps ressemblait à cela. Mais grâce à cela, l'herbe pousse. Les vaches ne réclament plus.

                      pluie

J'ai juste eu des petits soucis avec le dernier né qui a fait une belle diarrhée blanche. Hier, il m' a fallu courir après au milieu du pré avec le bol de ré-hydratation. Ce matin, je l'ai coincé dans la stabulation pour le faire boire...

Ce temps inspire donc à chercher d'autres moyens de détente. Après la cérémonie au monument aux morts, nous sommes allés manger à Collonges en Charolais. Un petit village sous le Mont Saint Vincent, sans vrai bourg, mais une suite de maisons le long de la route principale. L'auberge "La Gladie" était pleine.

         collonge-en-charolais

Nous n'étions pas les seuls à avoir eu cette idée. L'endroit est très sympa et permet de très très bien manger à un prix plus que raisonnable. Rien de comparable avec ce que l'on trouve à Paris où j'ai vraiment l'impression qu'on nous prend pour des pigeons. Voilà donc une très bonne adresse. Je ne cherche pas à vous expliquer la route pour y aller. On est dans la campagne profonde, celle des petites routes, des paysages merveilleux, sans cesse différents, des vieilles bâtisses toutes plus belles les unes que les autres. Ce sont donc les habitués qui viennent là. Pourtant, nous sommes à 20 minutes de la gare du TGV. La météo étant ce qu'elle est, nous avons renoncé à retourner à Genouilly ensuite. J'aurai aimé flâner avec Mme PH dans la "rue chemin" de l'église romane, avec toutes les maisons en pierres dorées comme dans le beaujolais. Nous sommes donc rentrés et avons surpris des squatteurs dans la cour de ferme.

                                     canards-dans-jardin

On dit "temps de chien", je trouve l'expression inappropriée. On devrait dire ; " temps de canards". Ils semblent plus qu'heureux par ce temps humide. Donc monsieur et madame ont découvert le bassin de la cour pour manger ce qui vit dans la vase. Je n'ai pas réussi à les prendre en photo le derrière en l'air et la tête sous l'eau... Ils devaient entendre la fenêtre s'ouvrir et se méfiaient du paparazzi que je devenais. En attendant, ils étaient très décontractés et ont élu domicile pour plus d'une heure dans la pelouse autour du bassin. Avant de repartir, comme ils étaient arrivés, c'est à dire à pied ! Super cool les canards. Je confirme donc, ce temps est bien celui qu'ils préfèrent ! D'autant que c'est la saison des amours. Il  y en a partout cette année...

   canards

 

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06 mai 2012

Se confondant bien ou passagérement mal...

Je suis heureux depuis quelques temps. J'ai remarqué qu'au moins un couple de perdrix s'est reformé et vit autour de la maison et de la ferme. Sur tout mon petit territoire, il y a peut être un second couple. Je les entends appeler assez régulièrement. Cela faisait deux ans que je n'en voyais plus. Reste à savoir si ce sont de vraies perdrix sauvages ou des animaux lâchés ?

Peut être qu'un jour la faune sauvage se reconstituera comme par le passé ? On ne peut pas imputer à l'emploi de pesticides, ici , la disparition de cette espèce; la perdrix rouge. Le nombre de prédateurs est conséquent et il suffit de voir la vitesse à laquelle disparaissent les petits perdreaux venant d'éclore pour se dire que l'espèce est en danger...

En attendant, j'ai surpris celle-ci sur le chemin un matin. Je ne bougeais pas, elle non plus. Le camouflage est tellement parfait que sur la première photo , la perdrix était floue. La mise au point s'était faite sur les graviers autour d'elle. Heureusement que j'ai pu doubler et réussir la seconde...

                       perdrix-rouge

Par contre, dame araignée a été trahie par les restes de la pluie de la nuit... Son camouflage a été pris en défaut.

                                  toile-de-perles

Mais ferait un superbe collier de perles fines...

 

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04 mai 2012

orage et panne d‘internet

J‘ utilise mon téléphone ce soir car un violent orage nous a privé d‘internet . Ce n‘est pas facile pour écrire, mais faute de mieux... J‘avancé mon chemin ce qui devrait me permettre de rouler les fumiers d‘ici peu. Ce sont des tas pour compostage que je vais faire. Je oublierai des que je serai à nouveau relié à la toile. À bientôt

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02 mai 2012

Faudra t'il qu'il y ait un accident pour qu'ERDF soit responsable ?

