16/05/08
Cours du blé
Même lorsque l'on habite au fin fond de la Bourgogne, même lorsque l'on travaille tous les jours sur la même ferme, dans les mêmes parcelles... Croire que l'on soit seul au monde, déconnecté de la vie économique est un leurre dangereux. Ce ne sont pas les éleveurs, victimes de la crise de la fièvre catarrhale qui me démentiront aujourd'hui. Nous sommes imbriqués dans la vie économique européenne et mondiale. Ne pas en percevoir quelques données serait suicidaire !
RDT pose la bonne question : "et le blé ?". Je n'ai aucune prétention pour analyser ce qui se passe sur les marchés mondiaux ( les prétendus expert se trompent tout le temps, alors moi...). Pourtant il me semble fondamental d'essayer de suivre un tout petit peu... Les répercussions sont immédiates sur notre pouvoir d'achat comme sur nos exploitations. À l'heure où certains manifestent contre la hausse du pétrole, excusez moi de sourire un peu. Je me demande comment on peut réellement changer la tendance lourde ? Je me crois absolument plus en la capacité du pouvoir politique de résoudre ce genre de problème, ils feraient mieux d'admettre cette incapacité. Cela se décide ailleurs, bien au-dessus des états. La seule action possible d'une société organisée serait à mon sens de trouver des sources d'énergie alternative. L'action du politique se joue plus dans la recherche, dans le soutien à l'innovation, dans la mise en avant de nouvelles techniques, dans l'incitation que de chercher à jouer les pompiers sur des marchés qui leur échappent complètement. Mais pour qu'une politique soit efficace, elle doit s'inscrire dans le temps et échapper à notre sport national en France : critiquer, critiquer et démolir ! Le nucléaire en est le meilleur exemple...La majorité des français a été longtemps et reste contre mais on braille à l'annonce d'une hausse du prix de l'électicité, on hurle dès le moindre projet éolien...
Je reviendrai un jour peut-être sur le marché des biocarburants ! Mais pour en revenir à la question du jour, voici la courbe de l'évolution des cours du blé en France depuis le début de l'année. On n'en parle pas ou peu dans les médias, il est plus sensationnel d'annoncer des hausses que de rappeler qu'une fois la spéculation terminée, les cours se stabilisent. Si je vendais ma récolte à venir en août, c'est possible sur les marchés à terme, je vendrai le blé aux alentours de 180 € par tonne. Dans les faits, très peu d'agriculteurs ont profité des cours supérieurs à 200 €. Cela me fait dire qu'il faut être sacrément prudent avant de démanteler les aides accordées par la PAC. Parce qu'un marché spéculatif incite à la prudence, il n'incite pas à produire sans certaines garanties... Et puisque l'on a aligné le prix du pain sur le cours le plus haut,( on est loin des 290 €/tonne) j'attends de voir dès l'automne l'évolution des prix dans les boulangeries ????
Je profite de ce post pour vous signaler que l'on trouve des renseignements très précieux sur des sites accessibles au grand public comme celui de l'ONIGC. Je vous parlerai ce soir ou demain du marché du riz, je ne connaissais pas trop et en quelques diapositives, j'ai compris beaucoup de choses...
14/05/08
Vérité des prix...
Pendant plusieurs années, dans le cadre d'un engagement syndical, j'ai réfléchi, participé, essayé d'agir afin d'obtenir une meilleure répartition des marges au sein des filières alimentaires. L'exemple le plus facile pour reconstituer le parcours des produits de première nécessité est sans doute celui de la salade décrit dans une émission récente... Payée 0,16 € aux producteurs, elle arrive à 1,50 € au passage du caddie à la caisse du supermarché !
Il est pratiquement impossible de reconstituer les marges de chacun au cours du parcours. Nous, producteurs, quelques soient nos productions, sommes toujours perplexes et interrogatifs lorsque nous faisons nos achats pour la famille. Comment peut on arriver à des prix multipliés de 3 à 10 en quelques jours ?
Le pire se reproduisant à chaque fois qu'il y a une crise. Nous en avons tous connus au moins une. Alors que les prix chutent à la production, ils augmentent dans les grandes surfaces. Il faut déployer une énergie énorme pour que celles-ci répercutent la baisse. Elles sont d'ailleurs toutes fières ensuite d'afficher un élan de solidarité... De qui se moque t'on ?
