paysanheureux

22 novembre 2017

Sanitaire en élevage,des adaptations inévitables et nécessaires ! 2

Automne 2016 :

Cela fait deux mois qu’il faut nourrir les troupeaux. La sécheresse sévit encore, les rares pluies apportent un peu de verdure sans suffire aux besoins des animaux. Dans le pré du milieu, je remarque des retours de chaleur en nombre anormal. Un matin, en mettant le foin,  j’observe une trainée de sang à l’arrière d’une vache. Je suis extrêmement déçu, c’est une de mes bonnes vaches, de celles qui vêlent en décembre…  Par chance, j’arrive à la rentrer dans la stabulation et j’appelle  le vétérinaire pour effectuer  les prélèvements imposés en cas d’avortement.  La même chose se reproduit quelques jours plus tard avec une autre vache. Je recommence l’opération ! Je suis de plus en plus inquiet. Il se passe quelque chose d’anormal dans ce troupeau. L’herbe de ce pré étant meilleure, c’est le premier à bouger. Normal,  avec la toute petite pointe d’herbe, les vaches retrouvent une activité de reproduction. Des retours se  produisent  ensuite dans un second lot. Le troisième reste plus tranquille.

De ce fait, j’accélère les sevrages pour fouiller les vaches. Habituellement, j’ai entre 3 et 5 vaches « vides » ou décalées! Là, j’en trouve une douzaine. Je fais confirmer par les vétérinaires qui  trouvent quatre mères, très très retardée (Elles vêleront début juin ! ) et le reste vide. Je suis désemparé et je dois faire des choix de gestion. D’habitude, j’élimine ces vaches, passé le printemps, la surveillance est trop complexe. Mais là, il me faut maintenir un minimum de vêlages. Bien avant de commencer, la saison s’annonce catastrophique.

Quelques jours plus tard, les résultats des analyses, suite aux prélèvements précédents,  arrivent enfin. Rien d’anormal, tout est négatif. Je ne comprends pas. Ce n’est pas la première sécheresse que nous subissons. J’ai pour habitude de ne pas laisser les vaches peiner pour agir. J’ai donné 200 bottes de foin environ depuis début août. Je pourrais admettre d’avoir des problèmes sur une ou deux vaches de plus, pas sur plus du double de la normale. Il n’y a aucune raison à ce résultat, nous en parlons avec mon vétérinaire. J’ai fait tout ce qu’il fallait pour trouver une cause, il faudrait lancer une recherche coûteuse pour analyser tout le troupeau. Nous sommes début novembre, la situation semble s’être stabilisée.  J’ai du mal à accepter cette situation, je suis résigné et très inquiet. J’en perds l’envie d’écrire ici.

Tout va s’éclairer fin novembre, début décembre. Je croise un éleveur sur le parking de la coopérative. Il est effondré et par chance il n’hésite pas à parler de ses problèmes. Les premiers résultats du vêlage de ses génisses sont catastrophiques. Les chiffres sont impressionnants. « Nous avons lancé une grande recherche par analyses. Nous attendons les résultats. Les vétérinaires pensent  à la maladie de Shmallenberg ou la FCO, ou la conjugaison des deux. Nous avons des soucis sur les jeunes vaches également mais pas ou peu sur les vieilles vaches … » J’ai compris. Je suis un des rares à avoir continué de vacciner un an après la fin de la prophylaxie FCO obligatioire en 2011. Mes vaches les plus âgées ont sans doute encore une petite protection ou atténuation contre le virus. Comme par hasard, mes problèmes se produisent sur les animaux jeunes…

Je n’avais plus entendu parler  de FCO depuis Cournon en octobre 2015, un sommet de l’élevage sans ruminants ! Normal, en hiver, il n’y a pas de moustiques, donc pas de vecteurs. Depuis, nous avons l’obligation de faire vacciner les animaux destinés à l’exportation, puisque nous sommes en périmètre éloigné. Rien pour le reste du troupeau. Au printemps 2016, les troupeaux d’ovins sont privilégiés pour être vaccinés. Il n’y a aucune communication  sur la maladie qui arrive tranquillement jusqu’à ma ferme, quand ? Rétrospectivement, j’ai découvert qu’il y avait quelques cartes  en mai puis plus rien avant septembre 2016 sur le site du GDS mais il semble n’y avoir que quelques cas, plutôt à l’ouest de mon secteur. Nous avons d’autres problèmes à régler et personne ne parle de FCO. Il est vrai que beaucoup d’entre nous n’imaginent pas les conséquences sur un troupeau. L’angoisse des blocages commerciaux et des opportunismes commerciaux qui en résultent conduisent sans doute les éleveurs à oublier les risques et à  nier inconsciemment l’existence des maladies.

