paysanheureux

07 janvier 2020

Mon dernier rapport moral pour l'association que je présidais...

Je vous livre une réflexion écrite pour l'assemblée générale de l'association institut du charolais. Je ne voulais pas répéter toujours les mêmes choses, d'une année à l'autre. Dans le dernier paragraphe, face au désastre de la situation de l'élevage, je ne peux me résigner. Il existe des solutions mais il faut du courage. J'ai donc proposé quelque chose, une mesure parmi d'autres possibles, voire indispensables :

" Après ces dernières années de transition, complexes pour notre association, celle-ci retrouve un certain équilibre. La loi Nôtre a déplacé les compétences, donc les centres de décision, pour le soutien économique, des conseils départementaux aux conseils régionaux. Notre fonctionnement en a été fortement perturbé, les critères du financement régional étant très différents de ceux du département. Les conséquences ont été très lourdes pour nous, mais les nouvelles orientations prises en conséquence ont été efficaces.

Face à la diminution du soutien financier territorial, il a fallu trouver de nouveaux modes de financement pour la partie innovation/production. Un énorme travail a été réalisé par notre équipe. Il a fallu analyser les procédures, recalculer des coûts et redéfinir les offres. Cela a permis de structurer une proposition de service réaliste, individualisée quand nécessaire, auprès des petits faiseurs que sont les bouchers, les éleveurs et que pourraient être les restaurateurs de notre secteur. Il est aujourd’hui possible de transformer tout ou partie d’un bovin, d’un mouton ou d’un chevreau en fonction du débouché réel de TPE ou PME à un coût très raisonnable. Le défi de l’équilibre matière, chalenge posé à l’association à ses débuts, a donc été relevé, même si rien n’est jamais acquis définitivement. L’arrivée de nouveaux clients par l’intermédiaire des professionnels du rayon boucherie de GMS donne un crédit certain à la démarche. Le sérieux économique de celle-ci a permis de redresser les comptes !

Grâce à l’action déterminante du proviseur sortant du lycée Wittmer, un autre chantier a été ouvert pour clarifier les rôles de chacun au sein de la halle technologique. La redéfinition de la partie recherche par rapport à la partie production évite les quiproquos. L’évolution de Halle « viande » vers une plateforme technologique « circuit court » élargie les potentiels d’innovation. Elle réunit les acteurs régionaux de l’éducation nationale et de la recherche, facilitant les contacts. En entrant dans le réseau des FPT, la mise en relation avec d’autres secteurs d’activité régionaux, voir nationaux, ouvrira des espaces d’innovation combinés prometteurs. Beaucoup reste à faire mais des fondations solides sont posées. Lors du second comité de pilotage, nous avons eu plusieurs questions de Mr Grevey, délégué régional à la recherche et à la technologie, sur notre approche collective de l’innovation, où plutôt de son partage collectif. Mettre l’innovation à la portée de tous me parait être le seul moyen d’inciter à l’adaptation permanente qu’engendre notre société sans qu’elle soit réservée aux grands groupes économiques. D’ailleurs, ces derniers sont toujours nés d’une idée novatrice individuelle au départ. Les GAFA en sont l’exemple !

L’autre mission de départ de l’association reste la communication. Ce rôle est complétement imbriqué avec le fonctionnement de la maison du charolais. Le partage de la direction de la régie et de l’institut a permis de gagner en efficacité. La très grande faiblesse de nos moyens oblige à chercher des partenariats avec les structures locales ou départementales. Ainsi, logiquement, il a été naturel de nous associer à un recrutement partagé avec la société d’agriculture de Charolles pour une embauche de remplacement. Le poste a été redéfini de notre côté, non seulement pour du secrétariat mais également pour un appui communication. La mutualisation de compétences entre associations et structures me parait être l’exemple que nous devrions suivre pour palier à la modestie des moyens financiers de nos différentes structures ! Cela peut se pratiquer sans que chacun renonce à ses propres spécificités.

L’élevage, comme le reste de l’agriculture, est fortement remis en cause par une petite minorité agissante, très active. Le paradoxe est que lorsque l’on reçoit sur nos fermes ou que les abattoirs de Paray et Autun ouvrent leurs portes, les reproches s’éteignent. Un fossé entre les citoyens et la réalité de nos pratiques s’est creusé au fil de l’exode rural et des crises sanitaires. C’est à nous de le combler par une communication de terrain. L’implication de notre association dans l’organisation de « made in viande » comme du « festival du bœuf » y contribue, tout comme les liens journaliers avec la régie de la maison du charolais. Au lieu de subir les critiques, nous pouvons être fiers de notre travail et de nos savoirs faire. Notre mode de production est plutôt vertueux en terme écologique et le bien-être des animaux pâturant 8 mois par an est un atout majeur.