L'omniprésence pour ne pas dire le monopole de ce mode de commercialisation rend toute possibilité d'alternative commerciale quasiment impossible sauf pour quelques niches de ventes directes. Trois ou quatre centrales d'achat contrôlent aujourd'hui sans doute plus de 80 % du commerce alimentaire. Comment peut on expliquer ensuite pourquoi le même produit acheté par la même centrale peut avoir des prix qui vont de 1 à presque 3 suivant s'ils sont distribués dans la même ville par un hyper, une moyenne surface ou un petit magasin de proximité ? Ce dernier, contrairement aux apparences, appartient quasi systématiquement à un grand groupe ! Dans tous les cas, le gérant n'a pas droit de regard sur le prix. On lui impose d'être efficace pour vendre. Il sait très bien que la ménagère prisonnière pourrait acheter beaucoup moins cher à quelques kilomètres...
Alors permettez moi d'être particulièrement inquiet voir révolté lorsque j'entends le chantre de la grande distribution, quelqu'un de par ailleurs très intelligent, expliquer qu'en libéralisant à outrance la possibilité d'ouvrir de nouvelles moyennes surfaces, on va redonner un brin de pouvoir d'achat aux citoyens de notre pays. Si j'ai compris quelque article concernant cette loi, les négociations d'achat de ces grandes centrales imposeraient une certaine transparence de marge aux fournisseurs mais celle-ci ne s'appliquerait pas à la distribution !
Lorsqu'on arrive à arracher quelques précieux renseignements au sein de nos coopératives qui traitent directement avec des grandes surfaces, on est effaré d'apprendre les méthodes et pire les marges de ces gloutons. Pour faire porter les coûts de l'étiquetage par exemple aux fournisseurs, un certain nombre de barquettes sont pré-étiquetées en usine. Il est alors facile de connaître la marge distributeur, sauf que cela relève du secret d'état et qu'aucun responsable n'acceptera de la communiquer de peur de perdre son référencement.
La liberté, sans règles, conduit inévitablement à la loi du plus fort. L'économie a réussi dans certains secteurs à s'affranchir du politique. Il n'y a plus de contrôle des prix au sens strict du terme, le distributeur le plus fort peut imposer sa loi sur les prix qu'il entend pratiquer. En abandonnant tout aux grandes centrales, on rentre dans un système classique en économie : Dans un premier temps, les trois ou quatre vont peut être se livrer une guerre sans merci qui permettra dans le meilleur des cas, et ce n'est pas certain, une baisse de prix de quelques produits qui seront affichés en grandes lettres, pendant que tous les autres augmenteront... Puis dans un deuxième temps, quand il n'en restera plus que 2 voir une seule, elle fera ce qu'elle voudra. Or, à ce que je sache, nous n'avons jamais vu les prix, donc les marges baisser lorsqu'une entreprise ou une société d'état se trouve en situation de monopole !
Enfin ma dernière réserve et non des moindres tient au système privilégié. Les marges de la grande distribution n'ont aucune commune mesure avec celles des petits fournisseurs. Je vois mal ces grands groupes financiers renoncer à leurs profits. Je les vois plutôt imposer leur loi, imposer des prix toujours plus bas à l'achat donc forcer les fournisseurs à des gains de productivité supérieurs au raisonnable sans répercution intégrale aux consommateurs. Ils n'hésiteront pas à aller chercher sur le marché mondial des produits concurrents pour faire pression. La conséquence est alors très simple : soit l'entreprise "fournisseuse" délocalise soit elle disparaît et avec elle tous les emplois ! Je parle bien sûr ici des petites et moyennes entreprises et en aucun cas des grands groupes comme Nestlé ou Danone...
Or, ce que je trouve aujourd'hui perfide dans le débat, c'est que l'on fait croire que la grande distribution ne traite qu'avec ces grands groupes. Ce qui est complètement faux ! Ceux-ci détiennent souvent une marque qu'ils peuvent imposer à la distribution. Dans ce cas, il y a bien une négociation d'égal à égal... Je constate d'ailleurs que Michel Édouard cite très souvent ces cas là en exemple. Mais dans la réalité, les grands distributeurs cherchent des alternatives avec des petits fournisseurs. Et dans ce cas, il n'y a pas de règles, c'est la loi du plus fort; donc leur loi, sinon "vous dégagez" du magasin ! Je ne suis pas sûr qu'en donnant des pouvoirs accrus à ce type de commercialisation, on ne finisse pas par détruire le tissu des PME françaises qui restent de loin la base de notre économie nationale. Même si une entreprise de petite taille est corvéable à merci !