20160519_zonage

De plus, l’année climatique 2016 est complexe. Avec  un printemps pluvieux, nous avons fait  une énorme récolte de foin puis une sécheresse estivale violente  a sévit !  Au regard de ce que j’ai écrit hier, on peut facilement imaginer que, s’il y a eu des avortements précoces, ils soient passés inaperçus et  qu’ensuite les retours aient été retardés, y compris chez moi.

Suite à cela, j’allais découvrir une gestion ubuesque de la FCO… « La peur n’empêche pas le danger ». Je n’aurai pas pu empêcher ce qui est arrivé, faute de vaccins disponibles, mais je vais anticiper les prochains problèmes. En remuant ciel et terre !

Posté par paysanheureux à 13:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


21 novembre 2017

Sanitaire en élevage,des adaptations inévitables et nécessaires ! 1

Hiver 2014/2015. Nous venons de terminer la prophylaxie du jour et la myriade de contraintes administratives qui y est liée… Chaque flacon  de prélèvement sanguin a son étiquette, toutes les étiquettes étant collées, tous les animaux de 3 ans et plus ont bien été prélevés.  Je sors mon chéquier pensant en avoir fini. Un peu gênée, l’aide véto de l'époque m’annonce qu’elle doit me soumettre à un questionnaire. Le niveau et la façon de faire me renvoie aux interrogations de sixième. Le sujet porte sur les avortements. Quelles sont les maladies abortives ?  Je dois citer le nom de maladies… « Au moins 5 »

Si le sujet est très important en élevage, la méthode pour l’aborder relève de l’humiliation. Je le vis très très mal et fatigué par une journée de travail où il a fallu prendre les animaux, je dois me contenir pour ne pas laisser exploser ma colère. L’organisme commanditaire de cet exercice, que nous finançons directement, est un habitué des lettres agressives («  C’est  pour que vous réagissiez ! » m’a-t-on répondu une fois au téléphone). Peut-on sensibiliser les éleveurs en les prenant pour des gens irresponsables ? C’est devenu, trop souvent, une manie, dans le conseil agricole, de vouloir imposer sa supériorité technique (et commerciale) en minorant au maximum l’avis et la compétence du paysan ! C’est très dégradant.

Je finis par répondre, en précisant que ces 10 dernières années, c’est la FCO qui a posé le plus de problèmes et qu’heureusement la vaccination nous en a sorti. « Avez-vous des remarques supplémentaires à faire ? »  C’est la partie hors cases prévues. Exaspéré par ces méthodes, j’ajoute que « sur ma ferme, les coups de gel quand on vient de lâcher les vaches ou en début d’automne sont souvent la cause de décrochages. La jeune véto me regarde d’un drôle d’air. Elle n’ose pas noter, puisque ce n’est pas une « maladie ». « Vous  faites comment  pour les éviter ? » «  Il faut que les animaux aient du sec à manger, foin ou paille ! En automne ça marche en chargeant les râteliers, mais au printemps, elles sont tellement contentes d’avoir de l’herbe fraîche qu’elles ne viennent pas manger… »

De plus en plus gênée, elle me dit devoir dérouler la fin de son discours. « Je vous rappelle que vous devez faire faire des prélèvements par le vétérinaire dès que vous avez un avortement, maximum dans les 24 h… Et les frais vous sont remboursés (pas notre travail de contention de l’animal, disons que les frais induis hors ferme sont remboursés  !) ».  «Je sais et je fais.  C’est sans problème quand les animaux sont en stabulation. La surveillance est alors plus facile et on les prend tous les jours. Mais il y a deux contraintes quand elles sont au pré qui font qu’on peut se louper: Franchement, il est très difficile de détecter un avortement avant 5 ou 6 mois de gestation. A moins de tomber pile au bon moment,  il ne reste qu’un filet de sang pas toujours visible. Ensuite, prendre la vache au milieu d’un troupeau est un sport  qui n’est pas toujours aisé, et légitiment, un véto ne va pas attendre des heures qu’on ait réussi à la piéger… Très souvent, on détecte le problème au retour de chaleur qui suit, bien tard, il est vrai. On devrait alors  pouvoir faire une prise de sang des animaux dans ce cas et une recherche spécifique. Je supporte mal qu’on puisse m’accuser de négligence… »

