paysanheureux

15 juillet 2019

Hommage à nos pompiers volontaires...

Vendredi, un énorme incendie s'est déclaré dans un champ et s'est propagé à une sapinière voisine. Je pouvais malheureusement, suivre de loin car l'événement s'est situé plein ouest sur la ligne d'horizon de ma ferme. Je ne me suis pas approché pour ne pas perturber le travail de nos pompiers.

25 ha ont ainsi brûlé. Je roulais des bottes et heureusement, il n'y avait pas de vent, juste une toute petite brise... Quand elle a tourné en fin d'après midi, le feu a pu être maîtrisé. Mais pas éteint, ce que m'ont expliqué les pompiers volontaires que j'ai croisé depuis. Au passage, je souligne que nous avons la chance d'avoir encore un centre très dynamique et je ne cache pas mon inquiétude, partagée par la population, quand régulièrement on entend parler de restructuration selon la règle immuable de l'administration parisienne qui consiste à tout transférer dans les villes voisines. Je n'ose imaginer les délais d'intervention quand il ne restera que des centres à 20 ou 30 km...

Donc l'un d'entre eux m'a confié que les reprises étaient encore possibles. Depuis hier soir le vent d'EST s'est levé. Il est plus fort ce matin. Vers midi, en rentrant, j'ai remarqué des fumées plus conséquentes;

DSC01664

Cela semble donc reparti ! Une demie heure plus tard...

DSC01668

Je pense donc à tous les pompiers du village qui ont déjà assumé la surveillance depuis 4 jours et qui vont devoir encore y passer quelques journées et nuits ! Je comptais faucher les chardons. Mais avec cette sécheresse, je vais attendre une prochaine pluie. Tant pis si ce sera trop tard. Je n'ai pas envie de risquer un feu...

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14 juillet 2019

Feu et feux

J'ai envie de partager ces 3 photos :

La première car en prémices à la soirée du feu d'artifice du village, le soleil avait décidé de participer à la fête :

coucher-de-soleil

La seconde car je ne me lasse pas de la pluie d'étoiles que nous offre l'image d'une fleur au milieu des fleurs du pont...

3fleur-sur-fleurs

La troisième parce que dans l'eau transparente, le reflet d'une partie du bouquet final devenait sublime... (En passant, j'aimerai connaître l'avis des poissons aux premières loges hier soir...)

reflet-du-bouquet-feu-sur-a

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16 juin 2019

La météo instable change mes plans de facuhe

Je suis désolé de ne pas avoir le temps d'écrire... Mais j'essaye de compenser avec des vidéos, même si j'ai, là également, baisser le rythme. Avec celle-ci, j'explique rapidement les choix que j'ai fait ce matin. En sachant que ce soir, les bulletins ont déjà changés.

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08 mai 2019

Et si la délivrance était source de blues

Depuis des semaines, je ne compte pas les jours, comme à la fin de l'armée, mais les vêlages !!!! La fin de l'hiver, la fatigue après des mois de surveillance, la disponibilité nécessaire à la fonction de naisseur ont raison, physiquement des meilleurs. Je ne parle pas des déconvenues dont j'aimerai parfois l'évoquer sans oser le faire. En bref, tout plaide pour ressentir un grand soulagement à la fin de cette saison de naissances...

Sauf que la fin de cette saison correspond pour moi, c'est la fin de ma carrière ! ET ce n'est pas si simple que cela. J'ai ressenti un pincement au coeur. Ces gestes , mille fois répétés en plus de 40 ans, sont les derniers. Si tout va bien, je ne les répéterai qu'une seule dernière fois....

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14 avril 2019

Cette nuit, où une récolte peut être perdue...

Le principe de l'agriculture, telle que soit la production, reste de tenter de déjouer les caprices de dame nature. L'annonce des gelées d'hier et d'aujourd'hui ont mis sur le pont presque tous les paysans. Le phénomène est bien connu et se répétait toutes les décades jusqu'à présent. Est ce que le réchauffement climatique en accélérere la cadence ?

