paysanheureux

09 juin 2018

Profession : Peintre en paysage !

J'ai le sentiment d'agir en permanence sur le paysage de ma ferme.

bottes-patié-chêne

Il y a le cadre naturel, imposé par le relief et la profondeur des sols ! Passage obligé avec lesquels il faut jongler pour adapter les éléments fixes : Sur la "montagne", par exemple, haies et arbres végètent sur les rochers ! L'ancien étang; seules les espèces de saules perdurent... Les pentes conditionnent l'emplacement des limites de parcelles. Un tiers de ma ferme ne peut être labouré, soit trop pentu, soit par manque de terre, soit trop humide. L'herbe y est alors la seule culture possible. Qui dit herbe dit élevage !!! Sinon ce serait bois, donc paysage fermé, non nourricier pour les humains...

L'intérieur de ces cadres est peint par les cultures, herbe ou céréales, voir étangs ou autres... Cela donne une mosaïque de couleurs différentes que dame nature fait varier en fonction des saisons. Seule note uniforme : La neige !

Ces tableaux sont parfois dessinés par les travaux des paysans, de façon très éphémère ! Les traits suivent toujours les cadres... En voici un exemple, qui n'a duré deux ou trois heures, puis a changé à nouveau...

Ah ! J'allais oublier que dame nature peut jouer avec le tableau, en le cachant tout ou en partie, avec le brouillard...

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28 mai 2018

Peut on se fier aux prévisions météo pour les WE en été ?

Depuis des années, nous nous faisons la remarque. D'habitude, il fallait attendre juin ! Météo France perd en fiabilité quand il faut prévoir la météo des week-end ! Conséquence samedi et hier, je n'ai pas pu être disponible pour mes enfants et mon petit fils. La faute à des ondées impromptues et une panne de l'enrubanneuse... La suite est là !

 

En remontant le chemin de la chaume, à 18h, il faisait nuit ! Mille souvenirs me sont revenus, du temps de la basse puis de la moyenne densité. Quand nous tentions de remonter les chars vaguement protégés par des bâches pour sauver la récolte. Les tracteurs n'avaient pas de cabines, nous arrivions trempés jusqu'aux os ! Il fallait ensuite les reculer dans les granges ou les hangars... Pour manoeuvrer ces quatre roues, il fallait les reprendre par l'avant du tracteur ! Nous étions alors deux à être trempés. Les foins et moissons durant deux mois, les chantiers n'ayant pas de débit, "la grenouille d'Albert Simon" étant incertaine, nous nous faisions prendre plusieurs fois par été, même si mon père consultait son baromètre en le tapotant plusieurs fois par jour ! Finalement, aujourd'hui encore, l'orage reste imprévisible ! Hier la Bresse n'était pas en vigilance orange, pourtant...

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22 mai 2018

Malgré un constat alarmant, une pointe d'espoir...

Je ne pensais pas susciter autant de réactions en m'essayant à une vidéo de 18 minutes improvisée! Pourtant le constat que j'y fais est plutôt alarmant comme l'est la situation des éleveurs ici. Mais dans ces commentaires, il n'y a pas de renoncements chez les très jeunes, c'est réconfortant. Rien que cela doit inciter les responsables à se battre pour inverser la tendance actuelle qui brise des ambitions de paysans! Nous vivons une rupture dans le modèle. On peut s'arc-bouter à défendre ce modèle qui semble dépassé ! On peut aussi imaginer un nouveau modèle agricole. Pour cela, il faut libérer les initiatives et accepter que le consommateur redevienne le moteur de la demande.

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13 mai 2018

J'ai testé le télétravail...

J'ai enfin pu m'échapper quelques jours de la ferme... Enfin presque !

A la ferme, je fais les papiers par obligation. Je culpabilise à laisser des travaux manuels au profit de l'administratif de la ferme ! Un psychologue pourrait sans doute voir dans cette hiérarchisation des tâches, une éducation qui privilégie le travail manuel? C'est sans doute une défiance paysanne, qu'illustre si bien la fable des laboureurs de Mr de La Fontaine, vis à vis de la facilité manuelle.