Le but des commanditaires a été atteint. Trois ans après, je garde encore un très mauvais souvenir de ce questionnaire. Je me sens coupable de ne pas regarder le derrière de chaque vache chaque jour. Cela pose une vraie question sur les conduites d’élevage. Un éleveur laitier voit passer ses vaches deux fois par jour en salle de traite, elles sont alors contenues et il est facile de détecter un problème. J’ai le souvenir d’une traite en Californie d’un troupeau de 1400 vaches. Il y avait un vacher qui faisait entrer les vaches et posait les gobelets trayeurs et un vétérinaire qui observait tous les animaux un par un. Ce modèle est inapplicable avec des animaux allaitants qui pâturent. Il faut donc s’adapter et tenir compte d’observations différentes.  Mais elles sont hors protocole prévu.

L’automne 2016 allait me démontrer que ces protocoles, initiés dans les années 1970, n’avaient pas évolué d’un pouce ! Consternant à l’heure des échanges intercontinentaux et du réchauffement climatique. De coupable, je suis devenu victime, isolée et silencieuse (jusqu’à maintenant) car jamais certain de bien faire!

...

Posté par paysanheureux à 12:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 novembre 2017

le sevrage

Il faut bien s’y résoudre. La sécheresse et les températures douces donnaient l’impression  que l’été pouvait durer indéfiniment… Pourtant, la bascule soudaine vers des températures de saison nous ramène  aux réalités ! L’hiver arrive, il faut donc y préparer les troupeaux.

Sevrer s’imposait donc. Il était temps ! J’ai beaucoup évolué au cours de ma carrière pour réaliser l’opération. Au début, les animaux étaient attachés. Imaginez de jeunes animaux ayant vécu 8 mois en totale liberté avec leurs mères au pré. C’était un énorme rodéo, mobilisant 3 ou  4 personnes au moins. On devait donc prévoir le chantier à l’avance et rentrer les animaux coûte que coûte le jour choisi !

Aujourd’hui, c’est une opération que je réalise seul. Au fil des années, j’ai observé les comportements des animaux  et je l’ai intégré pour concevoir  une contention qui relie la ferme aux prés. Je ne force plus les mouvements, ils deviennent naturels. Il  y a des barrières de pré qu’un troupeau ne passera pas sans méfiance. Inutile de forcer , mieux vaut adapter les sorties aux bons endroits. En jouant avec les auges de mêlée ou le C15, je peux les attirer, sans problème, aux endroits stratégiques.. Mais le plus important est de respecter les horaires du troupeau. Etant seul, je peux m’adapter, d’autant que les opérations sont  très rapides. Je dois juste anticiper les positions des barrières et observer plusieurs jours à l’avance. Par exemple, un des troupeaux cette semaine, ne venait manger du foin au râtelier que par lot et plutôt le soir. La veille du jour où je voulais agir, j’ai espacé la recharge en foin et j’ai remarqué qu’elles venaient toutes le matin suivant… Je ne pensais pas que cela marcherait aussi vite et j’ai dû prendre le lot le matin et non l'après midi envisagé. En un quart d’heure, l‘opération  était bouclée. L’avantage énorme des stabulations est qu’on peut y mettre un lot, lui assurant le boire et le manger sans autre intervention…

Cette flexibilité est essentielle et permet de mieux nous organiser. J’ai donc réalisé la suite des opérations l’après-midi après avoir terminé celles du lot précédent rentré deux jours plus tôt. Je sépare les veaux que je pèse le plus tôt possible. Cette prise en main suppose des couloirs de contention très performants et beaucoup de patience. Les veaux sont encore assez « sauvages » et ne supportent pas d’être coincé dans une cage. C’est pourtant indispensable tant pour peser  que pour vacciner. En quelques jours, entre mouvements et distribution de nourriture, je crée un lien de confiance. Mais j’ai un problème récurrent, ne travaillant que seul, ils redeviennent  très méfiants dès que nous sommes deux ou plus à les manipuler ou même les approcher.  