Les débuts de printemps trop secs sont toujours calamiteux pour les arbres fruitiers et la vigne, compliqués pour les autres productions. La sécheresse amplifie l'amplitude thermique sur une journée. On peut passer d'une gelée le matin à des températures quasi estivales, à l'abri du vent, l'après midi. La conséquence est simple, les plantes sortent de leur état d'hibernation et entrent en reproduction, bien avant d'avoir des feuilles pour certaines... MAIS, les fleurs sont très sensibles au froid ! Donc, en cas de gel printanier, l'espoir d'avoir des fruits s'envole avec la chute des températures...

Donc depuis 2 jours, c'est la course contre la montre pour sauver la récolte de l'année. Bien que moins concerné, quoique, voici le récit de cette nuit et même d'un peu avant...

Hier, en fin d'après midi. Je fais le tour des râteliers dans les prés. Je charge la chaume avec une botte de paille. Depuis les premiers lâchers, aucun troupeau n'a touché ni au foin, ni à la paille que j'ai mis à leur disposition. Les vaches sont trop contentes de "s'enherber". Donc à 20 h, tous les animaux ont du sec, à volonté, à leur disposition. C'est très important en cas de gel car de l'herbe gelée peut provoquer des avortements. Or, les taureaux sont en action depuis un mois et demi et c'est le stade de gestation le plus sensible à ce problème. En mangeant "du sec", les vaches évitent ce stress. La bise d'Est souffle et est très désagréable.

4 heures du matin. Je me lève pour voir les vaches avec la caméra. Rien de spécial, si ce n'est qu'une partie du lot qui peut entrer et sortir, est revenu en stabulation. Ce n'était pas le cas ces dernières nuits. Je pense aux vignerons qui ont témoigné hier dans les médias, annonçants qu'ils allaient mettre le réveil sur 4 heures... Combien de paysans sommes nous levés à cause de dame nature ? Je sors lire le thermomètre : -2° C ! Sachant que j'ai remarqué qu'en hiver, on perd 2 degrés en fin de nuit, je retourne me coucher en tablant sur un -4°C pour le lever du jour ! Soit un degré de moins que ce qui a été annoncé. J'imagine le stress chez mes amis vignerons s'ils sont  déjà sur le front...

6 h 45 ; Je me lève. Une fois n'est pas coutume, après le visionnage caméra des stabulations, je sors lire le thermomètre: -4°C !!! Un 14 avril, c'est la cata... Je rentre prendre un café chaud et voir les infos tout en tweetant... Ainsi, une nouvelle fois, ces quelques heures gelées vont être catastrophiques et mettre en péril une année de récolte. Bien sûr, cela fait partie du métier. Sur tweeter, les premières photos des vignes éclairées par les bougies et les feux de paille sont publiées. Les premiers commentaires dénonçant une prétendue pollution fleurissent. Sans doute qu'importer des fruits ou du vin par bateau ou en avion, pour combler les déficits que vont générer le gel est moins polluant !!!! Pour les néophytes, c'est beau. Pour les paysans, ces lumières sont angoissantes. Quelle est l'efficacité réelle de ces moyens déployés, bien précaires et insignifiants au regard des surfaces à protéger ?

8 heures et plus : Tous les râteliers sont entamés. Pas beaucoup, mais cela témoigne du besoin des animaux d'avoir trouver un peu d'aliment sec à manger. Je ne sais pas si cela est suffisant et efficace. J'aurai fait tout ce que j'ai pu... Il faut attendre 9 H 30 pour que les rayons du soleil réchauffent enfin un peu. Ça a bien cogné !

râtelier chaume

10 H 50. Au loin, les cloches du village sonnent. Hasard du calendrier, les rameaux coïncident avec cette nuit de gel intense. C'est l'heure de la procession, moment où le vent qui souffle détermine le vent de l'année. Je lève les yeux vers la girouette. Plein Est!!! Mais le souffle est peu établi. La lecture pessimiste de ce vent annonce une année sèche et froide. J'ai une autre lecture : Nous avons eu le même vent il y a quelques années, avec les mêmes craintes. Pourtant l'année avait été marquée par des tas d'orages. J'envisage donc cette seconde hypothèse, en redoutant malgré tout la première.

