Je ne vais pas refaire l'histoire de cette maladie, il suffit de remonter les billets de cette catégorie...

Je n'en ai pas parlé en 2010 pour une raison simple : La vaccination était obligatoire et prise en charge par l'état. Donc, on a vacciné en même temps que l'on faisait les prophylaxies normales ! Je crois qu'il n'y a eu qu'un cas en France pour les deux variants, cet été ! On était donc très loin de la catastrophe 2008 ! Difficile de remettre en cause l'effet de la vaccination. Il y a eu des problèmes indirects de fertilité dans quelques élevages mais les causes sont elles vraiment imputables à la maladie ou au vaccin ? Je me suis interrogé pour les deux dernières génisses qui ont vêlé anormalement en mai 2010 ! Pour cette saison, il en reste 4 maintenant et si j'en juge par l'aspect, je ne pense pas qu' elles dépassent la fin du mois !

J'ai l'impression que chez mes voisins, les plus touchés en 2008, les vaches ont commencé de "remonter" un peu les dates de vêlages. En renouvelant le troupeau, donc en éliminant les plus retardées ! Les autres gagnent un cycle chaque année. Il leur faudra encore deux ou trois ans pour revenir à la normale. Bref, la pression générale est moindre, on le voit par les statistiques du département qui montraient une tendance vers un retour aux bonnes dates et qui confirmaient un nombre de veaux nés normal.

Le manque d'argent et la crise ont donc poussé le ministre à ne pas reconduire l'obligation de vacciner cet hiver pour ne plus financer la vaccination. Mais pour exporter vers l'Italie, comme il n'y a pas de règles européennes mais des accords bi-latéraux, il faut que les animaux soient vaccinés. Il faut donc impérativement que cela soit fait par un vétérinaire pour que l'acte soit certifié ! On attend toujours 30 j après le rappel avant de pouvoir exporter. Les règles sont plus souples cet hiver vers l'Espagne. Cette difficulté avec les italiens doit résulter d'un vieux contentieux entre service vétérinaire des deux pays. J' avais cru comprendre lors d'un voyage d'étude en 2007, que lorsqu'ils avaient eu des problèmes en Sicile...

La vaccination des autres animaux est au bon vouloir des éleveurs qui peuvent la réaliser eux-même ! Et c'est là que les choses ne s'arrangent pas. En effet, le vaccin n'est disponible que chez les vétérinaires et il n'y a eu aucun accord national pour déterminer le prix ! Ce qui provoque des réactions sur le terrain. Chaque cabinet fait son prix ! Je précise que l'on est fidèle à son vétérinaire quand on est éleveur. Je veux dire par là,que l'exploitation a un vétérinaire sanitaire choisi par l'éleveur et qu'il ne va pas faire le tour de tous les cabinets pour choisir le moins cher. On n'est pas au supermarché.

Donc, beaucoup d'éleveurs s'interrogent sur le prix des vaccins qu'ils vont faire... Disons, pour ne pas être agressif, que l'écart de prix entre un vaccin administré et un à administrer n'est pas très significatif.  Le sentiment de beaucoup d'éleveurs est qu' il y a là un problème . Et je les entends dire de plus en plus qu'ils ne vont pas vacciner. 

Il faut avouer que tout cela laisse un peu perplexe... La seule vraie question, c'est aux spécialistes comme Boule que j'ai envie de la poser : Quel est le risque qu'il reste des réservoirs dans la nature ? Ensuite, quelle protection des animaux reste t'il des vaccinations antérieures ou des anticorps émis au contact de la maladie ? Peut on prendre le risque de ne plus vacciner après une seule année sans cas ?

Car déjà, certains prédisent un retour de la maladie par abandon trop rapide de la protection ! Ce qui voudrait dire retour à la case départ si cela arrivait. Je trouve le message des dirigeants brouillé. Soit on est indemne et auquel cas on le dit et les animaux circulent librement entre pays . Soit on ne l'est pas et on aurait du continuer de vacciner même si cela coûtait à la collectivité. La prévention coûte toujours moins chère qu'une épidémie, même en macro économie. Car je me demande comment on fera si la maladie réapparait ? Si je vaccine mes vaches, ce que je pense faire, ce rappel ne pourra pas être certifié donc on pourrait me demander de recommencer le protocole, par les vétérinaires,avec deux vaccinations avec des vaches en fait couvertes ! Bref, les économies budgétaires conduisent à la cacophonie donc à des problèmes pour le cas où...

J'ai lu une information d'une de nos organisations qui nous conseille de vacciner et qui estime qu'il faudrait que 85 % du troupeau le soit pour que le risque de reprise de la maladie soit quasi nul ! Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. En recevant leur facture, je remarquais que la cotisation représente presque la moitié du prix du vaccin ! Bon, certains vont s'étrangler demain matin en lisant cela. C'est juste pour leur faire remarquer qu'on ne peut pas demander toujours plus, toujours aux mêmes !