Par contre, en vacances, pas de soucis, à condition que cela ne soit pas en concurrence avec les activités et moments partagés avec Mme PH ! J'ai donc géré, sous forme de télétravail, les déclarations PAC et autres soucis administratifs du troupeau. Depuis 2 ans, les programmes techniques ne sont plus résidents sur mon micro mais sur des "nuages". Ils sont donc accessibles depuis mon smart-phone ou depuis mon ordinateur portable. C'est tout simplement génial. Cela ouvre mille facilités. J'ai ainsi pu répondre à distance à toutes les questions posées par mes voisins  qui gardaient mes vaches. J'ai également pu mettre à jour mes travaux des derniers jours dans les champs... J'ai aussi pu faire ma déclaration PAC en contrôlant avec mes propres enregistrements.

télétravail-1

Plus besoin d'emporter des kilos de papier ! Il suffit d'avoir les codes et quelques numéros essentiels tenant sur 3 feuilles. Mais j'ai à nouveau mesuré un des écueils de la campagne : le débit des connexions ! Un orage a coupé le ligne fixe du propriétaire de l'endroit où nous logions. Résultat : fin du WIFI ! Nous avons joué avec des connexions par nos téléphones. Cela marchait à condition de mettre le téléphone dehors sur la table !!!

vacances

Ce retard d'équipement en haut débit est un énorme problème. On peut le mesurer en cette période de grève ! Deux de mes enfants pourvoient au manque de transport grâce au travail à distance. En vivant cette expérience en vacances, j'ai été conforté dans une idée que je défends depuis des années. Le télétravail pourrait être une chance pour la ruralité et surtout une chance pour tous ceux qui pourraient travailler dans un milieu plus naturel que celui des très grandes villes ! Je pense que tant qu'on a des enfants jeunes, la campagne est idéale !

Peut être qu'un jour, la raison l'emportera. la sur-concentration est un danger. Sommes nous capables de nous donner les moyens de proposer des alternatives de vie ? Même si ces choix devront pouvoir évoluer au cours d'une vie...

verdure et enfants

Photo de femmes actuelles.

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10 mai 2018

Max Gallo: Révolution française

Avec 750 pages, le cadeau devait me contenter quelques temps... Je m'y suis plongé malgré le manque de temps et la fatigue et finalement, je l'ai "avalé"...

Les talents de Mr Gallo, cet historien conteur, ne sont plus à démontrer. Nous ne pouvons que regretter la disparition de cet académicien éminent et d'une culture formidable. La lecture de ce livre m'a fait redécouvrir cette période. Il n'est pas question pour moi de remettre un instant en cause la république. Pourtant l'évocaton de la "terreur" m'a mis très mal à l'aise. La violence gratuite, les dénonciations et la suspicion généralisées, les charrettes pour des exécutions sans procès et bien d'autres exactions ne se justifient pas au regard de la défense d'une démocratie naissante. Je peux comprendre qu'on ne puisse pas bousculer une institution royale multi-séculaire sans casse, mais...

révolution française

Je retiens de cette lecture que la terreur a été entretenue avec très peu de personnes, très déterminées ou facilement maléables. Je retiens également que le régime des clans, sans chef charismatique conduit au chaos par une guerre permanente entre factions. De quoi méditer sur la frontière entre démocratie et anarchie. 

Pour le reste, j'ai été content de me remettre à jour, au moins pour ce qui est de la chronologie et des dates...