On évoquera alors le besoin de restructurer les secteurs, c'est-à-dire au plus fort de devenir le seul producteur digne de rester sur le marché, en attendant qu'il soit racheté ou entraîné vers d'autres pays... L'agriculture n'échappe pas à cette règle, elle y rentre moins rapidement du fait de son ancrage au terrain, pourtant en production viticole par exemple, beaucoup de gros producteurs français ont une exploitation dans les pays dits du Nouveau Monde...
Vous l'avez compris, j'ai peur que la loi de modernisation de l'économie ne soit en fait, pour quelques-uns, le moyen de renforcer leur pouvoir et leurs prérogatives... L'économie dirigée est une impasse, la liberté totale également ! Il serait temps, face à l'inflation des matières premières que nos sociétés réfléchissent à des règles qui permettent à chacun de s'en sortir en réalisant qu'il a besoin des autres... Le très petit entrepreneur que je suis, et que je veux rester, à l'impression bien souvent d'être l'esclave du système, condamné à produire toujours mieux sans retour vraiment payant... En d'autres temps, cela s'apparenterait à de l'esclavage :
Est-ce que dans nos économies dites modernes, nous en sommes si loin ?
Quand à Michel Edouard, il a déjà anticipé les attaques en s'affichant comme cible des lobbys ! Quand on a les moyens de sa communication, l'ogre devient victime, autre paradoxe de notre société !
13/05/08
Je me suis mis au vert; au bleu
Ou d'un arbre à l'autre...
Après cet hiver interminable, j'ai enfin pu goûter à cinq jours de vrai décrochage. Quel plaisir de pouvoir laisser la ferme, les soucis de la fièvre catarrhale ! Pendant cinq jours, nous n'avons pas regardé un seul journal, papier ou télévisé, nous n'avons même pas mis l'autoradio... Et pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir manqué quoi que ce soit.
Comme il est bon de pouvoir laisser à 400 km tous ses soucis. Je suis parti en toute tranquillité puisqu'un voisin en qui j'ai toute confiance, surveillait les vaches. J'étais tellement content de tout oublier que je n'ai pas rompu la trêve par un coup de téléphone. Je ne sais pas ce qu'il en a pensé ? Mais si près de la Croisette, en ces temps de festival, je voulais profiter pleinement de ces rares moments de tranquillité à deux. Il faut dire que j'étais privilégié car je n'ai pas simplement croisé une star, j'ai pu passer trois jours avec ma star, avant de rejoindre les enfants !

Au loin dans la même baie, la grande bâtisse délaissée surplombe la mer, dont l'horizon est coupé par trois grandes îles... Je me contenterai bien ce lieu de villégiature.
Le vent soufflait de la mer nous protégeant ainsi du mauvais temps qui sévissait sur le reste de la moitié sud. Soleil et chaleur permettaient de manger en terrasse, de faire de longues promenades... Mais à cela, il y a un inconvénient : beaucoup de monde sur les routes du littoral qui sont quasi constamment bouchées ! C'est sans doute le tribut à payer pour le terrien que je suis, pourtant, côté large, il suffirait :
Comme partout, dame nature nous réserve ses surprises. Dans ce cas, j'ai souri en découvrant les fleurs de cet arbuste, cela me rappelant quelque goupillon servant à nettoyer l'intérieur des bouteilles. (On devine aisément la couleur du vin... Facile !)
Mais si le bleu était de mise pour ma mise au vert, cette dernière couleur s'est imposée à mon retour...
Décidément, nous sommes au royaume, en cette période, de paysage à une seule couleur dominante... Et lundi matin, rentré seul pour cause de travail de Mme PH, j'ai admiré ce rideau végétal en n'ayant pas complètement tiré, dans mes rêves, celui de la scène de ces journées si vite passées !
12/05/08
très très mal parti !
Enfin une semaine complète de soleil !
La nature est magnifique. Les arbres ont mis leurs feuilles, nous avons basculé brutalement de l'hiver à l'été. Enfin presque, ce printemps tant attendu est enfin là. Mardi soir, nous avons embarqué avec Mme PH pour cinq heures de route : destination la Méditerranée. Nous avons eu un temps splendide, nous avons passé trois jours superbes au bord de la mer... J'y reviendrai.
