paysanheureux

19 mars 2019

Un premier bilan de cet été tant redouté...

Cette vidéo est un essai de montage, bien imparfait. Mais le message est clair. Il nous faut sans cesse innover et tester de nouvelles méthodes pour limiter les rachats de paille et nourriture, surtout une année comme celle-ci où les prix flambent...

Voici un premier exemple, avec les copeaux de bois . Coût 4000 € que j'aurais pu réduire car le deuxième camion est loin d'être consommé... J'aurais pu également utiliser les bois morts de la ferme. Un rapide petit calcul me permet de dire que j'ai évité, je n'ai pas de contrat, un rachat de paille qui m'aurait coûté entre 8000 et 10000 € !

Il nous faut donc être imaginatif et surtout curieux de l'expérience des autres. Cela restera utile, car il faut maintenant reconstituer des stocks et cela commencera par faire le maximum d'économies possibles...

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17 mars 2019

Point de situation 17 mars 2019

Cette semaine, c'est le printemps. Officiel et météorologique ! Si, il faut y croire...

Pour le moment, c'est la période où j'ai le moins d'animaux dehors de l'année. Je cherche à préserver au maximum la pousse d'herbe. Depuis le retour des pluies, après ce mois de février catastrophique en matière de pluviométrie, la nature redémarre enfin. Mais il aura fallu attendre ces 3 derniers jours pour qu'il y ait assez d'eau pour que l'herbe pousse enfin.

En année normale, j'attends toujours le début avril pour lâcher. Attendre que le sol porte tout en ayant une bonne implantation de l'herbe. Tout cela pour ne pas endommager les prairies car quand c'est trop humide, les onglons des pattes des bovins abîment plus que la pâture. Cette année, côté portance des sols, aucun problème. Par contre, côté herbe, si j'avais lâché des animaux en nombre, ils auraient pris "le dessus de l'herbe". Donc, je ne vais pas gérer en fonction de dates théorique mais en fonction de la pluviométrie et de la réaction des plantes.

Donc pas d'affolement, cette semaine qui s'annonce ensoleillée marquera le début du printemps. Cette semaine, je vais remettre quelques vaches sans veau au pré et rentrer celles qui ne l'ont pas encore été. Cela veut dire que le nombre d'animaux en pâture va rester le même. Car conséquence de la sécheresse 2018, l'herbe est loin d'être abondante et je ne suis pas certain que l'enracinement soit solide.

Côté réserves de nourriture, le suivi par quinzaine que j'ai pu mettre en place grâce au programme de mes enfants a payé. En ajustant en permanence la conduite des lots, en contrôlant les consommations sans se prendre la tête, j'ai constitué une gentille base de données qui peut servir, pas seulement chez moi à l'avenir ! Je peux tenir jusqu'à la fin du mois puis quelques jours pour un lâcher progressif. Les copeaux ont parfaitement rempli leur rôle. L'économie de paille a été réelle. Côté foin, les vaches ont plus mangé le temps qu'elles "reprennent", c'est à dire qu'elles retrouvent un poids de forme satisfaisant. Elles sont revenues à une consommation plus raisonnable depuis un mois. Résultat, les veaux naissent, pour le moment, beaux et vigoureux.

Point noir de cette année, le retard des vêlages. Je n'ai jamais eu un mois de février aussi calme. J'ai eu du mal à accepter de ne pas avoir de naissances pendant des semaines et de les voir reprendre juste au moment du SIMA et du salon de l'agriculture, m'interdisant d'y participer...  Depuis, on rattrape lentement, mais globalement on perd encore des semaines après avoir perdu un bon mois en 2018. C'est masqué par les génisses qui ont toutes, à une près, mis bas en décembre et début janvier. Les conséquences seront lourdes en fin d'année pour vendre !