12 heures. Je me mets à mon clavier pour vous relater cet événement climatique. A la boulangerie ce matin, j'ai entendu "Il fait frisquet ce matin!". De plus en plus déconnecté de la réalité de la nature, pour la plupart de nos concitoyens, cela n'a pas d'autres conséquences qu'un peu de gaz ou d'électricité consommés en plus pour le chauffage. Cela passera inaperçu. De toute façon, il y aura des fruits cet été sur les étals des grandes surfaces. Ils viendront d'ailleurs si les vergers français ont gelé ce matin. Idem pour le vin. Beaucoup critiquent la mondialisation, sans se rendre compte, que sans elle, il serait très difficile de trouver la diversité alimentaire indispensable à une alimentation équilibrée ! Le pire, ce sont ceux qui critiquent tout, qui voudraient revenir à la nature mais qui sont à mille lieux de penser que la disette faisait partie de la vie d'une immense majorité de la population il n'y a pas si longtemps (tickets de rationnement pendant et après la guerre de 40 en France !)

Après cette nuit, presque tous les paysans vont scruter les dégâts du gel dans les prochains jours, les prochaines semaines voir les prochains mois. Les premiers à lire la nature seront les arboriculteurs et les vignerons, qui compteront  les bourgeons "brûlés" dans les tous prochains jours. Suivront les cultivateurs qui  surveilleront les levées, toutes les plantes sont très sensibles la sortie de terre. Plus tard, on "lira" les écarts de rendements de certaines céréales, trop en avance, au moment des moissons, en fonction de l'orientation des parcelles... Pour les éleveurs, dans les prochains jours, c'est la santé des veaux qu'il faudra surveiller, entre coup de froid et diarrhée blanche. Pour la pousse d'herbe, c'est blocage jusqu'à la prochaine vraie pluie. Ceux qui auraient semé des pâtures il y a peu et qui seraient en phase levée peuvent devoir recommencer. Nous ne verrons pas avant quelques semaines si des vaches ont "coulé", à ce stade de gestation, il faut attendre les retours de chaleur pour savoir. 

Je terminerai en remerciant France Infos pour le reportage sur les viticulteurs de France hier soir. Il a du passer au journal de 20 h sur A2 hier soir. Merci au JSL d'avoir relayé l'info de l'action des viticulteurs du mâconnais dès hier soir. Anodin pour la majorité, cet excès climatique montre la fragilité de l'agriculture face aux événements climatiques.  Puisse chacun en reprendre conscience avant de stigmatiser systématiquement les agriculteurs !

 

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03 avril 2019

Point de situation au 3 avril...

Cette nuit est un peu particulière ! C'est en effet, la nuit où il y aura le moins d'animaux au pré de l'année. En fait, les lots vont se croiser, entre les dernières vaches qui n'ont pas vêlé, qui ont passé l'hiver dehors et que je viens de rentrer, et les lots vêlage précoces qui vont sortir demain...

Ce sont les prévisions météo qui m'ont fait retarder le lâcher d'une journée. A quoi bon mettre des veaux dehors avec la goutte  froide actuelle et les giboulées qu'elle engendre. De plus, la pluie a fait un bien énorme. Il était plus que tant. Les anciens, dimanche; évoquaient 1976 et à force de l'entendre, je finissais par craindre le pire.  Rien n'est définitif, mais disons qu'on est mieux ce soir.

Donc demain, deux lots conséquents vont retrouver le pâturage. Enfin ! Bien sûr, j'aurais pu le faire plus tôt, mais il n'y avait pas d'herbe ou si peu que les vaches auraient pris le dessus en quelques jours. Là, c'est mieux. Je lâcherai ensuite par petits lots.