Ce week-end, nous avons réuni la famille une dernière fois avant les examens ou plutôt les concours... Il faut encourager chacune, il est crispant de penser que leur avenir professionnel se joue pour chacune d'entre elles dans quelques jours... Depuis des mois, elles travaillent sans relâche, se donnant tout juste quelques heures de répit une fois par semaine. J'entends souvent des gens jalouser ceux qui réussissent. En oubliant que pour ce faire, il faut sacrifier plusieurs années de jeunesse. J'espère qu'elles réussiront, et qu'elles seront aussi heureuses et épanouies que leur mère dans son travail. Soit dit au passage, que celle-ci retourne régulièrement en fac pour se tenir sans cesse au courant des dernières techniques... Et ce soir par exemple, elle est étudiante à la capitale pour 3 jours !
Aujourd'hui, j'ai donc repris le train-train habituel sur la ferme. Pour en revenir au soleil, il dore bien évidemment nos peaux puisque nous travaillons toujours en plein air, enfin presque ! Lorsque j'étais adolescent, j'ai travaillé tout l'été avec mon père et les gens qui venaient l'aider pour les foins et les moissons. J'ai bien tenté une fois ou deux de me mettre torse nu. Mais mon père, avec autorité, refusait à qui que ce soit, la possibilité de découvrir autre chose que les bras et les jambes. Il faut dire que dans la poussière, les vêtements évitent de se gratter tout le temps. Mais la vraie raison qu'il évoquait était que le soleil est le pire ennemi de la peau.
J'en ai nourri un certain complexe vis-à-vis de mes copains qui eux, n'avaient pas ce bronzage paysan. Habillés en chemise blanche, nous paraissons aussi halés que les vacanciers au retour de la mer ;
Mais lorsque l'on se découvre un peu, il en va tout autrement... Un vrai cachet d'aspirine dit on ici. J'avoue qu'en lisant les conseils des médecins, je crois que mon père avait complètement raison. Du coup je suis toujours très très partagé pour me découvrir en travaillant. Le cancer de la peau est quelque chose de terrible. Les médecins vous le diront. Alors, j'essaye de me convaincre que ce bronzage paysan est sans doute préférable à la maladie...
Jusqu'à présent, Mme PH s'en accommodait sans mot dire. Mais une petite réflexion m'a laissé perplexe samedi soir : « Ce serait mieux si cela allait jusqu'en haut de l'épaule ! ». Me voici à nouveau interrogatif, voir complexé. Faut il que j'achète des débardeurs ? Mais alors les marques seront pires avec des bretelles ! ! ! Il faut donc que je trouve la solution, peut-être en me mettant torse nu une heure ou deux les jours de soleil. Mais cela en évitant à tout prix d'être brûlé. Me voici donc à la recherche du dégradé médicalement admissible et esthétiquement un brin "tombeur"...
Et dire que dame nature, elle, trouve la solution sans chercher !
11/05/08
Avec mes vaches...
Comment un éleveur voudrait il se présenter à vous ?
J'ai toujours 3 tenues en route. Je m'explique : je suis un homme ! Cela veut dire que ma tenue vestimentaire ne fait pas partie de ma préoccupation principale. À vrai dire, j'apprécie tout de même que l'assortiment soit correct voir plus, mais je suis incapable au contraire de Mme PH de composer à l'infini une tenue sans cesse renouvelée. Je me laisse guider en lui faisant complètement confiance. Mais une fois que j'ai cernée quel style ou quelle couleur s'accordent bien, je dois me faire violence pour changer.
Pourtant, j'ai bien trois tenues pendues dans ma salle de bains. Je déteste sentir la vache ou tout autre odeur de la ferme lorsque je suis habillé soit pour la maison soit pour sortir. En aménageant la maison, nous avons fait une sorte de sas qui me permet de me changer après m'être douché avant de rentrer dans la maison proprement dite. Bien sûr, je ne fais pas cela à chaque fois quoique... En plein hiver, au moment où les animaux nécessitent le plus d'interventions, je peux me doucher plusieurs fois par jour lorsque Mme PH est présente. En fait elle ne supporte pas l'odeur, et je ne veux en aucun cas l'incommoder. Il me paraît alors naturel de me changer, et si l'on ne veut pas conserver de traces d'odeurs, une douche s'impose alors. J'enfile ensuite une tenue décontracte si je reste à la maison et une tenue un peu plus habillée si nous devons sortir ou si je dois aller à une réunion ou au village.