De multiples challenges restent à relever. La situation des éleveurs est plus que préoccupante. Parmi toutes les solutions, je me permets d’en retenir une seule à titre d’exemple. La filière subira inévitablement une révolution dans son fonctionnement même elle en repousse sans cesse l’échéance. Au risque de rabâcher d’une année à l’autre le même discours, il est indispensable de remettre la satisfaction du consommateur au cœur de la réflexion et de l’action. Ce dernier veut être certain de la qualité de ce qu’il achète. De plus, il veut pouvoir choisir sur des critères exogènes à la seule vue d’un morceau (type d’animal, mode d’élevage, transport des animaux, mode abattage, délai maturation…). L’opacité de l’étiquetage, de la viande transformées comme celle des barquettes pour ne pas parler de certains rayons boucherie en GMS, reste le talon d’Achille de la filière. A dire d’expert informatique, la base de données nationale reste un modèle unique de traçabilité. Le problème est qu’elle n’est utilisée, de façon très efficace d’ailleurs, qu’à des fins de sécurité alimentaire. Il suffirait de l’ouvrir aux start-ups pour que son utilisation permette de répondre aux demandes consommateur. L’enjeu majeur alors sera semblable à celui de la gestion de la propriété intellectuelle à savoir comment circule l’information et comment doit-elle être rémunérée ? Si la loi ne peut pas fixer le prix des produits alimentaires, c’est elle qui décide des règles d’échange…  Si elle ne le fait pas, à nouveau, ce seront les acteurs économiques les plus puissants qui imposeront leur propre loi. Le billet de Mr Edouard Leclerc sur son blog est révélateur, après Super U, d’une évolution certaine et irrémédiable dans ce sens. Nous en sommes aux prémices certes, mais à nous tous, acteurs de la filière, de proposer plutôt que de se voir imposer !

Notre avenir reste donc entre nos mains, à condition de…"

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05 janvier 2020

Rêve de 103 ou 104...

Petit billet souvenir ce soir. En visitant le musée Peugeot à Sochaux, je suis tombé en arrêt devant des cyclomoteurs de la marque...

103 OU 104

Ado, j'ai rêvé des années sur les fiches techniques de ces engins. Je m'imaginais les chevauchant, avec délectation, découvrant la liberté de se mouvoir sans efforts. En étudiant les notices, ma préférence allait vers le 104 avec ses vitesses mais je me serai contenté du 103. Mes parents n'ont jamais cédé à mes demandes, même si j'ai tenté tous les arguments. Ils le feront pour mon frère, le quatrième de notre fratrie de cinq enfants... L'aîné a souvent l'impression d'essuyer les plâtres de la découverte de l'éducation par  les parents.

Et, vous allez sourire, Mme PH m'a raconté, devant ces modèles, qu'elle avait vécu exactement la même chose, même si elle enthousiasmait pour le 103. Mêmes causes, mêmes effets...

Je me suis donc contenté de mon vélo "Peugeot", modèle cyclotourisme. Là, celui en gris est celui de Bernard Thevenet...

 

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Souvenirs, souvenirs...

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04 janvier 2020

Retraite, pour comprendre ce que je ressens...

Je crois que je suis en train de comprendre ce qui m'arrive, cette part de vide...

Hier, j'ai passé ma journée à déboucher les égouts de la stabulation. Une bonne partie des eaux pluviales des bâtiments se sont retrouvées bloquées et ont débordé dans la fosse bateau au bout de la stabulation du bas. Cela la rendait inutilisable ! J'étais le seul à savoir où passent les canalisations. J'ai, avec mon successeurs, creusé pour dégager des regards et remonter ainsi jusqu'à la zone du soucis. Ce matin, nous avons pu terminer avec une tonne à lisier, tout est revenu à la normale.

C'était la première fois, depuis le 11 novembre, que j'étais OBLIGE de travailler comme cela. Le retraite, ce n'est pas ne rien faire, mais pouvoir faire ce que l'on doit quand on le veut. La motivation est compliquée à trouver puisqu'on peut repousser. Pourquoi ?

Pendant 40 ans, la surveillance et les soins aux animaux, m'ont occupé jour et nuit, avec plus ou moins de pression suivant les saisons. Même en période de pâturage, il faut rester disponible. Le risque d'animaux malades ou se promenant en dehors des parcelles qui leur sont allouées est constant. Il était même courant d'être appelé pour des divagations d'animaux sur la route à plusieurs kilomètres. Certains travaux des champs ont la même exigence ! J'ai donc vécu pendant toute ma carrière avec cette pression permanente. Pression qui ne se relâchait qu'en vacances, dès qu'il y avait 100 km entre ma ferme et moi. Toute ma vie était réglée sur cette pression. Toute ma motivation également. Toutes les autres obligations passaient en second rideau, je le faisais avec conviction et intérêt certes, mais plus sous contrainte du temps (engagements, réunions, réseaux sociaux…). Comment dire ? Je le faisais « entre deux exigences » de la ferme.

