paysanheureux

16 mars 2018

"Vers la révolution verte" par Pierre Terrier

Madame PH tourne plusieurs fois autour du canapé, intriguée… Elle finit par me demander quel est ce livre que je lis avec autant d’attention ? Depuis quelques semaines, j’étais accaparé par un Ken Follet de mille pages, réservé à une lecture au moment de me coucher. Lorsque je pouvais enfin m’étendre sur le canapé vers 19h30 pour détendre mon dos, c’était pour surfer sur mon téléphone en regardant la télé. Mais là, je suis tout à la lecture. « Un livre écrit par l’ancien directeur de la chambre d’agriculture. Tout me parle et cela rejoint notre participation au documentaire il y a quelques années… »

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Oui, « j’avale » (en 48h malgré mon travail) avec passion les 250 pages ! A cette saison, je lis moins, par fatigue, pourtant je fais une exception. A un directeur, au téléphone, j’ai dit que la lecture devrait être imposée à tous les responsables agricoles du département et aux directeurs plutôt deux fois qu’une. La partie historique est un peu une bible, simplifiée certes, de 150 ans d’évolution de l’agriculture en France et en Saône et Loire. Sans concessions et sans doute incomplète, la pertinence du propos mérite attention pour comprendre la situation actuelle. Si on ne peut refaire le passé, on peut au moins en corriger les effets négatifs. Je retiens que la guerre centenaire entre la tendance « Sud-Est » et celle dite « progressiste » a définitivement divisée le département. Je partage l’analyse que, pour l’élevage bovin, cela a empêché l’émergence d’une dynamique et d’investissements économiques permettant de réellement capter de la valeur ajoutée sur nos fermes. Le court terme l’a emporté sur le long terme et nous en payons très cher les conséquences aujourd’hui. Quand on regarde le fonctionnement du charolais, toutes les structures, ou presque, existent en double, quand ce n’est en triple, inhibant ainsi toute possibilité d’efficacité, en se neutralisant entre-elles plutôt qu'en construisant !

Le livre regorge de chiffres. J’en mentionnerai quelques-uns qui marquent l’impact de la révolution industrielle dans notre société : En 1850, 70% des actifs sont directement employés par l’agriculture ce qui représente 9 millions d’emplois ! En 2016, ce n’est plus que 3 % de la population active soit 900 000 emplois !!!! Pourtant il faudra attendre 1970 pour que la France soit autosuffisante et devienne exportatrice. C’est la conséquence de la révolution verte qui s’est produite principalement entre 1950 et 1980 ! Je cite l’auteur : « Un homme qui aurait quitté la France en 1950 et serait rentré en 1980 après avoir vécu sur une île lointaine n’aurait pas plus reconnu les femmes et hommes qui travaillaient dans l’agriculture que leurs exploitations, leurs équipements ou les paysages qui les entouraient. » J’ai envie d’ajouter qu’un citadin qui a, de ce fait, très souvent des racines paysannes est aujourd’hui un peu dans la même situation, le souvenir s’est transformé en rêve ! On sait que cette évolution remarquable s’est accompagnée d’excès qu’il convient de corriger…

C’est l’objet des 36 dernières pages qui se veulent prospectives. Disons-le tout net, je reste sur ma faim ! Connaissant l’auteur, j’attendais quelque chose de différent, un propos moins prudent et moins doctrinaire ! Je sais que la prospective est hasardeuse, que rien ne se passe jamais comme prévu. Mais j’ai des convictions sur le sujet, même si cela dérange. Les jeunes de la JAC n’ont-ils pas bousculé un système séculaire ?  J’avoue que j’espère avoir une vraie discussion sur le sujet avec l’auteur. L’effet du numérique est effleuré, la reconquête d’une relation réelle et stable avec les citoyens ne l’est pas plus. Je suis certain que les moyens techniques pourraient, si bon emploi, rebattre les cartes. De même, la ligne directrice des années 60 basée sur l’augmentation des volumes à tout prix, est dépassée. La viticulture prouve que la maîtrise des volumes au service de la qualité peut être très rémunératrice à condition d’une vraie valorisation. Pourtant notre accompagnement technique continue de prôner le contraire...

Mes remarques ne sont pas des critiques mais exprime une attente profonde face à une crise structurelle de ma filière qui devient dangereuse à trop durer ! Ce livre apporte une réponse pour comprendre les blocages. C’est cette compréhension qui devrait ouvrir les portes d’un travail pour élaborer ce qui pourrait devenir une nouvelle révolution verte ! Je serai en retraite avant que cela arrive mais la passion l’emporte et l’envie de contribuer à ce défi reste intact. Si vous souhaitez découvrir le livre, il est en vente sur le site de l’éditeur, régional lui également. Je déposerai un exemplaire à la bibliothèque de mon village (Toulon sur Arroux) pour ceux qui voudraient… Enfin, voici ce qu’en dit la presse pro !

