Je réponds ici aux commentaires sur la météo sur le billet du 11 mai ! IL est évident que chaque événement climatique vécus depuis 14 mois, pris individuellement, ne sont pas des records en eux-mêmes. En 1976, la sécheresse, épouvantable avait pris fin début septembre. En cela, celle de 2003, a été ici plus difficile à gérer. Il y avait eu la canicule et pas de vraie repousse à l'automne comme en 1976 et 2011 ! Par contre, dans les trois cas, survenant au printemps, les conséquences ont été désastreuses en terme de récoltes. En interrogeant les plus anciens en 1976, la même situation avait été connue dans la passé, une ou deux fois sur les 100 dernières années ! 

La même remarque vaut pour la tempête de 1999. Le même phénomène s'était produit dans les années 1860. Pour ce qui est du gel, l'année de référence est 1956. Le gel de février 2012 est sans doute moins dévastateur, mais exceptionnel tout de même. Tandis que les températures les plus froides datent pour ma ferme de 1985, mais il y avait de la neige et pas de bise. Il est donc vrai que, de mémoire d'homme, on a toujours connu au moins autant si ce n'est pire ! 

Mais ce qui dénote cette année, c'est l'enchainement extrêmement rapide de phénomènes proches des extrêmes. On est passé d'une sécheresse de printemps exceptionnelle en 2011, à un été pourri, un automne correct, un début d'hiver très doux et très humide enchaînant brutalement sur un froid très très rigoureux et sec. Pas de pluies au début du printemps, plus (heureusement) en deuxième moitié avec des températures qui passent par un -3°à -5 ° C à mi-avril pour monter à plus de 30°C vers le 9 et 10 mai pour replonger vers le gel ces trois derniers jours... Gel à mi-mai ???? Sans doute déjà vu en année très sèche (Il semble me souvenir qu'en 1976 ?), situation plus originale en année humide !   

On avait coutume de dire ici que la nature compense toujours ses excès ! Sauf qu'elle semble avoir changé de tempo ! Là où en 1976, à un printemps et été trop sec, succédaient un automne puis un hiver, un printemps et un été hyper mouillés, il semble que ce soit en mois que les éventuelles compensations se fassent ! Un météorologue rencontré il y a une dizaine d'année, aux premières allusions au réchauffement climatique, me disait que tout serait différent de ce que chacun croyait ! On imaginait des étés secs et chauds plus longs et idem avec des hivers froids et humides. Or, lui envisageait plutôt des séquences climatiques exceptionnelles survenant de façon plus rapprochées et plus inopinées ! 

Je ne sais pas si nous sommes sur une fréquence exceptionnelle ou si les écarts actuels vont se reproduire de plus en plus régulièrement ? Une chose est sûre, nous sommes directement concernés par ces changements dont l'impact sur nos fermes est si important qu'il nous faudra changer nos façons de travailler si c'est la nouvelle règle climatique ! Les réflexions actuelles des paysans, ici et ailleurs, traduisent cette interrogation.  Changer ne nous fait pas peur si les autres contraintes s’adaptent à cette situation nouvelle ! Or c'est plus cela qui m'inquiète ! Pourra t'on trouver dans les charges structurelles des fermes d'aujourd’hui la flexibilité qui permette de coller aux nouvelles exigences climatiques ? Nos itinéraires techniques pourront ils intégrer des variations d'une saison sur l'autre ? Aura t'on les moyens financiers pour réagir et financer des stocks de précaution adaptés à la taille des troupeaux actuels ? ...

Je m'interroge ... Je préfèrerai faire comme beaucoup; croire que cela est passager et que tout va rentrer dans l'ordre ! Ce qui peut également arriver ! Qu'il est difficile de ne pas savoir et de ne pas avoir de repères !!! Et cela concerne tous les paysans, quelque soit leur production. En cela nous sommes égaux face à dame nature...

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