Outre le contact avec la nature, cette permanence de vouloir mes animaux le mieux possible, occupait toute la place de ma vie professionnelle. Seule la vie familiale pouvait primer, et encore, en dehors des vêlages ou autres urgences… Depuis un mois, je n’ai plus cette contrainte, je l’ai bien perçu hier et ce matin, quand j’ai été dans la patouille, non pas par plaisir mais pour le bien-être des animaux de la stabulation.

J’ai fait 4000 km depuis la saint Martin, parce que c’est en voyage, chez les enfants, avec Mme PH que je me trouve bien, comme avant pour mes rares vacances. Dans cette prise de conscience, je me rends compte que je vais devoir me discipliner et transformer en obligation de nouvelles activités, pour remplacer ce qui m’a motivé pendant toutes ces décennies. Sans que je puisse repousser la tâche, comme cela est possible maintenant.  Voilà, la chalenge est posé !!!

Témoigner d’une vie professionnelle, animer un groupe sur Internet, continuer d’essayer d’expliquer comment je perçois la filière viande, imaginer le métier dans 10 ans…

coucher de soleil hiver

 

 

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02 janvier 2020

VOEUX pour 20 20

Je vous souhaite une très belle année 20 20. J'espère que vous pourrez réaliser vos projets les plus chers, sachant que la santé prime sur tout, tout cela avec sérénité et amour...

De nouveaux projets naissent ici ! Mme PH me fait prendre des séances de rattrapage. Elle m'a entrainé en Alsace pour les marchés de Noël. Je ne connaissais que nos petits marchés locaux, d'une journée. J'ai découvert un monde de lumière dans un esprit sympa. Rattrapage avec quelques jours en montagne également... Et tous les week-ends pris avec ou chez les enfants !

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Bref, j'ai besoin de m'échapper et je ne m'en prive pas, même s'il y a encore une sorte de trou. J'espère le combler également d'une autre façon en parlant peut être d'élevage ou plutôt de l'élevage tel que je le souhaiterais si j'avais 20 ans aujourd'hui...

 

 

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01 janvier 2020

Retraite, an 1 !

Nous avons fêté la nouvelle année chez des amis. C'est la première fois depuis 40 ans, que je n'ai pas eu à faire un dernier tour de vaches avant de partir pour la soirée. Il m’est arrivé plus d’une fois de devoir retarder le départ. Je n'ai toujours pas enfilé mes nouveaux habits de retraité, du moins c'est ce que je ressens quand je suis à la maison. Il faut dire que depuis un peu plus d'un mois, avec Mme PH, nous avons arpenté les routes de France, j'y reviendrai.

Pourtant, imperceptiblement, je me glisse dans un nouveau rythme et je m’en suis rendu compte cette nuit. La soirée était plus que sympa, les discussions intéressantes, le plaisir de se retrouver évident ! A cette saison, j’avais déjà un bon mois de vêlage, donc de fatigue, à mon actif, ce qui sapait les réveillons. Là, j’étais en forme, décontracté, paisible. La soirée s’est ainsi déroulée sans aucune notion d’heure ! J’ai été très surpris d’apprendre au moment où tout le monde s’est levé pour partir, qu’il était 3 heures passées. Là, j’ai commencé à me dire que je changeais et que c’était bien agréable.

Mais le meilleur restait à venir. En activité, j’appréhendais toujours les retours de réveillon. C’est d’ailleurs ce qui me faisait écourter les soirées. Je faisais toujours le tour des stabulations en arrivant. Combien de fois m’a-t-il fallu me changer en vitesse, quitter la tenue de soirée pour réenfiler les vêtements de travail pour aller faire un vêlage ou soigner un veau ? Cela gâchait tout, était pénible pour cause de fatigue et me donnait l’impression que notre métier, comme certains autres, était très particulier, sans que l’on y prête attention. Dame nature se moque bien des jours particuliers. Mais hier soir, j’ai rejoint mon lit directement en rentrant, sans me poser de question… Et pour la première fois depuis un mois et demi, je me suis dit que la retraite a de bons côtés !

BROUTARDS

Donner à manger aux derniers broutards ce matin, sans contrainte horaire, fut un vrai plaisir !

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28 novembre 2019

Les chinois et notre viande…

Je sors un peu du contexte actuel en me demandant si notre salut d'éleveur, ne pourrait pas venir de...