On peut faire un petit point de situation. Côté foin , je pouvais tenir encore une quinzaine de jours au régime actuel. Je vais mettre de la paille dans les râteliers dehors pour assumer la transition alimentaire car l'herbe va être violente. Cela me laissera quelques bottes de foin pour les derniers vêlages et au cas où... Disons pour faire simple que j'ai réussi à gérer les stocks au plus juste. Un énorme merci au programme sous exel de mes enfants !

Côté travaux, le beau temps nous a permis d'être à jour. Samedi j'ai fait le second apport d'azote sur les céréales. Puis la coop est venue pour le désherbage. Je finis en beauté ma carrière car le diagnostic des adventis a mis en évidence qu'un tiers de ces surfaces n'avaient pas besoin d'un désherbage chimique. C'est le résultat des techniques employées cet été et cet automne, qui ont été rendues efficaces avec l'hiver sec. Pour le reste, ce sont les clôtures qui vont m'occuper ce mois avant de passer aux fumiers pour faire du compost...

Gros bémol de cet hiver, des vêlages en retard. Il m'en reste une douzaine et je crains que les derniers arrivent bien tard. J'attendais cette fin qui marque vraiment la fin de l'hiver et le retour de ma liberté. Depuis six mois, je répète que le dernier vêlage marquera la quasi fin de ma carrière même si je resterai paysan encore quelques mois. Mais en attendant, je suis toujours au régime surveillance à 4 ou 5 heures, donc une fois par nuit au moins, je me lève... De même, je ne peux pas m'éloigner de la ferme plus d'une demie journée. Décidément, mon métier joue les prolongations, et avec la fatigue, je suis crevé. Même si j'essaye de ne rien laisser paraître.

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26 mars 2019

Corydalis solida 2019

C'est maintenant constant, ce marqueur naturel est à l'heure, c'est moi qui suit en retard, les photos datent du 20 mars :

Corydalis solida 1

Elles prospèrent beaucoup d'année en année. J'en trouve de plus en plus, à des endroits nouveaux, toujours dans les accotements ou le long des haies...

Corydalis solida 3

Cornus en me faisant découvrir cette fleur, il y a maintenant bien des années, m'a donné un marqueur qui m'annonce le printemps. S'il pleut, les lâchers d'animaux suivront son apparition de quelques jours.

Corydalis solida 4

Bien que discrète, j'aime admirer le détail des pétales et sa couleur, bien dans les modes actuelles...

Corydalis solida 2

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24 mars 2019

La préséance politique...

La préséance politique veut que l'ordre d'intervention lors d'une manifestation, une inauguration par exemple, soit immuable ! On commence par l'organisateur, puis éventuellement un élu professionnel institutionnel, puis le maire de la commune, le conseiller départemental , le conseiller régional du coin, le député et enfin le plus haut représentant de l'état, ministre ou préfet ou sous-préfet... Pour ces derniers, le ministre prévaut sur le préfet qui prévaut sur le sous-préfet qui prévaut lui-même sur un directeur départemental... Tous les autres font "pot de fleur "!

Il est très difficile à chacun de ne pas répéter ce que le précédent a déjà dit. Mais il faut exister donc parler et souvent cela dure un peu de temps...

Pourquoi aborder ce sujet ? Tout simplement parce qu'hier, pour la énième fois, une partie des messages n'a pas été évoquée et j'en suis contrit. Je vous explique :

On fête les 20 ans de la maison du Charolais ! L'âge rêvé comme l'ont rappelé fort justement les intervenants ! L'histoire de la maison a été décrite avec précision, différents acteurs cités et la constance de l'investissement  dans son fonctionnement par le département soulignée à juste titre, quelques soient les alternances politiques...

Mais...