La leçon de cet hiver se résume à un seul point : La nature reste la plus forte. Un printemps trop pluvieux perturbe les retours en chaleur au point de les retarder. Le réchauffement climatique bouleverse les événements climatiques. Une des réponses sera d'adapter les conduites des troupeaux en fonction des réserves disponibles, des alternatives possible et du cours des aliments. Par exemple, la réaction en peut pas être la même avec de la paille a 80 € tonne et à 140 € comme en ce moment. Pour cela, les éleveurs auront besoin de références permanentes pour ajuster leur gestion. Et cela, même en année climatique normale, pour constituer des réserves. Je peux me tromper mais je pense que nous devrons adapter nos troupeaux à la production autonome de la ferme et non plus miser sur des achats d'aliment conséquents les années plus compliquées. En quelque sorte, alors qu'on tablait sur les seuls animaux, il va falloir dorénavant d'abord tenir compte de la production fourragère de la ferme et ensuite ajuster le nombre d'animaux. Nous n'avons pas fini de devoir compter !

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03 mars 2019

Bien vu, le pépinériste a planté le verger

Bravo à vous.... Cela aurait pu être les dés pour les fondations d'une stabulation, ou d'un abri à chevaux sur le GR 131 ou d'une future chambre d'hôtes avec vue sur la stabulation...

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Cela faisait longtemps que nous en parlions... Toute la famille a réuni les cadeaux de fêtes, anniversaires et Noël pour nous offrir ce verger. J'ai aidé Mr Martin de Saint Leger les Paray et ses ouvriers en creusant les trous, en apportant terre et copeaux pour le paillage... Le résultat est bluffant. J'ai veillé à avoir un écartement suffisant pour que les arbres prospèrent et que je puisse entretenir avec un tracteur ! Les arbres seront conduits en plein vent. Maintenant patience avant que ces pleines tiges deviennent productives...

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Nous avons choisi des variétés locales et même rustiques pour certaines sur les conseils de Mr Martin. A nous cerisiers, pommiers, pruniers, poirier et pêcher pour des clafoutis, compotes et autres confitures dans quelques années... En sus de déguster de beaux fruits !

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02 mars 2019

Devinnette ; pourquoi ces trous ?

J'ai fait des trous...

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Je vous laisse deviner le but. Je peux juste vous dire que cela a un rapport avec ma retraite à venir... Je ne vous en dis pas plus !

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25 février 2019

Nouvelles du front, fin février 2019...

L'anticyclone, atypique pour un mois de février,  fait des heureux ! Mais il nous inquiète pour plusieurs raisons. D'abord, février est le mois où les nappes phréatiques se reconstituent ou du moins finissent de se reconstituer. Or, depuis la sécheresse de l'automne, la pluviométrie de l'hiver n'a pas été très conséquente, donc elle n'a pas permis de recharger les réserves et ce mois risque de battre un record de déficit ! Le spectre de 1976 refait surface dans les discussions ici des paysans. Au grand dam des autres citoyens qui apprécient ce temps de quasi été ! Autre conséquence, la végétation redémarre avec un risque de gel d'ici le vrai printemps. Les oiseaux s'y croient, les premières fleurs éclosent... J'ai commencé de tailler les rosiers, il faut déjà envisager de remettre en route la tondeuse...

Pourtant, côté herbe, il faudra attendre... La prochaine pluie !!! L'herbe ne poussera pas tant que de la pluie n'aura pas lavé les gelées. Or, tous les matins, il gèle. C'est peut être la bonne chose de cet anticyclone, en nous protégeant d'un démarrage sur les chapeaux de roue. Autre effet bénéfique, j'ai profité de ce temps pour avancer les broyages de haie aux endroits sensibles à l'humidité. Aujourd'hui, comme de la pluie est annoncée en fin de semaine, j'ai effectué le premier apport d'azote sur les cultures dans des conditions idéales. Pas de marques dans les champs, pas de traces sur la route en sortant...