Je suis admiratif du travail accompli par un de nos représentants professionnel pour ouvrir le marché chinois à notre viande. Je me demande comment il s’en sort avec un des paradoxes de notre filière, qui bannit violement les accords internationaux quand ils nous menacent d’importations mais les encensent quand ils nous permettent d’exporter…

J’ai reçu trois fois des délégations chinoises à Charolles à l’initiative d’un chercheur de L’INRA que j’apprécie beaucoup. Son discours dérange car il propose des solutions que d’autres pays ont expérimentés. Or, on se croit toujours les meilleurs ce que nous ne sommes plus, mais n’aurions aucun mal à le redevenir…

Les délégations chinoises ont, les trois fois, fonctionnées de la même façon. Sur 40 à 50 personnes, il y a tout au plus, une dizaine de professionnels et le reste doit être là pour faire soit de la surveillance des premiers, soit de l’espionnage industriel ! Quand ils entrent, les « photographes » s’en donnent à cœur joie pendant les palabres avec les responsables. N’allez pas croire qu’ils fassent des portraits et des photos souvenir des poignées de main. Ils prennent tout en photo. Je me suis à chaque fois fait la même réflexion, ce qui doit être le cas pour tous les magasins qu’ils visitent ; « Voilà une façon originale de savoir le devenir des objets qu’ils fabriquent et sans doute, un bon moyen de connaître les prix de revente, donc les marges commerciales…?» Peut-être en profitent-ils pour repérer les objets locaux à copier à l’avenir ? Pour le reste, on repère vite les pros de l’élevage…

Pour en revenir au travail de notre représentant, lors d’une de ses présentations, je me suis demandé pourquoi nous n’étions pas capables d’imposer notre standard? En effet, les chinois imposent un agrément individuel de nos abattoirs. Imagine t’on Mr Bernard Arnaud laisser ses clients mondiaux décider de la qualification ou non des ateliers LVMH ou des parfumeries DIOR ? Je vois dans cette décision une subordination à l’empire du milieu proche du référencement en grande surface. Or, on connait ensuite les conséquences sur le prix des produits et les chantages commerciaux. On peut même imaginer que cela influe à l’avenir sur les qualifications des viandes…

Lors de la dernière visite chinoise à Charolles, j’ai été très surpris du temps que j’ai dû passer à expliquer deux points particuliers sur lesquels mes interlocuteurs ont cherché un approfondissement certain. Dans le désordre, le premier concerne nos pratiques d’élevage à l’herbe. J’avais l’impression qu’ils voulaient vérifier que la base de la nourriture de nos animaux reste bien l’herbe. Les quelques photos qu’ils nous ont présenté des élevages chinois concernaient des ateliers d’élevage en bâtiment. Quand je leur ai demandé s’il y avait d’autres pratiques, ils ont évoqué les animaux de trait dans les campagnes profondes… Je me suis donc dit que notre système, faute de surfaces disponibles chez eux, d’animaux paissant dans des prairies 8 ou 9 mois par an, n’était pas transposable ! Ils voulaient savoir s’il y avait une réelle différence entre la viande issue de cette pratique et celle produite en atelier avec des animaux plus jeunes…

Le deuxième point, qui a suscité le plus de questions, concernait la traçabilité ! J’ai vanté les mérites des DAUB, de la banque de données nationale avec la capacité de retirer un animal ou un lot de viande de la vente dès qu’une analyse était suspecte. J’avoue qu’ils étaient plus qu’intéressés, il faut dire que cela venait quelques années après les scandales de lait infantile frelaté en Chine. La question de la sécurité alimentaire est majeure chez eux. Les choses se sont compliquées en évoquant la traçabilité dans l’assiette. Visiblement, ils connaissaient très bien nos pratiques et ne semblaient pas comprendre qu’on n’utilise pas l’identification des animaux pour identifier les viandes jusqu’à la consommation.

C’est à ce moment-là que j’ai été conforté une nouvelle fois par l’enjeu de l’étiquetage ! En écoutant la présentation du responsable, puis en croisant avec l’étiquette proposée dont j’ai mis la photo sur un billet précédent, j’ai repensé à tout cela. Et si les chinois connaissaient mieux que nous nos atouts et nos faiblesses ? Nos atouts, c’est de savoir produire une viande à base d’herbe, sans doute une des meilleures du monde quand on respecte l’âge des animaux, la maturation…  Notre faiblesse est, mise à part pour quelques signes de qualité restant marginaux malheureusement à ce jour, de la confondre à la vente, en dehors des bouchers sérieux, avec le tout-venant. L’exigence chinoise d’agrément prend alors une toute autre dimension, puisqu’elle pourrait être une garantie exigée de leur part, pour se protéger de nos propres défauts… Certaines réticences dans la filière française s’expliqueraient alors !!! Car je vois mal à terme comment on pourrait avoir un système à deux vitesses, un pour les consommateurs français et un pour les chinois…

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Reste que c’est bien notre retard d’étiquetage et d’informations au consommateur qui nous pénalise et nous rendra tributaire du bon vouloir chinois comme il nous fragilise vis-à-vis du consommateur français. Il nous rend extrêmement vulnérable aux importations puisque seul le prix compte. Je repense à ce que m’avait longuement expliqué un fabricant de pâtisseries françaises haut de gamme qui exportait en Chine avec succès. Pour lui, la seule façon de le faire de façon durable, sans être copié, était de rester sur des produits de qualité supérieure garantie, authentiques…

étiquette viande en France

Au hasard, une étiquette GMS ; Deux abattoirs, deux points de découpe d'un lot dont on ne connait aucune origine des animaux, ni type, âge, mode d'élevage.. Quand au Mr sur la photo, j'ai un doute...