Je reviens sur la panne électrique de dimanche. J'ai rencontré hier matin des voisins très remontés. Imaginez, la coupure de la journée a duré de 10 h à 22 h 30... Mais ce n'est pas cela qui les a fait sortir de leurs gonds ! Vous vous souvenez peut être de ce qui c'était passé il y a 3 ans ? Suite à un coup de vent, un poteau casse chez mon voisin. Les fils ne touchent pas terre, les isolateurs jouent leur rôle à l'envers. La ligne de 20000 volts est à 50 cm du sol. Le ré-enclenchement automatique marche et le courant est rétabli sur la ligne en l'état. Le lendemain matin, au lever du jour, un sanglier traverse le troupeau de génisses, celles-ci le poursuivent. Le sanglier et une génisse touchent les fils et sont immédiatement électrocutés. Cette fois, les ré-enclenchements ne marchent pas, puisque les corps des deux animaux font contact avec le sol ! On cherche alors seulement pourquoi cela a coupé.

Et bien le scénario s'est reproduit dimanche matin 400 m plus loin ! Un poteau tombe, sans doute vers 5 h 30  du matin ! Cette fois, il y a d'autres accidents d'arbres ou autres sur d'autres lignes. Les ré-enclenchements automatiques ne fonctionnent pas dans un premier temps. En isolant les tronçons, les agents EDF parviennent à rétablir le courant chez nous, vers 7 heures. Il sera recoupé vers 10 h, au moment où je pars... Mes voisins me disent que 5 ou 6 animaux ont été électrocutés chez un autre voisin. L'ont ils été lors de la chute du poteau ou à 10 heures ? Je ne sais pas. Une seule chose est sûre, l'électricité a circulé sur une ligne à terre. De 7 heures à 10 heures...

                    croisement-au-champ-couchot

Cela commence à faire beaucoup d'animaux morts ! C'est triste pour les animaux. Cela fait un peu désordre dans un pays qui fait par ailleurs plus que du zèle pour le bien-être animal. Les plus cyniques  peuvent dire qu'au moins les animaux n'ont pas soufferts. C'est un peu ennuyeux pour les éleveurs, d'autant qu'il faut plus de trois mois pour être indemnisés après avoir rempli des tonnes de papier...

Mais en réalité cela fait peur : Imaginez un instant ce qui arrivera si la ligne se retrouve une nouvelle fois à 50 centimètres du sol avec ses 20000 V sur un chemin... Ici, il y a des tas de chemins pour desservir l'habitat qui est dispersé. Il y a des tas de chemins de randonnée, des tas de gens qui circulent en permanence. Des vallons qui coupent la visibilité au loin... A la limite, en tracteur on a toutes les chances de voir les câbles car on est en hauteur et on ne roule pas vite, mais que dire des autres moyens de transport...

J'ai regardé deux poteaux ( En fait, la plupart sont comme cela) en faisant mon tour d'animaux : D'abord celui du champ couchot, juste en face du pré du verne où je vais chaque jour. Le poteau est en triste état. La ligne coupe le GR sur sa gauche...

                          champ-couchot

Ensuite, plus dangereux, celui en arrivant à Thely. Là, c'est une petite route que la ligne portée par ce poteau traverse :

                                    thely

Au concours des poteaux à risque, je le classe premier...On lui donne combien de temps à tenir ?

Lorsque les agents ont changé, après 3 ans de réclamations incessantes, les trois poteaux HS sur la ferme, je les ai interrogé. Pourquoi ce non entretien ? "Manque d'argent ! On entretient les lignes prioritaires, celles qui alimentent les villes. Tous les enfouissements se font en ville. " Nous, nous sommes donc les oubliés. Mais comme tout le monde, on paiera les 30 % d'augmentation prévus de l'électricité. Il faut bien payer, entre autre, les sommes perdues dans des placements hasardeux en 2008 d'EDF( dixit certains journalistes)... Et du coup, il est assez normal que nos lignes... Les coupures, c'est pas grave puisqu'on n'est pas nombreux à être raccordés sur ces tronçons là. On peut bien supporter quelques contrariétés. Il est certain également que d'attendre que les poteaux tombent pour les changer permet d'être sûr qu'ils sont bien en fin de vie, donc de les rentabiliser au maximum.

                                             détail-thely

On pourra toujours incriminer les vaches qui lèchent la Créosote pourtant interdite maintenant. Voilà la considération que les dirigeants d'EDF nous portent, habitants de la campagne. On doit être content du privilège coûteux qu'ils nous accordent en nous raccordant au réseau. Quand au risque réel d'un accident humain, il est probable qu'ils n'en aient pas conscience. Tant que cela n'arrive pas... De toute façon, ils évoqueront la fatalité. Fatalité ? Vraiment ?