Puisque je parle de météo, elle nous a joué de bien mauvais tours au printemps 2018 . Un seul vêlage en 4 semaines. Je suis super inquiet du retard pris. Mon vétérinaire, puis des collègues, m'ont rassurés. "C'est général, tout semble bloqué." Depuis deux jours, les vaches se préparent à nouveau et cette nuit, j'ai eu deux veaux. Je devais aller au SIMA et au SIA, mais cela n'est plus possible. Je suis très déçu, j'aurais aimé rencontrer d'autres paysans adeptes des réseaux sociaux et surtout voir les innovations. Mais dame nature en a décidé autrement. Les trois prochaines semaines vont être éprouvantes, le nuit seront courtes. Il faut que je tienne le coup; physiquement et que le moral ne flanche pas trop avec la fatigue ou les problèmes post naissance.

naissance de la nuit

Reste à terminer l'hiver, finir en gérant les bottes de foin et de paille ! J'y reviendrai. Dans moins de deux mois, ce sera le vrai printemps et pour moi, le début de la fin de ma carrière ! J'ai hâte d'y être et un peu inquiet de l'effort à fournir d'ici là....

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15 février 2019

Les prix de l'innovation du SIMA 2019 vu par PH

J'ai choisi quelques unes des innovations primées au SIMA qui montrent, à mon sens, les orientations à venir ! Les commentaires sur la vidéo n'engagent que moi. Il est sans doute dangereux d'imaginer des évolutions... Il est certain qu'en déambulant dans les allées, d'autres découvertes vont apparaître... Je suis impatient de découvrir le village des startups. J'espère que les vaches vont me laisser le répit d'une journée. J'espère également que je pourrais croiser certains d'entre-vous. Le smartphone et twitter peuvent nous y aider. En attendant, je retourne à ma routine quotidienne de soins à mon troupeau !

D'une façon générale, la majorité des évolutions concernent les grandes cultures. Je l'évoque dans la vidéo (Minute 7 sur la vidéo), l'élevage est souvent abordé dans un second temps. Pourtant, nos métiers vont devoir évoluer. Une production "extensive" basée sur le pâturage exigera des données collectées en temps réel, même si c'est plus compliqué de par la dispersion géographique des troupeaux ! J'imagine pleins de développements à partir de drones par exemple... Ou de programmes d'optimisation de l'alimentation du troupeau en fonction des aléas climatiques qui vont devenir de plus en plus imprévisibles avec les effets du réchauffement climatique. Sans doute même, ces programmes pourront ils être inter-connectés avec des données de marché pour aider à la prise de bonne décision. Il y a mille autres idées à creuser mais je suis inquiet par l'image négative de notre filière. Aura t'on des recherches innovantes dans un secteur qui,

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de crise en crise, parait peu porteur ? Et qui renvoie l'image de rejet de toute solution nouvelle !

 

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14 février 2019

SIMA, première partie

Tous les deux ans, le salon international de la machine agricole se tient à Villepinte. Dans ma jeunesse, le matériel faisait partie intégrante du salon de l'agriculture porte de Versailles. Mais par manque de place, les machines ont été déplacées à Villepinte. Soyons franc, les éleveurs se sentent moins concernés que les céréaliers. Deux raisons à cela. D'abord la période du salon qui tombe à un moment où nous avons énormément de travail en particulier avec les vêlages et pour laquelle il est compliqué de se faire remplacer. Ensuite, un salon sans animaux nous intéresse moins, d'autant que nos contacts professionnels tournent autour d'eux ...

Pourtant... La vidéo tente de l'expliquer, le salon est l'occasion de découvrir les grandes évolutions techniques.

ensemble nouveaux bâtiments

Par exemple, c'est au cours d'une visite en 1976 que j'ai vu pour la première fois un round-baler. Quand j'ai ramené la documentation à mon père, il a été enthousiaste et a compris que l'avenir passerait par de grosses bottes. Il a fallu des années pour que la technique s'impose puis encore plus de temps pour que les bâtiments l'intègrent totalement. Ce n'est que depuis la fin 2018 que, dans notre région, les stockages à plat sont intégrés et subventionnés au même titre que le logement des vaches ! L'introduction de cette technique a rendu complètement obsolète les anciens bâtiments et les remplacer en totalité en se fait pas en un jour mais en une génération ! Sans le savoir à l'époque, l'arrivée des gros rouleaux a transféré le facteur limitant main d'oeuvre d'une ferme d'élevage allaitant des foins au nombre de vêlages possible ! Ceci explique qu'aujourd'hui, on recherche les vêlages faciles alors qu'à l'époque, l'objectif "viande" primait en charolais...