Pourquoi n’est-on pas capable d’imposer notre standard et continue-t-on de pousser la production vers la quantité en corrélant le prix du meilleur sur le moins bon sous prétexte d’un changement d’habitudes de consommation provoquées justement par la défiance des consommateurs sur l’origine des viandes ? N’est-ce pas là la conséquence de la prédominance de la viande hachée à la consommation pour lesquelles les exigences sont très faibles, on parle de "minerai" ? N’est-ce pas alors la crainte qu’en valorisant la meilleure, le « minerai » cesse d’être l’indicateur de prix ? Comment sortir autrement de cette spirale à la baisse ?

En attendant, si le marché chinois s'ouvre à nos produits avec une exigence la qualité, le fonctionnement de notre filière pourrait être bouleversé !

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22 novembre 2019

« Au nom de la terre… »

« Je n’ai pas envie d’aller voir le film, pas en ce moment. J’ai peur d’en ressortir avec le cafard… » J’ai entendu de nombreuses fois ces réflexions ces derniers temps de la part de mes collègues. Rarement un film touche autant notre monde de l’élevage. Je n’échappe pas à ce sentiment, bien au contraire…

NOM DE LA TERRE

Un ami, qui gère un cinéma, m’a un peu refroidi. « Le film fait très peu d’entrées à Paris alors qu’il cartonne en province, surtout dans les petites villes. » Je le regrette beaucoup, car il est issu d’une histoire vécue et explique très bien l’engrenage de l’endettement, de la course à la production en passant par un atelier hors-sol dans ce cas... Bref, il relate les engrenages qui conduisent aux difficultés actuelles du monde de l’élevage. Dommage que certains fassent des procès sans prendre le temps de chercher à comprendre.

Pour nous éleveurs, il nous touche directement. La plupart des scènes du film nous rappellent des situations vécues même si les contextes ne sont pas les mêmes pour chacun. Comment boucler les « fins de mois » surtout à une époque où l’argent coûtait très cher ? (Les intérêts ont atteint 13% à 14 % pour des emprunts à 20 ans lors de mon installation). Chacun se retrouve également dans les plans de production qui ne se déroulent jamais comme prévu. S'en suit la tentation de la fuite en avant et il faut bien le dire l’orgueil de vouloir paraître être le meilleur, sans admettre ses doutes et ses échecs…

Personnellement, j’ai été très touché par ce qu’a dû endurer l’épouse et les enfants.  Une ferme de chez nous reste une affaire familiale qui implique tous ses membres même s’ils travaillent en dehors ou s’ils font des études. Cela amène beaucoup de réflexions. Mon précédent billet en fait état, de façon plutôt négative certes. En sortant, nous avons eu des discussions avec Mme PH. Mais il y a également des côtés positifs. Mes enfants, même s’ils n’ont pas repris, restent des enfants de paysan, attachés à la terre, à la nature ! S’ils doivent vivre en ville pour le moment, ils ont besoin de se ressourcer dans le monde rural. Mieux, en m’observant avec mon petit fils lorsqu’ils viennent en week-end, ils se demandent comment je pourrais poursuivre mon initiation à la nature, maintenant que je suis en retraite, avec les petits enfants à venir. Cela semble pour eux essentiel à transmettre !

Je suis convaincu également qu’avec mon épouse, nous leur avons transmis des valeurs profondes sur le respect du travail accompli, de l’effort, de prendre le temps, de solidarité, de patience, de respect des autres et surtout de savoir se relever quand… La nature n’est pas un long fleuve tranquille, tout comme la vie...

Pour revenir à la question de départ, faut-il ou non aller le voir quand on est concerné ? J’ai envie de répondre oui. En ces moments difficiles pour l’élevage, il n’est pas mauvais d’avoir un miroir pour s’interroger et le film permet de prendre un peu de recul pour comprendre comment nous en sommes arrivés là. Les acteurs nous renvoient à nos propres personnages. Rufus incarne la génération « patriarche » qui avait toujours raison. Guillaume Canet incarne la génération conditionnée à produire, coûte que coûte. Anthony Bajon la génération qui se cherche aujourd’hui… Il y a un peu de chacun des personnages dans le paysan du moment. La révolution verte n’est pas aboutie. On le voit avec les remises en cause sociétales de l’agriculture actuelle… Je serai tenté de dire qu’un film comme cela est un point de départ pour une réflexion de fond sur notre profession mais également pour tous ceux qui l’entourent et en vivent aujourd’hui. On ne peut nier que les choix techniques préconisés ont des conséquences énormes. Le débat de la relation au conseil et au commerce d’amont et d’aval se pose plus que jamais…

Pour l’anecdote, au cours d’un repas, la maman d’un sous-marinier m’a indiqué que son fils avait interdit à sa compagne d’aller voir le film quer je trouve remarquable « le chant du loup » !  Comme quoi, quand le cinéma est bon et très proche du vécu, il ne laisse pas indifférent…