Et dire que ce sont les mêmes qui gèrent la sûreté nucléaire... Avec une assurance verbale qui élimine tous risques...

Je précise, ce matin 3 mai, que les poteaux ont été changés chez moi, non pas parce que j'ai râlé, mais parce que j'ai demandé un contrôle de la hauteur de la ligne à un endroit où les fils me paraissaient bien bas. Suite à une modification de la ligne initiale pour installer un rupteur télécommandé à distance, la hauteur réglementaire n'était plus respectée. Dans ce cas, la responsabilité d'ERDF est engagée si un accident survient. Ils ont donc agi 3 mois après avoir détecté le problème et comme ils étaient sur place, ils en ont profité pour changer les deux poteaux HS. Sinon, rien n'aurait bougé puisque les poteaux ne tombent qu'en cas de vent très fort ou de neige très collante, donc d'événements climatiques qui peuvent être classés comme exceptionnels et dégagent ainsi leur responsabilité... Subtil, non ?

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01 mai 2012

Le 1 er mai, le marqueur du printemps...

Suivant les rameaux et son vent, précédent la pentecôte qui met ou retire le foin, le premier mai est une date incontournable, un marqueur pour se situer au milieu du printemps. Le muguet est une plante qui fleurit suite à des équations complexes qui associent pluviométrie, ensoleillement et somme des températures...

Je reçois régulièrement une note envoyée par mail qui donne des indications pour gérer les prairies. La note, très bien faite, s'appuie principalement sur les sommes de températures relevées pour tenter de modéliser la pousse de l'herbe. La démarche est intéressante mais a des limites. Ainsi, d'une note à l'autre, on a bien senti le désarroi du technicien. Le coup de gel de la mi-avril, par exemple, est venu tout perturber. On a senti un peu de  flottement dans la note suivante... En fait, il faudrait sans doute appliquer une sorte de note négative sur la somme enregistrée auparavant. De combien ? C'est la vraie question . Là, ils ont laissé courir et ont annoncé qu'il fallait retirer les vaches des prés déprimés vers le 20 avril alors qu'en observant la pousse ici, je me dis qu'il n'y a pas urgence... En fait, cette note négative serait à pondérer en fonction de la pluviométrie, ne dit on pas que "le gel doit être lavé par une bonne pluie". Mais en tenant compte de la façon dont elle se répartie. Une violente pluie d'orage n'a pas le même effet à volume égal que des pluies fines et régulières. Plus complexe, une pluie chaude n'a rien à voir avec une pluie froide, j'ai vérifié depuis des années... Je complique à peine, pour expliquer que si la modélisation est intéressante en année quasi normale, elle est terriblement complexe et donc aléatoire dans les résultats en année climatiquement hors norme, donc très souvent...

Mais la nature nous fournit ses propres statistiques sous la forme du muguet le 1 er mai. Seul problème, il faut observer le même endroit, à la même date. Et oui, les expositions, le terrain et autres facteurs interviennent... Je ne déroge donc pas à ce qui est devenu une tradition depuis que je tiens ce blog. Je photographie mon coin "muguet" avant d'accomplir l'autre tradition, beaucoup plus ancienne, qui consiste à offrir ces vrais brins à Mme PH, en guise de porte bonheur...

            muguet-2012

Que disent les statistiques naturelles de cette année ? Que l'année est mille fois mieux engagée que l'année dernière... La comparaison commence par l'observation de l'humidité du sol !

                           clochettes-fermées

L'année dernière, la floraison était passée de 10 jours, cette année, elle a à peine commencé... On est donc très en retard en terme de végétation...

           Muguet-sous-la-pluie

Ce qui se confirme au niveau de la pousse d'herbe. C'est bien la hausse des températures de ces trois derniers jours qui nous a fait basculer en mode "pousse" ! Tous les facteurs sont repassés dans le vert. Les 98 mm de pluie d'avril sont tombés, lentement au début, humidifiant progressivement un sol sur lequel, l'eau aurait ruisselé si elle était tombée trop vite. Ainsi pas une goutte n'a été perdue pour les plantes. Ces deux derniers jours, la pluie est plus chaude, réchauffant un peu le sol... Un degré de plus ou de moins a son importance. Les températures fraîches nous ont gêné pour lâcher les derniers animaux ! De plus, le cumul des pluies rend, ces derniers jours, le sol  fragile au piétinement des animaux en cas de surcharge des prairies... Mais comme cette situation est mille fois plus facile que la sécheresse qui sévissait encore il y a 15 jours... 