Je laisse les veaux et mères dans des cases contiguës au moins 3 jours pour limiter les meuglements. Je fouille les vaches et les relâche quelques jours plus tard en créant des lots en fonction des dates présumées de vêlage… Je cherche à faire des lots de 16 à 18 vaches pour n’avoir à mettre qu’une botte de foin par jour par râtelier car on ne peut plus compter sur l’herbe. Au pré, il n’y a pas de concentration d’animaux donc pas de pression des maladies. Cela préservera les premiers lots des maladies néonatales que je rentrerai, si la météo le permet, aux premiers vêlages…

Posté par paysanheureux à 11:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

15 novembre 2017

Réalité et rumeurs...

La nouvelle est tombée mercredi dernier, le 8 novembre. Un cas de FCO4 est confirmé en France. Comme tout le monde, j’ai dû me contenter de l’article du journal local, donnant bien peu d’explications, les commentaires en attestent. Nous semions et je n’ai pas eu le temps de chercher plus d’informations. Mais je l’avoue, je me faisais du souci…

Jeudi, j’ai pris le temps de lire le site du GDS Bourgogne. Les choses étaient claires. Nous sommes en zone de surveillance. Comme toujours dans un cas pareil, il y a trois zones établies autour de l’élevage touché par la maladie. Mis à part peut-être la gestion dans l’Allier, j’ai apprécié les décisions de bon sens prises, au contraire de l’énorme loupé et la gestion catastrophique de la FCO 8 l’année dernière. J’en ai et j’en paie encore les conséquences. Comment a-t-on pu laisser circuler une maladie aussi contagieuse pendant des mois dans un silence assourdissant ? Peut-on confier les mesures à prendre à des gens sans compétences ? J’y reviendrai un jour…

Dans l’après-midi, je passe au cabinet vétérinaire pour d’autres raisons. A tout hasard, je demande s’ils ont du nouveau sur les mesures prises et sur les conséquences sur nos fermes. La réponse est désabusée et me touche. Je comprends que les rumeurs vont bon train et que la parole de colporteurs de passage sur les fermes surpasse celle des spécialistes comme les vétos. Je parle du site du GDS, la secrétaire s’y connecte et je montre la carte très claire qui stipule notre situation. « Tu sais, j’ai pris le temps de lire le décret ministériel, nous sommes bien en zone de surveillance. Donc rien que de la surveillance pour le moment !»  « C’est ce que j’avais compris mais on me certifiait le contraire !!! Du coup, je n’osais plus rien dire.»

 

20171107_zonageFCO

La psychose, nourrit par la crainte de blocage des animaux sur les fermes avait fait ses ravages. Ces situations offrent des opportunités à certaines personnes, peu scrupuleuses, très rares fort heureusement, d’alimenter les peurs pour diverses raisons. Et puis, il y a ceux qui savent toujours tout avant tout le monde et relaient de fausses informations… Pourtant, l’information, fiable, existe sur le Net. Il suffit de chercher et de lire. C’est tout de même mieux et plus rapide que d’attendre, comme par le passé, une info qui arrivait, au mieux, une semaine plus tard par courrier ou par le journal professionnel.

Aujourd’hui, on peut faire un point précis de la situation. (FCO_4_infos_20171113V3PDF) L’élevage savoyard est bien touché. Des analyses sont en cours dans les différents périmètres, avec des densités de recherche décroissantes en s’éloignant du point central. Les résultats seront connus vers le 24 novembre. Il faut donc attendre. Il est certain qu’un nouveau cas plus rapproché poserait de très gros problèmes. L’Italie, qui a déjà le 4, accepte nos animaux. Les restrictions concernent les mouvements vers la zone française indemne. Nous sommes au début de l’hiver, avec un peu de chance, les insectes vecteurs hivernent déjà. S’il n’y a pas d’autres cas, avec les mesures prises, on peut espérer éviter le scénario du 8. Sinon, cette fois, il ne faudra pas tergiverser !