 

FILMS

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21 novembre 2019

Une dernière année de travail pour rien…

Ces derniers mois de travail ont été éprouvants. En cause la sécheresse. Rien ne nous a été épargné ici, cela est d’autant plus dur à supporter. Le cours des animaux s’est effondré de 20 à 30 cts en deux mois. Pourtant, quand je fais mes courses et que je regarde le rayon boucherie en grande surface, je n’ai pas noté de changement. En année normale, j’aurais gardé les animaux et jonglé avec les stocks fourragers. Mais en année de cessation d’activité, je n’ai pas le choix et j’ai dû subir pour vendre à la saint Martin. Il aurait fallu de la pluie mi-août…

Je ne vous cache pas mon amertume, voir ma colère, quand je ne suis pas découragé. Tout le capital d’une carrière a été minoré de 10 à 20000 euros au moins en un été, rien que pour les animaux. Beaucoup plus si je compare au prix du kilo au moment de mon installation. En effet, à l’époque, on vendait à 23 francs soit près de 4 € le kilo contre 3,50 € en ce moment, peut-être moins pour les dernières vaches ! Inutile de vous dire que les coûts production n’ont plus rien de comparables avec ceux de 1980.

Les transformateurs rejettent la faute sur les GMS en aval. Ils ont beau jeu de nous rétorquer que nous touchons des subventions lorsqu’ils se tournent vers nous en amont. En empochant une centaine d’euros de plus par animal depuis le mois de juillet, leur situation doit être très très confortable. Du coup, « Bigard « peut se payer une campagne de pub à la télévision qui vient détruire le projet d’une marque « producteurs » d’une de nos coopératives. Il peut renforcer son hégémonie sur le marché de la viande bovine en se payant sur le dos des producteurs. Et comble de la situation, il pourra dire qu’il n’a pas eu de bénéfice supplémentaire, puisqu’il aura dépensé le boni en publicité !

 

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Les statistiques du revenu des éleveurs avaient beau être catastrophiques avant de prendre en compte ces dernières évolutions, rien ne change. Notre ministre est aux abonnés absents comme il l’a été tout au cours de l’été. Aucune proposition de changement sérieuse du fonctionnement de la filière n’est envisagée. On se contente de dénoncer les accords internationaux, sans doute à juste raison pour l’avenir, mais sans qu’ils aient produit le moindre effet pour le moment. En clair, nos représentants hurlent à la trahison des politiques pour quelque chose qui n’a pas encore eu d’influence sur la situation actuelle.  Le monde des éleveurs s’enfonce, lentement mais sûrement, inexorablement, prisonnier d’un fonctionnement du passé, complétement dépassé. Pire, on tape sur le seul homme politique qui essaye de changer les choses. INTERBEV n’existerait pas qu’il n’y aurait aucune différence. On paie donc une taxe obligatoire pour rien, pour une institution qui ne rend de comptes à personne !!!

Mon revenu annuel, ces dernières années, se situait aux alentours d’un SMIC. Je ne me suis jamais arrêté en 40 ans à 35 heures et je ne compte pas les réveils de nuit systématiques pendant les 4 mois de vêlages, ni tous les dimanches et jours fériés passés au boulot. Le constat est donc simple, j’ai perdu au cours de ces mois d’été, l’équivalent d’une année de revenu ! Une année à travailler pour rien. Cela explique mon silence ici. C’est dur à avaler. Et si je reviens à ce qui aurait dû être mon capital de départ en fonction des investissements de toute cette carrière, c’est la double peine. J’en ai honte vis-à-vis de mon épouse qui suppléait à la faiblesse de mes revenus depuis 40 ans et à qui je promettais d’avoir un peu de capital à ma retraite pour réaliser quelques projets, qu’elle devra financer seule...

Ce constat est difficile à écrire et à rendre public. La fierté et l’égo en ont pris un énorme coup. J’ai la chance d’être marié à une femme qui exerce une belle profession. Je pense à tous mes collègues qui n’ont pas cette chance. Je pense à tous ces jeunes éleveurs qui se retrouvent seuls aujourd’hui, faute d'une vie attrayante. Est-il normal que notre métier, si exigeant en disponibilité, puisse être autant méprisé en termes de revenu au point que les épouses doivent non seulement en subir les contraintes mais également assurer le gite et le couvert du ménage ? Est-il normal que nous vivions aux crochets de celles-ci ?

Ma colère est d’autant plus grande qu’il existe des solutions. Je ne changerai pas un mot à ce billet qui date d’un an. Mais elles supposent de grandes remises en cause et une stratégie collective, du paysan au consommateur ! Le pire est que le consommateur chinois aura bientôt plus d’informations fiables sur nos viandes que le consommateur français ! Mes propositions, reprises partiellement, n’étaient donc pas si délirantes. C’est pourquoi je vais continuer d’écrire car je crois en l’avenir de l’élevage à l'herbe…

 

étiquette viande française en Chine

 

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20 novembre 2019

Changement de vie….