round

La prochaine révolution technique tourne autour de la collecte et l'échange de données. L'intelligence artificielle en a besoin pour être efficace afin de nous remplacer dans les tâches les plus rébarbatives... L'optimisation des moyens tout comme l'autonomie des engins seront les éléments clés de l'évolution. Nous en sommes aux prémices mais déjà par les exemples, que je développerai dans une prochaine vidéo, on peut lire les lignes du futur. C'est cela que j'espère pouvoir découvrir en allant au salon de Villepinte du 24 au 28 février.

studio éphémère

Et je vous y invite, grâce à l'équipe organisatrice, vous pouvez avoir une entrée gratuite. Allez sur le site : https://badge.simaonline.com/accueil.htm suivez les instructions (une inscription assez limitée), entrez le code : WONHENG19 dans le cadre demandé puis continuez... J'espère que nous pourrons nous y croiser en utilisant twitter pour nous retrouver.

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13 février 2019

Des nouvelles du front (de notre classe)

Le combat local pour éviter la fermeture d'une classe maternelle n'a pas été totalement vain. Vendredi, seule l'annonce de la fermeture a figuré dans le compte-rendu de la réunion au chef lieu du département. Nous étions déçus et interrogatifs puisque la veille nous avions eu des propositions de l'inspecteur départemental...

Lundi, la mairie a reçu une lettre de cette personne, je vous met la fin et surtout le dernier paragraphe :

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Donc nous perdons une classe mais on nous affecte un demi poste pour les matinées. C'est donc un moindre mal puisque les plus petits ne vont pas en maternelle l'après midi. La seule réserve que je puisse faire concerne la pérennisation de cette proposition dans le temps ?

Pour bien faire, il faudrait que nos jeunes couples aient des enfants assez rapidement.

En attendant, j'ai apprécié la mobilisation et la détermination des parents et d'une partie de la population. Je suis heureux d'y avoir participé, même modestement. Défendre la ruralité n'est pas une cinécure et nécessitera de nombreux autres combats et la participation de tous ceux qui se sentent concernés...

 

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12 février 2019

Le "pansage"

Cette année est très particulière, puisque nous devons faire le "pansage" depuis le mois de juillet. En année normale, les animaux ne trouvent plus d'herbe entre la mi-novembre et le début avril. Ils ont donc besoin qu'on les nourrisse avec les réserves faites en début d'été. Pendant 130 jours, je consacre une grande partie de la matinée à ces soins, quelque soit la météo, quelque soit le jour, dimanche ou jour férié...

A cela s'ajoute les naissances de veaux qui nous mobilise jour et nuit. C'est donc une très longue période de travail régulier. J'ai essayé de filmer de petites séquences de ce travail. Cette vidéo est plutôt longue comme l'est parfois ce travail répétitif. Un travail que la moindre panne d'engin complique et stresse.

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10 février 2019

Semaine chargée, le rural abandonné...

Je n'ai pas eu le temps de communiquer cette semaine, mis à part sur twitter !

La ferme d'abord, avec le départ d'un bon nombre de broutards. Conséquence de la sécheresse, les veaux ont mangé plus tôt de la mêlée cet été. De ce fait, ils ont moins stressé au sevrage et ont eu des croissances ensuite assez surprenantes en mangeant beaucoup. Les poids ont donc été bons. Et ceux des laitonnes seront également surprenants d'ici quelques jours !

Côté vêlage, grand calme. J'ai le sentiment que tous vont arriver en même temps ! Mais cela tarde un peu à mon goût.