 

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12 mars 2018

Ma ferme, en hiver...

Après des semaines, voir des mois de pluies ou de neige, une météo presque clémente nous a permis, grâce aux enfants, de filmer la vallée il y a un mois. J'ai tiré deux séquences, une première montre les dégâts de la crue dans la plaine ! Je n'ai pas eu le temps de monter une bande son, ce qui est dommage...

Un second film permet de découvrir la vallée de l'Arroux, les vallons de ma ferme et les bâtiments... On voit nettement le virage de la rivière qui bifurque pour plonger vers la Loire à Digoin. En amont, le Gourmandoux est un encaissement de la rivière entre deux avancées plus élevées. Au loin, on distingue la mont Beuvray, ancienne capitale des éduens. Sur la chaîne à l'ouest, le mont Dardon porte bien son nom. Enfin, vous découvrirez la vue qu'ont les vaches depuis la stabulation du bas, sur l'étang. Au passage, vous remarquerez la panique d'un ragondin, surpris par ce gros "bourdon"...

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09 mars 2018

Avant goût de printemps...

Un lot de vaches peut sortir de la stabulation selon le bon plaisir des vaches et du taureau. A 4h40, je découvre un veau nouveau-né dans une autre case par caméra interposée. J'avais remarqué la vache à 1h30, lors de la précédente cession. Je vais donc dans la stabulation et là, surprise, personne dans la case ouverte. Personne non plus dans le pré en dessous. Je balaie avec ma torche, réveille les canards sur l'étang qui grognent, personne...

Je franchis les barrières, pensant qu'elles se sont sauvées. Et en contrebas de la stabulation, derrière la butte de la fosse, je découvre tout le troupeau couché. La paille et la litière, raz le bol semble t'il ! Je remonte, rassuré et je me dis que je ne m'étais pas trompé en annonçant le printemps, il y a quelques jours, alors que le dégel peinait à se produire...

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01 mars 2018

Le lien sur France info

Merci Aurélien !

Voici le lien de l'intervention sur France-info !

J'en profite pour remercier Sara et ses collègues qui ont été patientes. Il m'est difficile d'aller à Dijon à cette saison, comme évoqué au départ. Elles ont cherché une solution et j'ai ainsi pu rester sur l'exploitation ! Les vêlages ont enfin repris et les 3 prochaines semaines vont être intenses. Pas question de s'éloigner plus de deux ou trois heures.

J'avoue avoir pris plaisir à parler du quotidien et non des soucis comme le Mercosur. Les questions reflètent une image que les jeunes se font de notre métier et je vais prendre le temps d'écouter les autres interviews. On parle si facilement sans connaître...

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27 février 2018

Demain, à 14 h 25 ou 16 h 25 sur france info...

Répondre à des questions de juniors : Un exercice nouveau ! Un peu compliqué pour l'enregistrement puisque je ne peux pas aller au salon de l'agriculture. Mais les radios ont des ressources et des astuces. On verra le résultat demain. J'ai été surpris par les questions de ces enfants de 9 ans, pleines de bon sens. Cela change de tout ce qu'on entend ces derniers jours, sur le Mercosur en particulier...

Comme toujours, j'ai une petite appréhension car il est difficile d'être clair et concis... Merci à Sara et ses collègues ! A demain, peut être...

Le direct est là !

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07 février 2018

J'ai réussi, c'est presque un exploit cette année...

La fosse à fumier, au bout du couloir raclé de la stabulation des vaches, était quasiment pleine ! J'aurai pu curer samedi, comme chaque semaine, mais cela aurait été compliqué... En récupérant mon épandeur jeudi, en trois après midi, j'ai pu la vider. J'aurai aimé passer à la stabulation des génisses mais hier et aujourd'hui, la neige...

En attendant, voici trois vidéos tournées, vendredi et samedi après midi.

D'abord, un constat, on perd beaucoup d'énergie et la biomasse est une ressource bien réelle !

Ensuite, au fil des années, j'ai aménagé un chemin, indispensable un hiver humide comme cette année pour pouvoir rouler de lourdes charges... En saison de pâture, il sert tous les jours aux animaux et à la surveillance...

Enfin, mes tas de compost sous un rayon de soleil printanier...

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06 février 2018

Rien ne se perd...