"Dis-moi, Mme PH, est ce que tu as vu une différence pour PH depuis le 11 novembre ?

Aucune, c'est presque pire qu'avant !"

Nous sommes au restaurant du village samedi soir en famille. Un ami s’est approché de ma table où nous dînons pour interroger mon épouse. Il ne lui a pas échappé que mes filles nous offrent un repas en l’honneur de ma retraite !

Il faut dire que cette première semaine a été plus que chargée, côté travail, que celles habituelles à cette période. On ne quitte pas une ferme comme cela. Tout a été compliqué jusqu’au bout avec cette météo si difficile tout cet été. Impossible de gérer le troupeau comme il aurait convenu et comme je l’avais prévu. Le stress ne m’a pas épargné. L’infirmerie est pleine, repoussant la possibilité de vendre. Le premier vêlage est arrivé en avance. Impossible donc de rompre, d’un coup, avec 40 ans de carrière et 56 ans de pratique.

Je dois l’avouer, je crois qu’au fond de moi, je reculais au maximum l’échéance. Il n’est pas rien de voir une partie de son troupeau partir. Pas rien de vouloir transmettre des animaux » clean ». Pas rien de voir de nouvelles vaches paître dans les prés. Pas rien de se dire que ce qui se passe sur la ferme ne me regarde plus !

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06 octobre 2019

En convalescence de la sécheresse...

Si la pluie est de retour, nous sommes encore loin d'être sorti d'affaire !

La gouillarde a recommencé à couler ! C'est la très bonne nouvelle de cette semaine passée. Je ne suis plus obligé de "rouler de l'eau". Une corvée de moins, inédite ici cet été. La pluie est revenue en petites quantités répétées. C'est extrêmement positif car nous avions très peur d'un orage diluvien qui ravine tout. La végétation était tellement brûlée que les racines n'auraient pas pu retenir la terre dans les pentes. Là, aucune goutte n'a été perdue. Par contre, revers de la médaille, les ruisseaux et rivières ont mis longtemps à reprendre un minimum de débit. Avec un corollaire dont personne ne parle ; L'eau qui a coulé les premiers jours était de l'eau collectée par les routes en particulier. Je me suis trouvé sur le pont de l'Arroux sous la première pluie. La chaussée était blanche des dépôts de la circulation et cette eau allait directement dans la rivière. C'est incontournable mais peut expliquer les soucis de mortalité de poissons rencontrés dans un étang d'une ville voisine, dont le niveau était très très bas et qui reçoit l'eau des rues ! Simple supposition allez vous me dire mais qui disculperait l'agriculture et ses supposés pesticides pour une fois...

J'ai sevré les trois quart des veaux. J'ai gardé en stabulation ces derniers, le temps que l'herbe repousse. Les deux tiers des animaux ont toujours besoin de foin. L'herbe repousse un peu mais il n'y a pas de quoi nourrir tout le monde. J'espère pouvoir revenir à la paille cette semaine. Pour cela, la pluie de cet après midi me permet d'espérer le renforcement de la pousse indispensable pour le faire. Je compte sur la pluie de mardi pour conforter la situation. Après 3 mois à piocher dans les stocks de l'hiver, assurer un mois ou deux d'herbe serait un moindre mal ! Au contraire de l'année dernière, il ne semble pas y avoir de risque de pénurie de paille cet hiver à condition de payer et c'est là que tout va devenir très compliqué. Cela méritera un autre billet !!!! Heureusement que j'ai les copeaux, ce sera la première économie. Cette herbe permettrait également aux vaches de se refaire une santé avant l'hiver ce qui serait un vrai mieux.

Côté travaux des champs, j'ai repris et terminé les travaux de travail du sol pour préparer les labours pour les successeurs. Avec seulement 60 mm de pluie, il faut favoriser au maximum la pénétration de l'eau dans le sol. En jardinage, on bine, en agriculture on passe le chiesel ou le cowercrop. La possibilité de labour cette semaine va dépendre de la pluie de mardi. Mes successeurs veulent labourer car il n'y a pas eu de germination depuis la moisson, on doit donc enterrer les graines d'adventis pour éviter la concurrence avec blé et triticale. C'est tout le contraire de l'année dernière où de petites pluies, insuffisantes pour l'herbe, mais faisant germer, ont permis de désherber mécaniquement en deux ou trois passages sans devoir labourer ensuite ! Cela montre la difficulté à savoir s'adapter à des situations nouvelles d'années en années. Pour enfoncer le clou, un glyphosate n'aurait pas d'effet puisqu'il n'y avait pas de levée jusqu'à présent et qu'il faudrait retarder les semis à novembre pour respecter les délais... Juste ce mot pour dire que rien n'est écrit définitivement avec dame nature et qu'on ne doit pas s'interdire quelconque méthode... Pour ce qui est de retourner des 'couennes", il faudra encore plus de pluie, donc attendre pour rétablir un assolement cohérent.