Mais ce n'est pas pour autant que j'étais tranquille. J'ai enchaîné les réunions et des manifestations. Et oui, une classe doit fermer dans mon village et le conseil municipal s'est mobilisé avec les parents d'élèves ! Pour faire simple et court, nous misons sur un renouveau dont nous sentons les prémices. Ici, le coût général de la vie, surtout en terme d'habitat, est très intéressant. Nous sommes bien situés en terme d'accès aux grandes villes et cela va s'améliorer dans les 5 prochaines années avec l'achévement de la mise en 2 fois 2 voies de la RCEA. Nous serons alors au coeur de l'Europe à 25 mn d'une gare de TGV. Nous sommes également à même temps de parcours de 5 petites villes de 10000 habitants minimum. Nous avons de jeunes couples qui s'installent, dont certains travaillent en télétravail une partie de leur temps. Ce serait parfait si nous avions la fibre ou la 5G !

Donc, notre village attire de plus en plus. Problème, il faut du temps pour que ces nouvelles installations se traduisent par des naissances et encore plus de temps pour que les enfants aillent à l'école. Comme notre administration gère en chiffre et non en objectif, on va fermer un classe en maternelle, donc par conséquence une primaire dans 3 ans... Or, une des toutes premières questions que posent les jeunes en arrivant est la présence d'une école, de médecins et d'une pharmacie ! Beaucoup de jeunes en ont marre de la ville, de la pollution, des temps de trajet qui même collectifs n'ont rien à voir avec ceux d'ici. Pas de bouchons, pas de stress inutile, un sentiment de sécurité et le côté rassurant et apaisant de la vie au contact de la nature priment ! Sauf qu'il ne peut être question de ne pas avoir un panel de services minimum. Et ce sont ces services qu'on nous rogne régulièrement jusqu'à disparition.

Nous sommes donc dans un engrenage infernal car si on renonce, les jeunes ne viendront pas donc les services seront encore plus remis en cause... C'est l'histoire du chien qui se mord la queue !

De plus, pour le monde agricole et d'autres, c'est catastrophique. La pyramide des âges est dangereuse et le renouvellement des agriculteurs est mis en cause avec des conséquences pour tout ceux qui travaillent pour et avec nous.  Nous ne pouvons pas délocaliser les fermes au coeur des grandes villes. Nous ne nous renouvellerons pas si nous ne pouvons pas avoir de conjoints et nous n'aurons pas de conjoints s'ils ne trouvent pas de travail et s'ils ont le sentiment de devoir fonder une famille dans un désert. Le risque de solitude est sans doute le principal mal rural et  à chaque service qui ferme, c'est un sentiment d'abandon et de non reconnaissance qui nous est envoyé.. Pourtant, l'exportation de nos animaux rapporte 2 milliards par an à la balance commerciale, nous payons nos impôts et entretenons nos paysages que les citadins adorent découvrir en vacances...

Voilà pourquoi, cette semaine, au milieu des pansages, j'ai été soutenir le mouvement des parents d'élèves ! Nos villages veulent vivre et j'en ai marre d'entendre que la ruralité coûte cher. En fait, on sectionne les services ruraux de façon, avec quelques chiffres, à les remettre en cause. On ne nous présente jamais un total de ce que coûte un rural/urbain en incluant les salaires et émoluments de tous ceux qui émargent directement soit sur les impôts soit sur les autres prélèvements. Par exemple, beaucoup de professions, financées directement par les impôts ou partiellement par des cotisations sociales, se pratiquent majoritairement en ville. Pire, les dotations de fonctionnement que verse l'état aux collectivités locales, ramenées à l'habitant, mériteraient d'être publiées ! Je crois que la surprise serait énorme et que les discours changeraient.

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Je vis donc ces décisions comme une vraie injustice, et même comme un coup de poignard dans le dos des ruraux. Je vais continuer de défendre nos villages même si nous ne sommes pas écoutés. Je regrette qu'aucun maire de petit village n'ait été reçu à Autun par Mr le président de la république. Cela aurait l'occasion d'exprimer ces problèmes !

 

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