Le matin, il y a ramassage des grains perdus :

rien-ne-se-perd

Les vaches font tomber des grains en mangeant la mêlée. De plus, elles ne digèrent pas les grains entiers, c’est pour cela qu’on l’aplatit. Il y a donc des grains dans les bouses. Ils ne sont pas perdus pour autant. Il y a un service de nettoyage qui passe chaque matin… Par contre, le canard aime la boue et cela n'arrange pas les choses, on ne peut pas tout avoir.

canards

Je suis toujours impressionné par l’adaptation des animaux aux situations nouvelles !

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04 février 2018

Les commentaires haineux vis à vis des éleveurs, un quotidien sur les réseaux sociaux

Depuis quelques années, une sorte de guerre nous est déclarée. Elle ne se fait pas avec des chars mais avec des mots.

Au moment de la guerre pour l’Ossétie en 2008, pour la première fois, on a vu fleurir une réplique systématique à tous ceux qui osaient exprimer un avis non russe sur Internet. A l’époque, c’était sur les blogs. On les repérait facilement par la naïveté des arguments, ressemblant à une propagande assez simpliste autour du thème : L’Ossétie est majoritairement russe et ces derniers sont agressés! Argument que l’on a ensuite entendu en Ukraine quelques années plus tard… Je n’ai pas envie de faire une analyse géopolitique ce soir. Il faut retenir que la propagande utilise les moyens modernes. On sait les questions qui sont posées sur les influences éventuelles (ou tentatives) sur les élections des démocraties, comme aux USA ou en France…

La même stratégie est employée aujourd’hui par ceux qui placent les animaux au même niveau que les humains. Quelques soient les supports numériques, il faut qu’ils soient présents en direct ou par commentaires ! Sur twitter, je suis depuis longtemps repéré ! J’ai droit à des commentaires que je laisse filer. Par faute de temps pour répondre, je ne publie pas les commentaires du blog de ce type. Cela ne faisait pas 10 jours que j’avais commencé ma chaîne You tube que déjà, ils m’avaient détecté ! A chaque fois, c’est la même chose et les mêmes mots : bourreau, assassin, exploiteur… J’ai supprimé le commentaire pour couper court, espérant qu’ils se lasseront d’écrire sans que cela paraisse !

Jean n'ai gros sur la pattate a ajouté un commentaire sur votre vidéo.

 

Une vache défend son veau

 

Jean n'ai gros sur la pattate

Quel honte ! Laissez tranquille ces pauvres bêtes que vous exploitez pour votre bénéfice personnel ! Assassin !

Répondre

Gérer tous les commentaires

Je l’avoue, je vis assez mal ces accusations gratuites. Sur la vidéo concernée, je soigne le veau en désinfectant le cordon, lui administrant le seul antibiotique qu’il recevra de sa vie s’il n’est pas malade ensuite ce qui est le cas de la majorité des animaux ici. La septicémie est mortelle autrement. La dernière intervention sur nouveau-né est une obligation réglementaire à savoir la pose des boucles.

Je ne sais pas vraiment comment gérer ces insultes. Que répondre à des gens anonymes qui se cachent derrière un clavier pour traiter les éleveurs d’assassins. Les mots sont tellement violents que parfois j’ai envie de laisser passer, pour que chacun se rende compte. Mais je me dis qu’il serait sans doute dangereux de ne pas rétablir les vérités ! Nous nourrissons, nous soignons, nous protégeons nos animaux, chaque jour, été comme hiver ! Tous les historiens dignes de ce nom pointent du doigt la maîtrise du feu, qui a permis de cuire, donc de rendre les protéines animales digestibles, comme le début du développement du cerveau humains. L’homme a été chasseur avant de devenir éleveur il y a 12000 ans au moins. Tous les nutritionnistes insistent pour que les vegans n’hypothèquent pas la croissance et le développement de leurs enfants ! La chimie pharmaceutique permet aujourd’hui de palier à l’absence des apports venant d’une alimentation uniquement végétale ! Libre à chacun de faire ce choix par conviction personnelle. Mais de là, à l’imposer à tous, par une propagande tout azimut, en insultant les autres... Être traité d’assassins ne pourrait-il pas être répréhensible ?

    espoir-de-printemps

Être éleveur ou tout simplement paysan est vraiment complexe aujourd'hui. J'ai pris le parti de communiquer sans tricher! Par exemple, je ne publie que des photos de saison même si c'est moins glamour en ce moment que des animaux dans les prés au mois de mai ! De même, je ne cache pas la boue des accès aux bâtiments ou des lieux de passage des animaux, il a tant plu !!! Ainsi, vous ne serez pas dépaysés si vous venez visiter à l'improviste...