J'ai attelé le broyeur de haies. Je n'ai pas voulu broyer les haies en septembre, trop sec avec deux conséquences. La première était le risque le mettre le feu lors du passage au sol. Il y a eu plusieurs sinistres à cause de cela. La seconde est plus personnelle. L'état de fragilité des plantes et arbustes me paraissait si dégradé que j'avais peur de les détruire définitivement. Cela pose la question de l'adaptation au changement climatique. Comment apprécier les conséquences d'un travail sur la nature dans des conditions extrêmes comme celles que l'on a connu. Les arbres ont beaucoup soufferts cet été, certains ne s'en remettront pas. Comment ne pas amplifier les risques ? Je peux broyer maintenant sans risque pour la nature mais cela a bouleversé mon plan de travail. En s'adaptant, donc en rompant avec l'habituel, je vais concentrer sur quelques jours ou quelques semaines des travaux répartis sur plusieurs mois auparavant. Après les périodes de récolte comprimées, va t'on aller vers le même phénomène sur la plupart des travaux ? Déjà les semis sont une période critique, en va t'il être de même pour tous les travaux des champs ?

Reste d'autres travaux reportés qui ne pourront être terminés avant ma retraite. Il est impossible de planter un pieu, donc impossible de réparer les trous dans les clôtures que les vaches ont fait cet été. Les clôtures électriques marchent à nouveau. Mais l'expérience de cette sécheresse en montre la limite. J'ai été appelé, comme tous mes collègues pour des vaches sur les routes. A chaque fois, c'est avec une boule au ventre qu'on y va. La trouille d'un accident ! J'ai eu la chance que les miennes ne sortent pas sur les routes. Elles sont restées en interne sauf une fois pour aller manger le foin des chevaux de ma nouvelle voisine, dans le pré à côté du leur. L'arrêté préfectoral mentionnait que les animaux ne devaient pas avoir accès aux ruisseaux en dehors d'un point d'abreuvement. Je ne sais pas qui a soufflé une telle sottise à notre préfet qui ne peut, bien évidement, être spécialiste de tout. Qu'ont fait les vaches faute d'eau courante ? Elles ont cassé les barbelés pour boire. Sans conséquence, puisqu'il n'y avait plus d'eau qui coulait. Elles allaient dans les trous. D'ailleurs les mêmes trous servaient aux chevreuils et tous les animaux sauvages. Toute la politique de gestion de l'eau va être à mettre à plat. A force de bloquer l'entretien des cours d'eau, au motif qu'on est mille fois plus intelligents que nos ancêtres, on a créé la pénurie cet été. Si on suit certains spécialistes de salon, il faut détruire tous les obstacles construits par les hommes sur les cours d'eau. Rien que sur l'Arroux dans ma commune, si on le faisait au barrage du soir, on ferait baisser le niveau de plus d'un mètre à l'endroit où on puise l'eau de la commune, donc on prendrait le risque d'assécher notre commune. Attention, je ne plaide pas pour faire n'importe quoi mais quand je lis que des maires sont inquiétés en justice,  au nom de la biodiversité, pour avoir curé des ruisseaux , je me dis qu'on marche sur la tête ! Mais on sait que nos "penseurs nationaux" n'aiment pas être pris en défaut, que certains, sur le terrain, n'hésitent pas à faire du zèle dans l'application de règles nationales, inappropriées au plan local dans bien des cas. La vraie question, peu populaire en ce moment, qui mieux que le paysan connaît le pays qu'il gère au quotidien et sait ce qui lui convient ? Cette incompétence et cet abandon de la gestion des territoires se traduit par des incendies dantesques dans le midi (faute de pastoralisme), des crues amplifiées (faute de digues entretenues et de rivières ensablées) et des problèmes d'approvisionnement en eau en temps de sécheresse (faute de retenues disséminées)... On évoque toujours le réchauffement climatique dans les médias, sans jamais se poser la question de ce qui en réduit ou de ce qui en amplifie les conséquences. On raisonne comme si un retour à la nature sauvage intégrale allait tout régler ! Un grand point positif, vécu plusieurs fois cet été, à ma grande surprise: Inquiètes des conséquences du coktail canicule et sécheresse, nombre de personnes m'ont interrogé sur ce que pense un paysan de cette gestion perçue comme clamiteuse, comme si le bon sens paysan serait plus rassurant que toutes les grandes études... 

Mais j'ai encore bien d'autres soucis qui méritent chacun un billet ! Des soucis que je partage avec tous mes collègues et qui contribuent à la perte de moral des campagnes, faute de perspectives, d'ambitions et de surtout de respect de notre travail et de nos compétences ! Si l'agriculture est en convalescence de la sécheresse (cela reste fragile à ce jour), elle est très malade par ailleurs !

ARROUX TOULON SECHERESSE

Posté par paysanheureux à 18:29 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
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