 

 

Posté par paysanheureux à 21:26 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

08 novembre 2017

Eté à hiver, climatique et moralement

J'ai le sentiment d'être passé de l'été à l'hiver, sans transition. Heureusement qu'il y a eu quelques couleurs automnales pour nous rappeler que cette saison existe. Les températures sont restées estivales jusqu'à la fin de la semaine dernière. Le soleil brillait avec ardeur, accentuant l'effet sécheresse déjà très importante. Mais cette dernière a "cuit" la végétation, rendant les feuillages mourants moins flamboyants qu'à l'ordinaire.

fon-octobre-toulon

Côté travaux des champs, pour le seconde année consécutive, nous n'avons pas de repousses d'automne ! Le vert des prés est une illusion d'optique, les animaux ne trouvent pas l'herbe suffisante et depuis l'été, on tape dans les stocks prévus pour l'hiver. Pour la première fois de ma carrière, j'ai cru ne pas arriver à implanter les cultures d'hiver, à savoir blé et triticale ! Si nous avons réussi à terminer aujourd'hui, c'est en forçant avec des engins lourds. La saison est bien avancée et les chances de réussite ne sont pas certaines. Tout va dépendre de la vigueur de l'hiver et surtout de quand il arrivera dans ces extrêmes. Le changement climatique complique vraiment les choses et bouleverse les points de repères.

viroll

Côté animaux, tout est retardé. Sans pousse d'herbe, j'hésitais à sevrer, ne pouvant pas relâcher les veaux dans des prés riches en herbe. Les rentrer, avec la chaleur des derniers jours, c'était prendre le risque de grippe. Je commence donc depuis cet après midi, une manoeuvre qui aurait dû avoir lieu il y a un mois. Mais ce n'est pas ce qui me préoccupe le plus. Dans la matinée, les journaux ont relaté un cas de FCO4. A nouveau, nous allons être plongé dans la panade dans les prochaines semaines. Déjà, nous avons complètement subit la FCO8 l'année dernière, faute d'entente professionnelle et de compétences sanitaires ! On repart pour un tour. C'est usant et démoralisant...

vaches-et-ombre-de-fin-octo

 

 

 

Posté par paysanheureux à 19:23 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


04 novembre 2017

Deux poids, deux mesures !

Je les ai beaucoup vu la semaine dernière en travaillant la champ virol. Les étourneaux se posent sur les fils de la ligne à moyenne tension puis s'envollent en groupe, décrivant de folles arabesques. On se demande comment ils peuvent voler en groupe comme cela, sans se cogner. Un matin, ils étaient au milieu des vaches...

étourneaux

Comme ils bougent tout le temps, je n'ai eu d'autre choix que de les photographier à travers le pare-brise. Les photos sont donc de médiocre qualité. L'envol reste un moment impressionnant...

envol-d'étourneaux

En lisant cet article, je me suis dit qu'il y a vraiment deux poids et deux mesures. Les citadins se plaignent des dégâts occasionnés par ces oiseaux (idem de ceux des sangliers comme relatés dans un reportage télévisé cette semaine). Les oiseaux couchant dans les arbres, ils demandent à ce que ceux-ci soient élagués, donc amputés, pour les éloigner. Ce faisant, on pourrait aussi bien suggérer aux habitants de ce quartier d'aller garer leur voiture un peu plus loin ! La marche à pied est un excellent exercice. A l'inverse, il semble tout à fait normal, pour beaucoup de citadins, que les paysans subissent les dégâts au nom du maintien de la biodiversité ! Je veux bien l'accepter. Mais à condition que tout le monde considère que la nature, la vraie, doit être préservée partout et pas seulement chez les autres quand elle présente des désagréments. De même, qu'un minimum de régulation des populations, je pense aux sangliers,aux pigeons des villes, aux ragondins et autres animaux en surpopulation, est parfois nécessaire...

Même question pour le loup. On verra bien ce qui se passera, si un jour il s'installe dans le bois de Boulogne. Pourtant, ce serait un vrai retour de la nature, qu'on impose par ailleurs aux éleveurs, à Paris !

 

 

Posté par paysanheureux à 14:28 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,

02 novembre 2017

Halloween des champs

Je n'ai jamais dû labourer avec une terre aussi sèche. Je me suis arrêté à une parcelle sur les deux prés que je dois retourner. Pas question de foncer, il faut tous les chevaux du tracteur. Derrière, la charrue a souffert, l'usure est extrême. Je me suis brûlé plusieurs fois en voulant avancer les lances. Elles étaient bouillantes après seulement 100 m de labour !

semis-sur-couenne

Comme j'ai remis en pré 7.5 ha, je dois retourner la même surface de "couenne". La saison avançant rapidement, j'ai forcé pour un tiers, il en reste donc 2/3 tiers à retourner. La pluie annoncée ce week-end sera juge de paix. Soit il en tombe assez pour travailler moins mal, soit j'attendrais le printemps pour semer de l'orge ! Cela ne m'arrange pas, les résultats des cultures de printemps étant plus aléatoires. Mais il faut bien s'adapter.

hallowen-des-champs

Les calamités ne s'arrêtent pas là. Les pigeons viennent se régaler des semences. J'ai donc mis les déguisements pour leur faire peur en place, halloween oblige... En quête d'une bonne levée, régulière, sans trous !