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16 mars 2018

"Vers la révolution verte" par Pierre Terrier

Madame PH tourne plusieurs fois autour du canapé, intriguée… Elle finit par me demander quel est ce livre que je lis avec autant d’attention ? Depuis quelques semaines, j’étais accaparé par un Ken Follet de mille pages, réservé à une lecture au moment de me coucher. Lorsque je pouvais enfin m’étendre sur le canapé vers 19h30 pour détendre mon dos, c’était pour surfer sur mon téléphone en regardant la télé. Mais là, je suis tout à la lecture. « Un livre écrit par l’ancien directeur de la chambre d’agriculture. Tout me parle et cela rejoint notre participation au documentaire il y a quelques années… »

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Oui, « j’avale » (en 48h malgré mon travail) avec passion les 250 pages ! A cette saison, je lis moins, par fatigue, pourtant je fais une exception. A un directeur, au téléphone, j’ai dit que la lecture devrait être imposée à tous les responsables agricoles du département et aux directeurs plutôt deux fois qu’une. La partie historique est un peu une bible, simplifiée certes, de 150 ans d’évolution de l’agriculture en France et en Saône et Loire. Sans concessions et sans doute incomplète, la pertinence du propos mérite attention pour comprendre la situation actuelle. Si on ne peut refaire le passé, on peut au moins en corriger les effets négatifs. Je retiens que la guerre centenaire entre la tendance « Sud-Est » et celle dite « progressiste » a définitivement divisée le département. Je partage l’analyse que, pour l’élevage bovin, cela a empêché l’émergence d’une dynamique et d’investissements économiques permettant de réellement capter de la valeur ajoutée sur nos fermes. Le court terme l’a emporté sur le long terme et nous en payons très cher les conséquences aujourd’hui. Quand on regarde le fonctionnement du charolais, toutes les structures, ou presque, existent en double, quand ce n’est en triple, inhibant ainsi toute possibilité d’efficacité, en se neutralisant entre-elles plutôt qu'en construisant !

Le livre regorge de chiffres. J’en mentionnerai quelques-uns qui marquent l’impact de la révolution industrielle dans notre société : En 1850, 70% des actifs sont directement employés par l’agriculture ce qui représente 9 millions d’emplois ! En 2016, ce n’est plus que 3 % de la population active soit 900 000 emplois !!!! Pourtant il faudra attendre 1970 pour que la France soit autosuffisante et devienne exportatrice. C’est la conséquence de la révolution verte qui s’est produite principalement entre 1950 et 1980 ! Je cite l’auteur : « Un homme qui aurait quitté la France en 1950 et serait rentré en 1980 après avoir vécu sur une île lointaine n’aurait pas plus reconnu les femmes et hommes qui travaillaient dans l’agriculture que leurs exploitations, leurs équipements ou les paysages qui les entouraient. » J’ai envie d’ajouter qu’un citadin qui a, de ce fait, très souvent des racines paysannes est aujourd’hui un peu dans la même situation, le souvenir s’est transformé en rêve ! On sait que cette évolution remarquable s’est accompagnée d’excès qu’il convient de corriger…

C’est l’objet des 36 dernières pages qui se veulent prospectives. Disons-le tout net, je reste sur ma faim ! Connaissant l’auteur, j’attendais quelque chose de différent, un propos moins prudent et moins doctrinaire ! Je sais que la prospective est hasardeuse, que rien ne se passe jamais comme prévu. Mais j’ai des convictions sur le sujet, même si cela dérange. Les jeunes de la JAC n’ont-ils pas bousculé un système séculaire ?  J’avoue que j’espère avoir une vraie discussion sur le sujet avec l’auteur. L’effet du numérique est effleuré, la reconquête d’une relation réelle et stable avec les citoyens ne l’est pas plus. Je suis certain que les moyens techniques pourraient, si bon emploi, rebattre les cartes. De même, la ligne directrice des années 60 basée sur l’augmentation des volumes à tout prix, est dépassée. La viticulture prouve que la maîtrise des volumes au service de la qualité peut être très rémunératrice à condition d’une vraie valorisation. Pourtant notre accompagnement technique continue de prôner le contraire...