Il est très rare que je sorte de ma ferme en tenue de travail. Et quand l'exception confirme la règle, je le regrette souvent... La dernière fois que je suis allé dans le magasin de la coopérative, alors que je sortais directement de ma stabulation pour récupérer en vitesse une bricole pour réparer un abreuvoir, je suis tombé sur un cadre de la structure qui m'a présenté à une directrice de je-ne-sais-quoi des magasins gam vert... Je ne vous cache pas mon embarras, voire ma gêne ! Depuis ce jour, je me suis promis de ne pas m'y faire reprendre.
Eh bien la surprise aujourd'hui va vous permettre de découvrir PH non pas tel que la plupart me croisent, ou telle que vous ne découvriez à la sortie d'une voiture ou d'un train. Non, vous allez entrer dans le secret de la ferme, pour voir PH tel que les vaches le voient. Je ne vous explique pas l'exercice pour cadrer, mettre en route le retardateur, m'avancer vers mes animaux, recommencer parce qu'elles sont sorties du champ... D'où le sourire crispé. Prendre une photo d'un éleveur avec quelques-unes de ses bêtes, sans aide, relève de l'exploit.
Mais je ne concevais pas de mettre ma thrombine sur ce blog sans être accompagné par les actrices principales de la scène de ma vie sur ma ferme ! Au moins, pour rassurer Miss Julie,( je ne concours pas ) pourrez vous dire que je ne triche pas...

10/05/08
30 m à pied, et...
Cette saison est ma préférée. Chaque matin je me régal. Tenez par exemple, systématiquement en sortant, je ne peux m'empêcher de contempler :
Il suffit alors que je fasse 30 m à peine pour découvrir au nord :
Bientôt en entendant le tracteur, elles vont se lever pour venir manger un peu... Mais tant qu'elles ne m'ont pas repéré ni entendu, elles attendent en ruminant dans une quiétude impressionnante. Seul le gazouillis incessant des oiseaux perturbe le silence... À ma gauche, le chemin :
Il nous relie à la route donc à la civilisation. Pourtant il a gardé encore son caractère rural, à cette saison c'est presque une invitation à la balade. Il faudra que je demande à Mme PH qui l'emprunte pour aller travailler si de le fréquenter rend son départ moins contraignant... Sur ma droite, il va vers le bois, bientôt c'est moi qui l'emprunterait pour aller voir mes vaches. Je dois admettre que je pense très souvent en le parcourant à la plupart d'entre vous qui devez prendre l'autoroute ou pire des rues encombrées pour aller travailler. Je mesure alors ma chance quotidienne de vivre dans un tel cadre. Et si ces derniers posts sont plus bucoliques que de coutume, c'est pour vous faire partager mon plaisir. Les agriculteurs ne sont pas tous les destructeurs évoqués souvent par certains, ils ont conscience même s'ils râlent parfois d'avoir un métier à la fois exigeant et en même temps formidable !
PS : Demain, déjà ?
09/05/08
printemps fleur

Il suffit d'un rayon de soleil, il suffit que les températures deviennent un peu plus clémentes, dame nature se pare alors de toutes les couleurs... Chaque matin devient différent par la pousse est forte ...
La nature livrée à elle-même recèle autant de surprises et de beauté que celle de nos jardins organisés.

Il suffit pourtant de trouver un angle de photographie un peu originale ou surprenant pour que même cultivé, le caractère sauvage et aléatoire resurgisse.
PS : est ce que je fais dimanche ?
08/05/08
Le Dardon
Ici, il fait partie complètement du paysage. Probablement le reste d'une montagne importante datant de l'ère primaire. Tout le massif ici est granitique, il semble posé là pour dominer et surveiller la vallée environnante.

Je pense qu'il a dû fasciner tous les hommes qui l'habitent ici depuis la nuit des temps. Sa position géographique dominant un vaste territoire, il a dû toujours être occupé. Les gaulois en avaient fait un oppidum, lieu d'habitation et lieu de culte sans aucun doute. Une chapelle y a été bâtie plus tard... Elle a disparu aujourd'hui mais trois croix y ont été érigées, les limites de trois paroisses donc de trois communes passant par son sommet ...