Posté par paysanheureux à 12:52 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

23 octobre 2017

Quel avenir pour notre élevage ?

Demain, à 17h , je suis invité, par la chambre d'agriculture de Saône et Loire, à une table ronde diffusée en direct sur :

https://www.youtube.com/channel/UCPmFM-WsSjsU8rR2rIc_UdA 

Je ne suis pas coutumier de la chose, j'espère que tout ira bien. En attendant, la méthode est intéressante. L'avantage est que l'on peut voir la vidéo en replay, ce qui est un énorme avantage, car à cette heure-ci, nous sommes au boulot...

quel-avenir-pour-notre-élev

Pour sourire !

Posté par paysanheureux à 21:01 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

16 octobre 2017

Compagne des semis: la bergeronnette grise

Après les buses chassant les sauterelles, les hirondelles virevoltant autour du tracteur pendant que je déchaumais, voici la grande classique des semis d'automne :

bergeronnette-1

Depuis ma plus tendre enfance, les bergeronnettes grises ont accompagné les semis d'automne. Je me souviens des premières journées sur le MF 825 avec mon père, où déjà, elles suivaient la charrue, puis le semoir. Je les ai toujours vu ensuite dès que l'on travaille la terre. Je ne sais pas où elles sont le reste du temps. Je ne sais même pas comment elles se repèrent pour arriver dans les champs au bon moment. Leur nombre ne semble pas varier d'une année sur l'autre. Elles n'ont pas peur des tracteurs et sont incroyablement vives au sol, très difficiles à prendre en photo car elles bougent tout le temps. J'ai au moins 5 photos floues pour 2 bonnes !

bergeronnette

Si un jour, elles venaient à ne plus être là, non seulement elles me manqueront, mais je me ferai beaucoup de soucis pour l'avenir de la planète!

Posté par paysanheureux à 21:19 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

15 octobre 2017

Un cap, merci canalblog

Je ne veux en tirer aucune gloire, d’autant que par rapport à d’autres, je suis plutôt à la traîne.. Je veux juste vous remercier de votre intérêt et de votre fidélité. Dans quelques jours, ce sera l’anniversaire de ce blog. Je suis trop souvent absent, faute de temps, mais vous rester attentifs dès que j’écris. J’imagine souvent des scénarios de billets que j’aurais plaisir à partager ici et qui restent vains.

 Il y a des chiffres phare qui soulignent une étape. Ce matin, sur la page d’accueil de canalblog :

Synthèse

Ces statistiques sont générées en temps réel. Vous avez accès à l'ensemble du trafic de ce blog par jour, par semaine ou par mois.

La durée maximale de session d'un visiteur est de 30 minutes.

Un visiteur est comptabilisé lorsqu'il se connecte au blog une seule fois sur une période de 30 minutes.

Un visiteur est considéré comme déjà connu s'il se connecte au blog à nouveau après 30 minutes.

Total des visiteurs : 1000015     Total des pages vues : 1511656     Pages vues par visiteur : 1.51   

Je peux remercier l’hébergeur, gratuit, qui depuis des années rend possible l’utilisation de cet espace de communication.

En parallèle, j’utilise beaucoup mon compte twitter. C’est plus facile car je peux communiquer depuis mon tracteur ou en réunion avec mon smartphone. Les deux outils sont très complémentaires. Je prépare un troisième moyen de communication. Je viens de trouver les outils techniques, que l’on m’a offert, qui me permettront de compléter la panoplie, avec toujours des  liens avec ce blog. C’est l’immense intérêt du numérique, on peut passer de l’un à l’autre en toute simplicité. Mais je ne vous en dis pas plus, ce sera bientôt à découvrir.

Merci encore pour votre confiance, un paysanheureux de vous rencontrer autrement.

Posté par paysanheureux à 09:05 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags :