paysanheureux

17 novembre 2018

Retour sur le semis de triticale

En regardant quelques rushs de la caméra, je me suis dit qu'il fallait que j'enregistre, même avec retard, les conditions de semis exceptionnelles de cette automne. Jamais il n'y a eu autant de poussière à cette saison. Pour le futur, il me parait nécessaire de garder la mémoire des conditions de semis, un moment clé de la réussite des cultures. Je précise que j'ai attendu le dernier moment pour semer, à savoir qu'il y ait une pluie (bien faible) annoncée ! J'avais très peur que les divers oiseaux, rats des champs ou autres ravageurs les mangent avant la germination. Je voulais également éviter que les graines s'abîment au contact d'une petite humidité qui les fassent germer puis que la chaleur détruise alors que la plantule est si fragile. En réalité, ceux qui ont semé plus tôt n'ont pas eu ce problème et les photos montrent que mon semis, une semaine à peine avant la Toussaint a parfaitement levé. Donc, on peut semer en condition archi-sèche sans trop de soucis, même si la graine doit attendre 15j à 3 semaines une ondée suffisante.

levée-plaine

Par contre, il se confirme que les semis très précoces pourraient rencontrer des problèmes. L'excès de douceur d'octobre et de cette première quinzaine de novembre ont désorienté  les plantes. Ainsi, j'ai remarqué des parcelles qui sont quasiment au stade "tallage". Un stade qui normalement se produit au mois de mars. Le risque de gel est réel, en hiver d'abord. Mais surtout en fin d'hiver car il suffit d'une petite période plus douce pour que les plantes démarrent très fort et alors l'épi en formation des céréales sera très très vulnérable même avec de petites gelées... 

jalouse-et-plaine

Cela ne va pas me rendre populaire, mais le refroidissement annoncé pour la semaine qui vient est une bonne nouvelle ! Je suis le premier à craindre l'arrivée de l'hiver, qui pour moi, est une période très exigeante. Mais la nature ne prospère pas avec un temps uniforme et constant !

 La vidéo est là !

patié-du-chene

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15 novembre 2018

"La vie secrète des arbres"...

Il y a des livres qui font réfléchir...

vie secrete des arbres

D'abord, je me dois de remercier ma belle-mère qui m'a prêté ce livre. La lecture m'a passionnée. Même si l'auteur va un peu loin parfois, j'ai trouvé son approche très très intéressante. D'abord, l'espace temps : J'ai souvent montré les grands chênes qui restent sur la ferme et qui ont été plantés par les moines. Malheureusement, ils arrivent en fin de vie et à la lecture du livre, ils sont sans doute beaucoup plus âgés que je ne l'avais imaginé...

la tour du soir

J'ai appris beaucoup de choses à la lecture. Par exemple, les relations entre les arbres. J'ai apprécié l'inventaire des modes de reproduction. Toutefois, ces derniers posent des tas de questions, en particulier celle du remplacement de mes multicentenaires. Les règles de gestion de la période métayage ont laissé des traces. Il faut se remettre dans le contexte de l'époque qu'il ne faut pas juger. Le bois servait au chauffage des maisons et les fagots à la cuisson du pain. La règle voulait que les bois jeunes pouvaient être exploités à condition de ne pas détruire le tronc. Donc on étêtait les chênes pour qu'ils partent en multiples branches qui produisaient de gros volumes de bois de chauffage mais perdaient toute valeur pour la menuiserie. Le chêne à droite sur la photo a subi le traitement...

chêne étêté à droite

Donc ce sont des arbres amputés qui restent et le broyage de haies amplifie le problème... Comment replanter avec une chance de réussite ? Il n'y a pas que l'homme qui soit prédateur des arbres, les ruminants adorent les jeunes pousses. Si je peux protéger les jeunes pousses des vaches avec les clôtures, c'est plus difficile avec les chevreuils qui s'apparentent aux chèvres et sont capables d'attraper les jeunes pousses avec agilité. J'ai lu ce passage de la photo suivante, bien après avoir écrit le billet sur les sangliers. Mon analyse n'est donc pas si décalée que cela des réalités, puisque même en Allemagne...

page 204

Un autre passage m'a interrogé ! Celui du traitement des arbres dans les milieux urbains. J'y reviendrai en évoquant la lecture d'un autre livre... Disons, pour faire simple, que s'il est facile de faire croire que planter des milliers d'arbres en ville pour les refroidir en été, les choses ne seront pas aussi évidentes à moins de les renouveler sans cesse !

arbre ville

Cela me conforte dans une position prise pour m'opposer à la plantation d'un arbre au milieu d'une place en béton, bien avant cette lecture. Comme je m'interroge sur la gestion des déchets verts dans nos agglomérations. Alors que sur nos fermes, nous faisons très attention à un équilibre paille/fumier pour maintenir le taux de matière organique des sols, on exporte toute la matière organique des pelouses, taille de haies et ébranchages des jardins ou espaces publics.

Pour finir, le monde des arbres, comme partout dans la nature, n'est pas exempts d'une lutte féroce entre eux. Chaque année, à l'automne, je prends en photo ces deux arbres qui se livrent une concurrence incroyable pour accéder à la lumière... J'ai un ami syviculteur qui m'a parlé de changements de mode d'exploitation de la forêt. Je regrette de ne pas m'être opposé aux coupes à blanc de notre forêt communale lors du renouvellement du plan d'exploitation. Je serai vigilant lors de l'exploitation de mon tout petit bout de bois personnel.

conccurence arbres

 

 

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14 novembre 2018

Sevrage en douceur...

Une fois rentré, le troupeau doit être séparé en deux lots. D'un côté les vaches resteront quelques jours en stabulation avant de retourner au pré. Je mets ces journées à profit pour vérifier les gestations et pour des traitements éventuels. De l'autre côté, les veaux eux resteront en stabulation avec une ration plus riche pour une croissance plus soutenue. En laissant les animaux dans des cases jointives, je limite les stress.

J'essaye de faire ce travail de tri sans heurts et en jouant sur le comportement des animaux. C'est parfois un jeu de patience. Cette fois, c'est allé très vite. C'est à découvrir ICI !

 

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12 novembre 2018

point de situation du 12 novembre, sursis !

Oui,la météo s'est mise en mode sursis !

Le peu d'eau des deux dernières semaines m'a permis de labourer les deux hectares de pré que je vous avais annoncé. Serge l'a semé le lendemain. La pluie a suivi deux jours plus tard. On verra donc ce que cela donnera. Habituellement, on préfère semer les céréales avant la Toussaint. Au pire avant le 11 novembre... Là, ça peut marcher !Par contre, je dois modérer mon enthousiasme, il me manque 3,5 ha par rapport à mon assolement habituel. J'ai été coincé pour labourer les derniers ha par des clôtures défaillantes et le besoin de garder des parcelles pour les troupeaux ... Donc le bilan de l'automne est négatif, la sécheresse aura des conséquences à long terme même si je tente un rattrapage en semant de l'orge de printemps...

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Par contre la pluie et la douceur ont permis une levée très rapide. Dès que l'eau est tombée, les céréales semées vers le 20 octobre ont levées. En deux jours, elles sont méconnaissables ! C'est une bonne nouvelle et cette douceur va peut être sauver le résultat du pari du mois de septembre ? La levée de la pâture semée le 10 septembre était très irrégulière. On retrouve, visuellement, toutes les veines de terrain, avec une réussite totale à certains endroits et rien quelques mètres plus loin ... Les prochains jours peuvent permettre de boucher les trous, tout dépendra de la date des premières gelées. Mais cette météo complexe et atypique pose des problèmes. Un ami a renoncé à semer du colza et ceux qui l'ont fait ont des résultats très mitigés. D'après les organismes nationaux, la sole de colza est en chute libre et des craintes sont émises concernant les semis de céréales effectués au tout début octobre. Il y a un risque qu'il y ait un problème de tallage avant l'hiver donc un risque de gel en hiver. En effet, les sommes de température depuis le début du mois d'octobre sont anormales et novembre ne freine pas... Cette année si particulière mérite qu'on enregistre un maximum de réactions de la nature et qu'on fasse des photos. Elle préfigure sans doute une situation que le réchauffement climatique pourrait aggraver à l'avenir ouo se répéter très souvent.

Côté élevage, les effets de la sécheresse sur le commerce des animaux, que j'avais annoncé dès août, commencent de se faire sentir. Pour le moment, les vaches non finies se vendent 150 € de moins que l'année dernière. Mais les finisseurs vont sans doute stopper leurs achats dès les premiers frimâts. Donc, cela ne va pas s'arranger. De plus, ces vaches doivent être fleuries, c'est à dire que des animaux non démarrés ne trouvent pas preneurs... Les abattoirs ont mis en place leur stratégie telle que je l'avais envisagé. Déjà il faut 1 mois pour voir les génisses finies partir et 15 jours pour les vaches alors que les finitions de ces dernières ont à peine commencées puisque les vaches retardées viennent ou sont en train d'être sevrées... Donc on va vers des jours très difficiles et les transformateurs n'accéleront pas pour que les prix baissent, ce qui est déjà le cas puisque je perds déjà 10 à 20 centimes par kilo de carcasse sur les deux animaux vendus. A chaque fois que je parle avec des collègues, je n'ai pas besoin de convaincre lorsque je dis qu'il faudrait mettre en route une intervention sur les vaches en achetant des vaches démarrées à un prix rémunérateur ! Mais il n'y a aucun relais dans la filière, qui bien sûr, n'a aucune envie d'une telle mesure. Elle les empêcherait de faire des profits records en profitant de la détresse des éleveurs.

Côté approvisionnement, rien ne s'arrange. La paille commandée cet été est en train d'être livrée. Par contre, ceux qui veulent faire des achats maintenant n'en trouvent plus. Des solutions alternatives apparaissent mais la communication est timide pour le moment. Il y a quelques centaines de tonnes de sciure de résineux, disponibles du côté de Beaune à 15 €/t . J'attends une livraison de copeaux qui a du être repoussée pour cause d'indisponibilté du camion. Dès que je le reçois, je ferai des photos et je vous indiquerai les conditions d'emploi. J'espère économiser 150 bottes de paille qui pourront alors servir à nourrir. Enfin, les températures clémentes permettent de laisser les  animaux dehors. Là encore, ce sont économies de litière que l'on fait...

J'attends un petit programme informatique pour gérer mon bilan fourrager, soit par semaine, soit par quinzaine. J'ai essayé de faire une commande pour qu'il soit simple et pratique, en pouvant utiliser les calculs de rations des techniciens ou les propres expériences de chacun. Par exemple, je connais les besoins en foin d'un lot de vaches dans une case de stabulation. J'en reparlerai quand il arrivera. Là encore, je pense qu'un hiver aussi difficile doit faire l'objet d'enregistrements. Même si la pression est moins forte les prochaines années, l'optimisation des  consommations en hiver sera nécessaire pour faire des économies et donc des stocks de précaution. Je me félicite qu'on ait enfin compris que les bâtiments de stockage doivent être encouragés au même titre que le logements des animaux !!!!

Pour finir, je suis en train de préparer cet hiver, qui s'il est le dernier de mon activité professionnelle, sera le plus compliqué et le plus difficile de ma carrière. En 2003, j'avais acheté environ 100 tonnes de paille à 65 €/T et à cette date, elle était toute livrée. J'avais acheté 20 t de concentré "sécheresse" à un prix garanti car j'avais commandé  assez tôt pour que la coopérative puisse prendre position sur les marchés à terme et donc bloquer les prix. Là, je ne sais pas ce qui va se passer si l'hiver est rude et long et si les animaux bons pour la vente ne partent pas dès qu'ils seront prêts.

DSC09890

Malgré cela je garde espoir. Mon père m'a souvent parlé d'une année, je ne sais plus laquelle, où le printemps était arrivé le 20 février ! Les animaux avaient été lâchés dans l'herbe à cette date. Je n'ai jamais connu une telle année. Donc, il n'est pas trop tard pour que cela se produise et que le réchauffement climatique puisse aussi réserver de bonnes surprises !

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11 novembre 2018

Premiers sevrages

J'ai essayé de gagner un maximum de temps. Les veaux mangeaient bien dans la cabane, tous les matins... Mais les pluies annoncées m'ont décidé à adapter la stratégie. Pour le moment, la pluie n'est pas suffisante pour détremper le sol , ce qui aurait pour conséquence le piétinement. Celui-ci pourrait avoir des effets très négatifs. Suite à la sécheresse,  les plantes d'herbe ne sont pas enracinées et sont donc aussi fragiles que les plantules d'une prairie nouvelle. Le sol, on le voit sur la vidéo du labour, est déstructuré. En se ré-humidifiant, il va se transformer en boue si il y a des passages de pattes...

Mais nous n'en sommes pas là ! Il faut néanmoins anticiper l'hiver. Il faut que les vaches aient une période de repos, pour faire quelques réserves, sans allaitement. Il faut vacciner les veaux pour qu'ils soient commercialisables et qu'ils soient habitués à l'alimentation sèche...

Donc le début de l'hiver commence par cela, en vidéo !

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09 novembre 2018

Des chasseurs, oui. Des éleveurs de sangliers: non !

Je n'ai rien contre une majorité de chasseurs, mais je suis révolté par l'attitude de quelqu'uns ! En clair, je découvre presque tous les jours de nouveaux dégâts de sangliers ! Et lundi matin, la moutarde m'est montée au nez. Et il n'y a pas que moi qui ait réagi ! "On en a marre, est ce qu'on peut faire quelque chose?"

champ viroll 1

Déjà, nous devons subir les aléas de dame nature. Cela fait partie de notre job. Mais là, il ne s'agit plus des aléas naturels mais bien des conséquences de l'élevage d'animaux dit sauvages. Quand quelqu'uns, avides de pouvoir tirer et peu soucieux de régulation naturelle, nourrissent les sangliers, pour moi, c'est de l'élevage ! De plus, ils ne le font pas, comme d'autres plus sérieux, dans des parcs clos mais laissent divaguer leurs animaux !  Ça ne leur coûte pas cher puisque ce sont les paysans  alentours qui trinquent ! De plus, les dit "sangliers" ont pris l'habitude de venir chercher leur nourriture près des hommes. Comme mes vaches avec le C15, ils ne craignent plus les moteurs et même les hommes puisqu'ils leur apportent à manger...

champ viroll

Comme ils sont libres, l'instinct naturel les poussent à s'écarter du lieu initial. De plus, en bon omnivores, ils aiment diversifier leur alimentation. En ce moment, ils cherchent les vers de terre dans nos prés et nos cultures. C'est plus facile que dans les bois où il n'y en a pas, ou peu, et où la terre très sèche est impossible à creuser. Dans quelques temps, avec le froid, ce seront les glands qui seront l'objet de leur coups de groins !

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Je précise que ma ferme est chassée selon quelques règles de protection de la faune sauvage. Je suis trop content de faire découvrir celle-ci à mes enfants et PFPH ! Je précise que le bois , qui n'est pas à moi, a déjà fait l'objet de deux battues sans résultat. Tout cela pour dire, que contrairement aux commentaires de certains, je ne suis pas un antichasse et que s'ils résidaient, je prendrais même un permis juste pour les chasser, ainsi que les ragondins. Par contre, inutile pour certains de croire qu'ils pourront s'arroger le droit de venir chasser ici alors que ma gestion de mon territoire, issue de ce que mon père, grand chasseur, m'a appris, me permet d'avoir encore du gibier que d'autres n'ont pas su ménager. Simplement, les sangliers passent la nuit et repartent au petit matin vers les lieux d'agrainage... C'est bien le but recherché par ceux que je critique, non ?

J'explique tout là !

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06 novembre 2018

labour de pré...

Il est bien tard pour semer triticale ou blé. J'ai décidé de partager les risques en ne labourant que 2 ha sur les 7 prévus. Je sèmerai les 5 restants en orge de printemps...

La pluie de la semaine dernière n'a pas traversé le feutre de pré. J'avais prévu le décompacteur pour le cas où. Finalement je ne l'ai pas utilisé. Par contre, avec la sécheresse, j'ai laissé les vaches pâturées jusqu'au dernier moment. Avec le compost, en fait, elles n'y allaient plus. Nous avons semé ce matin, en espérant que la pluie annoncée arrive demain.

Je suis incapable de prévoir le résultat de ces semis si tardifs. Décidément, cette année tout est compliqué d'autant que d'autres facteurs interviennent négativement... Franchement, il y a de quoi en avoir marre !

LA vidéo est là !

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03 novembre 2018

Paysanheureux a 13 ans !

13 ans, déjà !!!

La page d'acceuil de Canablog m'a donné un coup de vieux : ;-)

Une belle aventure : Le choix du pseudo a été lié à une envie de communiquer positivement sur mon métier après presque 20 ans d'engagements professionnels où je ne pouvais pas le faire aussi librement. Depuis au blog, sont venus s'ajouter un compte twitter et depuis le début de l'année une chaîne You tube... 3 outils qu'il a fallu apprendre à apprivoiser.

Le blog a été le précurseur, avec un première petite communauté; RDT, Drine, fauvetta et bien d'autres... J'y ai beaucoup écrit, sans doute pas très bien, en essayant de donner une image de la vie réelle d'une ferme aujourd'hui. Comme me disait Karine, il y a peu, 'mon paysanheureux l'est moins depuis quelques temps". Je trahirai mes collègues et moi-même si je ne vous retraçais pas les difficultés actuelles. J'ai toujours essayé de proposer des alternatives pour s'en sortir. Il est très loin le temps où Mme Coop, la première qui ait fait le lien entre le pseudo et le paysan réel me disait " C'est presque trop idyllique"

Grâce aux réseaux sociaux, j'ai évolué dans ma perception de mon métier. J'ai fait des rencontres formidables, avec des journalistes entre autre, qu m'ont permis de m'enrichir du contact du reste de la société !

Jamais au départ, je n'aurai cru à l'impact de ces outils ! Le blog, c'est bientôt 2500 billets, 1100000 visiteurs et bientôt 1650000 pages lues. Je n'ai jamais su si c'est beaucoup, peu ou correct ? C'est sans doute très modeste par rapport à des blogs de personnalités médiatiques !  C'est le plus exigeant, en temps, des trois modes de réseaux sociaux. C'est pour cela que je l'ai parfois un peu délaissé. Mais c'est ici que je peux le mieux exprimer le fond de mes réflexions. Moi qui écrivait très très peu avant cette expérience, j'ai redécouvert la force de l'écriture qui ordonne une pensée trop souvent volatile et qui fixe définitivement les idées. En vacances, j'ai pris le temps ces dernières années, d'écrire des billets qui me libèrent au sens où ils me donnent la possibilité d'aller au fond de ce que je souhaiterais pour mon métier. La série des  6 EGALIM a été écrite en Haute Savoie, au pied du Mont Blanc, loin des préoccupations quotidiennes même si j'ai du revenir sur la ferme au milieu des vacances pour m'assurer que tout allait bien avec la sécheresse. Elle témoigne de la chance qui est la mienne de partager ma vie et mes sorties avec une épouse qui a un métier aux antipodes du mien. Cela me permet de fréquenter des tas d'autres métiers et c'est au contact des autres que je perçois les attentes et changements profonds qui viennent bousculer nos façons de produire et de vendre.

Mais ce blog, c'est d'abord à mes enfants que je le dois, à ma cadette surtout et à mon fils pour ce qui est des impacts des nouvelles technologies. Mes trois enfants m'ont fait toucher du doigt l'immense bouleversement technologique qui est en train de traverser notre société. La communication en 13 ans est totalement différente, l'émergence des réseaux sociaux nous oblige à la repenser entièrement. Ma petite expérience est une petite pierre à un édifice qui reste à construire. Ce blog continuera peut être après ma retraite ou s'éteindra, ou évoluera vers de nouveaux horizons. Je suis trop passionné par la nature pour ne plus en parler. Il y a fort à parier qu'il prendra une autre direction...

A moins que la disponibilité de temps me permette d'en faire une activité complémentaire à ma nouvelle vie ? Mais là , cela ne dépend pas de moi. Je ne peux pas afficher un diplôme avec un nom savant, en anglais, pour prétendre à un emploi partiel. Juste d'une petite expérience que vous tous assidus, vous m'avez permis d'acquérir ! J'avoue que cela me plairait bien.

De cela, je veux vous remercier et dire à certains d'entre-vous que j'espère que la vraie vie nous permettra de faire connaissance. Il y a tant de personnes avec lesquelles j'aimerai converser. Cela a failli se faire avec Antoine par exemple, ce n'est que partie remise, et avec tous ... J'espère pouvoir beaucoup bouger dans un peu plus d'un an (Après un dernier hiver surtout)!

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Photo: Th Gaudillère

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02 novembre 2018

Les cabanes, une innovation de la sécheresse 2003

J'explique dans cette vidéo, les évolutions possibles pour laisser les animaux dehors au maximum. Si j'avais 20 ans, je ferai plusieurs petits bâtiments répartis sur plusieurs parcelles à 200 ou 300 m du hangar de stockage. L'objectif serait de permettre aux animaux de sortir et entrer au gré de la météo. J'ai essayé différentes formules au fil du temps et j'en ai tiré des leçons qui me laisse penser que nous devrions nous rapprocher d'un pastoralisme presque intégral.

L'évolution aberrante du prix de la paille remet en cause les bâtiments immenses où tous les animaux de la ferme sont rassemblés. Le coût de la litière est devenu exorbitant. Même la concentration de bâtiments pose question en terme sanitaire. Il nous faudra trouver des solutions où la conduite de l'élevage soit plus flexible et économique. Pour rappel, un bâtiment aujourd'hui coûte deux fois le prix d'une vache !!! De quoi réfléchir...

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01 novembre 2018

Les éleveurs, les plus compétents pour juger du bien-être animal ...

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Suite à un échange sur twitter, résumé sur la réponse au commentaire d' Hildegarde du billet précédent, j'ai enregistré une petite vidéo ! Je la dédie à tous les éleveurs :

Eux qui sont si inquiets en ce moment d'être certain d'avoir assez de stocks pour  nourrir leurs animaux cet hiver !

Eux qui chaque jour de l'année, quelque soit la météo ou les festivités, veillent sur leurs animaux, les nourrissent ou cultivent et récoltent pour le faire !

Eux qui se lèvent pour assister une naissance ou soigner plusieurs fois par nuit un veau malade !

Eux qui entretiennent un territoire pour le rendre agréable , non seulement à leurs animaux, mais également à la faune sauvage et aux visiteurs citadins en mal de nature !

Eux qui savent, mieux que quiconque, ce qui convient le mieux aux animaux et qui corrigent les excès de dame nature !

Eux qui sont en permanence l'objet de critiques, parfois très violentes, alors qu'ils sont le rempart à la friche dont on voit le résultat dans le Var entre les incendies de l'été et les inondations au moindre orage...

Oui, j'ose affirmer que nous chérissons la petite parcelle de terre qui nous est confiée et que nous sommes capables d'en apprendre beaucoup à tous ceux qui portent des jugements, sans compétence et sans connaissances !

Je suis fier d'être éleveur et heureux de m'immerger chaque jour dans la découverte de mon tout petit bout de pays !

 

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