 PS : Un article très intéressant dont le lien m'a été communiqué par Philomenne

             

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02 février 2018

Enfin, j'ai pu charger du fumier

Enfin ! Il me restait de la place pour une semaine. Je cure l'aire entre les cornadis et l'aire sur litière accumulée une fois par semaine. Je stocke sur une fosse en bout du bâtiment. Cela permet aux animaux d'avoir un coin nuit et un coin nourriture sur le dur. Une semaine de plus et je me serais retrouver coincé...

Donc, enfin, j'ai réussi à charger, en image,cet après midi et faire quelques tours. J'y reviendrai...

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31 janvier 2018

La goutte d'eau, le vase, la crue...

Dimanche soir, immédiatement après la fin du journal de TF1, tweeter s’est emballé…

 

guyot

J’avoue que j’ai bondi sur mon téléphone pour entrer dans la danse… Trop, c’est trop ! Nous voici, nous les paysans, responsables de tous les maux de la société ! Donc responsables des crues… Constat : Ici, il est tombé 422 mm entre le 25 novembre et le 26 janvier ! 422 litres par m2 soit 4 220 000 litres par ha. 422 m3 sur votre parcelle lotissement de 1000 m2 pour que vous puissiez comparer avec votre facture d’eau. Sachant que l‘eau coule du haut vers le bas, en suivant les rivières, on imagine les volumes que doivent évacuer les fleuves qui traversent les grandes villes. Le mode d’exploitation agricole ne joue plus qu’à la marge. Que dire des constructions dans les zones inondables, de l’artificialisation des sols qui ont fait la fortune de Bouygues entre autres ? Au cours d’une émission de C dans l’air, une géographe disait que sur la Seine, les 4 grands lacs de retenue en amont de Paris avaient une incidence de 15 cm seulement !!! Ici, malgré le bocage, l’Arroux a débordé et nous avons eu beaucoup de chance que la pluie du dimanche 21 janvier passe à 100 km au nord, sinon…

Guy-Moux

Guy faisait remarquer à juste titre que la crue de référence de la Seine, est celle de 1910 : 8.62 m quand aujourd’hui on est à 5,84 m. Pour information, la plus grosse crue répertoriée est celle de 1658 qui aurait atteint ou dépassé les 9 m. Dans les deux cas, l’agriculture de l’époque n’était pas « conventionnelle » … J’espère que sur ce sujet, toutes les tendances de l’agriculture seront solidaires pour dire que face à un phénomène climatique de cette importance, comme pour un ouragan ou une sécheresse, nous sommes sur un pied d’égalité et qu’il est trop facile de se servir de l’agriculture comme bouc émissaire…

Il faut dire que le matin même, j’étais tombé sur ce tweet qui m’avait fait réagir !

fauvarque

Cette fois, nous sommes des fainéants. Donc si les produits agricoles sont trop chers en magasin ou si une enseigne est mal positionnée, c’est de notre faute. Travailler à perte ne suffit pas, il faudrait que l’on donne nos produits pour sauver les emplois (c’est ce que j’ai compris). Avec quoi va-t-on payer les intrants ou les services obligatoires, mystère ? Bon, d’accord, en cherchant, on retrouve le problème de ce monsieur et peut être le pourquoi de sa rancœur. Mais l’insulte est lancée, lue par combien de personnes ignorant sa situation ?  

matin-reflux

Quelques jours plus tôt, alors que tard le soir, nous nous assurions avec le maire de la commune que tout le monde soit averti de la crue et en sécurité, j’avais déjà essuyé une critique : « Il faut interdire le passage des paysans avec leur tracteur. Ils roulent comme des fous. Ils font des vagues qui passent par-dessus nos protections… » Je n’avais pas répondu. Le lendemain matin, au même endroit, je me suis fait asperger par un 4*4 qui n’a pas ralenti dans la flaque formée par le reflux le long du trottoir.

 

camion

La crue suivante, malgré les panneaux, un camion s’est engagé formant une vague d’au moins 15 cm visible le long du mur. Evidemment, cela peut passer par-dessus les bâches et moellons protégeant les entrées de maisons. Mais quand doit on arrêter toute activité ? Comment gérer à la fois le travail de chacun et la protection des biens des autres ?

seuil

 

Heureusement, tout le monde ne fait pas tant de remous !

la-vague-Jérome

Pourquoi n’y aurait-il que les paysans qui devraient être en cause ? Ce « bashing » ne s’arrête pas là, en rentrant, je découvre un commentaire sur You tube… Là, je…

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