Cet endroit a toujours contribué à l'inspiration religieuse. Pèlerinages, processions ou lieu de retraite, toutes les générations s'y sont succédées y compris pour des fêtes profanes. Ainsi chaque année, les hommes viennent festoyer toute une nuit dans cet endroit d'ordinaire réservé à la faune sauvage. Et si la tradition était respectée, il ferait partie des lieux où l'on organise les grands feux de la Saint-Jean, visibles à des kilomètres à la ronde et qui le soir du 24 juin, marquaient de colline en colline l'emplacement des villages gaulois...
PS : surprise dimanche!
Lorsque l'orage gronde et franchit le Dardon, je sais qu'il reste une dizaine de minutes avant qu'il n'arrive ici !Et si au contraire il ne le franchit pas, nous n'aurons pas de pluie, les courants d'air les chassant sur la canal ou le morvan... C'est un peu l'équivalent un phare breton, sauf qu'il est posé dans le paysage.
07/05/08
Le bistrot des canards
Je suis bien ennuyé pour choisir une rubrique pour ce post.
Au fil des années, il faudrait pour structurer tout ce que j'ai écrit, une multitude de rubriques. Pour le thème d'aujourd'hui, cela pourrait être "actualité naturelle". Depuis quelques jours, les cancannages sur l'étang ont cessé. Mesdames Cannes couvent désormais leurs oeufs. M. colverts n'ont visiblement plus besoin de les séduire...
!
Au début ils étaient deux, maintenant ils sont cinq. La solitude semble leur peser. Tous les matins, ils sont là attendant je ne sais quoi ? si, en réalité, ils attendent mon passage afin de manger le reste des grains tombés des auges après les repas des vaches. Si je me permettais, je dirais bien qu'ils viennent prendre leur petit noir pour se consoler de l'absence momentanée de leurs belles... " Les miss au boulot, les mecs au bistrot !" Similitudes ???? Mais non, est ce que couver est un boulot ? sourire

Je ne vois pas les belles. La plupart des nids sont bien cachés dans les herbes hautes. Il faut vraiment tomber dessus et leur faire craindre le pire pour qu'elles s'envolent en catastrophe et permet de localiser la couvée. J'avoue que je préfère les laisser tranquilles en espérant qu'aucun prédateur ne viendra les déranger.

Donc les mâles attendent, comme tout un chacun dans ces périodes là. Ils ont compris que la chasse était fermée et qu'ils ne risquent rien. Je parviens donc avec beaucoup de patience à les prendre en photo.
PS : surprise pour dimanche !
06/05/08
les lots
Depuis le 2 mai, la plupart des lots de vaches sont constitués. Les taureaux travaillent beaucoup. Il est courant maintenant de les trouver couché le matin alors que le reste du troupeau se déplace lentement à la queue leu leu pour venir manger un brin de céréales et de tourteaux.
Les lots de vaches sont conséquents. Ainsi, chaque taureau plus âgé a 25 à 27 vaches à saillir. Ceci explique leur fatigue passagère. Le plus jeune a autant de femelles mais un certain nombre ont été inséminé. Je pense qu'il en aura une quinzaine seulement à saillir. Ne pas trop le charger est un gage de réussite et de fertilité.
Le troupeau s'éparpillèrent pour manger. J'en profite souvent pour essayer de compter les veaux en particulier. C'est toujours un exercice difficile car il en a toujours un qui reste caché derrière sa mère ou qui reste couché un peu plus loin. Pourtant, il faut vérifier que tout aille bien et pour cela le plus sûr reste de les compter une ou deux fois par jour. Et comme le berger dans l'évangile, si il en manque un, il faut alors se met à sa recherche afin d'être certain qu'il ne soit rien arrivé. Un animal malade reste toujours à l'écart du troupeau !
Par contre, pour ruminer ou pour se reposer, le troupeau se rassemble. Cela est un reste de l'état sauvage, un animal isolé étant toujours plus vulnérable. Ce dimanche matin, est-ce l'effet du soleil ?, curieusement le troupeau était scindé en deux groupes :
Les vaches étaient toutes groupées à l'ombre d'un chêne, comprend encore précaire puisque les feuilles sont à peine écloses. Les veaux, comble de l'inconscience ou sûrs de la sécurité de la ferme, formaient un petit groupe profitant de ces premiers rayons du soleil...
Schéma complètement inhabituel à cet âge là et à cette saison !
PS : surprise pour dimanche, Drine du calme !















