Une nouvelle fois, j’ai découvert des dégâts de sanglier… C’était ce matin, en allant à la chaume. Le long du chemin, il avait suivi l’accotement. Là, ce n’est pas grave mais dans les prés et pire, dans les cultures cela peut prendre des proportions énormes. Mon frère a dû ressemer ses céréales, 40 gaillards se sont empiffrés ! Cela a un coût et de plus, on nous prend pour des imbéciles en nous demandant de mettre des clôtures électriques.  Comme si on n’avait que cela à faire !!!! Bon, j’ai fait un tour rapide, il n’est pas passé dans mes champs. Car cela ressemble à un solitaire, dérangé hier par les chasseurs qui a passé la nuit dans le bois avant de retrouver ses pénates habituels. Ils ne restent jamais dans le bois.

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Je garde un très très mauvais souvenir de leur dernier passage. Le 13 juillet 2015, j’arrive dans la terre du bois, semée en blé, pour moissonner. La météo annonce des orages, donc je veux terminer la moisson. A la moitié du premier tour, je découvre la catastrophe. J’étais passé 3 semaines avant et il n’y avait aucun problème. Oui, mais avec la canicule, rappelez-vous, une harde avait trouvé la parcelle idéale. A l’ombre des arbres pour les moments de chaleur et dans le reste pour se nourrir de grains mûrs. C’est très reconnaissable car ils couchent en rond les tiges et mangent le bout. Sur 3 hectares, un tiers était dévasté. J’essaye de joindre la fédération de chasseurs mais un lundi 13 juillet, pont oblige, aucun numéro ne répond. Je moissonne de dépit craignant plus de dégâts et les orages qui finalement en passeront pas. Quand j’ai téléphoné le mercredi, je me suis fait envoyé sur les pelotes de façon très méchante. « Vous auriez dû attendre pour moissonner qu’on missionne un expert. De toute façon, vous devez déclarer les dégâts 15 jours avant… » Le ton est agressif et rien n’y fait. Pourtant, il est beaucoup plus facile de mesurer une fois la moisson levée que sur pied ! Je reste calme mais je n’en pense pas moins. Les paysans sont des serfs qui doivent supporter tous les petits caprices des autres utilisateurs de la nature. J’ai perdu un hectare de récolte pour les beaux yeux des chasseurs dont certains sont si acharnés qu’on les rencontre, le soir, avec des seaux quelques jours avant l’ouverture. Je n’en dis pas plus, certains comprendront et partageront mon amertume ! Difficile cohabitation sur les territoires. De plus, il faudra expliquer aux sangliers qu’ils doivent se manifester assez tôt, eu égard aux règlements administratifs. Donc, ce matin, j’ai un peu stressé en faisant le tour de plaine imposé par cela.

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Je précise à certains qui m'ont déjà expliqué qu'ils pourraient venir les chasser chez moi, que les sangliers ne restent jamais.Ils ne font que passer. Sinon, je saurais m'en occuper. Donc inutile de m'expliquer le contraire. Je sais que tous les autres gibiers attisent les convoitises mais c'est réserve !