J'ai respecté l'autre règle du premier mai ! Débrayer les derniers prés qui avaient des animaux et qui sont déprimés. Reste un petit passage d'engrais pour faire un peu de foin et attendre la pentecôte pour savoir si la récolte sera suffisante. Les troupeaux sont maintenant complets, chaque taureau a son quota de vaches et travaille ces derniers jours. Chamois a même brûlé les étapes en se dévouant en sautant les clôtures pour s' occuper des dernières vaches vêlées ! Si les barrières restent, elles sont ouvertes pour que la stabulation puisse servir de toit le temps des averses...

                                      vaches-en-liberté

Quand au bouquet du jour, il est éclora d'ici une semaine,  la tradition du premier mai est respectée.

          le-muguet-de-Mme-PH

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30 avril 2012

Pannes électriques...

Je n'avais pas pris garde à l'alerte météo de samedi soir prévoyant des vents forts dans les départements voisins du Rhône et de la Loire... Après tout, nous n'étions pas concernés. Mais c'est toujours pareil avec dame nature; les frontières, elle s'en fiche !

Lorsque des événements se passent à l'autre bout de la France, on plaint les personnes concernées. Le nombre de foyers privés d'électricité défile rapidement sur les écrans. Derrière ces chiffres froids, il y a des personnes pour lesquelles cela devient un peu galère, en particulier les personnes âgées. On est loin d'imaginer les conséquences. Donc, voici un tout petit récit du vécu de terrain.

Vers une heure du matin, je suis réveillé par des bourrasques très violentes. Les volets claquent contre les murs malgré les loquets. La maison semble trembler par instant. Le vent siffle, hurle, fait geindre les tôles des toits, emporte sans doute tout ce qui est plus léger... Il semble tomber enfin pour mieux rebondir, encore plus fort, plus violemment. Impossible de se rendormir. Je me cale sous la couette mais le bruit m'empêche de dormir correctement. Il me semble m'assoupir en pointillé...

Vers 5 h 30, coupure d'électricité. Les systèmes automatiques essayent 4 ou 5 fois de ré-enclencher. Mais ça ne tient pas. Je me lève. Je n'ose plus rester dans mon lit. En effet, je dois prendre un TGV  en fin de matinée pour rejoindre Mme PH à la capitale. Les réveils n'étant plus en fonction, j'ai peur de manquer les 7 heures, horaire obligé pour avoir le temps de tout faire avant de partir. Je me guide à la lueur du jour qui va naître dans quelques minutes. Le vent reste toujours aussi violent. Dès que la lumière permet de voir un peu plus, je pars en voiture. Je fais le tour des lignes électriques sur la ferme. Les poteaux à soucis ont bien été changés cet automne mais sait on jamais ? Je ne remarque rien... Je rentre.

Impossible de prendre un café ou une autre boisson chaude. En effet, nous sommes tout électrique. Je me dis alors qu'il serait intelligent de nous équiper d'un réchaud de camping au gaz. Je tourne en rond jusqu'à 7 heures, sans café, sans télévision, sans radio et sans Internet. Bref, tout ce que j'utilise avant de travailler le matin est indisponible. Vers 7 heures, le jus est rétabli, en même temps que le vent tombe. Je suis rassuré car je dois faire du mélange de concentré pour les animaux. Sans électricité, je ne pouvais pas soigner les animaux. Je fonce donc faire ce mélange que je distribue aux animaux. Je travaille sous la pluie. J'ai bien essayé me caler avec la prévision à une heure des pluies de météofrance mais la précision n'est pas au rendez vous. Je me trempe donc alors que 15 minutes plus tard, la pluie annoncée ne tombe pas. Comme quoi...

Je prends ma douche et je pars, non sans débrancher la pompe pour le cas où ! Il y a des arbres couchés, cassés ou déracinés, un peu partout sur les routes. Il y a en même un qui est tombé en travers du canal du centre à Montchanin. Je me dis que sans atteindre la tempête de 1999, celle-ci n'est tout de même pas piquée des vers. Les prévisions...

A Paris, je suis harassé suite à cette nuit agitée mais assez insouciant. La tempête est passée, les animaux ont eu leur ration, j'ai pu avoir mon train... Assez tard dans la soirée, un appel de ma mère me surprend : " Ils ont remis l'électricité vers 21 h, la coupure a duré 11 heures. Il faudra que vous vérifiez frigo, congélateurs et autres choses en rentrant...." Je ne suis rentré qu'en fin de matinée. Les alarmes congélateurs indiquent qu'ils sont descendus à -2 °C. Pas de dégâts mais on n'est pas passé loin. La chaudière s'est déprogrammée et la maison est froide. Dans le frigo, on doit jeter deux ou trois "trucs" qui ont une drôle de touche. Par contre, un des ordinateurs qui était resté branché sans que je le sache, ce n'est pas le mien, a beaucoup de mal à fonctionner ce soir. Les prises protègent des surtensions, pas des coupures ré-enclenchements. Je m'attends à trouver d'autres soucis. Les vaches, heureusement, n'ont pas testé la clôture électrique.