On parle beaucoup de lutter contre l'agri-bashing quasi systématique actuel. On demande aux politiques de s'impliquer... Remontons le temps, fin des années 90. Le conseiller général de Charolles, Mr Ducerf et Mr Lamborot, élu à la chambre d'agriculture, ainsi que des éleveurs locaux comme Mr Bouillot , ulcérés par la crise de l'ESB qui touche tous les éleveurs bovins de l'époque, comprennent qu'il faut créer un lieu pour valoriser et communiquer sur notre production locale. Quoi de mieux que d'ouvrir une maison dédiée à la race charolaise sur le territoire qui lui a donné son nom, donc son berceau ! Ils avaient déjà compris que la communication était, et reste, incontournable. Le président du conseil général et le président de la commission agricole de l'époque ne furent pas longs à convaincre. C'est ainsi que naquit cette maison dans le format quasi actuel que des investissements effectués depuis ont conforté. Un espace muséographique pour expliquer la production de la viande charolaise, un restaurant pour la déguster, une boutique pour emporter des souvenirs ( et depuis acheter des produits locaux), un espace de réunion pour que le lieu devienne un endroit de rencontre des acteurs locaux de la filière et des bureaux pour que ces mêmes acteurs travaillent les uns près des autres...

Ce schéma a toujours été conforté par les différentes majorités du conseil général puis départemental depuis 20 ans. Cela a été souligné par le président actuel de notre département, Mr Accary. Mais ce qui a manqué à mon sens hier, ce sont les remerciements de la filière et des éleveurs. C'est la limite de la préséance établie et figée. Je pense que cette maison est sous utilisée par la filière locale. Pourtant quelle chance d'avoir un tel outil à notre disposition pour valoriser nos métiers et nos savoirs-faire ! Son fonctionnement coûte cher au département mais les élus ont toujours compris que c'est un moyen de communication incontournable. Des délégations étrangères concernées par l'élevage y sont venus pour découvrir notre région et nos productions. Ainsi, par exemple, les chinois y sont venus trois fois. Des italiens du Piémontais sont venus prendre modèle...  Des élus nationaux y sont régulièrement reçus. La visite y est très complémentaire de la visite d'une ferme ou d'un outil la filière comme un centre d'allotement ou un abattoir... Mais le principal reste qu'elle est ouverte au grand public et sera une étape de la RCEA ! De plus on y trouve de vraies compétences pour communiquer sur notre élevage et toutes les étapes qui conduisent à la viande dans votre assiette.


Hier, à la manifestation officielle, il a manqué une chose essentielle que seuls des membres de la filière et des éleveurs auraient pu dire : Un immense merci pour la constance politique qui a toujours accompagné cette maison, malgré son coût et sans doute, de temps en temps, le regret que tous les acteurs de la filière ne se l'approprient pas encore plus pour une communication commune, prépondérante sur les intérêts d'entreprises. Ce "merci" aurait été bienvenu en dernière intervention, mais les conventions ne le permettent pas, c'est vraiment dommage ! Il aurait été normal que ces remerciements soient adressés (comment leur faire savoir ?) à Mrs Baumont, Sirugue, Montebourg, Chaintron et Accary... Mais également à Mrs Emorine, Gillot et Brochot , en y ajoutant Mrs Pluchaud, Rebillard, Bonnot et Durix : Tous élus du département à un moment ou un autre, qui ont oeuvré pour cette maison. J'y ajouterai bien les directeurs de service agricole ! Cela ne se fait pas habituellement, mais pour une fois, il aurait été juste au regard de l'utilisation des impôts de nos concitoyens que nos professions fassent des remerciements !

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19 mars 2019

Un premier bilan de cet été tant redouté...

Cette vidéo est un essai de montage, bien imparfait. Mais le message est clair. Il nous faut sans cesse innover et tester de nouvelles méthodes pour limiter les rachats de paille et nourriture, surtout une année comme celle-ci où les prix flambent...

Voici un premier exemple, avec les copeaux de bois . Coût 4000 € que j'aurais pu réduire car le deuxième camion est loin d'être consommé... J'aurais pu également utiliser les bois morts de la ferme. Un rapide petit calcul me permet de dire que j'ai évité, je n'ai pas de contrat, un rachat de paille qui m'aurait coûté entre 8000 et 10000 € !