Mes remarques ne sont pas des critiques mais exprime une attente profonde face à une crise structurelle de ma filière qui devient dangereuse à trop durer ! Ce livre apporte une réponse pour comprendre les blocages. C’est cette compréhension qui devrait ouvrir les portes d’un travail pour élaborer ce qui pourrait devenir une nouvelle révolution verte ! Je serai en retraite avant que cela arrive mais la passion l’emporte et l’envie de contribuer à ce défi reste intact. Si vous souhaitez découvrir le livre, il est en vente sur le site de l’éditeur, régional lui également. Je déposerai un exemplaire à la bibliothèque de mon village (Toulon sur Arroux) pour ceux qui voudraient… Enfin, voici ce qu’en dit la presse pro !

 

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12 mars 2018

Ma ferme, en hiver...

Après des semaines, voir des mois de pluies ou de neige, une météo presque clémente nous a permis, grâce aux enfants, de filmer la vallée il y a un mois. J'ai tiré deux séquences, une première montre les dégâts de la crue dans la plaine ! Je n'ai pas eu le temps de monter une bande son, ce qui est dommage...

Un second film permet de découvrir la vallée de l'Arroux, les vallons de ma ferme et les bâtiments... On voit nettement le virage de la rivière qui bifurque pour plonger vers la Loire à Digoin. En amont, le Gourmandoux est un encaissement de la rivière entre deux avancées plus élevées. Au loin, on distingue la mont Beuvray, ancienne capitale des éduens. Sur la chaîne à l'ouest, le mont Dardon porte bien son nom. Enfin, vous découvrirez la vue qu'ont les vaches depuis la stabulation du bas, sur l'étang. Au passage, vous remarquerez la panique d'un ragondin, surpris par ce gros "bourdon"...

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09 mars 2018

Avant goût de printemps...

Un lot de vaches peut sortir de la stabulation selon le bon plaisir des vaches et du taureau. A 4h40, je découvre un veau nouveau-né dans une autre case par caméra interposée. J'avais remarqué la vache à 1h30, lors de la précédente cession. Je vais donc dans la stabulation et là, surprise, personne dans la case ouverte. Personne non plus dans le pré en dessous. Je balaie avec ma torche, réveille les canards sur l'étang qui grognent, personne...

Je franchis les barrières, pensant qu'elles se sont sauvées. Et en contrebas de la stabulation, derrière la butte de la fosse, je découvre tout le troupeau couché. La paille et la litière, raz le bol semble t'il ! Je remonte, rassuré et je me dis que je ne m'étais pas trompé en annonçant le printemps, il y a quelques jours, alors que le dégel peinait à se produire...

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01 mars 2018

Le lien sur France info

Merci Aurélien !

Voici le lien de l'intervention sur France-info !

J'en profite pour remercier Sara et ses collègues qui ont été patientes. Il m'est difficile d'aller à Dijon à cette saison, comme évoqué au départ. Elles ont cherché une solution et j'ai ainsi pu rester sur l'exploitation ! Les vêlages ont enfin repris et les 3 prochaines semaines vont être intenses. Pas question de s'éloigner plus de deux ou trois heures.

J'avoue avoir pris plaisir à parler du quotidien et non des soucis comme le Mercosur. Les questions reflètent une image que les jeunes se font de notre métier et je vais prendre le temps d'écouter les autres interviews. On parle si facilement sans connaître...

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27 février 2018

Demain, à 14 h 25 ou 16 h 25 sur france info...

Répondre à des questions de juniors : Un exercice nouveau ! Un peu compliqué pour l'enregistrement puisque je ne peux pas aller au salon de l'agriculture. Mais les radios ont des ressources et des astuces. On verra le résultat demain. J'ai été surpris par les questions de ces enfants de 9 ans, pleines de bon sens. Cela change de tout ce qu'on entend ces derniers jours, sur le Mercosur en particulier...

Comme toujours, j'ai une petite appréhension car il est difficile d'être clair et concis... Merci à Sara et ses collègues ! A demain, peut être...

Le direct est là !

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