Voilà donc comment une tempête, non annoncée pour nous, a provoqué pas mal de soucis. La chance, c'est que les animaux soient dehors, donc n'ont pas besoin d'eau, donc de pompe. Je n'en ai pas souffert puisque je n'étais pas là à midi. Il n'empêche que cela me fait réfléchir. en 1999, la coupure avait été de 6 heures. Le désintérêt des dirigeants d'ERDF et EDF pour l'entretien de nos petites lignes font que nous aurons de plus en plus souvent de longues coupures ! Côté maison, pour eau et chauffage, mon petit groupe devrait suffire pour le cas où. Mais par contre, il faut que je rende facilement disponible notre ancienne cuisinière à gaz et vérifier les niveaux des bouteilles pour manger chaud... Côté ferme, je n'ai pas trop de solutions. Donc la prochaine fois qu'une tempête est annoncée, même au loin, il faudra que je fabrique à l'avance de quoi tenir deux jours en concentrés...

Pour le reste , ce sera système D ! Quand j'ai parlé de désintérêt pour la ruralité, je confirme. Il a fallu 3 ans pour que les trois poteaux à risques soient changés. Ce ne sont pas les seuls qui soient en mauvais état. Mais rien n'est fait sur nos lignes qui ont 40 ans, donc qui sont amorties et très fatiguées. Seules les lignes à haute tension sont très suivies ( la visite des 7 ans a eu lieu cet hiver chez moi ), et là, on est content que les paysans entretiennent les terrains dessous pour que rien n'entrave la circulation de fée électrique. Normal, elles alimentent les villes. Mais en retour, entretenir des lignes pour nous, n'a pas d'intérêt ! Voilà comment nous sommes considérés...

                                             taureau-amoureux

Heureusement, les animaux sont détachés de tout cela. Pendant ce temps là, le taureau conte fleurette et serre de très près... La vie continue.

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28 avril 2012

Humeurs de la semaine..

J'ai été interloqué par les propos d'un journaliste à propos du cas d'ESB découvert aux USA ! Je comprends les enjeux commerciaux, on a donné et on donne encore puisque, par exemple,  c'est toujours le motif évoqué par les chinois pour ne pas importer notre viande... Mais je trouve vraiment gros l'explication américaine qui évacue le problème en parlant de vache laitière, donc d' une vache n'entrant pas dans le circuit de la viande... Alors qu'en font ils au moment de la réforme ? Et bien le journaliste français a gobé cela sans sourcilier. Si les américains le disent, cela a une autre valeur que nos propos...

                    matin-derrière

J'ai rigolé ce matin en entendant les problèmes rencontrés au Mont Saint Michel par les navettes devant éviter 2.5 km de marche aux visiteurs. Elles sont trop larges et ne peuvent pas se croiser sur la route d'accès !!!! Ça, il faut le faire... Franchement, je ne sais quoi dire devant tant de c......

           gourmandou

Je zappe systématiquement dès que l'élection présidentielle est évoquée sur une chaîne de télévision. Pas un seul des problèmes touchant ma profession ou la ruralité n'a été abordé de façon sérieuse. Je ne supporte plus les attaques personnelles. Il est impossible pour le moment d'évoquer de façon objective la montée des votes extrêmes lors des discussions avec des militants et des politiques locaux. Pourtant, les deux grands partis ne représentent que 40 % des français. Il me semble donc qu'il y a un vrai problème avec la politique. J'espère que celui qui sera élu sera capable de sortir des positions "chasse aux voix " pour répondre aux vrais problèmes du pays !

                           chemin-derrière-le-matin

Je ne sais plus comment dire à mes collègues rencontrés ces derniers jours que ce n'est pas faire de la communication positive pour notre métier que de se plaindre du temps actuel. Puis je rappeler qu'il y a 15 jours, on craignait une sécheresse terrible ? D'ailleurs, l'humidité actuelle ne nous garantie pas d'être sorti de cette période sèche. D'accord, avec le froid, l'herbe ne pousse pas mais dès qu'il fera chaud, on sera tout de même moins stressé que l'année dernière...

           matin-d'avril-en-vallée-d'A

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