Il nous faut donc être imaginatif et surtout curieux de l'expérience des autres. Cela restera utile, car il faut maintenant reconstituer des stocks et cela commencera par faire le maximum d'économies possibles...

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17 mars 2019

Point de situation 17 mars 2019

Cette semaine, c'est le printemps. Officiel et météorologique ! Si, il faut y croire...

Pour le moment, c'est la période où j'ai le moins d'animaux dehors de l'année. Je cherche à préserver au maximum la pousse d'herbe. Depuis le retour des pluies, après ce mois de février catastrophique en matière de pluviométrie, la nature redémarre enfin. Mais il aura fallu attendre ces 3 derniers jours pour qu'il y ait assez d'eau pour que l'herbe pousse enfin.

En année normale, j'attends toujours le début avril pour lâcher. Attendre que le sol porte tout en ayant une bonne implantation de l'herbe. Tout cela pour ne pas endommager les prairies car quand c'est trop humide, les onglons des pattes des bovins abîment plus que la pâture. Cette année, côté portance des sols, aucun problème. Par contre, côté herbe, si j'avais lâché des animaux en nombre, ils auraient pris "le dessus de l'herbe". Donc, je ne vais pas gérer en fonction de dates théorique mais en fonction de la pluviométrie et de la réaction des plantes.

Donc pas d'affolement, cette semaine qui s'annonce ensoleillée marquera le début du printemps. Cette semaine, je vais remettre quelques vaches sans veau au pré et rentrer celles qui ne l'ont pas encore été. Cela veut dire que le nombre d'animaux en pâture va rester le même. Car conséquence de la sécheresse 2018, l'herbe est loin d'être abondante et je ne suis pas certain que l'enracinement soit solide.

Côté réserves de nourriture, le suivi par quinzaine que j'ai pu mettre en place grâce au programme de mes enfants a payé. En ajustant en permanence la conduite des lots, en contrôlant les consommations sans se prendre la tête, j'ai constitué une gentille base de données qui peut servir, pas seulement chez moi à l'avenir ! Je peux tenir jusqu'à la fin du mois puis quelques jours pour un lâcher progressif. Les copeaux ont parfaitement rempli leur rôle. L'économie de paille a été réelle. Côté foin, les vaches ont plus mangé le temps qu'elles "reprennent", c'est à dire qu'elles retrouvent un poids de forme satisfaisant. Elles sont revenues à une consommation plus raisonnable depuis un mois. Résultat, les veaux naissent, pour le moment, beaux et vigoureux.

Point noir de cette année, le retard des vêlages. Je n'ai jamais eu un mois de février aussi calme. J'ai eu du mal à accepter de ne pas avoir de naissances pendant des semaines et de les voir reprendre juste au moment du SIMA et du salon de l'agriculture, m'interdisant d'y participer...  Depuis, on rattrape lentement, mais globalement on perd encore des semaines après avoir perdu un bon mois en 2018. C'est masqué par les génisses qui ont toutes, à une près, mis bas en décembre et début janvier. Les conséquences seront lourdes en fin d'année pour vendre !

La leçon de cet hiver se résume à un seul point : La nature reste la plus forte. Un printemps trop pluvieux perturbe les retours en chaleur au point de les retarder. Le réchauffement climatique bouleverse les événements climatiques. Une des réponses sera d'adapter les conduites des troupeaux en fonction des réserves disponibles, des alternatives possible et du cours des aliments. Par exemple, la réaction en peut pas être la même avec de la paille a 80 € tonne et à 140 € comme en ce moment. Pour cela, les éleveurs auront besoin de références permanentes pour ajuster leur gestion. Et cela, même en année climatique normale, pour constituer des réserves. Je peux me tromper mais je pense que nous devrons adapter nos troupeaux à la production autonome de la ferme et non plus miser sur des achats d'aliment conséquents les années plus compliquées. En quelque sorte, alors qu'on tablait sur les seuls animaux, il va falloir dorénavant d'abord tenir compte de la production fourragère de la ferme et ensuite ajuster le nombre d'animaux. Nous n'avons pas fini de devoir compter !

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